‹ Observations sur la nature et le traitement de l'hydropisieChapitre 5 sur 23 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

P. Des Ujdropisies par défaut' et par excès

d excrétions .

i". On comprendra parmi les Iiydropisies par .défaut d'excrélions celles qui provienuenl de la diminution ou de la suppression de la iranspîraliou, des urines, des évacuations alvines, de la bile et autres excrétions.

On traitera ensuite des hydropisies^qui surviennent après la suppression d'évacuations saqguines , de Tépistaxis, du flux hémorrlioïdal , des règles, etc. $ des leucorrhées chez les femmes, ainsi que des lochies; enfin, après la dessiccation des anciennes plaies, des ulcères, des véiicatoires, des cautères, des sétons, etc.

Nous rangeons encore ici les liydropisies qui sont la suite de la répercussion de plusieurs maladies de la peau, avec excrétion de sérosités, d'humeurs puriformes ou d'autre nature, de»

dartres particulièrement, des peiites-véroleft, des rougeoles, etc. , etc. , qui n'ont pas eu un libre cours naturellement, ou qui ont été supprimées par de mauvais remèdes internes ou externes.

A. Les hydropisies par défaut de transpiration sont les plu« communes, d'apxès les résultats de

t)£ l'iiYOHOPISIE EN C£n£raL« 35

Toliservation , et l'on n'en est pas surpris lorsquo l'on considère que sur huit livres d'alimens que nous preïk)ns , nous en perdons à-peu-près cinq par la transpiration , en y comprenant la perip qui s'en fait par la voiç de l'expiralioû. On se« rait même étonné que Thydropi^ie par cette caus9 ne fût pas plus commune encore ^ si l'oq ne fav^il que la diminution* de la transpiratioi) est x)aturel« Icment compensée p^r t'augmenialion de quelque autre excrétion^ par celle des urines très-souvent, et quelqiierois par celle des selles. Sans cehe pré* caution admirable de la nature , la suppression die. la transpiration ferait périr d'hydropisie un biei} plus grand nombre de personnes qu*elie ne Ip fait.

Si lliydropisie est peu considérable et récente, et si elle ne dépend que d'une simple diminution de la transpiration par quelque refroidissement ou humMJlilé dans l'atmosphère, ou par quelque disposiiiôn passagère du corps, elle peut être facilement détruite par des diaphoréliques et dea sudorifiques, prescrits avec prudence; carun^ douée transpiration quelque temps soutenue est, en général , la plus profitable des excrétions dans le commencement de l'faydropisie.

On la provoque avec l'infusion des fleurs de bourrache, de surieau, de coquelicot, quelques grains de kermès miuérai , avec leà sucs dépMrés

56 DE l'hYDROPISIE en GENERAL.

des plantes borraginées et. diurétiques, tels que ceux des feuilles de bourrache^ de buglosse, de pariétaire, de cerfeuil, avec addition de i5 à 25 grains de nitre dans six ou huit onces de ces sucs ' bien dépurés , qu on fait prendre en deux doses : si ce remède n'agit pas comme diaphorétique, il agit quelquefois comme diurétique et utilement.

On peut y ajouter de plus, s'il est nécessaire, une once de rob de siireau ; et si ce remède ne suffit pas pour exciter la transpiration et les urines conjointement, on y réunit une demi-once ou i;ne once d'oxy mel scillitique. Ce remède doit être plus ou moins de temps continué. On peut quelquefois prescrire, s'il n'y a point de fièvre ni trop de sensibilité, iii d'irritabilité, dans les vieillards surtout, sujets à des affections catarrhales, les tisanes avec les bois sudorifiques , la râpure de sassafras , la salsepareille, la squine, le gaïac. • Le malade doit rester long-temps dans son lit, pour favoriser la transpiration, et se tenir chaudement quand il est levé, enfin ne sortir que lorsque le temps est sec et chaud, avec la précaution d'être bien couvert. Les frictions sur le ironc et les membres avec des flanelles sèches peuvent aussi favoriser la transpiration.

Souvent ces remèdes simples suffisent nonseulement pour empêcher les progrès d'une œdématie ou leucophlegmatic commençantes; mais

DE L'iiYDROPISlE EN C^ICERAL. $ff

même pour les giuërir quand elles sont plus àyan-» cées.

