‹ Observations sur la Pologne et les PolonaisChapitre 8 sur 11 · DESCRIPTION GEOGRAPHIQUE DE XA POLOGNE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION GEOGRAPHIQUE DE XA POLOGNE

Le tableau qui termine ce paragraphe, et que j'ai emprunté de l'ouvrage de Maltebrun , donhera une idée suffisante de l'étendue progressive des limites de la Pologne à différentes époques de son histoire. — Je me contenterai de tracer ici une esquisse géographique de la Pologne, d'après des renseignemens exacts que je me suis procurés.

La Pologne , avant le premier partage en 1773, était aussi étendue que le royaume de France , mais sa population ne montait qu'à environ treize à'quatorze millions d'habitans.

— ^ Bornée au nord par la Prusse, la 'mer Baltique et la Russie ; à Forient , dans toute son étendue du nord au midi , par les provinces de l'empire russe; au midi^ par les monts Garpathes, qui la séparaient de la Hongrie, et par la Turquie ; elle avait pour limites à roccident la Silésie et la Prusse.

Le royaume de Pologne était divisé en trois provinces, savoir : la Grande»Pologne , la Petite-Pologne et la Lithuanie. Chaque province était partagée en paiatinats , et ceux-ci en districts. Les paiatinats avaient des palatins et des castelans , qui portaient le titre de sénateur et qui composaient le corps du sénat dans les assemblées de la diète. Les districts avaient aussi des castelans qui étaient des sénateurs du second ordre ; dans tous les chefslieux des districts la noblesse se réunissait en assemblées qu'on nommait diétinfes , pour élire des nonces ou représentans à la diète. La

4ièt<if qui devait s'assembler tous les ans, était COQiposée de trois ordres , savoir : du roi ^ du aénat et de l'ordre équestre ou députés :repré- S^Ditans de la nation. L'archevêque de Gnesne^ qui portait le titre de primat du royaume , et tous les évéques siégeaient dans le sénat, ainsi que les ministres d'état.

La Pologne est. un 'pftyS'plat(i), et on ne rencontre guère de «montagnes que dan^ les environ&.de Cracovie et dé Sandomir. L'air qu'on nesjnre en Pologne est pur et sain comme dans tous les cUmats tempérés. Il le serait bien davantage s'il se trouvait moins de forets, de terres incultes et de marais dans quelques parties de l'intérieur du pays, et {)rincipalement en Lithuanie : l'on commence •à y remédier. La partie méridionale de la Po-

(i) On fait dériver le nom de ce pays de polé, qui ▼eut dire plaine.

logpe est très fertile et {H*oduit d'excciHe^^ fimits. Qn cultivait jadis dans les eavirqns de Yar^vie» en pleine terre et avec beaucoup de succès, des pêchers, des abricotiers et* des amandiers. — On m'a assuré que depuis trente ans environ le froid s'y fait sentir davantage et exige que ces arbres soient abrités. La Pologne , avant le premier partage ^ et bien antérieurement à cette époque^ était appelée ^ le grenier de l'Europe. Favorisée de la nature pour toutes, les productions de première nécessité, elle exportait une* grande quantité de grains et surtout de froment, du )in, du chanvre , de la cire , du suif, des bois de construction, des mâts pour les vaisseaux , de la laine ^ des cuirs, des cbevaiix en très grand noni^bre et d'une très bonne race. .—^ Il était malheureux pour ce pays de n'avoir d'autre port qui lui appartînt que celui de Dantzik pour exporter ses productions par

la Vistule. La partie méridionale de la Pologne n'avait pas de débouchés pour le commerce ; ses provinces les plus fertiles se trouvaient encombrées de toutes sortes de productions , dont on ne pouvait pas se défaire , même au plus bas prix , de sorte que des récoltes de plusieurs années, entassées et expo sées à toutes les injures de l'air , couvraient les champs fertiles de l'Ukraine et de la Podolie.

