APPENDIX
Indicatif de quelques-uns des faits controutés ; et des assertions inexactes quant à la contexture des ordres, aux heures auxquelles ils ont été donnés, et aux distances, que renferme l’ouvrage du G“% Gourgaud.
mer PAGE 1. ligne 1ère,
‘ Au mois d'Avril 1815, les Anglais avaient la plus grande ‘ partie de leurs troupes en Amérique. ??
Cette assertion est inexacte attendu qu’en Séptembre 1814, ils n’avaient que quatorze mille hommes dans le Canada, y compris les milices du pays : deux à trois mille hommes devastaient les rives de la Chesapeak, et quatorze mille au plus, dont deux mille noirs agissaient sur le Mississipi, en Décembre. Ainsi le total des troupes Britanniques dans lAmérique du Nord ne s’est point élevé pendant la dernière guerre, au-de-là de vingt-neuf à trente mille hommes, dont vingt à vingt-cinq mille de troupes Européennes. D’ailleurs le cabinet de St. James n’ayant fait aux Etats Unis qu’une guerre défensivement offensive, si l’on peut s’exprimer ainsi , n’a employé contre eux qu’une faible portion de l’armée du Duc de Wellington, et le nombre de troupes strictement nécessaire pour appuier les négociations de Gand, et déterminer le cabinet de Washington à faire la paix, quifut signée le 24 Décembre 1814. Les principales forces des Anglais qui étaient en Esagne en 1812, ont agi contre la France en 1815, et en 1814: sont restées sous les armes en Europe, pour soutenir conjointement avec les autres troupes de la Coalition les prétentions
sai
des Alliés au congrés de Vienne, Ainsi lon voit que le fait établi par le Gal. Gourgaud est en-
tiérement controuve.
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PAGE 48. note,
Mans la note annexée au bas de cette page, on avance que le Mal. Ney, alors à Charleroy avec Napoléon, l’assura qu’à moins que toute l’armée ennemie ne füt là «6 dans deux heures il serait aux Quatre-Bras ”
En jetant les yeux sur la carte jointe à l’ouvrage du Gal. Gourgaud, on verra qu’en ligne directe, il y a plus de quatre lieues de Charleroy aux Quatre-Bras. Comment le Mai. Ney, qui connaissait le pays aurait-il promis d’être à la position des Quatre-Bras dans deux heures, quand la plûpart des troupes qu’on mettait sous son commaudement étaient encore à Charleroy , ou à Marchienne-au-Pont.
PAGE 50. ligne 1ère.
‘6 Le Mal. Ney entendant une canonade entre Fleurus et ‘ Gilly, ordonna au corps du Gal Reille de faire halte , entre ‘6 Gosselies et Frasnes ; *”” Dansla note au bas de la même page, on représente cette disposition comme l'effet du dérangement mental qui se manifestait dans toutes ses actions. Si une telle assertion avait l’ombre de fondement, Napoléon eut-il donne au Mal. Ney, le commandement de près de la moitié de l’armée ?
Même PAGE 50. ligne 7
‘ Les corps de Vendame et de Grouchy , étaient réunis à ‘ Gilly , mais ces généraux , trompés par de faux rapports , ‘ ne marchèrent point en avant, supposant que toute l’armée ‘ Prussienne était dans les bois de Fleurus. ?
Rien de moms vrai que cet exposé. Je ne sache pas que le Gal. Vendame ait plus que moi , fait faire halte à ses troupes en raison de rapports donnant de fausses notions quant aux forces et à la position de Parmée prussienne. Mais plus de la moitié de Parmée française arrivant à peu-près en même tems devant Charleroy , et n'ayant qu’un pont pour y passer la Sambre , il était impossible qu’aussitôt que la tête des colonnes qui le traversaient pêle-mêle et d’une manière décousue, débou-
chait de l’autre cété de la ville, on se portât immédiatement en avant, et qu'on attaquât à Finstant l’ennemi, El était Re me de reformer préalablement les troupes , et c’est ie tems nécéssaire à cette opération qu’on cherche à faire prendre pour une disposition de timidité, qui permit au Gal. Ziethen, d'échapper à Parmée française. Je puis, au reste aflirmer, quant à ce qui a trait à moi, qu’arrivé à Charleroy, à la tête du corps du Gal. Excelmans , et trouvant le pont encombre , je dévançai de ma personne les dragons, traversai la ville et me portai au village de Gilly, de ce côte-ci duquel était en bataille la cavalerie légère du Gal Pajol qui fesait partie de mes troupes et qu’il me tardait de joindre, puisqu’elle etait en face des Prussiens. Une portion du corps du Gal. Ziethen se montrant stationaire de Flautre côté du village: je retournai immédiatement à et ,» pour prendre les ordres de Napoléon, qui était occ à en donner au Mal. Ney, et qui le quitta pour se rendre avec moi près Gilly: nous reconnûmes ensemble Ia position de lennemi, et il arrêta les dispositions d’attaque, Linfanterie du Gal. Vendame eut ordre de marcher au village, tandis qu'avec la cavalerie Excelmans, je passerais sur la droite , le ruisseau qui le traverse, afin de prendre en flanc les Prussiens , et d'arriver avant eux au défilé de Lempusart , par lequel il était probabie qu’ils se retireraient, (Ces mouvemens furent immédiatement exécutés : le Gal. Excelmans les culbutta dans le bois , et les poursuivit jusques à la hauteur de Fleurus , où ils reprirent position.