:^. Nous comprendrons dans cet article rhydropîsie qui est occasion^ par des corps gras applw qués sur la peau. Nous, en avonp vu quelques eiemples, que nous citerons en traitant (jie la pncumatie qui précède,, qui se réunit ou qui suecède à l'hydropisie, entr'autres celui d'une dame que nous avons soignée avec Bordeu. Cette dam^ se faisait peindre le corps avec des vernis divers. Elle moiurut bydropique. .

Il n'est pas douteux que, pour prévenir Thy-* dropiâe pâ^r pareille cause, il ne faille d abor4 prescrire des. boissons diaphorétiques et sudorifi-r ques, quelques bains tièdes pour laver et relâcher ]a peau , sur laquelle on doit faire des frictions jsèches; Les vésiqatoires devraient aussi être con-^ seillés en même temps qu'où prescrirait les diurétiques mdiqués.

Mais ces remèdes ne suffiraient pas si l'hydro- .pisie étai^ compliquée de quelque altération des organes intérieurs , comme on le verra paf les divers temples que nous en .donnerons successivement. ;v

: B. L'bydrppisie par la diminution | et encore plus parla suppression des urines, est très-fréquente f file e^t souvent plus prompte à se former que Ifi preoédente. S'il y a des. urines , elles sont

58 Dfi L'irrôAdi^tstis éi» cÏN^sftAL.

TÔQgèé; s^ditiiênteuses, ou avec un dépôt p)u$ oti moins considérable. Il survienr une œdématie d^ pieds y dêiS itiàllé6lés> âtit mains ^ alii poi- 4 gAëtài â^ëc bôufOssUfë de ià face, le malin Sur* lotit i et âîtasi pfôgréssivèihent l'hydropisie se fÀrâië> détient géàérÂlè dans toute l'habitude du li6t*p!i > et ^pth avùir produit Uilë à^asarijuc où létttÀ^phlëgiiKltie, elle finit soUveht par u^i épan* «Hbttiétlt Ànâ quelque tâvilé.

Lés hydrôpisies comméttcënt sdnvéîit et font des progrès par la dimihutiôû dés urihe^; elles dtîÀinUent et gûërîsseilt,.aU contraire, par le ré- Ubli&ément dé cjctteëxcrtétiou : aui^i Tàt^t du tné-^ tlébih qui traité dé pareils ihàl^c^ èoUsisté à di- F^ là pfe^bri^tiôrî déS diurétiques cbUttéUableS; O» tèirt*a;pàr té qUi tora dit plUMéUrs fois dàm OH ouvrage ^ combien céjtte àttéUtioU ^t impoftàhtè.

C. Ls^pronipte diminution ou lé rétard dé^ ët^à* ^ûàiSdihs ^Uîfàss ^CA\ ^UvéUt sukis d'hydropisie , Ktfl^tÔttt dàâs le& flféjéf i qui sôttt habitués à avoir dèb flUi de Vëhtrè séréUt^ deà diarrhées, ehfiU des -éxëî'élioUs , dès ^llë§ fVéqu^té^ et èttpièïi^ i ta faveur desquelles la nature se délivre d^uAë sU^- BlU%h d'hutUéUH diverses. Il y a en icflfet des ^riMin^'4ui jbui^6t d\iue é^dèllentè saVfté éu tiéu- \MHtV |>St déèô]^éùse^ et rré<|Uëlifeii sélljg», dès kiià- %lÊhh bien d%élréés> pàrbiisbUt qttUqVi^élèis JefeMèfr

DE t/liYDROPISlï EWr Gl^MERAL. 5^

la quanlilé d'alîmens qu'elles prennent; au coii« traire, il y en a d'antres dont les selles, de bonn^ nature, sont très^rares et peu copieuses : san^ doute qu'alors la santé est maintenue en hoii état j)àr l'augmentation des autres excrétions p ce • qui rétablit une espèce d'équilibre dans là quantité def humeurs qui restent dans le corps ; iDdis, privés de cet excès d'excrétions, quelques malades tombent dans Thydropisie , d^nt on ué les guérit qu'en rétablissant lét évècutionfi.

