VIIJ AVERTISSEMENT
rhistoireoousâ conservé les^poinsy ont su se soustraire à la mauvaise physique de leur temps pour prescrire directement le traitement convenable.
Combien ne devons-nous pas de reconnaissance à Sydenham , M^àd ^ Morton , etc. , sa vans médecins anglais, et à Cappivaccio , célèbre praticien de Crémone ^ qui, au rapport de M^orgagni^ disait aux médecins : apprenez pctr Vex* périence àprescrire les remèdes contre les mala(Ues^ selon la nature des causes qui les produisent et autres circonstances ^ et'vous n^ accuserez pas tant leur insufi fisance !
P^an-Swiéten , qui a célébré dans ses immortels Commentaires sur les aphorismes de Boerha^ve , son illustre mai-, tre , cette méthode de traiter les maladies , cite à ce sujet Scribonius Largus , qui disait : nec quidquam stultiùs dissi-^ milia similibm velle curage. jPe/iaça ^
AVERTlSSEAIlkNT. ix
Tissot^ Borsieri^f Quarin^ Stolly Frank père 9 et autres médecins célèbres ^ ont suivi et préconisé cette méthode^ parce qu'ils en ont retiré de nombreux succès.
G*est d'après ces résultats et pour diminuer particulièrement la versatilité et l'arbitraire des traite mens , que diverse»
nosologies dans lesquelles les maladies sont exposées avec leurs différentes espèces , ont étépubliées à l'avantage de Tart de guérir. Celle de Boissier-de-Sauvages nous a paru utile sous ce point de vue en général , et sur rbydropisie en particulier.
Quant au traitement de Thydropisie , .
il est encore celui que cette méthode aie moins avancé , étant presque toujours livré à Fempirisme , non^seulement en^e .
qui concerne l'évacuation des eaux j mais !
aussi pour eu prévenir, par des remèdes, :
une nouvelle collection , en détruisant les causes qui , si elles continuent d'exister ^ ce peuvent manquer de la reproduire.
AVERTISSEMEINT.
Tous ces motifs , que j'ai pris dans la plus grande considération, ont fait la règle de ma conduite dans la prescription des remèdes contre Thydropisie ; je les ai variés selon leurs espèces autant qu'il m'a été possible , afin de les rendre pour ainsi dire spécifiques au grand avantage des malades , non - seulement pour produire révacuation des eaux , Thydropisie étant formée , mais encore pour prévenir leur retour en attaquant la cause qui pouvait les renouveler; cause qui est souvent très-» difficile à reconnaître, si Fon peut même y parvenir (i).
L'hydropisie consiste toujours en une accumulation de fluides séreux, plus ou moins chargés d'autres substances, dans le tissu cellulaire des diverses parties du corps ainsi que dans ses cavités , dans ses
(i) F'oy»MofiakcKijdâSed.etCaus*llforbor.epist* XLix , dedicat. magno Schfeiber, , sur les AYanlages de prescrire les remèdes selon les causes desmaladies^
AYCRTXSSEJHCNT. x)
vaisseaux^ dans ses organes; elle provient de ce que l'excrétion des fluides est infé-i rieure à la quaptitë des liquides secrètes.
Mais combien de parties ne coucou-^:
rent-elles pas à la circulation des fluides séreux , et par combien de causes VhaLn^ monie de cette circulation et celle dessé»
crétions et excrétions d« fluides n est-elle pas produite et maintenue dans son ordre naturel ! Le nombre en est si grand et les causés qui peuvent la troubler sont si .
multipliées^ qu'on est étonné , quelque' fréquentes que soient les hydropisies , i qu elles ne le soient pas encore davantage, v
Si la nature est admirable dans tous ^ les moyens, qu'elle emploie pour nous préserver des maladies afin de jprplonger.' notre existence ^ elle Fest surtout a régar4^ de Thydropisie , que mille causes peu- , vent occasiôner. Il a cependant fallu les éhumérer et les rapprocher fiutant qu'il était possible;^ selon leurs Çj^èces, pour
Xlj AVEKTISSEMEJXT*
pouvoir ensuite prescrire les réttièdes relativement à leur nature et à leur intepsitë.
. S'il y a une hydropisie, par exemple, qui provienne d'une surabondance de sang ou d'une pléthore d<es vaisseaux , il en est une autre qui vient d'un défaut de ce même liquide , après des hëmorrhagies , comme aussi en s'accumulant en trop grandequantité dans quelques parties du corps.
S'il en est une qui soit l'effet d'ua excès de sensibilité, même avec des convulsions, il en est une autre qui est la suite du dé-^ faut de cette même sensibilité (ir) , com-« me celle qui survient dans les paraLysies ,.
et qui est très-commune
Enfin, des causes non ^ seulement diverses, mais même opposées (2) , peuvent également produire cette maladie , soit gé<^
(1) Le mécanisme dea^ sécrétons et des excrétions, tient à la sensibilité de leurs organes , AnaU méd. , t. II , p. 29, t. III , p. 5i2 , t. V , p. 296^
(2) Multos contplectUur differentias , a muhis non
AVERTISSEMENT. XÎij
nérale^ soit dans quelques parties du corps.
Non ^ aucune maladie ne peut être guérie par des traitemens plus divers. On en sera convaincu, j'espère, quand on aur% lu Touvrage que je publie. Je ^ne le regarde pas comme complet , mais comme unsimple aperçu, pour qu'un homme plus habile , convaincu de Tutilitë de la méthode que j'ai suivie, la perfectionne et la répande de plus en plus dans la pratique de la médecine.
Les résultats de cet ouvrage ont , pendant long-temps , fait l'objet de meis leçons au Collège royal , et je me proposais de les publier dans quelque volume académique ou à la suite de mes Mémoires; mais ayant considéré que je n'aurais pu y comprendre mes remarques physiologiques et anatomiques, ni mes recher-
dwersU tantum, sed et oppositis interdum cousis effectas. Morgaghi , ibid.
xiv ayeeA'issement.
chés sur les remèdes contre Thydropisie qui ont été célébrés par les auteurs, ni les nombreuses observations anatomicomédicales que j'ai extraites de leurs livres, et dont un grand nombre se trouvent dans VHistoria anatomico-med. de Lieutaud, que j'ai publiée, et à laquelle j'ai coopéré sous les yeux de Fauteur , je me suis déterminé à donner cet ouvrage sur Thydrppisie en traitant de ses espèces, comme je Tai déjà fait pour d'autres maladies (i).
Je Tai divise en deux parties : la première à pour objet Thydropisie en géné*^ rai; la deuxième traite des hydropisies en diverses parties du corps. Je me suis nbstenu des détails théoriques le plus
(i) Sur le rachitisme, la phlhisie pulmonaire et r^ipoplexîe, maladies dont j*âî exposé Ifes espères, as* sez pour pouvoir détruire par les remèdes qu'elles nécessitent les causes des maladies , et pas trop multi^ pluies pour que des espèces diflerentes ne soient pas confonJuesdanslelraîtemenlaupréjufîiccdes malades.