PAGE 62. ligne 22
Le Gal Gourgaud établit en parlant de la bataille de Liny, que‘ quarante piéces de canons, six étendards et un grand nombre de prisonniers tombérent entre nos mains.” Il en est de ces prétendus résultats, comme d’une lettre supposée qu’on publia dans le tems et dans laquelle je rendaïs compte que {a déroute des Prussiens était telle, que je prenais plus de canons, de caissons et de prisonniers que je ne pouvais en ramasser, La vérité est que nous tuâmes et blessämes une très grande quantité de monde aux Prussiens, et qu'on leur prit une trentaine de piéces de canons, mais qu’on fit fort peu de prisonniers et que leur armée se retira en très bon ordre.
PAGE 63, ligne 12
& L’ennemi estima lui-même ses pertes à vingt-cinq
‘ mille hommes. ” Les rapports officiels, Prussiens et Angiais que j'ai sous les yeux ne contiennent rien de semiblable, et dans le rapport officiel Français , publié au Moniteur, en Juin 1815, les pertes des Prussieris n’ont été évaluées qu’à quinze mille hommes,
Même PAGE 63, ligne 16
‘ L’ennemi exécuta sa retraite (le soir de la bataille ‘# de Ligny,)le 1er. ct 2d. corps à Tily , et le 5ème. à Gem- ‘ bloux, où il fut joint pendant la nuit , par le 4ème. corps ‘ aux ordres du Gal. Bulow, qui arrivait de Liége. ?
Quelques multipliées que soient les repétitions qui surchar: gent cet écrit, je dois encore faire remarquer que ce ne peut être le 17, que Napoléon ait eu connaissance de ces dispositions de retraite, car s’il les eût soupçonné lorsqu’il me donnait à midi l’ordre de vigoureusement poursuivre les Prussiens,
‘ d'attaquer leur arrière garde , de me tenir constamment si.
‘ près d’eux que je ne les perdisse jamais de vue, et de “ déborder leur aile droite, de manière à ce que je pusse ‘ continuellement me tenir en communication avec le reste ‘ de l’armée ; *” au lieu de me laisser me porter dans les directions de Namur et de Gembloux , il m’eût prescrit de marcher sur Tilly , et même de laisser ce village sur ma droite : il m’eût blâmé dans les dépêches que le Gal. Gourgaud (page 86,) lui fait m'écrire le 17 au soir, et le 18, à six heures du matin, de m'être dirigé sur Gembloux, et il m’aurait reproché d’avoir méconnu ses intentions, en me jetant trop à droite. Au lieu de cela, il admet encore dans ces dépêches la possibilité de la retraite du Mal. Blucher sur Liége , et prescrit des dispositions en conséquence : ce qui prouve que lé matin de Fa bataille de Waterloo, il ignorait aussi complètement que Ja veille, où se trouvaient les Prussiens. F
PAGE 69, ligne 6 ‘ Alors le Mal. Ney, (le jour de la bataille de Ligny ) en
‘ détachant le 1er. corps par le chemin des Quatre-Bras, à
6 Marboiset Sombreff, qui n’en est.qu’'à deux lieues, aurait ‘ occasionné l’entière destruction de l’armée prussienne. ”
La carte annexée à l'ouvrage du Gel Gourgaud, donne trois lieues de distance entre Sombreff et les Quatre-Bras ; et sur des cartes d’une plus grande échelle, cette distance est plus considérable encore.
PAGE 70, ligne 12
6 Dans ces actions les soldats français combattirent avec autant de courage et de confiance dans la victoire , qu’ils en avaient montre dans les batailles les plus célèbres. Mais sé plusieurs des généraux, et le Mal. Ney lui-même , n'étaient ‘6 pius les mêmes hommes. Ils avaient perdu cette énergie , et s ce génie entreprenant qui les distinguaient autrefois, et qui ‘ avaient si éminemment contribué à nos plus beaux triomphes. Ils étaient devenus timides et circonspects dans toutes ‘ leurs opérations. Leur bravoure personnelle leur restait , ‘ mais le grand objet pour eux, était de se compromettre le ‘ moins possible. Ainsi le Gal. Vendame arriva à Charleroy , quatre heures plus tard qu’il n’aurait dû. Aïnsi il s’arrêta é avec le Mal. Grouchy, à Gilly, et perdit du tems au lieu de ‘ faire une attaque brusque ét d’avancer sur Fleurus. *”
De telles assertions rélativement aux arrières pensées , et au moral des généraux , peuvent être fondées pour deux ou trois , mais elles sont souverainement injustes quant aux autres. D’ailleurs si j’eusse eté du nombre des prmiers et que ma conduite le 15 de Juin, eût mérite le moindre reproche, Napoleon n’eût point ajouté Je 17, le commandement de deux corps d’infanterie, à celui de toute la cavalerie dont j’étais revêtu. Ainsi que je lai déjà dit, ïl n’y eut pas un instant de perdu, quant à l’attaque du Gal. Ziethen près Gilly. Lorsque je me portai de ma personne à ce village, je n'avais point d'infanterie avec moi, le corps du Gal Vendame n’était pas arrivé, il ne se trouvait pas sous mes ordres : Je ne pouvais donc avec les deux mille et quelques cents Bussards du Gal. Pajol, attaquer vingt mille prussiens :
: U enfin, quand je lPaurais pu, je ne l'aurais pas fait sans préalablement prendre les ordres de Napoléon, qui ne m’en
avait encore donné aucuns, et dont le plan d'opérations
in’était entièrement inconnu.
PAGE 75, ligne 18.
‘ Au point du jour, le lendemain de la bataille de Ligny, 6 le 17 Juin, le Gal. Pajol avec sa cavalerie légère et une divi- « sion d'infanterie du 6ème, corps, fut envoyée à la poursuite des Prussiens, ?”