J'ai vu plusieurs fois l'bydropisie survenir aprèi; la suppression des diafe-rhées , surtout de celles qui étaient habitueUéis ou sujettes à des récidives. Madame là comtesse de B**"*, âgée d'environ trenle^huit ans, était a(teintie, depuis plus dé dit ans**, d'un dévoiem^t séreui assefe Considérable^ tous les douze à quin2e jours. Ce dévoiem^nt dû« rait deut , trois ou quatre jdiirs , et empêchait Ih malade de sortir pour aller en société Ou pour vaquei^ à ses affaires. Elle me consulta pour «upprimer cette év&cuaiknii. Cette it^ame n'était point maigre; cependant son teint était jàtine , *et jt reconnus au tact qu'il y avait un ^(su d'engorgé-*' ment ^ dans le foie et dans la r^ion de To-^ Vaire di^t : du resté elle jouissait d^une bonne santé. Je lui reprçs€»itafi qn^ne ancienne évacua-^ tion qu'eilii ^supportait sans dépérissement devait être resp^tée , et je lui conseillai de ne riai t^iire

4o Ï^E L HYDROPISIE EN GENERAL.'

qai pût la supprimer ; seulement qu'il fallait en cojEûbattre la cause, qui me paraissait évidemxnent provenir de lengorgement du foie, et d'une altération dans le cours et dans la nature de la bile, par l'usage des pilules savonneuses avec les ex« traits amers et une boisson de plaxites légèrement apéritiv^, pour prendre ensuite qudques verres d'eau de Vichy, dont on fait un fréquent usage à Paris jen^wireils cas.

Je comeilkî* 4è plus,, vu l'état des règles, qui étaient peu abondantes et peu régulières , quelques sangsues au fondement ou aux parties extérieures de la génération , et de suivre pen* dant quelque temps ce traitement, secondé <)'nn bon régime. Ce traitement eut d'abord d'faeureux effets; j'en conseillai la continuation; mais mes conseils parurent à cette dame d'une tro|> longue exécution . Elle consulta Tro/tcAiR , premier médecin du duc d'Orléans , l'un des derniers disciples de Boerhaai^e, et qui jouissait d'une grande réputation y plus , il est vrai , parmi les grands que parmi les médecins , quoiqu'il ne fût pas cependant sans de grandes lumières^méme en pratique.

. Tron^in prescrivit à la malade un traitement bien différent : de l'extrait de quinquina avec du cachou et du safran de mars astringent à des doâes fortes; une décoction de xsLcinn de bis«

DE l'hYDROPISIE Err GENERAL. ^t

torte en boissoû dans du vin de Bordeaux aux repas; un peu de vin amer de Xérès à la fin du ./diner y et un gros de diascordiumle soir dans une cuillerée du même vin. '

Ce traitement répondit aux vues du médecin , car madame de B^^^ n'eut plus le dévoiemeni pendant quelque temps ; mais les malléoles ^ les coude-pieds et les jambes s'œdématièrent, eienfîn le bas-ventre météorisé annonça iine by^ropisie ascite prochaine. Le pouls était lettl et faible avec quelques inégalités.

Appelé de nouveau auprès de cette malade, je lui conseillai, pendant quelque temps, Tusage de divers diurétiques heureusement éprouvés, et un ou deux purgatifs. Ce traitement suffit au bout d'une quinzaine de jours pour rétablir les urines et pour dbsiper l'enflure « moyennant aussi le bénéfice du dévoiement, qui était revenu sans être bien considérable , avec augmentation des forces plutôt qu'avec diminution : le pouls était même plus fort et plus régulier. Cependant croirait-on que cette dame , peu satisfaite de mes soins, et voulant changer le traitement, désira une consultation? Barthèz fut appelé. Il proposa des remèdes amers astringens , et le soir l'opium gommeux en assez grande dose. Le dévoiement s'arrêta encore ; mais en peu de jours une nouvelle diarrhée survint et fit de rapides progrès.

4a UE L*HYDROPISlE EN CÉnÉRAL,

Frappée de celle récidive , et «en craignant les sijfiles, la malade finit par mé donner son en«lîére confiance ; et né l'avais-jé pas acquise par mes premiers succès? Je revins au traitement que je lui avais prescrit et qu'elle avait si heureu^ semenf commencé.

Après qu'elle eut fait usage des diurétiques , lès mêmes qiie j'avais déjà prescrits avec succès, |e lui jfe préâdre pendant long-temps les pilules savonneuses iî^c les et traits amers et les martiaux, puis les eaux de Vichy tantôt augmentant ou dimiiluànt la dose de ces remèdes^ tantôt 'faisant quelques additions de terre foliée de tûrtlrè pàrticultèremêht^ et h plus haufle dose qu'on he là coi^sèillàit ordinairement , alors surtout.

La màlâdë fiait par guéi4r ; elle a émigré quelques années après , jouissant alors d'une assez bonne satité.

Vingt ans après elle est revenue ,' avec un^ paralysie de la moitié inférieure du corps, à Paris ^ où die a ainsi vécu quelque temps , et elle est moHe d'une apoplexie.