AVtRTlSSEMEKT. XV
que j'ai pu , pour tne borner au simple récit des faits cliniques les plus utiles à connaître, me flattant, par ce long, pénible et ennuyeux travail , de soustraire le plus possible rhydropisie à Fempirisme, autant du moins que cela sera possible.
Je n'ai pu cependant m'empêcher de faire une énumération des remèdes qui ont été conseillés par les médecins avec plus ou moins d'avanlage, et même encore de rapporter des observations sur des traitemens heureux populaires obtenus par des remèdes que des médecins ha« biles n'avaient pas conseillés (i), la connaissance de ces succès pouvant conduire à celle des causes de la maladie.
On parviendra peut-être, avec le temps^
à reconnaître assez bien les espèces d'hy-
dropisie pour en pouvoir prescrire les re-
(i) Pour me conformer à Tavis d^Hippocrate , qui disait aux médecins: neque vos pigeai a plebeis quid^ quant scîscitari.
XVJ AVERTISSOÏENT,
mèdés avec un égal succès ; mais je crois qu'elle sera la dernière des maladies qui se trouvera dans cette heureuse circonstance.
Enfin ^ dans cet ouvrage plus que dans aucun autres j^ai dësirë paraître^ non comme un simple écrivain qui veut encoi*e faire un livre^ mais comme un médecin qui p^rle d'après son expérience, et qui, selon Hippocrate > doit se montrer , non tan^ tum dicentem , quant facientem.
J'ai fait tout ce que j'ai pu pour me conformer à ce sage précepte. Heureux si cet ouvrage peut fixer l'attention des vrais praticiens de notre art, et s'ils peuvent, d'a- |)rès les résultats de leur expérience, porter le traitement des hydropisies au degré de perfection dont il est susceptible, sans toutefois me dissimuler qu'il n'y aura que trop d'hydropisies provenant des causes qu'on ne pourra détruire, et qui, par cela même, seront toujours incurables.
■Jriiii I TiMilli I» I ■ I II il I |- I .1— ^w— dit
SËGTÎON PREMIÈRE.
DE l'&ydRopisib en oiuilM.h<,
jLiËS intumescences aériennes ou gazeuses dont nous devons parler après avoir traité de Thydropisie, la précèdent souvent, lui sont réunies ou lui succèdent.
Ces successions ei ces permutations sont d'autant moins étonnantes que ces deux maladies paraissent provenir des mêmes causes>suivantqu'clles ont plus pu moins d'intensité. En effet , celles de la pneumatie viennentnelles à prendre de l'accroissement , l'hydropisie survient ; tandis qu'au contraire si les causes de cette dernière maladie perdent de leur action, l'hydropisie diminue, disparaît même, et très-souvent la pneumatie lui 8uc« cède : c'est ce qu'on voit fréquemment.
La disposition du sujet peut faire aussi que l'une deces maladies survienne plutôt que l'autre;
a DE LHYDROPISIE EN GENERAL.
il est donc utile, pour les bien connaître toutes les debx , d'eh rapprocher Texposîtion sans les confondre, chacune pouvant offrir des circon- *stances particulières qu'il convient de distinguer, soit pour le prognoslic, soit pour le traitement : c'est ce que nous avons cru devoir faire, nonobstant le désagrément des répétitions qui sont souvent inévitables. Je les ai reconnties dans les auteurs , même dans la Nosologie méthodique de Sauvages; mais je n'ai pu ni cru devoir les éviter
moi-même.
Les hydropisies diffèrent entre elles par leur
* siège y les unes résidant dans le tissu cellulaire
d'une ou de plusieurs parties, et quelquefois
dans tout le corps ; les autres existant dans une ou plusieurs des grandes cavités. Enfin , il en est dans lesquelles Teau eSt contenue dans une ou plusieurs membranes naturelles, ou morbides, en forme de follicules qu'on appelle hydatides ou kystes*
Les Hydropisies sont désignées par JiVer^ noms d*après leur' nature, leurs sièges, leurs complications.
On donne' le nom d' œdème aux intumescences aqueuses de la • peau » qui sont pâles , Sans douleur, et qui conservent plus ou moins l'impression des doigts avec lesquels on les aurait comprimées.
L'œdème peut exister dans toutes les parties du
DE t^HYDROPlSlE EN ci^Ùi^L. 3
corps, tant externes qu'interjpiQS , k la léte^ au tronc et aui^ extrémités, pu se^leI^e|)t apx mains et aux bras. Il n'est pas douteuis. qu'il pe, se. forme dussîdes cçdèmes dans les parties internes. .comme il s en forme dans celles qui s<||^l Qxtei;iies*
Si ces œdèmes sont peu considérables,.. et qu'ils stient une sorte d'élasticité, ils sopt >sou vent désignés sous le nom de bouffissure , surtout quand l'intumescence occupe la f^ce»
L'œdème est plus ou moins restreint,: circonscrit , ou plus étendu, dans une ou plusieurs parr ties, ou même dans tout le cprps : alors, s'il est un peu considérable, il prend le nom dionasarque oude leucophlegvnatie Çi) , quçique quelques no-sologistes aient consacré le nom d!atf0sarifue à l'hydropisie externe générale qui a coijun^encé par l'intumescence ^es extrémités iuférieures^ et celui de leucophlegmatie k celle qui des le commence* ment s'est montrée généralement dans toute l'habitude du corps; ce qui est rare.
Les faydropisies dans lesquelles l'eau est contenue et épanchée dans quelque cavité naturelle sont connues sous le nom ^hjdropisies par épan^ chement , et celles dont l'eau est contenue dans ' -des kystes <sont appelées A/^iro/^isie^ enkystées.
Les hydropisies ont aussi reçu des noms diffé-
(i) Castell. Léx.
4 tZ L^HYDROPISIË EN GENERAL.
rens selon les parties dans lesquelles elles ont leur siège. Ainsi Thydropisie de la tête est appelée hydrocéphale ; celle de la colonne vertébrale > hydrorachîsj celle avec tumeur de l'épine par défaut d'ossification des vertèbres, spina-bifida ^ celle des yeux, hydrophthalmie ; celle de la poitrine, A/dro^Aoroo:,' celle du péricarde, hydro-^ cardia ,• celle du bas-ventre avec épancbement , àscite^ celle de la matrice , hydrométron ; celle des bourses , hjdrocèle ; celle des articulations , hydarthron , etc. Il n'y a pas de partie enfin dans laquelle il ne puisse se former une liydropisie, et chacune peut être désignée par un nom qui en indique la nature et le siège. .
On les a de plus distinguées en aiguës et en chroniques , non-seulement parce qu'elles peuvent être plus ou moins promptemeilt funestes , mais encore parce que tantôt elles se réunissent à des maladies aiguës , et tantôt à des maladies chroniques.
