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la . protection de la Russie,- en obtint à la ivérité un secours de loo^ooo hommes, avec lequel il parvint à se faire restituer la Saxe^ à' la signature du traité de paix de Hubêrtsbourg; mais, en sauvant ses états héréditaires,; il' sacrifia' la Pologne qui , depuis «ette époque , n'a cessé d'être sous l'influence immédiate de la Russie.
;. IL ne . se présenta aucun prétendant au jtrône de Pologne après- la mort d'Auguste m, en -: 1 763 ; car tous les princes étrangers deyaient être exclus de l'élection, et le choix ne pouvait tomber que sur un Polonais. Stanislas Poniatowski ^ fut proposé par la cour de Pétersbourg, à la diète de convocation, au mois de mai 1764 (i)* L'opposition qu'il
(i) Ce n'est qu'à l'époque de cette diète que les Polonais reconnurent pour roi le roi de Prusse, et pour empereur le tzar de Russie.
rencontra , les discours véhémens qui .se firent.entendre contre rillégalité des formes de cette diète , dirigée par l'influence et les baïonettes étrangères, et les protestations qui s'ensuivirent I ne produisirent d'autre effet que celui dei redoubler les précautions nécessaires de la part de la Russie, pour faire réaliser sçs pi*ojets. . . . r . i
^ La . diète d'élection ; commença .le . 117 août 1 764 9 . et le 7. septembre Stanislas- Auguste Pqniatpwski fut proclamé roi de Pologne.
- Ce règne commença sous des auspices ti*ès peu favorables. L'affaire des.dissidens, soudoyés, et soutenus : par des puissances étrangères^, donna Jieu à de vives discussions de la part des catholiques , et fit naître la désunion entre les partis les plus marquans de la noblesse. Plusieurs confédérations s'établissent : celle de Bar déclare le trône
vacant; la Russie emploie des voies de ri-
gueur pcmMnafiitenll* les mécontens. Deùi (hréqués, un sénateur ()àlatiil et un député toni enlevés de' Itt capitale, et transportés sous eiscorte dans l'intérieur de la Russie , fdm ayoïir osé parler contre cette= puissahce à:. l'assemblée de là diète. Les confédérés, après . xtiaie long«ië et vigfoûteuse résiiSftance , succombent sous les forces des armées ruS' tes qui protègent Poii^àtowski et ehvabissentMa t^olo^ne^ I^'assèmblëe générale de la codfé^iéràtibn se tèûté :e( s'établit U Tes-^ cben, en Siiésie, eâ ï^7d. Les forteî^esses de Lanckorona, Tynioc, ézenstocbówa^ ei le ch&teau'de Craòovie, défeiidlies'ayéc beaueoup d'obstination par leis confédérés, fu^ rent obligés de capituler (i); et enfin, un
(i) Beaucoup d'officiers firançais se trouvaient avec > ' , ' ■ • • •
ks c^ihfëdërës, entre autres Ghoisy, Viotnénil, Du-
mourier, etc. ' ^
manifeste des trois cours de Pétersbourg, de Yieànê et de Berlin^ publié le lo jan-* yiàr 1773, annonça le premier partage de la Pologne.
La diète assemblée la même aùnée, et terminée en 1775, fut forcée de ratifier le ^ailé de partà^ oonclu avec tes trois^ puissances le 18 ^ej^tembre 1773. — Les trois pLûasanees copàrtàgeantes , en se garàntisr sant réciproquement leurs possessions , ga^ rantilfent! également l'intégrité du reste de b Pologne, ainsi que la constitution de ce pays, qui fotarratigée au gré de leurs désirs;
LeS' douae années qui suivirent cette ca* tailirophe ne présentent aucun intérêt L'arn^ bassadevr de Russie, résidant à Varsovie, gUuTeroàit Îé roi et la nation. Dix^buit mille hoinmes de troupes effectives composaient toute la force armée; les finances étaient épuisées; les diètes qui, d'après l'usage, s'ash
semblaient tous les deux ans étaient nulles; et aucune circonstance ne présageait de changemens à la triste position des Polonais, aussi long-tems que l'intimité régnerait entre les trois cours qui avaient partagé la
Pologne.
