Observations sur la nomination d'un délégué apostolique au Canada [microforme]
Il vient d’être publié, au Canada, en date du 27 février dernier, le récit authentique des négociations entamées avec le Saint-Siège dans le but d'obtenir la nomination d’un délégué apostolique, ayant mission d'étudier les affaires religieuses de ce pays en rapport avec le réglement de la difficulté scolaire du Manitoba.
Ce récit est des plus instructifs et jette sur les Congrégations romaines en général, et sur certains cardinaux en particulier, une lumière tellement odieuse, et constitue une injustice si criante qu’il est de mon devoir, de signaler cet écrit scandaleux à votre attention et de protester, au nom de mon pays, contre la perpétration d'un pareil attentat.
L'auteur prétend que « l'arme favorite de certaines per sonnes est la calomnie ».
C’est cette arme dont il a fait usage dans la présente occurrence et il en à abusé de la manière la plus perfide et la plus outrageante possible.
Cet écrit malheureux, publié dans les journaux les plus
répandus du Canada, distribué par milliers d'exemplaires
CEA a
en français et en anglais, donne à la nomination d’un délégué apostolique pour le Canada une signification telle qu'on considère cette nomination comme une humiliation pour l’épiscopat canadien qui est ainsi mis en tutelle.
Cette nomination, par les délais inévitables qu'elle impose au réglement de la question scolaire, met aussi celleci dans un péril imminent.
Le jugement du Comité judiciaire du Conseil privé, en date du 29 janvier 1895, l’ordre de la Reine elle-même, en date du 2 février 1895, la constitution du pays, les engagements solennels contractés par M. Laurier vis-à-vis de l’électorat, tout impose aujourd’hui au premier ministre du Canada l'impérieux devoir de faire rendre ou de rendre lui-mème les droits qu’on a volés aux catholiques du Manitoba.
Que fait M. Laurier ?
Au lieu d'amener un compromis entre les deux parties litigantes, ou, à défaut de compromis, au lieu de proposer la loi réparatrice que la Constitution lui indique, il s’abouche avec les persécuteurs de la minorité, et, sans consulter cette dernière, il conclut avec les premiers un arrangement qui consacre l'établissement d'écoles neutres et mixtes.
En même temps il envoie à Rome un homme qu'il ne veut pas même accréditer auprès du Saint-Siège, mais dont la mission secrète, avouée maintenant, est de créer une diversion, en portant contre le clergé canadien les accusations les plus atroces et les plus invraisemblables.
Cet homme, nullement accrédité, porte ses accusations et demande la nomination d’un délégué apostolique.
La procédure la plus régulière, ce nous semble, au-