La Pologne ne manquait de rien ; les vivres y étaient à très bon marché ; les mines de sel de Bochnia et de Wieliczka étaient plus que suffisantes pour les besoins du pays. Le fer et le cuir s'y trouvait en abondance, et les mines d'Olkusz auraient fourni de l'argent et du plomb, si les fonds n'avaient manqué pour les exploiter, et si les troubles continuels qui agitaient la Pologne n'avaient empêché de s'en occuper*

Les progrès de la civilisation du peuple en

Pologne se sont fait apercevoir sensiblement selon la position des provinces. Celles qui étaient limitrophes dé la Prusse, et qui formaient les palatinats dé la Grande-Pologne, se distinguaient particulièrement des autres et surtout de la Lithuanie.' '

Les'villés' y étaient mieux bâties; Texte-' rieur dés villages annonçait Taisance des paysans; la terre y était'mieux cultivée, le bétail mieux entretenu, et Fon y rencontrait des fabricans de toute espèce. — Xé peuple des environs de Cracovie est gai , laborieux , industrieux ; l'air du pays coupé de montagnes l'entretient dans un état sain et robuste. Â mesure que l'on s'écarte de ces deux points, on trouvé le' paysan moins actif, moins occupé de sa subsistance , et dès qu'on a franchi le Niémen pour entrer en Lithuanie, on y trouve, généralement parlant, le paysan plus aibruti, plus paresseux et plus porté à l'ivro-

(98) gnerie* Oa doit en eju^epter cependant les habitans de la Samogitie , qui , voisins de la Courlande et de la Prusse , et jouissant d'une plus grande liberté^ sont d'autant plus actifs pAur la culture de leurs terreft » qu'ils ont im débouché facile pour leurs productiona pur les. ports de mer de Mesael et de Liban. ^

La Pologne a plusieurs rivière^ navigables, dont la principale est Isi Yistule r qû trarerse ce pays dans tpute sop ^tendue , depuis le midi ju3qu'au nord» en passant par Cracovie^ Varsovie , pour se roodre dans la mer Baiti** que, près de Dantzik. — La Warta^ unie au IH^otetz par le canal de Bromberg, porte* ses eaux ^ l'Oder.

Le ^Niémen , auquel se réunissent les. eaux de la Wilia, CacUite aux habitans de la lithuapie l'exportation de leurs productions sur Kœnigsberg et Memel. — La Dzwina,.qui formait jadis la frontière entre la Russie et

la Pologne , du côté âa nord, serfait autran- Spcvt des deorécsi du- pays judcja'à Riga. — Oomuat beaiicocq) de provindes dans l'mté** rîeiir du royaume étaient priyâes des avan^ tages de la naTÎgation , oti s^occupa à creuser dfis eanatix, qui, par la jonction de plusieurs rivièreS', deraient unir une coipmunication entrala Baltique et 1» mer Noire. — L'ion de ces canaux fut commencé par ardre du gouvernement; le second fut entrepris et rendu nasigahle par les soins et aux frais du comte Michel-Casimir Ogînski , grand- général de Liihuanie. Le premier porte le nom de canal êe Muciuuvietz et n'est pas terminé ; le second , qu'on appelle canal dtOginskiy a été «iciievé entièrement d'après les ordres de l'empereur Alexandre , et depuis toutes les améliorations qu'on y a faites, il est devenu très utile aux communications commercistles dans Fintépîeur dé la Lithunie.

Dans un pays aussi étendu qu'était la Pologue , il n*est pas étonnant qu'on trouvât dans les principales provinces qui la compo* saient, autant de variété dans la température de l'air que de différence dans la nature du sol et dans la qualité de ses productions. La Lithuanie , qui forme la partie orientale de la. Pologne, est d'autant plus exposée: aux rigueurs de l'hiver, qu'il s'y trouve plus de terres, incultes et marécageuses que dans le reste delà Pologne, et que là population y est moins nombreuse. L'Ukraine, la Podolië, la Yolhynie, les ci-devant palatihats de Sah^ domir et de Cracovie jouissent d'une température beaucoup plus douce, et l'hiver est rarement prolongé et bien rigoureux à Yar* sovie ainsi que dans les parties occidentales de la Pologne.