On voit par cet exèiôlple combien \\ est dangereux de supprimer d'aticiens dévoiemens. On pourrait en dire autant des autres é\'acuatioi)s. Quelquefois les plus légères en apparence, devenues habituelles , Boul oonsei*vent la santé.

DB l'hYOROPISIE EN CENEllAL. 4^

2^. Quant aux hydropistes qui Àont survenue»

après d^excessii^s évacuations ^ là clinique en a offert des exemples nombreux que les auteurs ont consignes dans leurs écrits (i ). Je ne parlerai ici que de quelques-uns de ceux que j'ai eus sous les yeux>

:d. Je fus consulté par les parens d'un enfant de sept ans qui avait , presque depuis sa nais^ sance > un écoulement dé pus piir l(MNieux oieeiUes. Cet enfaiit se plaignait parfois deMves douleui^ à la téte^ et d autres fois il éprouvait un peu de surdité. J'avais conseillé un vésicàtoirè à k nuque ^ que je proposai de reiiiplacër par un séton , B^ était in^iffisam; je prescrivis aussi quelques ih jectknlb d'eàu de fiat^ges dans le <(U>nduit auditif externe. Dans peu de jours ce thiitement parut trop violent $ mi consulta un isutre médecin > qui supprima le v^icatoire et conseilla d^inî^cter dans les oreilles du suc de plantain ^ îiiâlé ^vec i^alè quantité d'une décoction l^ère tie quinquina^ et addition de quelques gouttei dé laudanum* L'écôuknuéiit des oreiKes fut suppiiibé ; IVnîRMAt devint entière^ ment sourtl ; les H^ti^iti^ inférvair» s^cfidéma-

(i) Plusieurs sont partictiliçi^ement rapportés dans les ouvrages de Baillou , Qaller , Sauvages^ M#rgagni, et LTéuiatM. • ^

44 DE l'hYDROPISIE en GENERAlr.

tièrent , et il finit par tomber dans un assoupissement mortel.

A l'ouverture du corps ^ on trouva de Feau épanchée dans le crâne et dans les ventricules du cerveau. .

B. Une dame âgée de ti'ente-deux ans, bien réglée, d'une constitution irritable, que j'ai vue le 20 juillet 1820 à riiôlel Bourbon, rue du même iiom^ faubcmrg Samt-Germain , était, depuis sa naissance ^ sujette à des éniptions dartreuses sur presque toutes les parties de la peau. Des remèdes de divers genres plus ou moins indiqués lui furent prescrits. Les dartres disparaissaient, mais elles revenaient, et quelquefois en d'autres endroits du corps. Enfin , les renièdes sulfureux sous diverses formes lui sont prescrits tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, et avec plus de succès que jamais. Elle se croyait parfaitement guérie lorsque , environ un an après tiinè guérison apparente, les dartres se montrèrent à l'extérieur des oreilles avec une extrême violence. On voulut les faire disparaître par des caustiques sur la dartre même , et on y réussit encwé.

Peu de jours après une céphalalgie affreuse sur^ vint avec des convulsions dans les paupières, et, par suite, des mouvemens désordonnés des globes des yeux , avec dilatation de la pupille , fièvre aiguê, insomnies continuelles, goutte»

t)Ë L^HYDROPISIE EN céNERAL. 4$

sereine complète dans les deux yeux , visage bouffi f leucophlegmatiç des extrémités supérieures et inférieures , stupeur profonde et assoupissement : tout annonçait une hydrocéphale : la malade resta quelques jours dans cet état et mourut.

Ç J'ai encore vu une leucophlegmatie dont une jeune dame fut atteinte après avoir sup* primé une éruption dartreuse qui était survenue autour du nombril quelque lomps après ses couches. Elle l'avait fait disparaître avec de Teau froide acidulée avec du vinaigre. Heureusement qu'ayant été appelé, je lui prescrivis un vésicatoire sur le nombril , des boissons dia- . phorétiques et sudoritiques^ et ensuite les apozèmes anti*laiteux de Weisse^ et elle fut radicalement guérie.

D. Combien d'autres exemples de maux divers ne pourrais-je pas ciier qui sont survenus après la suppression des éruptions cutanées ! des hydropisies, des convulsions, des apoplexies, des phthisies pulmonaires., des diarrhé^es, des dysenteries, des maladies des os, etc. On en trouverait des exemples dans la plupart des au^ tçurs et ddns mes ^propres écrits, sur le rachi^ tisme , les maladies héréf^itaires , la phthisîitpuU monaire, etc.