Signes généraux des hydropisies.
Les hydropisies sont annoncées par une faiblesse dans les mouvemens du corps, par la lenteur plus ou moins grande du pouls , qui n'est cependant pas toujours plus mou; par une sécheresse delà peau; par la diminution des urines^
DE l'hYDKOPISIC EN GÉNÉRAL. 5
qui sont alors ordinaii-ement plus claires , quel^ quefois cependant rouges et épaisses. Il y a des lassitudes , une tendance à Tassoupissement , une gène dans la respiration , et en général une inertie dans les fonctions.
Dans l'œdème et la leucophlegmatie , à proportion que Tintumescence augmente, les urines diminuent ordinairement en quantité, ou sou-* . vent la diminution des urines précède l'intumes^ cence des parties , et celle-ci fait alors des pro-* grès d'autant plus rapides que l'excrétion des urines est diminuée, à moins que la transpiration n'y supplée ou qu'il n'y ait d'autres évacuations, fréquemment par les selles; mais celles-ci ne peu-r vent guère opérer que des effets secondaires pour produire la diminution de là maladie ; elles ne font souvent que ralentir l'accroissemont de l'hy^^ dropisie , qui fiijpt, plus ou moins de temps après, d'ultérieurs progrès.
Cependant, dans les intumescences eiternes ', le tissu cellulaire une fois abreuvé par l'eau qui s'y est ramassée, n'étant plus capable de la con-* * ' tenir, par rapport à son abondance, et les vais-* seaux lymphatiques ne jouissant plus . de leur énergie pour l'absorption, l'eau pénètre dans l'intérieur du corps et s'épanche dans telle ou telle cavité, selon qu'elle a plus de facilité à s'y insinuer, souvent par quelque cause parti^lière qui
6 DE l'hydropish en général.
la dispose à y affluer plutôt (^ue dans une autre partie.
En général ^ lés enflures aqueuses des extrëmitée inférieure^ fioissent par Thydropisie ascite» et celles des supérieures par l'hydrepisie de poi-* trine ou de la tétOy qjaoiqu'îi n'y ait cependant rien d'aft>&ola à ûèt égard ; car souvent on a vu des hydro^isie^ des e^ttrémités inférieures finir par i^é cdttéclion d^eatt dans le tissu cellulaire des poumons > àù médiaistih , dans le péricarde^ ou diàns les caviles de la poitrine; souvent même ces hydropisies précèdent celle des extrémités infé^ riètires. On peut en dire autant des hydropisies de la tète , qui pi^utént etister s^tis qti'i) y ait eu de Fênflure àuit extrémités supérieures ni inférieures^ et vice versa. Mais ces hydropisies in<^ ternes ^ oU par épanehement d'eau dans quelque cavité naturelle^ ainsi que celles 4Bns des kystes ^ sont indiquées par des signes particuliers^ lesquels^ à la vériiéy sont quelquefois si obscurs^ dans Tliy* dropisie du péricarde surtout , qu'il est bien difficile > si cela est possible^ de les bien connaître et distinguer de quelqu'autre hydropisie. Cela est ÈÎ vrai que des hydropisies enkystées du cerveau» de la poitrine en général^ et du péricarde en particulier^ ont causé la mort subitement sans avoir été annoncées par aucunrêymptéme qui pût faire $diUpçoniiir le danger que couraient les malades^
Le3 hydropisies enkystées du bas-yen t. re , (jui 6pnt très coi^niunçs , ne. sout pas. q^uelquefols plus faciles à rçiconnaître., pouvant être dabprd confondues, au toucher même • avec des tumeurs ou
des engorgepaenç de toute autre nati^rei, lor^ surtout que la quantité et la qi^alité des urines^ n'é* prouvent auci^a changement*
Signes^ plus pai:ticuliers d^s îf,y^4r<:iip\sjii^s..
11 nç pçut y avoir de dov^^e sur rexis^e^ncç} 4?' bydropi^ie|5 externes, $i l'intfiq^esciçqç^ ç|es pafjpH ties qu'elles forment conserve plus ou Tuoiiii^ de temp$ l'impressioq de la compression qu'on y aurait faite avec le doigt qu autremçpt.
JVJais Ips hydropiçif?? iiHerp^s soj^^ squy^t ^ji difficiles à reçonn^ftrç , qu'€;I|es ^i^js^epl et produisent la mprt saïqs qjn'op ait cuvent pu, i^op^si^i;lement cpn^riiier , maj^ i{iéme çoupço|inçr liç^r existence- C'est surtout CjS qui arriviç à Tégard dçs hydfopjsies du cerveau, ç|? pe!)s§ ^^^^ poitripie et du péricarde partic^)ièfQipent.
Quelquefois la ppcjup^ati^ p.réc4de l'pedçn?^ , et celuiiTci priécèd^ prd^p^jirement la leucophlegmatie des extrémités , jaqi^çllç 4ev9nce commu« némcQt Les bydrppisiies iqiprqje^.
Lne^ in tumesceppiçs ced^a|teu^ies conservepi piins Ott moins djc temps jl^'^Qipresisjioa 4iif doîgt; ell^
ft DE l'hYDROPISIE EI^T GENERAL»
sont sans douleur , et de plus ily a ^ dans la per* sonne malade, plutôt de Tînertie qu*un excès d'irritation et de sensibilité* Le pouls est plus lent ^ quoique souvent plus gros , sans être toujours plus dur; la peau est blanchâtre ^ la respiration plus ou moins génée^ surtout quand les malades montent les escaliers ou quUls se couchent ; leurs, urines sont souvent plus claires; quelquefois au èontraire troubles; leur quantité en est diminuée; enfin tous ces accidens augmentent, et la suffocation / soit que Teau s'épanche ou non <iîns la poitrine , finit par faire périr les hydropiques, etc.
Voilà une esquisse du diagnostic de Thydropisie. Il peut cependant y avoir ^ à cet égard ^ quelques différences ou modifications relatives à leurs espèces particulières, surtout pour celles qui sont la suite àes maladies du cerveau , des poumons , du cœur, du foie , et des autres organes. Ordinairement leurs fonctions naturelles sont plus ou moins troublées avant que Tœdématie des extrémités ou la bouffissure du vi-> sage soient survenues. Ainsi Tengourdissement , la stupeur , ou les mouvemens convulsîfs , devancent fréquemment l'œdématie qui est Teffet d'une altération cérébrale; la respiration est plus ou moins gênée ; il y a de la toux , du craciiemeut de sang quelquefois p Icursque l'hydropisie vieM.
DE LHYDROPISI^ EN GENERAL. g'
d'une maladie des poumons , surtout lorsqu'il y a des épanchemens dans les caviles pectorales. Les palpitations y les syncopes, les orthopnées avec des inégalités , des intermittences dans le pouls y sont les avant-coureurs de l'hydropisie du péricarde , surtout s'il existe une maladie organique du cœur ou des gros vaisseaux , ce qui est fréquent.