Le Gal. Gourgaud devrait se rappeler que ce n’est ni au point du jour, ni avec la totalite de sa cavalerie, que le Gal. Pajol a été détache après le Mal. Blucher, car une de ses deux divisions, celle du Gal. Subervie, ayant été donnée par Napoléon , au Cte. de Lobau le 17 à midi, se trouvait à si peu de dis tance du champ de bataille de Ligny , qu’elle se réunit immédiatement au corps de cet officier genéral, et partit avec lui pour les Quatre Bras.
Il y a erreur quant à l’heure du retour de la reconnaissance :
elle est rentree vers les midi, et non à dix heures. Un témoin oculaire, le Gal Bernard, maïntenant au service des Etats
Unis , alors aide-de-camp de Napoléon, et près de lui à cette
époque » me le confirmait récemment encore.
PAGE 78, ligne 13
6 Napoléon ordonna au Mal. Grouchy, de se mettre à la 6 tête des 3ème. et 4ème. corps d’armée, de la division d’infante- “ rie du 5ème- corps , qui était avec le Gal. Pajol, et du corps de cavalerie légère du Gal. Excelmans, de vigoureusement « poursuivre les Prussiens , d'attaquer leur arrière garde et de « se tenir si près d’eux qu’il ne les perdit jamais de vue, Les ‘ instructions particulières du Mal. Grouchy , étaient de debor- « der l’aile droite des Prussiens de manière à pouvoir être cons- “ tamment en communication avec le reste de l’armée. ”
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La première partie de ces ordres est rapportée d’une manière exacte. Je ferai seulement observer qu’il était aussi diff-
cile que j’apperçusse immédiatement et même dans Ja journée un ennemi qui avait une avance de quinze à seize heures de marche sur moi, et dont on ignorait la direction de retraite , que peu probable que le Mal. Blucher , à la tête de Quatre-vingtquinxe mille hommes se laissât serrer de très près par un corps de trente deux mille, et lui permit de se tenir constamment en vue de la totalité de son armée.
Quant à l’injonction de déborder le flanc droit de l’armée prussienne , elle n’a pas plus été donnée que les instructions particulières dont elle est censée faire partie. Une telle disposition prouverait que Napoléon savait que les Prussiens se retiraient sur Wavres ct Bruxelles , et il l’ignorait si complètement, qu’il ayait envoyé le Gal. Pajol à leur poursuite, sur la route de Namur. Dailleurs ses ordres postérieurs, expédiés dans la nuit du 17, et le matin du 18, admettant l'hypothèse de leur retraite sur Liége , ne permettent pas de croire qu’il eût ordonné un tel mouvement, qui eût été également faux et dangereux : car trente deux mille français débordant l’aile droite d’une armée de quatre-vingt-quinze mille prussiens en retraite sur Liége , cussent laissé au centre et à l’aile gauche de cette armée la possibilité de se reporter sur Charleroy, sur les derrières de l’armée de Napoléon, enfin où bon leur semblerait. Napoléon n°a donc pas même eu la pensée d’un tel ordre. Toute fois s’il Peût donné, pourquoi ne l’eusse-je pas exécuté, en me dirigeant de Gembloux sur St. Lambert, au lieu de marcher sur Sartavalin ?
PAGE 78 et 88, lignes 20 et 15
‘& L'armée française s’avançait ainsi sur Bruxelles, en ss deux colonnes séparées, celle de gauche, commandée par ss l'Empereur, devait prendre le chemin de Charleroy à Brux- « elles &c. celle de droite sous les ordres du Mal Grouchy, ‘ devait passer la Dyle, à Wavres , et avait devant elle la to- « talite de Parmée prussienne , en retraite. ”
‘6 Le Mal. Grouchy, avec un corps de trente-cinq à quayrante mille hommes etait sur la droite : il avait marché le 17, ‘ dans la direction de Wavres , et on supposait qu’il était cam-
“ pé vis-à-vis cette ville, ayant l’armée prussienne en face de lui. |
Etablir que le 17 à midi, il faisait partie du plan d’opérations adopté par Napoléon , que l'aile droite sous mes ordres, marchât sur Bruxelles et passat la Dyle à Wavres , est encore une de ces fictions qu’un instant d’attention fait disparaitre. Mes crdres prouvent que j'ai été envoyé à la poursuite des Prussiens sans qu’on sût dans quelle direction ils se retiraient ; ils ne renfermaient pas un mot qui düt m’induire à me porter sur Wavres,' à y passer la Dyle, et à marcher sur Bruxelles. Des instructions postérieures puisqu’elles ont été données le 17, dans la nuit, et récidivées le 18 au matin, prescrivaient diverses dispositions basées sur hypothèse de la retraite des prussiens sur Liege. L’ordre de les poursuivre à €té donné le 17 à midi, à des troupes qui étaient alors à neuf à dix heures de marche de Wavres ; Napoléon a éte prévenu que plusieurs heures s’écouleraient avant qu’elles pussent operer aucun mouvement, et on veut persuder que le 17 au soir, il imaginait que j'étais devant Wavres ? Il ne le croiait pas plus qu’il ne m’avait donné l’ordre de m’y rendre. D’ailleurs, s’il l’eût prescrit, je m°’y serais porté par Filly, qui était le chemin le plus court et ne me serais dirigé ni sur ‘Gembloux ni sur Sartavalin. , <
Quant aux trente-cinqg à quarante mille hommes, que me donne le Gal. Gourgaud , page 83, il suflit de jeter les yeux sur les pages 78 et 85, de son ouvrage, pour avoir la preuve fournie par lui-même , que mon corps ne se composait que de trente-deux mille hommes.
PAGE 86, ligne 1ère.