■ Cependant un rayon d'espéi'ance se présenta vers la fin de l'an 1787 , et on en profita Vannée suivante après l'ouverture de la diète, qu'on a appelée depuis diète de quatre ans ou diète constitutionnelle. Les Turcs ayant déclaré la guerre à la Russie au mois d'août 17879 la cour de Pétersbourg chercha à s'attacher les Polonais par un nouveau traité d'alliance, pour obtenir des subsides contre la Porte ottomane^ — D'un autre côté, le roi de Prusse, Frédéric-Guillaninis II , qui venait de conclure un traité avec l'Angleterre , fit présenter à la diète de Varsovie une note par laquelle, en témoignant sa
surprise d'uri projet d'un nouveau ti'aité d'aîliance qu'offrait la Bussie à la Pologne, il en démontrait rinùtilité , et exposait les suites fâcheuses qui pourraient en résulter pour la nation polonaise , en l^en traînant dans une nouvelle guerre contre les Turcs. Il déclarait que, si la Pologne était en danger, il lui offrait son secours et son alliance.
Cette démarche dérouta les projets du roi et ceux des partisans de la cour de Pétersbourg; et la majorité de l'assemblée, entre* voyant la possibilité de se soustraire au joug de la Russie , saisit avec empressement l'occasion que lui en présentait la cour de Berlin. On le fit d'autant plus volontiers , que lé roi de Prusse, en insistant sur la conclusion d'une alliance et d'un traité de commerce, qui devait être garanti par l'Angleterre et la Hollande, encourageait les Polonais dans leur projet d'augmenter leur armée y de réglei"
leurs finances y et de faire les réformes qu'Us jugeraient convenables dans leur constitution.
Le roi de Pologne voyant le parti russe réduit à un petit nombre d'individus, se réunit à la pluralité. Le ag mars 1 790, le traité d'alliance avec le roi de Prusse fut signé. L'enthousiasme des représeutans de la diète, augmentant tous les jours davantage, amena des institutions aussi sages qu'indispensables pour une nation , qui avait tant d'abus à ré-» former. La constitution du 3 de mai 1791 y mit le sceau; et toute l'Europe admira cette assemblée composée uniquement de nobles , qui ne mit point de bornes dans les sacrifices nécessaires pour le service de l'Etat ; qui se dépouilla spontanément d'une partie de ses
droits pour les partager avec la bourgeoisie,
tandis qu'elle s'occupait également de soustraire la classe agricole à l'esclavage, et de
lui accorder tous les bénéfices et la protection de la loi. — Mais il était écrit dans le livre des destins que les Polonais ne devaient pas jouir long-temps des fruits de tant d'efforts généreux , et toutes leurs espérances s'évanouirent avec le changement du système politique en Europe.
La convention de Reichenbach, signée le ^7 juillet 1790^ avait déjà rapproché les deux cours de Vienne ef de Berlin. La révolution française porta l'épouvante dans tgus les cabinets de l'Europe. Elle détermina le roi de Suède à faire la guerre à la Russie; elle porta le roi de Prusse à conclura un traité d'alliance avec Léopold ; et dès lors , occupé uniquement de la France , il trahit les intérêts de la Pologne. — La Russie fit la paix avec les Turcs , et ayant toutes ses forces disponibles, elle fit avancer une armée formidable vers les frontières de la Pologne.
( 38 ) Félisç Potocki, Xavier Branecki et Sévérin jftzewuski, partisans russes, et qui avaient désapprouvé toutes les démarches de la diète constitutippnelle, étaient allés à Pétersbourg solliciter la protection et les secours de l'impératrice, pour renverser la nouvelle forme de gouvernement. — Autorisés par elle à rassembler une confédération , ils en formèrent l'acte à Targo witza, et le Qrent signer par un petit nombre de leurs adhérens. — Une armée russe de 100,000 hommes avança vers les frontières de la Pologne , et le 18 mai 179^ 9 )e ministre de Russie reinit à l'assemblée de la diète de Varsovie ime déclaration de sa cour, qui ^pnpnçait et motivait l'entrée des troupes russes dans les états de la république. — L'assemblée d^ la diète , loin d'être consternée de cette démarche, sembla redou- \)ieT d'énergie et de vigueur dans ses opérations. Elle conféra un pouvoir illimité au roi
qui devait se mettre à ia tête de Farmée. Le8 troupes reçurent ordre de marcher du côté des frontières^ et eUes s'y conduisirent avec la valeur accoutumée aux Polonais. Le prince Joseph Poniatowski, TÎiadée Kosciuszko^ Michel Wielhorski, Stanislas Mokronowski, et en un mot tous^ tant officiers que soldats, se battirent avec beaucoup de valeur dans les deux affaires partielles de Zielence et de Duhienka^ contre des forces trois fois, supé* rieures en nombre; mais le roi ne quitta pas Varsovie pour se rendre au camp , comme il l'avait promis ; il envoyait journellement des ordres à l'armée polonaise pour la faire rétros grader, et enfin l'amant de Catherine signa l'acte de la honteuse confédération de Targowitza, le a3 juillet i"]^^*
Le II janvier 1793, le roi de Prusse, qui s'était concerté avec la cour de Pétersbourg pour le second partage de la Pologne, trahis^»
saut ia sainteté des traités qu'il avait. conclus avec lés Polonais, fit entrerjses. troupes dans la grande Bologne, sous les ordres du général Môilendùi^.l^BmhBSSSLàtVLT de Russie exigea que le roi de Pologne avec son conseil as* semblât une diète à Grodno. ^--^ On exigea de cette assem)>lée qu'elle. signât et:Tatifiât les traités, de partage tels qu'ils étaient présentés par les cours de Russie et de Prusse^ Le châ* teau <le la diète fut cerné de tous cotés de baïonnettes et de canons. On introduisit dans là salle même de l'assemblée des > militaires vusses ; on enleva et l'on fit déporter les re-^ présentans de la nation qui osaient protester contre la violation des droits les plus sacrés. -^ C'est ainsi que fut consommé le second partage.