Les coliques , la jaunisse , les urines rouges , ont lieu lorsque l'hydropisie provient d^me maladie du foie ; la suppression d'urine , des don-' leurs dans les riions rénales, l'expulsion de quelques graviers par les voies urinaires, Hiéma*lurie , la pyurie, lorsque l'hydropisie est produite ^r la désorganisation des reins.
Une intumescence molle qui succède à de "vives douleurs avec fièvre aiguë , annonce sou- Y^t une hydropisie seulement aqueuse ou sans complication de suppuration > quelquefois un véritable abcès ayant un foyer particulier , d'autres fmsune altération de quelque organe interne avec suppuration ; ce que la continuité de la fièvre lente t\ec des redoublemens précédés de frissons indique encore mieux. Dans cette hydropisie , le danger n'est pas seulement en proportion de la diminution des urines comme dans les autres hydropisies; mais encore elle est d'autant plus jfrave que les signes de la suppuration sont
10 PE LilVDKOPfôlE EN GENERAL.
mieux prononcés ^ U fièvre lei^te principale^* ment.
Prognostic des hydropisies.
Le& hydropisies sont d'autant plus ^<;heuses que les causes qui les occasiojjient sont elles^ mêmes pjqs ou moins gravçs , eX, la, plupa^rt le sont ordinairement beaucoup, qu'elles soieiit ai« guës ou chroniques.
LeshydropisiesquisurviçnnçQtaux j^eunos per* soinne& sont n^oios. dangereuses ^ en gënév^U ^^^ eelles qui ont lieu chez les personnes âgées ; ehezles vieillards elles sont ordinairepient mor» telles , $ans doute parce que chez eu:^ la faculté d'absorber les liquides , dont joviii^iscm eertainemeni )ea vaisseau^ lymphatiques^ sans en exclure les extrémités desveiness^nguipe^ lorsque la vie a tou(e son énergie > est considérablement diminuée , et que les remèdes ni la nature ne peuvent ^ussi bien la rappeler que dans les jeane^ gens^ chez lesquels d'ailleurs la transpiratioa est bien plus facile à exciter*
De toutes les bydropisies , celle qu'pp guérit le plus facilement dany^ fa jeuqeis^ ef |a figi^eur de l'âge , est celle qui survient ^prè$ ^e longues maladies ^ surtout lorsque ses causes Qntété bien détruites.
Les bydropisifis qui sont l'elBbt d«s évf^U9Aipi)|
excessives sont plus diûicile^ à guérir , en général , que celles qui dépendent de la suppresMon de quelque évacuation. \
Celles après des petites-véroles , ainsi qu'après d'autres maladies éruptives ^ sont sauvent ma»-telles , surtout celles dont le Iraitemei^t n'est pas promptement administré.
Celles par métastase de la goutte ^ du rhumatisme , etc. , peuvent être guéries jmr le retour de ces maladies à leur siège naturel^ d'autant plus facilement qu'elles sont récentes. Nous avons vu des personnes menacées d'une mort prompte par d^ éioufiemens violens^ avec des enflures eitérieures très*considérableSy rappelées pour ainsi dire à la vie dés que les douleurs et le&gonflemens arthritiques survenaient dans les membres par le seul travail de la nature^ ou lorsqu'on les excitait par des vésicatoires et des sinapismes , et encore par des remèdes internes •
Les hydropisies par pléthore sont souvent guéries par des évacuations eicitées par la nature ou par l'art-
Celles par excès de graisse sont plus longues à guérir, si d'ailleurs on^^ptot y parvenir J'ai vu des personnes qui en sont mortes malgré tous les traitemens excitans , évacuans ^ qujelles avaient long-temps et rigoureusement faits, et avec encore une grande diminution d'alimens. .
Ï2 DE LIlYDROPiSlE EN G£JV£RAL.
.Les hydropisies par engourdissement des parties, provenant d'une afTeclion morbide du cerveau et des nerfs, sont souvent incurables. Elles sont moins dangereuses quand l'assoupissement ou l'insensibilité des parties est un effet et non là cause de l'hydropisie.
^ Celles qui succèdent à l'asthme se guérissent quelquefois quand l'asthme est dissipé ; mais souvent plutôt par quelque heureuse fièvre qui survient que par des remèdes.
Lies hydropisies réunies aux troubles de la circulation avec des palpitations du cœur , des intermittences dans le pouls et des syncopes, sont ordinairement mortelles. Quelquefois , dans ces espèces d'hydropisies , il y a non^seulement lésion organique du cœur, mais même du foie (i^.
L'hydropisie des femmes grosses se guérit assez souvent par l'accouchement. Celle qui a lieu après les couches est bien plus difficile à traiter. On la guérit cependant quelquefois par les diurétiques et les purgatifs anti-laiteux , si d'ailleurs il n'y a ' pas quelque engorgement permanent, car souvent il y en a dans les ovaires ou dans d'autres parties du bas-ventre. *•!'
(i) Voytz les Observations sur rhytlropisie par des altérations du co^ur , tom. IV de mes Mémoires sur plu» sieurs maladies ^ et mon ouvrage sur le« Maladies du Foie^ page 600.
DE L*11VDR0P1SIE EN GENERAL. l5
Les femmes sont sujettes à Thydropisie après le temps critique , et celtèsmaladie est alors difficile à vaincre. Elle est incurable s'il y a quelque vice d'organisalion dans la matrice ou dans les ovaires.
Quant aux liydropisies causées par des indura-r tions et des obstructions intérieures , très-communes surtout dans les organes du bas-ventre et de la poitrine, leur heureux traitement est très-difficile à opérer.
Les hydropiâies qui sont la suite de longues fièvres erratiques ou même intermittentes et réglées^ en quartes principalement ^ sont presque, toujours mortelles, à moins que ces fièvres existant encore, on n'en puisse arrêter le cours; car on voit quelquefois Thydropisie disparaître avec la fièvre ou peu de temps après (i).
Les hydropisies par épanchement dans les cavités sont presque toujours incurables, et surtout chez les vieillards. En effet , a-l-on des exemples deguérison des hydropisies bien réelles par épanchement dans les ventricules du cerveau ? et com- Qicnt les a-t-on constatées quand on a cru lés avoir guéries? A-t-on ^U^i obtenu de véritables cures de Thydropisie de lifpoitrine , du péricarde? n'a-t-on pas cru souvent avoir guéri une pareille
(i) On trouvera dans notre ouvrage sur le foie plusieurs traiteoiens heureux d'bydropisîe à la suite des fièvres.
l4 î>iî lWdROPISIE Za GÉNÉRAL»
maladie qui n'existait pas , les accidens qui la fai^ saient soupçonner pouvant provenir de toute autre cause? A ussi lesguérisons de ces hydropisies sonttlles en général fort suspectes (i^.