« À dix heures du soir , le 17, Napoléon envoya un officier au Mal. Grouchy pour lPinformer qu’il avait intention de livrer une grande bataille le lendemain, que l’armée Anglo-Belge était en position devant la forêt de Soignes, sa gauche appuiée au village de la Haie ; que certainement le Mal Blucher opérerait sa retraite dans une des directions suivantes: 1°, qu'il se retirerait sur Liége: 9°. qu’il
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66 sienne, ??
cet officicr général.
sont-ils pas parvenus jusques à moi ?
sont promptement et exactement arrives.
‘ se porterait sur Bruxelles: 3°, qu’il resterait en position à ‘5 Wavres : que dans tous les cas , il était nécessaire qu’il ma- ‘ nœuvrât par St Lambert, pour déborder l’aile gauche de ‘6 Parmée Anglaise , et joindre la droite de l’armée française, ‘ Mais que dans les deux premiers cas, il devait exécuter ‘ Son mouvement avec la majorité de ses forces combinées ‘ etque dans Le troisième, ce ne devait étre qu'avec un ‘ détachement plus ou moins fort, suivant la nature de ! ‘ position qu'il pourrait occuper en face de l’armée Prus-
Puisque suivant le Gal. Gourgaud, non reception de cette lettre et de son duplicata, au nombre des causes de la perte de la bataille de Waterloo, il serait inutile que je relevasse ce paragraphe s’il ne contribuait aussi à détruire plusieurs des raisonnemens mis en ayant par
Napoléon place la
Pabord il est douteux que cette lettre et son duplicata aient été écrits et s’ils Pont été, qu’on les ait expédié: car par quelle fatalité les officiers qui en auraient été porteurs tandis que ceux , qu'aux mêmes heures et par la même route, j’ai envoyé à Napoléon, Ensuite comment expliquer que Napoléon qui semble avoir prévu les diverses déterminations qu'avait pu prendre le Mal. Blucher, omette la plus simple , celle qu’il était le plus probable qw’il adopterait, de ne laisser en face du corps envoyé à sa poursuite , qu’une portion de son armée suffisante pour l’arrêter, tandis qu'avec le surplus de ses forces il marcherait en hâte au soutien du Duc de Weilington ? Enfin pourquoi, dans Pouvrage du Ga. Gourgaud, comme dans presque tout ce ‘qui a été écrit sur la bataille de Waterloo, met-on toujours en oubli la supériorité numérique des Prussiens , et feint-on de croire à la complète désorganisation de leur armée ? tandis qu’une bataille aussi peu décisis e que celle de Ligny, et après laquelle ils avaientété immédiatement renforcés par un corps de trente mille hommes, {celui du Gal. Bulow , } n’avait que légérement influé sur leur
moral ? Au surplus , en admettant que cette lettre ait été écrite,
elle prouve l'évidence de ce que j’ai avancé plus d’une fois dans le cours de cet écrit , que le 17, à dix heures du soir, Napoléon re connaissait ni les intentions des Prussiens , ni la direction de leur marche: que le 17 à midi , lorsqu’il m’avait détache , il ne m'avait point informé de son projet de livrer bataille le 18, et qu’il wavait nullement prévu que le Mal. Blucher viendrait se joindre au Duc de Wellington ; qu’enfin il n’a été éclaire sur les projets des généraux ennemis que par une lettre interceptée trop tard le 18, pour être à tems de les déjouer.
Même Pace 86, ligne 25
“ À deux heures du matin, une dépêche du Mal. Grouchy annonça qu’il avait fixé son quartier général à Gembloux, ‘6 étant incertain de la route que Blucher avait prise, si les é Prussiens s’étaient retirés sur Bruxelles ou sur Liége. °c.” Le Gal Gourgaud conclue ensuite de cette lettre, « que le Mal. 6 Blucher m’avait échappe. ?
Pour qu’une telle conclusion soit juste, il faudrait que j’eusse été à même de le saisir. Mais, ayant été envoyé à sa poursuite avec trente deux mille hommes , quand déjà il avait quinze à seize heures de marche sur moi, et qu’il était à la tête de quatre-vingt-quinze mille, j’en avais autant la possibilité, qu’un seul homme a celle d’en arrêter trois qui sont à huit ou dix lieues de lui et de les empêcher de se diviser ou de se porter où bon leur semble.
PAGE 87, ligne 10
‘6 L’empereur envoya immédiatement , au Mel. Grouchy , ‘ ( après avoir reçu la lettre qu’il lui avait écrit de Gembloux, “# le (17,) un duplicata des ordres qu’il lui avait addressé à dix heures du soir la veille, lui ordonnant d’être sous les ar- “ mes au point du jour , et de passer la Dyle, au-dessus de é Wavres, afin de s’avancer vers St. Lambert.