Les opérations de l'assemblée de la diète furent terminées par un traité d'alliance avec la Russie, et par une déclaration qui annulait
kconstitiilioa du 3. de .mai, et toutes les in* stitutîcms de la diète prëoédeate. :
( Leâ armées russes ne quittèrent pas Varsovie ^ et occupaient le reste de la Pologne. L'ambassadeur de Russie ^ qui ayait en même temps le commandement de Tarmée , gouvernait arbitrairement; et ses.ordres étaient exéeutés par le roi et le conseil permanent. Les persécutions ne discontinuaient pas ; les ar* re$tation3 se succédaient : mais enfin la vio* lenoe des mesures qu'on employait pour comprimer les mécontens exaspéra tous les^ esprits et amena un désespoir général , qui fut le {Précurseur d'une révolution sanglante. L'ordre donné pan l'ambassadeur de Russie de réformer, l'armée polonaise en fut le pre^ HÛer signal. Madalinski leva l'étendart de la révolution. Rosciuszko , appelé par le vœu unanime de la nation à se mettre à la tête de l'armée et du gouvernement , avec le titre
de généralissime, quitta Dresde, où il se trouvait avec plusieurs membres distingués de la diète constitutionnelle , pour se porter du côté de Cracovie, où il entra sans obstacle le a4 mars 1794*
Tandis que les patriotes , réunis daiis cette ville^ dressaient l'acte d'insurrection , et que Kosciuszko, avec le peu de troupes et de paysans armés qu'il avait pu réunir à la hâte , battait les Russes à Raslawicéy le 4 avril, la révolution se préparait sourdement à yarso-»
vie , malgré la police vigilante et sévère du ministre de Russie. Elle éclata àVarsovie le 17 avril, et le 1 9 à Wilna. — La plupart desAusses qui formaient la garnison de ces deux villes , après un combat sanglant, car ils y étaient préparés, furent massacrés ou faits prison-^ niers. L'enthousiasme fut général ; chacun était soldat. Cependant Kosciuszko, renforcé de tous les militaires polonais qui avaient pu
pénétrer jusqu'à lui, ne oroyait avoir affaire qu'aux Russes seuk, le 6 juin , à Szczekociny, lorsqu'il y fut foudroyé par l'artillerie des Prussiens qui , au nombre de quarante mille hommes et sous les ordres immédiats du roi de Prusse, étaient venus se joindre à l'armée russe. Kosciuszko tira tout le parti qu'il put de sa position , et les Polonais se battirent avec beaucoup de courage et d'acharnement; mais enfin , cédant au nombre , le généralissime jugea à propos de se rapprocher de Varsovie, ce qu'il exécuta sans que l'ennemi osât le poursuivre.
La ville de Varsovie, qui n'avait jamais été fortifiée , eut à soutenir un siège de plusieurs semaines contre les Prussiens, que le roi commandait en personne. Le 6 septembre , ils quittèrent inopinément leur position à cause d'une insurrection qui éclata et fit des progrès très rapides dans les provinces
de la Pologne nouvellement acquises par la Prusse.
Tandis que la retraite des Prussiens ranimait les espérances des Polonais, la marche et les progrès des armées russes ne les en laissèrent pas long-temps jouir. Le général Sierakowski fut battu à Krupczycé. Kosciuszko , qui se rendit en personne à l'armée de Lithuanie, fut blessé grièvement et fait prisonnier à la bataille de Macieiowice. Le général Souwaroff marcha sur Varsovie , qu'il força à capituler, après avoir fsiit un carnage horrible dans le faubourg de Praga. Les troupes polonaises se retirèrent jusqu'à Radoszyce , où elles furent contraintes de déposer les armes. C'est ainsi que fut terminée cette révolution mémorable de 1794 9 ^^i n'amena point , à la vérité , de résultats favorables pour la Pologne, mais qui couvrit d'honneur ceux qui y prirent part, et qui
prouva tout ce que peut l'araour de la patrie, le courage et le désespoir dans une lutte si inégale d'un petit nombre de braVes contre les armées aguerries de deux puissances formidables.