E. L'hydropbie est survenue après la sup-

pression trop prompte des vésicdioires et des cautères anciens, et tentée souvent sans aucune précaution. Je pourrais rapporter des ei$;emp]es^ que j'aî eus souf les yeux, qui le con6ru)e-f raient.

On pourrait, pour mieux connaître les ravages et principalement les hydropisiet par épanche-* meut que de pareiilcs répercussions peuvent pro-^ duire, jeter up cQup-d'çeil sur l'article Fluxuum et eruptionum retroeessus de ma table de ÏHiskori^ anat. med. de Liffutaud, pag. >395.

Dans cette espèce d'hydropisie, il faut, dans le traitement , réunir à Tusage des sulfureux, les anti-scorbutiques amers, les diurétiques et les doux purgatifs de loin en loin ; les vé« sicatoires promenés sur la surface du corps , lessélons, les toniques et les esditans internes et externes, selon la nature des circonstances

relatives à Tage , au sexe et à la constitution

des malades»

P. L'Iiydropisie après des pçrteside sang est très-fréquente, soit après des hémorrhagies na« sales, les hémorrhoïdcs , ou les règles et les lochies chex les femmes, ainsi qu'après des pertes utérines^dans le temps appelé critique. Elle peut aus^isurvenir aprèsdeiipiignéei trop copieuses ( i ),

«g ■ ^ ■ ■ ■ i j ■ ■■ I II I ■■ I ( , m ■■ ■ —

(i) Post numerossimas venœ sécliones, Hi$lor. Anal. med. LiBt)TAU0.| pars i*| obs. 647 > ^^^'> ^^^*

DE L'iiYDROPlSJE EN ciNlRAL. 4?

après des hemorrhagies p^r d^ç plaies ou par des opérations chirurgicales.

G. Les hydropisies sont une suite fréquente dçs dévoiemens longs et considérable^, des sueurs excessives, des ptyalismes extrêmes , etc. Les auleurs étant pleins d'exemples de cette espèce d'hydropisie ; nous nous abstiendrons de les citer » et même de rapporter quelques-unes de nos observations qui ne feraient que les confirmer. Qu'il npus suffise c(e dire que les reii^èdes les pi us cou vepables qu il faut prescrire contre les hydropisies après de grandes évacuations; , sont ceux qui peuvent pro* duire l'évacuation des eaux par Jes voies.urinaireS| parla transpiration ainsi quç par les selles, comme dans les autres hydropisies.

Ou prescrit après, leur usage les divers remèdes qui peuvent détruire les causes des évacuation^ $ion les. reconnaît , parce qu'elles pourraient se renouveler.

S'il s'agit d'une hydropisie qui s'est réunie au dévoiement, il faut insister sur les vomitifs à petites doses , soit d'ipécacuanha ', spit de tartre stibié. On prescrit ensuite ^llS!^ge des doi^x diurétiques comme le$ infusipns de cerfeuil , de pariétaire/d'arréte^bçeuf , de petit-bpux , s^vec dix k quinze grains de nitre sur ^j\e çhopiue de bpi^n , et une demi-once ou une once de vins cillitiquç tous les jours'; à prendre en plusieurs doses et à plus

48 Dfi L^DEOi^lSIË SN C£N£RAt«\

OU moins de distance. On conseille ensuite généralement les remèdes toniques comm^Iesamers, les ferrugineux ; mais s'il existe quelque vice particulier ^ on doît conseiller le remède qui est le plus propre à le détruire. Ainsi j'ai conseillé les sulfureux quand il m'a paru que les évacuations provenaient de quelque vice herjsM^tique ou dartreux ; les apéritifs appelés fondons lorsque les évacuations me paraissaient provenir de quelques engorgemens morbides; les anti-scorbutiques légers long-temps continués ont parfaitement réussi quand il n'y avait qu'une cachexie tendant à l'œdématie.

J'ai aussi prescrit quelquefois^ et aVec succès^ le lait d'ânesse et le. quinquina en même temps^ à des malades qui étaient œdématiés après avo^r éprouvé un grand amaigrissement produit par des liémorrhagics , et à des femmes qui étaient endées par suite de pertes utérines ou après des couches ^ et pendant le temps criiiqMC.