Déjà on sait que ce duplicata ne m'est pas plus parvenu que l'original : je me contenterai donc de faire observer que si le 18 à deux heures du matin, ce duplicata a été envoyée, on est en droit de conclure que Napoléon n’avait pas plus déviné alors,
qu’il ne l’avait fait la veille les projets des Alliés , et qu’ainsi je ne suis point amenable devant l’opinion pour ne les pas avoir découvert, quand les données, que je lui avais transmis, celles quil avait recueilli, et sa pénétration militaire, p’avaicnt pu l’éclairer sur les intentions de ses ennemis. Je repéterai en outre, que la lettre que le Major général m'a écrite du champ de bataille de Waterloo, le 16, à une heure après midi, et qui est rapportée à la page 15, de cet ouvrage, ne dit rien des dispositions prescrites par celle censée m'avoir été écrite le 17, dans la nuit. Elle approuve seulement la direction dans laquelle javais marché en me portant sur Sartavalin, comme fesant présumer que je me dirigerais de là, sur Corbaix et Wavres ; on n’y rélate ct on ne s’y réfère à aucunes des dispositions qu’on prétend que contenaient les deux précédentes, on n’y témoigne aucun étonnement de ce qu’elles n’aient pas été exécutées : il n’y est pas question de déborder le flanc gauche de l’armée Anglaise , enfin on ne me prescrit de passer la Dyle , et de me porter vers St. Lambert, que dans un posi-scriptum, ajouté alors seulement, que la tête des Prussiens est apperçue débouchant de ce village. D'où l’en est en droit d’inférer, que cette dépéche du 17 dans la nuit, son duplicata et ces divers ordres, ne furent Jamais donnés et que tout ce roman de dispositions a été composé postérieurement aux événemens pour légitimer la faute d’avoir combattu à Waterloo, sans savoir où était l’armée prussienne et sans avoir adopté le seul moyen propre à neutraliser Pinfluence qu’on lPavait mis à même d’avoir sur le sort de la bataille du 18, en ne la fesant poursuivre que quinze heures après qu’elle avait commencé sa retraite. Ainsi que je l’ai déjà dit ce moyen était de faire marcher mon corps à une lieue ou une lieue et demie du flanc de Par lieu de envoyer à la poursuite des Prussiens, à direction de retraite qu’ils aient pu se porter,
mée, au ans quelque
PAGE 95 et 94, lignes 17 et 7
‘# À ce moment, (le 18 vers midi » ) un corps de cinq où
‘ six mille hommes de troupes de différentes armes, fut apper-.
“ çu du côté de St Lambert. On crut d’abord que c'était le ‘ Mal. Grouchy, mais des dépêches, saisies sur un oflicier prus- ‘ sien qui fut fait prisonnier, fournirent bientôt la preuve que ‘ ces troupes étaient l’avant garde du corps du Gal. Bulow. Le 6 Major général , ( Soult ) envoya un officier au Mal. Grouchy, ‘ pour l’en prevenir , et lui fit même passer la lettre intercep- 6 tée.” ( Cette lettre n’était pas jointe à la depèche, ainsi qu’on l’avance , ) 6‘ On pensait que l'officier d’Etat Major ‘ auquel on fit sentir l’importance de la mission dont il était chargé, serait rendu près du Maréchal, en deux heures. *” ( La lettre du Mal Soult, est datée à une heure après midi, et n’a éte remise qu’à quatre heures du soir. ) ‘ On espérait un grand ‘5 avantage de l’arrivée du Mal. Grouchy , sur les derrières du corps du Gal. Bulow. ”
Sans doute que si le corps prussien du Gal Bulow eut éte le seul qui eût agi contre Parmée française, et que je me fusse trouvé à cette heure sur ses derrières, loin d’être à même de rien entreprendre contre les troupes qui combattaient à Waterloo, il aurait été fortement compromis. Mais le Gal. Gourgaud , comme la plûpart de ceux qui écrivent sur la campagne de 1815, feignent toujours d’ignorer que l'armée prussienne se composait de quatre corps, que si J'en occupais un ou deux, les autres étaient à même de manœuvrer de manière à joindre le Duc de Wellington , et qu’à
ce moment même, le Mal Blucher à la tête du premier de ces
corps marchait parallélement à celui du Gal. Bulow, tandis que les deux autres étaient en position devant moi, tantà Wavres, qu'entre Wavres et St. Lambert.
6 Dans le cas où des obstacles imprévus eussent empêché
‘ Je Mal. Grouchy de passer la Dyle, et attendu que ce corps é ne paraissait pas être à plus de deux lieues du champ de & bataille, le Gal. de cavalerie Domont fut envoye avec envi- ‘ ron trois mille chevaux pour arrêter l’avant garde du Mal. Blucher, occuper les passages, et au moyen de partis se ‘ mettre en communication avec le Mal Grouchy.
rs
Aucuns des partis du Gal. Domont ne m'ont Joint, et il faut que la cavalerie légère ait fait bien mal son métier, car ilest impossible de supposer ; qu’un officier général aussi distingué , ait négligé l’exécution d’un tel ordre , s’il a été donné.
PAGE 95, ligne 7.
‘6 L'Empereur ayant pris toutes les précautions pour s’0p- ‘< poser au progrès du corps du Gal: Bulow , et neutraliser son
‘ mouvement, ordonna au Mal. Ney, d'attaquer le centre de ‘ l’armée Anglaise &c. &c. ”
La présence du corps du Gal. Bulow . l'incertitude où on était des points où se trouvaient les trois autres corps de l’armée TS et l’ignorance de mes mouvemens depuis que javais annoncé que je me porterais sur Sartavalin , placent Pat aque de l’armée anglaise au rang des plus imprudentes déterminations qu’on püt prendre ; car si la position et l’ensemble des affaires rendaient nécessaire de livrer bataille “ il etait par trop hazardeux de le faire alors qu’il existait tant de chances d’insuccès, et qu’on n’avait de munitions que pour huit heures de combat.
PAGE 100, ligne 6.
‘6 Une division du premier corps qui était en reserve, s’a- ‘ vança rapidement sur l’extrême gauche de l’armée Anglaise , ‘ s’empara du village de Ja Haïe, et coupa la communication < entre cette armée et le 4ème. cerps prussien. On espérait à ‘s {ous momens et on attendait avec impatience l’arrivée du Mal. ‘6 Grouchy sur les derrières de ce corps, auquel tous moyens ‘6 de retraite eussent été coupés. ?”
Couper la communication entre le duc de Wellington et le 4ème. corps prussien est encore une des fictions imaginées par le Gal Gourgaud. Pour qu’elle püt avoir l’ombre de la réalité, il eût faliu que le corps du Gal. Bulow , n’eût pas été appuié par un autre Corps prussien qui marchait à sa hauteur , qu’un 3ème. ne se trouvât pas en éclielon entre luiet Wavres, enfin, qu’il eût pas fait partié et été lie avec une armée triple de celle que je commandais, Mais on se plaisait à oublier près de Napo.