Je n'oserais cependant nier ia réalité de quelques guérisons d'hydropisies avec épanchement dans les cavités , lorsqu'elles sont récentes et dans des sujets d'ailleurs bien portans, connaissant les heureux résultats de l'expérience de Musgraas^e et autres médecins et physiologistes qui se sont convaincus que des liqueurs versées dans la poitrine et dans le bas-ventre des animaux vivans , avaient été réellement absorbées (2) ; mais les organes de l'absorption étaient saîns.
II y a peu d'exemples, s'il y en a, de guérison des hydropisies enkystées internes, par des remèdes intérieurs, encore même peut-on douter alors si l'on ne s'est pas mépris, tant il est com« mun de reconnaître l'incurabilité de pareilles hydropisies , mépie par des ponctions ou autres procédés chirurgicaux.
(i) Lûzare-Rivîere ^ qui ne pouvait comprendre comment de pareilles hydropisies pouvaient être guéries par la voie des arines principalement (car il ne doutait pas que leur guérison ne pût avoir lieu), dit: Nalura sœphsiùi cudit vias nobis incognitas,
(2) F^oir nos Mémoires , tom. II , pag§ 271-
DE l'hYDROPISIE EN CÉnÉRAL. i5
En eÎBFel, l'expérience a appris que les kystes se remplissaient de nouveau plus ou moins promplemeuty el qu'il fallait ensuite féilërer la pono tionà des dislances de plus en plus rapprochées(i}, dont la mort était presque toujours la suite.
Les hydropisies sont généralement très-sujettes aux récidives. J'en ai guéri un grand nombre d'abord , mais presque toujours elles sont revenues et plus gravés encore ; je dis presque toujours, n'ayant que très-peu d'exemples du contraire , ■quoique j'aie vu un très-grand nombre d'hydropiques : après quelques récidive» plus ou moins rapprochées, elles sont ordinairement mortelles.
C'est un bon signe dans les hydropisies que les
(i) Je dirai ici qu'une grande dame de Russie étant venue à Paris après avoir fait quelque séjour à Berlin avec une hydropisie abdominale, MM. Sabalier ^ Coed et moi , jugeâmes que celte hydropisie était enkystée ; nous lie voulûmes pas lui faire la ponction , ne la croyant pas encore assez fortement indiquée , et nous portâmes sur cette hydropisie le plus fâcheux prognostic. Cette dame s'en retourna trës-peinée de notre décisionnelle se fit faire la ponction en Allemagqe, et ensuite, ayant fait quelques remèdes, elie guérit. Cette dame ayant fait un nouveau voyage à Paris, m'a voulu voir pour me faire connaître l'erreur de mon prognoslic et celui de mes deux confrères. Cette hydropisie étiaitelle réellement enkystée, et ne pourrions-nous -pas^neas être trompés dans le diagnostic?
\6 t3E LJIYDROPISIE EN CÉinÉRAL»
fonctions essentielles à la vie ne soient point trou-* bléesy surtout qu'il n'y ait point d'assoupissement, ni difficulté de respirer, ni palpitations du cœur, ni fièvre lente.
Celles qui sont aussi sans soif, sans rougeur à la langue , ni chaleur à la bouche , ni mauvaise iialeine, sont les moins fâcheuses. La diminution des urines, si elle n'est compensée par une abondante transpiration, annonce l'augmentation de l'hydropisie. Si de claires qu'elles étaient, elles deviennent épaisses, rouges et rares, l'hydropisie fait d'ultérieurs progrès. Les urines qui se rapprochent de l'état naturel deviennent bientôt plus . abondantes , d'où résulte une diminution de l'hydropisie, ou même quelquefois la guérison, du moins pour plus ou moins de temps.
Dans les hydropisies qui sont Teffet de quelque suppuration intérieure , comme chez les phlhisiques, etc. , les urines peuvent être abondantes et comme naturelles, et cependant l'hydropisie ne point diminuer : alors il y a une fièvre lente plus ou moins prononcée.
Dans l'hydropisie qui succède ou se réunit à la jaunisse, les urines sont souvent d'une couleur jaune et noirâtre, plus ou moins épaisses , laissant au bas du vase un dépôt briqueté de couleur noirâtre.
Les urines sont ordinairement d'un rouge ob-
X>E L*liYDROPlSlE ErV GÉNÉRAL* ' irj
scur et peu copieuses dans Fhydropisié scorbutique et plus que dans les autres*
LessueurSy au commencement des hydropîsies, sont tréts^ravorables ; elles le sont bien moins lorsque les hydropisies sont confirmées , et moins encore si elles sont anciennes. On peut en dire autant du ptyalisme et de quelques autres évacuations. Les sueurs sont alors souvent reffet de la suppuration de quelque organe interne; et ordi^ nairement il y a une fièvre lentc^ comme on vient de le remarquer, redoublant pendant la nuit, quelquefois précédée par des frissons^
Les éruptions à la peaU sont rarement favof'ables dans les hydropisies confirmées; elles an-? noncent, au contraire, souvent la gangrène. Il en est de même des phlyclènes et des crevasses qui se forment à la peau lorsqu'elle est tnès-distendue par l'eau, et même quelquefois sans celle cause. Cependantsi elles laissent couler une assez grande quantité d'eau > elles peuvent soulager le malade, 'mais c'est presque toujours pour peu de temps.
Les vomissemenssont, en général, de mauvais augure dans les hydropisies : les noirâtres sont ordinairement mortels; la diarrhée est funeste quand elle survient dans l'hydropisie confirmée.
Dans Fascite, si les eaux qu'on retire parla paracentèse ou ponction du bas-venlre sont claires , ou qu'elles ressemblent aux bonnes urines, on
i8 1)15 lWdaopisie en général.
ne doit pas désespérerdu suocèsderopératioD, surtout si le malade est sans âèvre continue ; mais si elles sont troubles ^ fétides^ noires, contenant-des matières muqueuses /grumeleuses, et surtout s'il y a de la fièvre, elles sont du plus mauvais augure. Dans rhydropisie enkystée , la ponclion peut être faite jusqu'à trente et quarante fois , à des distances plu3 ou moins éloignées, comme on le dira plus bas en traitant de cette hydropisie en particulier; mais cette maladie finit ordinairement par la mort.
Résultat général de V ouverture des corps des
hjdropiques ( i ) .
1**. On trouve, dans ceux qui sont morts d'hydrbpisie, une quantité d'eau plus ou moins grande Gt plus ou moins fluide , limpide , souvent ressemblant à de l'urine; d'autres fois trouble, jaunâtre ou rougeâtre , comme bourbeuse , contenant des corps globuleux ou filamenteux ; elle est quelquefois visqueuse , glutineuse, épaisse comme du
(i) Extrait de nos observations conformes pour la plu« part à celles des auteurs les plus célèbres, et notamuient k celles dont on trouve un précis dans VHisioria ana"
tomico-mcdica de Lieu ta ud , ouvrage auquel j*ai coopéré et que j'ai publié sons les yeux *âe l'auteur en 1767 , avol. în-4*, moins connu en France que dans les pays êtrîjngcrs.