Madame la comtesse d'Ad** éprouva des perles utérines très-considérablùs à plusieurs reprises et pendant long-temps. On aimait à les rapporter encore aux règles, qu'on croyait exister, quoique la maMide eût passé la cinquante-cinquième année. Son corpss'enflaavec toutes lesapparencesde la IcucopKlegmatie. Des adoiicissans et légèrement ra-

ty% L^UYDROPISlfi EN GENJ^RAL. ^9

fraîchièsans étaient prescrits pendant les pertes; je conseillai contre l'enflure les diurétiques les plus doux f et avec un tel succès , que cette dame se désenfla et parut avoir recouvré une bonne santé. Cependant l'hydropîsie se forma de v nouveau et avec des pertes utérines qui m'obligèrent de suspendre l'usage des diurétiques , et de prescrire de temps en tempsies légers adoucissans, ioniques , astringenis , opiacés , pour diminuer les bémorrhagies. On craigi^it quelquefois que celle dame > qui avait une peine extrême de respirer , ne finît par périr d'une orthopnée d'autant plus fêcheuse qu'on pouvait croire qu'il y avait déjà de l'eau dans la^ poitrine! D'autres fois , sans que la respiration parût plus gênée qu'elle ne l'était babituelleioiem^ il survenait d^ syncopes effrayantes^ f^t

Quelle alternative! Et ne falWt-il pas la prendre engc^/ide considération^ dans le traite* ment?Dèsqueles perles utérines cessaient , je re^ venais aux d^ux diurétiques; j'y réunissais l'usage des sucs an ti-scorbutiqUes^ et non sans un avantage réel. Il y eut^ dans celte maladie^ di-* verses récidives auxquelles on obvia par lemêmiB traitement et avec le même succès. Cette dame enfin parvint à «recouvrer une bonne santé. Je ne doute pas que si j'eusse employé des diuré-t tiques chauds et. des bydragogues violens, je m

5o DE lWjDROHSIE £N GENERAL.

lui eusse nui , au lieu de concourir à sa guérîson , comme je Tai fait. Je pourrais rapporter, à l'appui de cette observation, plusieurs faits d'autres traitemens heureux à-peu-près semblables, et d'autres où des traitemens actifs , échauffans , ont eu des résultats funestes*

Les sueurs longues et copieuses, qui exténuent d'abord le corps, finissent souvent par causer l'œdème et l'hydropisie générale , ou des épancbe* mens dans quelque cavité. On diminue cette excrétion par les amers ^ le quinquina surtout, traitement en général heureusement prescrit dans le commencement des hydropisies par suite de grandes évacuatipns. Nous lavons plusieurs fois utilement combiné avec les anti-^scorbutiques , l'usage des alimens nourrissans, mib de trèsfacile digestion , et les vins amers ti les opiacés sont en général nuisibles lorsque les sueurs

sont trop abondantes , tendant eif|pmémes à les

« pit)curer.

JBf% J'ai vu la leucophlegmatie iDCi^éder à ua énorme ptjalistne dans une femme d'enviroA trente ans ; elle fut heureusement traitée par des doux diurétiques et quelques purgatifs eccopro-^ tiques. L'infusion de quinquina légèrement acidulée, en gargarisme et en bcMsson, fut très-utile» Lesapéritifs elles diurétiques plus forts, prescrits ensuite, dissipèi'ent lenflure; et lei bonnes nour*

rllures rétablirent l'embonpoint et les forces de la malade.

D'autres évacuations ont encore été suivies d'hydropisie, le diabètes, par exemple, comme je Tai vu dans un vieillard suisse de l'ancien hôtel de Nivemois^qui avait considérablement mangé dans uo diabètes qu'il éprouvait , et contre lequel le docteur Dupuis , médecin de l'ancienne Faculté de Paris > avait inutilement prescrit divers ifemèdes. Les pieds et les mains s'cedémalièrent ; le malade fut atteint d'une leucopbl^matie générale , et périt d'une bydrotborax.

L'hydropisie est aussi survenue cbes des personnes qui avaient de grandes plaies ou ulcères. Or, on juge bien qu'alors il faut^ si l'on veut guérir cette maladie, commencer par diminuer^ et même s'il test possible, par supprimer l'évacuation qui y donne lieu j ensuite on a recours aux analeptîi^s tirés de la classe des alimens» et aux médicamens qui peuvent être indiqués.

F'oy. à ce iujet l'article Pnçumatie apfjtsÂes eyacmitions trop abondantes ^ . qui précède souvent l'bydropisie dont iious venons de parler , l'accompagne ou lux succède. (J^oy^z laquarante* huitième lettre de Horgagni. )

5â DX l'hYDROPISIE en GÉNEilAt;

Page 1