= qe?
TS de RS PE ETES OR PP OR ES LR Se +
Qsr )
léon, la disproportion de l’armée poursuivante et de l'armée
poursuivie, et Ja position dans laquelle il était présumable
que devait être placée cette dernière ; circonstances qu’ont grand soin de taire ceux des écrivains de "cette campagne ; interessés à rejeter sur les lieutenans de N apoléon , les résultats de ses déterminations, ou désireux de payer au Mal. Blucher un tribut éloges plus complet qu’il ne le mérite » Car s’il en est digne par la rapidité avec laquelle il a ralffé son armée et s’est porté au soutien du Duc de Wellington, on doit couvenir que sa supériorité numérique et les fausses dispositions du genéralissine français, ont facilité l’une et l’autre de ces Opérations.
PAGE 104, ligne 6,
‘ Enfin à sept heures du soir, la canonade du Mal Grouchy, se fit entendre, ( on a vu qu’elle a commencé à une heure ‘ après midi, )et on supposait qu’elle avait lieu à une distance ‘ de deux lieues et demie de notre droite. L’empereur fut d’o- ‘ piniion que le moment était arrivé de faire une attaque déci- ‘ sive qui fixât le sort de {a bataille. #c. Dans ce même instant ‘“ Parmée Anglaise reçut Pavis que le premier corps de l’armée ‘ prussienne qui était parti de Wavres le matin, arrivait par ‘ Hohain, et aliait faire sa jonction avec l’armée Anglo-Belge, ‘ quien outre, était au moment d’être renforcée de deux bri- ‘ gades de cavalerie anglaise, ”
Il est difficile de concevoir comment le bruit de mon canon que Napoléon jugeait à deux lieues et demie a pu l’induire à faire cette attaque décisive, car il n’a pas dû penser qu’un combat qui avait lieu à une telle distance püût arrèter l’effort du corps prussien en ce moment aux prises avec la droite de son armée, Evidemment la canonade qu’on entendait était dirigée contre d’autres corps , dont la défaite ne pouvait immédiatement paraliser les opérations de celui qui agissait près de Waterloo , et où il avait le tems de porter un coup décisif, avant qu les troupes françaises qui se battaient aussi loin pussent être en mesure de prévenir son influence sur le sort de la bataille. D'ailleurs la nuit tombait , (il était sept heures et demie) et mes troupes ne pouvaient être rendues à Waterloo, avant
dix heures du soir. Ce même paragraphe fait en outre voir que dès le 18 au matin, deux des corps du Mal Blucher , celui qu’il commandait lui-même et celui du Gal. Bulow, avaient quitté Wavres , à l'effet d’opérer leur jonction avec le Duc de Wellington , et qu’ainsi , il n’y avait pas moyen que je prévinsse ce mouvement qui avait commencé quand j'étais encore à plus de huit heures de marche de Wavres.
PAGE 111, ligne 21,
6 L’Empereur prit le chemin de Charleroy , ayant aupa- 6 ravant dépêché divers officiers au Mal. Grouchy , pour Piné former de la perte de la bataille , lui dire de passer la Sambre « à Namur, et de se diriger par Charlemont, vers Laôn , pour s rejoindre l’armée. ”
Un seul de ces officiers m’a jointle 19, à midi, et il ne savait pas plus où se retirait l’armée, qu’il n’était porteur de Pordre de marcher sur Laôn, par Charlemont, et Namur. Il ne put m’instruire que du désastre de Waterloo.
PAGE 112, ligne 12.
« Sur la route de Gembloux à Wavres , le Mal. Grouchy , s avait entendu depuis midi, une canonade épouvantable , dont ‘ on ne pouvait méconnaître l’objet , et qui était évidemment ss celle d’une affaire genérale. *”
Ce n’est qu'après avoir dépassé de beaucoup Sartavalin que Ja canonade de Waterloo, fut entendue à mon armée, et elle était si loin d’y paraître telle qu’on cherche à le faire croire ici, que j'avais dû me porter à près d’un mille sur la gauche de mes troupes , pour pouvoir la juger ; puisque d’ailleurs la canonade entre mon corps d'armée et les troupes prussiennes qui m’étaient opposées à Wavres, ( canonade tellement suivie, que l’approvisionnement des batteries de douze , a ête consommé en entier, ) n’a été entendue à Waterloo qu’à sept heures et demie du soir et que la journée était calme ; comment le canon qu’on y tirait aurait-il produit tant d’effet, et fait trembler la terre à Wavres ?
(61 PAGE 113 et 114,
Dans ces deux pages, le Gal Gourgaud, se camplait à détailler les conseils qu’il prétends que me donnèrent les generaux Excelmans et Gérard, pour me faire quitter la poursuite des Prussiens, et me déterminer à me porter au bruit du canon qui se tirait à Waterloo. Il avance que j’hésitai sur ce que je devais faire , que j’observai au Gal. Excelmans, en lui montrant mes instructions, que l'ennemi pourrait se reporter sur Fleurus , et tourner toute notre droite : ei que j’ajoufai, que Je ne pouvais pas prendre sur moi une telle responsabilité.