D£ LHYDROPlSie EN GENERAL. I9
mucilage y et même comme une^espèce de bouillie grumeleu&e.
Les liquides épanchés dass les «cavités du corps ont quelquefois la blancheur et la consistaiiee du chyle ou du lait ; d'autres fois ils soot puriformes >. purulens mérae ,, contenant souvent beaucoup d'air ou de gaz qui se dissipent à l'ouverlure du corps en répandant une odeur fade , nauséeuse^ ou quelquefois un peu acidulé^ à en juger par 1 odorat ; odeur qui produit une sorte de faiblesse à ceux qui ouvrent les cadavres, ou même à ceux qui assistent à leur ouvef lure. Nous ajouterons ici que cet effet a été bien plus remarquable à l'ouverture des corps de ceux qui ont péri de diverses fièvres malignes, comme Mor'* gagni et nous-mêmes l'avons remarque et même éprouvé.
2^. Mais si quelquefois ces eanxsont épanchées, d^autres fois elles sont contenues dans les diverses cavités du corps, dans des kystes ou dans le tissu cellulaire même desl organes, ou dans celui qui est dans l'interstice de diverses parties; enfin les sièges des hydropisies sont isolés ou réunis, comme On l'a établi dans Ténuméraiion qu'on a faite dès dl« verses espèces d'hydropisies. '
5^.' On reconpiil fréquemment, dans le corpa des hydropiques , des adhérences des membranes entr'elles, quelquefois moyennant de fausses mem:-
âO DE L'uYOROPlSIf; KN G£I\£RAL.
branes ou des corps ligamenteux qui se sont formes^ lesquels sont plus ou moins nombreux^ de longueur et de consistance variées et contenant des matières de nature différente.
4**. Dans la plupart des hydropisies on trouve plusieurs viscères engorgés , ou quelqu'un d'eux seulement, par des matières diverses qui en augmentent considérablement la consistance et souvent le volume.
5°. Il n'est pas rare de trouver dans les hydropiques des viscères qui sont atteints d'inflammation, d'ulcération, de suppuration plus ou moins profonde ; quelquefois il y a des érosions, des excavations si considérables, que leur substance en est presque détruite. Que d'exemples de ce genre l'anaiomie n'a-t-elle pas offerts à l'égard du cerveau, des poumons , du cœur, du foie, de la rate, des reins, de la matrice, et autres parties du corps !
6^. Dans l'hydrocéphale, la substance du cerveau , du cervelet et de la moelle allongée , est plus ou moins ramollie; assez soiiverlt cependant elle est endurcie dans une étendue plus ou moins grande , et même squirrheuse.
Dans l'hydro-racbis , la moelle épinière est aussi souvent endurcie dans quelqu'une de ses parties , tandis que le reste dp cet organe est très-mou ; quelquefois le canal vertébral est plein d'une eau chargée de concrétions albu«
DE l'hYÔROPISIE EN ciNERAi:., 21
mineuses. C'esl ce que nous pourrons confirmer par des exemples que nous avons recueillis. On découvre aussi quelquefois dans la moelle çpi* nière de pareils malades / surtout à sa partie supérieure y Un canal plein d'eau qui com-« munique avec le quatrième ventricule du Cevir yeau (i).
7**. On a trouvé dans la plupart de ceux qui sont morts d^hydropisie de poitrine ^ dans les poumons, dans le médiastin^ dans le péricarde et danfi le cœur, des indurations plus ou moins considérables de ces parties , formées par des sérosités infiltrées, par des matières purulentes, par des squirrhosités, souvent avec des kystes ou avecxles hydatides.
8**. Dans Ylvfdropisie ascite , ce sont le foie , la rate^ Fépiploon, le mésentère, les reins, la matrice , les ovaires chez les femmes , qui sont le siégedeces indurations, souvent isolément, et d'autrès fois plus ou moins réunies, avec ou sansintumescences, ou avec des tumeurs plus ou moins considérables. Quelquefois le siège de ceshydropisies existe aussi dans les viscères membraneux , l'estomac , les intestins, la vessie, etc. On trouve
(i) Fpjez danrnotre AncU. méd, , tom. lYj paç. i i6 et suiv. , ce qui est dit de ce canal dans i*état naturel et dans celui d^ maladie.
33 DK l'hydropïsii: eïv général.
leurs ;parois plus ou moins épaisses^ endurcies , rôugiés comme si elles ëtaieni enflammées , etc. Qp« Presque toujours c'est dans la cavité où est répaacbemenl que Ton irduve ces induracions et ces engorgemeds : nous disons presque toujours , car cela B^esl pas si constant que quelquefois les épanchemens ne soient dans d'autres cavités.
On a reconnu des indurations considérables das viscères abdominâut dans des cadavres dont le bas-venlre ne contenait aucun liquide , et dont les cavités de la poitrine ou même celles âi^ cerveau étaient pleines d'eau. Quelquefois^ mx contraire^ on recpnnaîtdans dés ascitesdes en* ^rgeméiifi du cet*veau, des poumons et du cœur^ ' les viscères abdominaux neparaissant pas malades. Ou a souvent demandé si les obstructions reconnues dans les cavités qui contiennent plus qu moins d'eau n'étaient pas plutôt l'effet que la cause de l'hydrOpisie. Mais l'un et l'autre ne peuvent^ils pas avoir lieu ? Ce qu'il y a de cerlaia y, c'est que ^rè&-sotivent on trouve de nombreuses obstructions sans aucun épanchement de liquide , tandis qu'il; est rare de rencontrer de grands épanchençiens sans aucune obstruction dans les parties. Cependant on ne peut disconvenir que l'on n'ait souvent re^nnu des engorgemens considérables dans quelque partie avant que l'hydropisîe n'y ait été manifeste*
DE l'hYDROPISIE EN GENERAL. ^5
L'ouverture des corps a fait reconnaître une autre espèce d'hydropkie, celle dont les liquides qui la forment sont contenus dans une ou plu<» sieurs poches membraneuses.
Ces poclies peuvent n'être que de très-petites vésicules comme la tête d'une épingle, ou comme un pois , une noisette ^ une noii : on les appelle alors des hydatides } ou bien elles ont le volume d'un œuf de poule , celui d'une grosse poire^ d'un melon ; enfin elles peuveiit être si considérables qu'elles contiennent plusieurs pintes d^un li« quide plus ou moins limpide ^ trouble, visqueux , et qu'elles remplissent presqu'en entier quelque cavité du corps, en même temps qu'elles compriment et rétrécissent lesorganesque ces cavités renferment. On nomme ces sacs des kystes.