Cracovie était l'ancienne capitale dn royaume. On prétend que Cracus la bâtit

. ( loi )

- vers l'an 700 de Tère chrétienne. — Cette , ville jadis si célèbre par son commerce , son opulence , la richesse de ses habitans , et les savans illustres que renfermait son Univer- , site , a partagé toutes les vicissitudes du »ort de la Pologne , et sa position présente con*traste singulièrement ave<> Téclat brillant dont elle jouissait autrefois. — Celle ville renferme des souvenirs bien précieux pour les Polonais. Elle avait été long-temps la résidence de leurs rois; leurs tombeaux y sont

conservés ;^ beaucoup d'anciens monumens y existent encore; son château presque ruiné rappelle la valeur et l'énergie d'un petit nombre de braves confédérés qui, en 1771 , soutinrent un sîége avec obstination , contre des troupes russes , aussi nombreuses qu'aguerries ( i ). C'est là qu'étaient couroor nés les rois, de Pologne.

(i) La ville de Cracovic, avec ses environs, a été de-

ville de Varsovie , qui a été bàûe beau-coup plus tard , n'a pas discontinué d'être la capitale de la Pologne , jusqu'au dernier dé^ membrement de ce pays.

Varsovie, séparée du faubourg de Pra^ par la Vistule , est une vill^ très étendue 9 et qui offre Faspectvd'une grande capitale lors-^ qu'on y arrive du côté de la Lithùanie ; mais sa population ne répond point à sa grandeur.

On y €OB»ptait jadis 6oyOoo , habitans environ , et le maximum d^ la populatioti à l'époque de la diète constitutionnelle dans le cou-

cbrëe république libre 9 d'après r«rraD^emeiU fait entre les cours de Russie 9 de Prusse et d'Autriche^ au cougrès de Vienne 9 en 181 5; elle a un sénat et une constitution. — En 1814^ on a transporté à Gracovie le corps du prince Josepb Poniatowski ^ qui a peri au passage de l'Elster 9 près de Leipsick^ et, en 1818 9 celui de Kosciuszkoy mort en Suisse ^ et à qui la reconnaissance nationale a fait eriger un monument à côté de ceux de Crocus et de Vanda».

rant de Tannée 17^1, s'âevait à 96,000 âmes* Le château du roi , qui e$t rapproché de la yistule I présente une masse imposante , mais d'une architecture de maUTaîs goût quant à l'extérieur. L'intérieur était magnifiquement meublé 9 et embelli d'objets d'arts par les soins et aux frais de Stanisias^Auguste Fonia towski» Plusieurs rues de la ville sont assez larges et bien payées, ^aucoup d'églises, dont plusieurs mâritent d'être vues, attestent la piété des^ anciens polonais. Le palais du gouvernement, jadis KrasinsÂi, est d'une belle architecture italienne. Gêlui de Saxe formant le fond d'une place très étendue , est contigu à un jardin magnifique qui sert de promenade publique. L'école militaire des cadets, l'arsenal et les casernes méritent d'être cités comme de beaux bâtimens publics , et quant aux habitations des particuliers, je me contenterai de nommer les palai&^

du. prince rPpànat y de Bruhl, àe RadzimU, de Czartoryski y d^OginsÂi, de Potaci y de Branickiy de Raczjrnski y de Bielinskiy de Tepper^elc.

La maison de plaisance du roi à Lazienki^ le château de fFillanowy qui a été habité autrefois par Jean Sobieski ; celui diUiazdovUy qui a été changé en casernes; la Garenne (Krolik^rvivsL)^Poivonskiy Mariemonîy le bois de Biélanjr et différentes maisons de campagne entourées de jardins , embellissent les environs de Varsovie sur la rive droite de la Vistule. Les en* virons de Praga sur la rive opposée , présentent un terrain inculte et sablonneux (i)»

(i) Tous ceux qui ont vu Varsovie depuis le re'lablissemeot de la Pologne par l'empereur Alexandre y assurent que, dans l'espace dé duc ans, c'est-à-dire depuis 181 5 jusqu'à i8a5, les changemens qu'on a faits dans les places et sur les rues de cette ville , la construction de