Il était aussi impossible que je montrasse au Gal. Excelmans mes instructions , puisqu'il ne m’en avait pas été donné par écrit , qu’il est faux, que j’aie hésite un instant pour savoir si je quitterais ou non , la poursuite des Prussiens que j’avais ordre d'attaquer et de ne point perdre de vue, pour me porter dans la divection d’une canonade qui avait lieu à quatre ou cinq lieues de Ïà et qui semblait autant Peffet d’un engagement partiel, à entree de la forêt de Soignes , que le résultat d’une affaire generale. Pouvais-je d’ailleurs si promptement oublier que Napoleon avait censuré le Mal. Ney, pour s'être arrêté au bruit du canon qui se tirait près de Fleuras : pour avoir envoyé des troupes dans cette direction et s’être permis de ne point littéralement exécuter ses ordres. Quant aux avis qu’on met dans la bouche du Gal. Gérard, était-il à même de me les donner, Jui qui se trouvait alors, (vers midi, )à plusieurs lieues en arrière, qui ne m’a joint que devant Wavres, long-tems après, et auquel il est absurde de faire dire, que je m'étais arrêté la veille à Gembloux , quoique mes ordres me prescrivissent de marcher sur Wavres, car ces ordres rapportés par le Gal. Gourgaud page 78, non-seulement n’ordonnent pas ce mouvement, mais ne l’indiquent en aucune manière . Il en est de ces conseils supposés, comme des harangües qu’on met dans la bouche des genéraux de l'antiquité. Les uns et les autres sont le fruit de l'imagination des historiens auxquels il importe peu de composer un roman; pourvu qu'ils parviennent à jeter un degré d'interêt de plus sur leur héros.
Même PAGE 115, ligne 25.
‘ Le Mal. Grouchy, qui brütait également du désir de ‘ prendre part à une affaire générale céda à ces raisons » fit ‘ faire halte à son infanteri 16, et se AA arait à marcher sur St. Lambert, quand son avant garde en vint aux mains avec les ‘ Prussiens, dans la direction de Wavres.
Îl est vrai que je désirais bien plus de rester à la tête de la cavalerie et prendre part à la bataille qu’on livrerait aux Anglais, s’ils se nes ent à la recevoir , que d’être investi d’un commandement dont Les prétentions et le caractère connu de plusieurs des généraux placés sous mes or ne me fesaient présa- Ser toutes les difficultés et les épines. J'avais donc presse Napoléon de m’emmener avec lui, ainsi que la majeure partie des troupes qu'il me Confiait, ayant toujours cru PRÉPAS de les taire agir de concert avec celles du Mal -Ney, àles envoyersi tard à la poursuite de l’armée prussienne. Mais il est faux, que j'aie fait faire balte à l’infanterie du Gal. Gérard, pour la porter sur St. Lambert. Cette infantcrie était alors à plusieurs lieues en arrière, et loin de l'arrêter, je lui expédiai divers aidesde-camp pour hâter son arrivée, afin qu’elle pût soutenir le corps du Gal. Vendame , avec lequel ] “ataquas arrière garde des Prussiens, dont différens rz ipports m’annon£aient net mée réunie en totalité, près Wavres,
PAG 114, ligne 4,
és Au même mom nt, ( le 18 vers RAynS le Mal. Grouchy ss reçut avis que toute tend prussicnne était rassemblée à Wavres.°?
Un tel rapport m'eût confirmé dans la résolution de ne point me porter vers Waterloo , si je n’eusse pas toujours regardé comme mon devoir de m’en tenir à la stricte exécution de mes ordres, L’assertion qu’il n’y avaità Wavres qu’un seul corps de l’armée prussienne, est exacte en elle-même mais sije n’ai été engagé pres de cette ville, qu’avec les troupes du Gal. Thielman, elles étaient liées et soutenues par un autre des corps prussiens , placé entre Wavres et St. Lambert.
ce rz DU Le
1 OS :)) Même PAGE 114, ligne 18. | |
‘6 Seulement à quatre heures après midi, le 18, le JMat ** Grouchy reçut un ordre positif de se porter à St. Lambert, ë
| ‘ les ordres antérieurs qui lui avaient élé expédiés à cet effet 1] | ‘6 ne lui étant pas parvenus. ”
On voit par ce paragraphe 1°. qu’il ne m’avait point éte | donné d’ordre positif de me porter sur St. Lambert, avant la | lettre du Major général, écrite du champ de bataille de Waterluo ; le 18, à une heure après midi. 22, Que je n’ai reçu cette lettre qu’à quatre heures du soir le 18. 3°, qu’aucuns des ordres qu’on prétend m’avoir été envoyés dans la nuit du 17, et le matin du 18, ne me sont pas parvenus. Ainsi jusques au 18, quatre heures du soir, que j'ai reçu de nouveaux ordres, j'ai dû opérer comme je lai fait, c’est-à-dire, conformement aux premiers, et poursuivre , attaquer et ne point perdre de vue les Prussiens.
LL do. en. “ à 5 un © hs |
PAGE 119, ligre 5.