Le roi de Pologne, Stanislas, fut obligé de quitter Varsovie le 9 janvier 1 795 , pour se rendre à Grodno, et signa Faute d'abdi* cation le a 5 novembre de la même année.
Il partit depuis pour Pétersbourg, où il cessa de vivre le la février 1798.
La Russie s'empara du r^ste de la Ijitbuâr nie et de la Courlande ; les Autrichiens pri* rent possession de Gracovie; les Prussiens occupèrent Varsovie et ses environs, — C'est ainsi qu'en 1796 fut consommé le troisième et dernier partage de la Pologne.
Kosciuszko, Ignace Potooki, Thadée Mos* towski, Thomas Wawrzecki,. Julien Niemcewicz , et la plupart des chefs de la révolu-
tioQ furent conduits dans les prisons de Pé-» tersbourg ^ tandis que douze mille Polonais environ , de tout état et de tout grade ^ tant militaires que civils, furent déportés dans le fond de la Russie.
Cependant , beaucoup de Polonais , qui avaient eu le bonheur de quitter les frontières de la Pologne pour passer dans les pays étrangers, y trouvèrent un asile et la protection du gouvernement français. — Une réunion de patriotes polonais s'établit à Venise; une autre à Paris, où, indépendamment d'un agent polonais nommé Barss ^ qui y avait été envoyé par les patriotes de la diète constitutionnelle , il se forma une députation composée de cinq membres, qui était protégée par le comité du salut-public , et depuis par le directoire; et qui entretenait une communication secrète avec les émi^ grés polonais qui se trouvaient enveloppés
dans le dernier partage , et qui n'avaient ptl quitter leur pa;^.
Il se forma , sous la protection immédiate du gouvernement français, des légions polonaises, en Italie, àia tête desquelles on vit paraître le général Jean HenriDombrowski , accompagné des plus braves officiers qui ayaieot pu le suivre. — Michel Oginski fut invité par ses compatriotes à se rendre en tiiissionàConstantinople. — Un autre agent polo* nais devait être envoyé à Stockholm. — La Turquie et la Suède étaient les seules puissan-^ ces qui pouvaient faire une diversion Êivora-^ ble à la Pologne, et le gouvernement français agissait avec beaucoup d'activité auprès de la Porte ottonàane, pour l'exciter à déclarer la guerre à la Russie. Cependant, la paix conclue entre la France et la Prusse, la dé* feclion de la Suède , et le peu d'énergie du
divan de Constantinople , rendirent infruc*
tueuses toutes les uégodaticms. — Il était réservé aux braves militaires qui coittposaîent les légions polonaises de former le noyau d'une su'mée qui viendrait un jour cueillir des lauriers sur le sol de la patrie ; et qui, par son coùk*age, sa persévérance «t son patriotisme 9 mériterait Testime et la conmdératioii du régénérateur de la Pologne.
Mais je ne veux, point anticipa sur les événemens. — Les légions polonaises qm ^ dans les pretfiietft tempe, ne monCatâfnt qu'à «LviroR six mille hommes , se distinguçreni:
particulièrement dans la première campagne en Italie , et attirèirent toutç Fattôntioiî et ia bienveillance du général en chef j&o/i£ipezit6« — On forma à Strasbourg: les lé^îoné^ du Rhin; on augmenta celle d'Italie apnes la^ fin dé la' première cmnpagné ,' et om organisai»
en 1799, de nouvelles légions dulDsoiûbe;, qui toutes étaient composées de l^olonais
émigrés, ou qu'on avait faits prisonniers dans différentes batailles livrées aux Autrichiens et aux Prussiens.
Les légions polonaises qui se trouvaient en Italie vivaient toujours dans la meilleiire harmonie avec les premières légions italiennes formées par Bonaparte. Elles partagèrent là gloire dont celles-ci se couvrirent dans la camjpagne, sous les ordres de ce général; et prirent part à l'expédition de Naples, sous les ordres de Championet et de Màcdonald.
— Enfin, tandis qu'une partie de ces légions polonaises qui étaient presque toujours unies aux italiennes , soutenait les combats à Novi , sur la Bormida et dans les montagnes de Gènes, les autres franchissaient mille obstacles en se retirant du midi de niàlie, livraient les batailles de la Trèbia et (te Modène, se réunissaient à Mdpeau,>ét combattaient valeureiisemeflt à côté dés* dé-