Leshydatides et, même les grands kystes ont été trouvés isolés sans aucune adhérence aux parties voisines^ flottanscommedans des cavités, mais souvent ils sont réunis enlr eux en forme de raisin , de groseille ; ou bien ils contiennent diverses cellules qui communiquent entr'elles comme celles d'une, éponge.
Ces hydatides sont quelquefois contenues dans les organes tnêmes dont elles font partie, ou elles sont seulement jdhéren tes à leurs parties externes dans une étendue pltis ou moins grande , tantôt par un seul pédicuje plus ou moins grêle^
. :a4 ^* L HYDROPISIE EN CENERALr'
lantôt par plusieurs plus ou moins solides^ ou ^reux comme de petits canaux , on vésiculeux , ayant de petits vaisseaux sanguins qui se prolongent dans les parties voisines, en s'y répandant visiiblement.
Qn a trouvé de pareilles hydatides ou kystes dans les ventricules du cerveau y dans la poitrine , le médiasiin^ les poumons, le péricarde, lecœur> dans le bas*ventre, dans le canal alimentaire , le foie, la rate, le mésentère (i) , la vessie, la matrice, les ligamens larges,, les trompes^ les ovaires surtout, ainsi que dans le tissu cellulaire du trono et des extrémités.
Des malades ont rendu, comme il a été dit ailleurs dans cet ouvrage et dans notre Anatqmie médicale , des hydatides et kystes considérables par la bouche , par Tanus (2) , par le canal de Turètre et par le vagin.
Dans des cadavres qu'on a ouverts., toutes les cavités étaient pleines d'hydatides; et les viscères eux-mêmes en paraissaient généralement formés.
Ces hydatides et les kystes ont des parois plus ou moins épaisses ; elles ont quelquefois
(1) On trouvera dans VAnaU méd- des exemples de toutes ces espèces d'hydalîdes.
(a) J^pjrez notre Mémoire sur les Excroissances fon^ gupusàs dans les voies alimentaires^ volume de TlnSf titut^iSoS.
DE LfiYDROPlSlE EN GENÉRALr 2^5
l'épaisseur d'un écu de cinq francs ; on en a vu qui avaient la dureté de la corne ; niais plus souvent elles sont spongieuses^ pleines depellu-* les qui contiennent des matières plus ou moin» fluides f quelquefois concrétëes comme de la graisse^ du suif, de la gélatine , de l'albumine. On peut souvent diviser leurs parois en plusieurs cavités/ si elles ne le sont déjà par de la sérosité ; mais souvent elles sont collées ensemble par des matières muqueuses plus ou moins conçrétéeS.
Nous n'avons aucune observation qui nous soit propre , d'après laquelle nous puissions établir l'existence des vers dans ces kydatides ni dans les kystes. Ainsi nous n'oserions émettre une opinion affirmative ou contraire à ce que tant d'habiles gens de l'art ont dit dans ces derniers temps sur cet objet aussi curieux qu'important. Nous n'ignorons pas qu'on a parlé et même donné la description des vers hydatiques trouvés dans Phomme^ et encore plus souvent dans les animaux, lé mouton principalement; mais comme nous n'avons pas dirigé nos observations sur cet objet, nous n'oserions avoir un. avis à cet égard.
L'opinion la plus générale est que cesbydatides et kystes sont formés par du tissu cellulaire dout les lames sont plu9 ou moins rapprochées ; mais cette explication n'est pas encore aussi claire qu'elle ne puisse être combattue. Quant à l'idée
26 DE l'uYDKOPISIE EN GENERAL.
qu'on a eue que les kystes étaient uniquement formés par des glandes ou par des vaû»seaux lymphatiques plus ou moins dilatés (i)^ elle est justement abandonnée. On a cru reconnaître dans cçs derniers temps une grande analogie entre les membranes fibreuses et les kystes; mais est-elle bien prouvée?
L'examen du sang contenu dans les ventricules du cœur et dans les vaisseaux sanguins des hydropiques nous a fourni des résultats très- variables ^ d'abord relativement à sa quantité ^ ce liquide étant ^ dans quelques liydropiques^ si peu abondant que ses vaisseaux en étaient vides (2) , 011 seulement en trouvait-on dans lés grosses veines^ dans l'oreillette et le ventricule droits du cœur , tandis que d'autres fois le ventricule et l'oreillette gauches en étaient remplis. La qualité du sang reconnue dans les cadavres des hydropiques a paru en général très-diverse; on a trop généralement dit qu'il était dissous. 11 ne faut pip non plus croire que tous les yabseaux soient tou*
(i) Voyez notre Anal, méd,^ tom. III. article Vaîs^ seaux lymphaticjues»
(2) Lieutaud rapporte une ol>servatîon de Lafgneatt , ée laquelle il résolte qu'on trouva le coenr et les vaisseaux Mnguins vides de sang , ce qn'oit ne manqua pas d'at- Irîbaer !i quelques saignées qu'on avait faites k la malade* Misior» anal, med,, lia* n, obs. cjdlix.
DS l'hydro^isie en géméral. 27
jours vides de sang, ainsi qu'on Ta souvent établi comme un fait eonstaut. Nous aVpns placeurs fois vu que la partie blanche ou lymphatique de ce liquide â^étaii fortement concréiee €il eux ^ ainsi que dans les cavités du cœur , et qu'elle y était même très-abondanle^ avec très peu de séro^ site; à peine quelquefois y distinguait-on la partie rouge , tandis que dans d'autres sujet^ il y avait beaucoup de sérosité^ quoique la partie albumi-* neuse fût irès-concrélée. Nous n'avons donc pas toujours tl'ouvé les vaisseaui sanguins des lîydropîques pleins d'une liqueur aqueuse^ comn^e quelques auteurs l'ont dit. Nos observations n'ont pas confirmé cette aseertion; an contraire, elles nous ont généralement prouvé que le sang était con-* crété, noir dans le coeur et dans les vaisseaux eu général^ mais plus partkulièremem dans les oreillettes et dans les veines caves. Ce surcroît de concrétion nous a paru principalement protlfoir de la partie albumineuse, qu'on trouve en effet concrétce; dans beaucoup d'hydropiques , dans les vaisseaux lymphatiques et dans les glandes conglobées. Combien ne serait-il pas intéressant, puisque l'inspection du sang des hydropiques offre des résultais variables (1), d'acquérir d'ultérieures
>**«iBiv^«iM^MwiMi^a^«^Ma^aMi^*ik*MiABA i^)rik«Mii*^*'*rf>«h>
(i) N€C'Sangûinis,uir^fÉie eadefn comu'iuiiù, *-^ Imd pronusaliaéMotiGàQKi,^ episL xiix^viu , art. xiv. ^
StS DB l'uYDROPISIÈ EPr CÉKERAt.
connaissances à ce sujet; de savoir à quoi tien-^ nent toutes ces différences, et si elles ne sont pas relatives aux causes de Thydropisie ; par eisemple, si dans l'hydropisie par suppression de la transpiration ou de l'urine , la sérosité du sang i\e serait pas en quantité excédante ; si dans l'hydropisie par vice serophuleux , vénérien , la partie albumîneuse du sang ne serait pas concrétée ; si dans lliydropisie par vice scorbutique la partie rouge ne serait pas diminuée , atténuée , dissoute ; si les eaux des hydropiques avec lésion du foie dans sa structure ou dans ses fonctions n'auraient pas un caractère particulier ; par exemple, si elles he seraient pas plus jaunes, plus foncées qu'elles ne le sont naturellement^ plus fluides dans les maladies pétéchiales, aprèsdeséruptionscutanées^ etc. ! Des connaissances positives sur ces divers points répandraient nécessairement des lumières sur la nature et le traitement de l'hydropisie.
