‹ Observations sur la nature et le traitement de l'hydropisieChapitre 2 sur 23 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Aucune maladie ne serait mieux connue que rhydropisie , si Ton en jugeait par le grand nombre d'eu vrages qui ont ëtë publiés sur sa nature et son traitement j mais malheureusement il n'en est pas ainsi, puisqu'elle "est encore Tune de celles que Ton traite avec le moins dé succès, surtout si Ton renàarque qu'elle a de fréquentes récidives , lesquelles deviennent plus funestes à mesure qu'elles se multiplient.

L'hydropisie mérite d'autant plus de fixer l'attention des médecins qu'elle est plus difficile à guérir , et qu'elle peut avoir lieu dans tous les pays , à tous lea âges, avant, pendant ou après beaucoup d'autres maladies.

Le grand Morgagni disait avec raison que les maladies les plus communes devaient bien plus faire l'objet des éludes des médecins que celles qui sont rares ,

ij AVERTISSE3IF.NT.

qu'ils ne verront et ne traiteront peut-être jamais (i). ,

Imbu, de ces principes, j'ai cru que ITiydropisie était digne de toute mon attention« Pour parvenir à la bien connaître et à la traiter convenablement, j'ai^lu les principaux ouvrages qu'on a publiés sur cette maladie , et j'ai tenu soigneusement, pendant très - long - temps , des notes nombreuses de mes observations i^ecueillies auprès des malades lorsque leur traitement avait été heureux, ou des résultats que m'avait présentés l'ouverture des corps de ceux qui en étaient morts, nonobstant les remèdes que je leur avais prescrits, ainsi que des altérations que j'avais remarquées dans les corps des hydropiques portés dans mon amphithéâtre pour les dis-

(i) Longe utiliùs est monstrare ipsis^ per medicam nnatomen,quœ causœsint eorvm morhorum quos 5^pemimeroy quampaucorum quos nunquam fortassisin medicina exercenda simt visuri, Mokgagiïi, Fpist, Anat. med. ^ xlix , dedicai ad Schreiber.

AVERTISSEMENT. Ijj

sections et démonstrations anatomiques.

Il y a plus de quarante ans que j'ai donne , dans Y Histoire de VAnatomie et delà Chirurgie^ un long catalogue des ouvrages sur rhydropisie qui avaient été publies antécëdemment j mais depuis cette époque 5 un très-gràftd nomlA-e d'autres ont vu le j our \ et Halîer^ Spré77gel[i )y Plouù^ quet^ etc. 5 nont pas manqué de les faire connaître. Enfin plus récemment encore, combien d'autres n'onl-ils pas été annoncés par leurs titres dans limmense Z)ic/io/znaire des Sciences médicales , publié à Paris par plusieurs savans médecins, satiâ parler d'un nombre prodigieux dedisserta* lions sur l'hydropisie en général et sur chacune de ses espèces en particulier , publiées dans les Universités et Facultés de TEu-^

(i) Histoire de la Médecine^ depuis son origine jusqu'au 19® siècle , Irad. de rallemand de Kurt Sprengel , par A.-J.-L, Jourdan , D. M. Paris, i8i5 — 1820, g vol. în^8.

ly AVERTISSEMENT.

rope! Ainsi rien n'a été négligé pour arriver à la connaissance exa^cte de Thydropisie et au traitement qui lui convient.

Dès les premiers temps de la médecine^ le traitement des maladies était presque tout livré à Taveugle empirisme ; je veux

dire qu'on le prescrivait sans avoir aucun égard à leurs espièces , à leurs causes , à leur siège et autres circonstances^ bien utiles cependant à considérer dans la prescription des remèdes. Aussi , pour quelques succès que Ion obtenait d'une pareille pratique, on voyait périr le plus grand nombre des malades.

Des médecins recommandables crurent devoir chercher dans les causes des maladies les véritables indications curatives. Ils pensèrent d'abord qu'elles provenaient toutes de deux causes très-différentes : l'unepar excès de ton , et l'autre par trop de relâchement dans les solides (i).

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