‘6 Napoléon range au nombre des raisons qui Pempêéchèrent ‘6 le 17, de se porter avec la totalité de ses forces, contre ‘6 l’armée Anglo-Belge, la certitude qu’il eut que le quatrième | sé corps prussien avait joint le Mal. Blucher dans la nuit du ‘ 16, et la possibilité que son armee ainsi renforcée, s’avan- ‘ çat sur Fleurus et sur Charieroy ; puis il ajoute que la ‘6 plus grande faute que puisse commettre un général, après le {1 ‘6 gain d’une bataille, est de donner à l’armée battue le tems ss de se rallier, en négligeant de la poursuivre &c. En con- | ‘ séquence il ordonna au Mal. Grouchy de poursuivre l’armée ‘ prussienne , &c. ”
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La maxime que place dans la bouche de Napoléon, le Gal. Gourgaud , est une espèce de reproche qu’il dirige contre lui, puisqu’au lieu de la mettre en pratique, il n’a fait aucun mouvement, pendant la matinée du 17 , que ce n’était pas presser vivement les Prussiens, que de rester oïisif sur le champde-bataille de Ligny) le 17 Jjusques à midi, et que le Gal Pajol qu’on dit avoir été envoyé à leur poursuite
avec des hussards et .une faible division d'infanterie, au point du jour (bien qu’une partie de ses troupes fussent encore près de Ligny, à midi, } n’était pas dans le cas avec de si faibles moyens, de retarder leur retraite, ni d'empêcher le ralliement de leur armée, renforcée depuis la bataille, par un corps de trente mille hommes : tandis que si, dans la nuit du 16 au 17, Napoléon eût poursuivi lVarmée prussienne , aussi vivement qu’il le fut par elle durant celle qui suivit la bataille de Waterloo, les resultats de laffaire de Ligny , et les destinées de la campagne eussent probablement été differents , sur-tout, si le 16 au soir, au lieu de renvoyer le corps du Cte. d’Erlon , aux Quatre-Bras , il lui eût fait jouer sur le flanc de l’armée prussienne le rôle que remplit contre l'aile droite des Français , à Waterloo , le corps du Gal. Bulow.
PAGE 120, ligne 3.
«6 Mais, conformement à ses instructions, le corps charge s de la poursuite devait être en communication constante avec « l’armée de l'Empereur, et se tenir entre l’armée prussienne “ et le chemin de Fleurus. ?”
En jetant les yeux sur mes ordres rapportés par le Gal. Gourgaud , page 78, on verra que cette disposition de se tenir entre l’armée prussienne et le chemin des Quatre-Bras , nongculement n’en fait pas partie, mais ne saurait avoir été prescrite puisqu’elle n’est pas conciliable avec l’injonction de poursuivre le Mal. Blucher, d’attaquer son arrière garde et de se tenir constamment si près de lui qu’on ne le perdit jamais de vue, De même que celle de déborder le flanc droit de larmée prussienne , elle est évidemment d’une fabrique postérieure au 17 Juin, et ni l’une ni l’autre ne firent partie des ordres qui m’avaient eté donnés.
Même PAGE 120, ligne 8.
« Le zèle et l’ardeur du Mal. Grouchy et des généraux ‘6 Gérard, Pajol et Excelmans étaient bien connus de PEmpe- ‘ reur , il ne doutait pas que leurs troupes n’atteignissent le ‘6 17 ausoir, Wavres , et l’entrée de la forêt de Soignes. ”
Repétons encore à l’occasion de cette dernière assertion, que pour qu’elle pût être fondée, il eût fallu que Napoléon , sa-
LL Xe
chant que les Prussiens se retiraient dans cette direction m’eût prescrit de me porter vers Wavres , ( ses ordres prouvent qu'ilne Pa pas fait, ) qu’il n’attendit pas jusques à midi à m’envoycr à la poursuite de l’ennemi , que Îa pluie qui tombait par torrens n’eût pas rendu les chemins si difficiles, que mon infanterie n’est arrivée à Gembloux qu’à la nuit tombante : enfin que Wavres ne fût pas à plus de neuf heures de marche des points d’où partait mon corps.
‘ Le corps du Mal Grouchy, devant Wavres était en ‘ ligne avec l’armée de l'Empereur. * Deux armées à quatre à cinq lieues de distance, peuvent être sur la même ligne , mais elles ne sauraient être dites en lignes , quand leur éloignement est tel, qu’elles ne peuvent se soutenir de plusieurs heures, et que le tems nécessaire à leur réunion estencore accru par la nécessité d’opérer le passage d’une rivière, et de franchir des défilés , que ennemi a été à même d'occuper le premier.
| Même PAGE 120, ligne 16.
‘ Si Wellington se décidait à recevoir la bataille en avant
“ de la forêt de Soignes , l'Empereur était par le mouvement de
‘6 Grouchy, certain d’avoir sa droite et ses derrières bien ap-
‘ puiés. Les troupes de Grouchy auraient dans ce cas, non-
‘ seulement tenu en échec les Prussiens, mais auraient pu beau-
‘ coup plus aisément joindre l’Empereur , que le Mal. Blucher , “< ne pouvait joindre Wellington, ”
J’avoue qu’il ne me paraît pas plus prouvé que l’aile d’une armée soit bien appuiée par un corps qui en est à quatre à cinq lieues, et dont elle est séparée par une rivière , qu’il ne l’est que trente deux mille hommes puissent en tenir en échec quatrevingt-quinze mille. D’ailleurs, je ne vois pas comment J'étais à même de joindre Napoléon plus promptement et plus aisément , que le Mal. Blucher ne l’était de se réunir au Duc de Wellington, quand le général Prussien s’était mis en marche seize heures avant moi.
PAGE 121, ligne 4.
6 Jim'etait pas probable que Wellington reçevraitla bataille, ‘ ayant la forét de Soignes et Bruxelles sur ses derrières, ”
C’est cette opinion qui, en prévalant sur toutes les autres, dans l’esprit de Napoléon, a occasionne lincohérence de ses dispositions , et l” intempestivite de ses ordres. Jusques au matin du 18, il n’imaginait pas que les Anglais accepteraient la bataille, etiln’a cru à la possibilite de la coopération des Prussiens, que quand il les a vu paraître. Alors qu’il était trop tard pour me rappeller. Enfin puisqu'il n’a prevu ai la bataille ni lParrivée du Mal Blucher, comment pouvais-je déviner plus que qui les projets du general en chef Anglais et la marche des Prus. siens. Ilest en outré digne de remarque que lorsque j’ai éte instruit, le 18, à quatre heures après midi, par une lettre du Major général, que la bataille de Waterloo avait lieu, il me disait dans cette même lettre qu’elle était gagnée.