( 106 ) Sans m'arrêtera la description des autres principales villes de la Pologne , Je ne dirai plus qu'un mot de Wiloa qui^pendaiit^a campagne, de 1 8 1 2 , a été destinée par l'empereur Napoléon , à être le point central de toutes les communications. C'est là qué.Ie.duc de Bassano s'arrêta pendant plusieursmois pour y recevoir et transmettre les ordres et les instructions, de son souverain. C'est là que .plusieurs ministres, étrangers attendirent le résultat de cette campagne mémorable. C'est là que des magasins de vivres, ainsi que les dépôts d'approvisionneniens et de fournitures de toutes espèces pour l'armée, étaient

beaucoup de nouveaux édifices aussi spacieux que magnifiques , et rembellissement de tous ceux qui avaient existe jusqu'à présent, ont rendu Varsovie une des plus belles capitales de l'Europe. On j a eValuë la population, en 1825, à cent dix-sept mille habitans.

établis ; et c'est là , enfin , que fut organisé le gouyemement provisoire de la Lithuanie.

La ville de Wilna , qui est à la distance de 75 milles d'Allemagne de Varsovie , vers le nord-est , était jadis la capitale de la Lithuanie et la résidence de ses ducs. Située dans une vallée au confluent de la Wilenka , avec la Wilia , cette ville présente de tous côtés un aspect très pittoresque. Des collines boisées qui l'entourent , offrent des points de vue variés , et des promenades très agréa* blés ( I ). La ville en elle-même n'est pas bien étendue , mais le grand nombre d^glises et de clochers qu'on aperçoit de loin ^ lui don*nent l'aspect d'une capitale. Les rues qui ne sont pas larges et alignées, attestent l'ori-

(1) Werki^ Zaktùtf Antokol^ Piorononty Rybiszkiy. sont des cndi^oiU délicieux> et très^frecfiieBtës daois la. belle saison.

( lOT ) giueaolique de cette ville , quia gagné beaucoup qinaat à la propreté , et aux embellis^ semens extérieurs des édifices &ous le gouvernement russe , particulièrement par les soins et le zèle infatigable du gouverneur général de Lithuanie Korsakqff.

L'habitation du gouverneur général, autrefois palais des évéques de Wilna , est un vaste bâtiment de mauvais architecture , mais qui a acquis de la célébrité pour avoir été , à différentes reprises , occupé par l'empereur Alexandre , et en dernier lieu par Napoléon , qui y passa quelque temps en 1 8 1 a .

L'église! de Saint«Jean , desservie jadis par les jésuites , est entourée de plusieurs vastes édifices qui formaient autrefois leur couvent, et qui sont aujourd'hui consacrés aux établissemens scientifiques , et à l'instruction de la jeunesse de l'Université , et au logement de plusieurs professeurs.

L'église cathédrale est nn beau moiiiiinent d'architecture moderne , orné de colonnes , de statues et de tableaux dus au pinceau de Smuglewicz. Elle a été construite d'après les plans et sous la direction, de Farchitecte polonais Gucewicz. Les églises de Saint^^asimir, des Dominicains et des religieux de toute espèce , qui se trouvent en grand nombre à Wilna , . méritent plus ou moins d'être vues ; mais celle de Saint-Pierre à Àntokol , hors.de la ville, porte l'empreinte delà belle architecture italienne.

L'observatoire astronomique qui était regardé autrefois comme un des premiers de l'Europe; les cabinets de physique et d'histoire naturelle , le laboratoire chymique, la salle anatomique , la bibliothèque de l'Université et le jardin des plantes ,. méritent d'attirer l'attention des voyageurs. Les établissemens pour l'humanité souffrante , tels

que les hôpitaux, la maison des enfans trouvés et celle de la société de bienfaisance^' sont entretenus avec beaucoup de soin.

La noblesse de Lithuanie , qui passe ordinairement Tété à la campagne , se rassemble aux approches de l'hiver à Wilna. Plusieurs maisons offrent des réunions intéressantes.

Les femmes en général sont aimables et jolies. Le bon ton règne dans les sociétés , et tout contribue à rendre le séjour de cette, ville agréable aux étrangers.

( l'io )

TaSleûO! fui présente y dans un ordre chrO" nologique^ la progression croissanUi et décroissante du territoire polonais ^ depuis les temps connus Jusqu'à nos Jours,

Années «près r^re ciMrétionDe.

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