Cquses des HjrdropisièS.
Il n'y à qu'une seule cause immédiate ou pro^ chaine , et il en est un grand nombre qui sont médiates ou. éloignées, La cause immédiate ou prochaine est celle qui diminue ou supprime Veay erétion des matières séreuses , chargées de dii^erses substances, qui s'exhalent continuellement
DE LWbRÔfrïSIÉ ÈW cilsiRÀLi ^Q
de notre cx)rps; pour la conservation de la santé ^ en plus ou moins grande quantité, lors même que leur sécrétion continue naturellement ou est augmentée par quelque cause morbide , l'excrétion restant la même ; d'où il résulte qu'alors surviennent des congestions diverses des fluides aqueux en dijfTérentes parties du corpâ , plus ou moins considérables, qui forment l'hydropidie en général et ses diverses espèces (i).
Mais quelle est cette cause immédia te qui nuit à Texcréiion des fluides sansnuire à leur sécrétion , et qui donne ainsi lieu à l'hydropisie? Nous ne la connaissons pas assez bien pour en tirer aucune conséquence relative au traitement de cette nialadie.
Nous savons sei;Llement que c'est par les vaisseaux lymphatiques que l'absorption s'opère ^ tant à l'extérieur du corps par la peau, qu'à l'in-
(i) J^oyez noive Anatomie médicale, t.V, p. 5 12, dans laquelle nous sommes entrés dans des détails pftrticu» liers sur cet objet. On trouvera aussi dans l'exposé succinct de mon Cours de Phjrsiologie^xpérimentale^ fait au Collège royal de France en 1 77 1 > le récii de quelques expériences sur les animaux vivans sur Fabsorption des liquides épanchés dans les cavités du corps , qui confirment celles àe Musgraave , avec quelques remarques, yojrez hussi nos Mémoires j tom. II , page 25 1 , auxquels nous renvoyons pour éviter les répétitions.
50 t>E L^HYDROPISIB EN oijsiBXU
térîeur par les membranes connues sous le nom de séreuse^ ou àe Jibro^séreuses (i^.
Les radicules veineuses sanguines paraissent aussi Qoncourir; par les orifices de l^urs radicules^ à l'absorption^ ainsi quedi verses observations l'onl confirmé , et comme nous l'avons dit et écrit il y a beaucoup d'années. Aujourd'hui cela paraît démontré d'après les nouvelles preuves qu'en ont données M. Ri/bes , et après lui d'autres bons anatombtes.
Quant aux canaux excréteurs, quoique leurexis* tence ne soit pas douteuse ^ leur nature n'est pas aussi connue. Font' ils partie du système lympha-v tique I comme les absorbans , ou ne sont-ils qu'une émanation du système' artériel sanguin?. On ne sait encore rien d'assez positifsur cet important objet pour conduire les médecins dans leur clinique (2).
Quoi qu'il en soit^ les orifices des uns et des autres de ces vaisseaux absorbans ou exbalans existent en nombre prodigieux dans les surfaces des membranes dont nous venons de parler, et aussi dans le tissu cellulaire répandu dans toutes
(1) Anatomie médicale, t. II , pages r8, 26, 28, 3o j t. m, page5i2; tom. V, pages 21, 28 , et encore en d*antre8 endroits de cet uavrage.
(a) Ibid, y iom. H/ page 29; tom. IV, pages 254, 5o6, etc.
DE L^bilOPlSlE Eîf GENERAL 5l
les parties du corps^ et qui concourt beaucoup à leur formation.
On peut dire que h sécrétion , Fabsorpiion et fexcréiion des sérosités proviennent ,d'un genre de sensibilité et d^irritabrliié dont la naiure et le degré ne peuvent être définis dans l'état naturel, mais qui sont sans doute les mêmes dans tous les hommes en parfaile santé ; tapdîs qu'ils varient au contraiœ dans l'élat de maladie. Mais d'où vient que les sécrétions des sérosités continuent d'avoir lieu , tandis que les excrétions diminuent ou sont supprimées ? C'est ce qui nous est inconnu et Je sera vraisemblablement tourjours.
Quant aux Causes éloignées ^>u médiates , qui '^nt très^nombreuses^ nous les connaissons beaucoup mieux , particulièrement celles que nous croyons concourir plus ou moins directement à diminuer les excrétions des matières séreuses, sans diminution proporiionrielle des sécrétions , par conséquent à produire l'hydropisie. Or , comme ce n'est qu'en s'opposant à leurs fâcheux effets par des remè Jes appropriés qu'on peut y parvenir, nous devons particulièrement Connaître ces causes , pour les prendre en considération dans le traitement de l'hydropisie, comme l'ont fait et le font encorejes plus grands médecins sur les traces desquels nous voudrions marcher.
Sa DK l'hYDKOPISIE EN GENERAL.
Mais malheureusement^ comme l'application de cette méthode a la clinique n^est pas toujours heureuse , ^très-souvent parce que la distinction de ces causes est obscure et par conséquent difli* cile à saibir^ il faut^ si on Ta d'abord prise pour guide^ sans en obtenir du succès, savoir y renoncer pour recourir à l'empirisme , mais en . jte persuadant toujours que cette méthode est pleine d^incertitudes ^t de danger, si elle n'est dirigée par des lumières et par la prudence.
On peut cependant croire qu'on sera d'autant moins soumis à cette espèce de rouline , que la science des indications ou la connaissance des, causes éloignées de Thydropisie se perfectionne de jour en jour. Cela est si vrai que , dans les premiers temps de la médecine , l'empirisme dans le traitement des hydropisies fut presque le seul guide de ceux qui la cultivèrent, même des plus habiles; mais à mesure que la science s'est perfectionnée I ils y ont eu recours beaucoup moins sou*vent , et au grand profit de l'art , puisqu'il a sauvé un plus grand nombre d'hydropiques qu'on n'eût fait autrement.
Hydropisies par des causes éloignées.