DANGEARD. - PLANTULES DES PHANÉROGAMES. H
Il est donc complètement inutile de discuter l’opinion contraire, soutenue par M. Chauveaud sur ce qu’il appelle « l’accélération basifuge »‘ puisque cette nouvelle erreur n'est qu’une conséquence des précédentes.
F. — Dans la tige, les traces foliaires se mettent en relation les unes avec les autres, par différenciation basipète, pour assurer la continuité de l’appareil conducteur : il y a raccord.
Dans la plantule, les traces cotylédonaires ne se comportent pas autrement que les traces foliaires; elles présentent une différenciation basipète, qui s'étend, selon la nature de l'hypocotyle sur un espace plus ou moins long.
Ce sont ces traces cotylédonaires et parfois les traces foliaires qui s’unissent par le bas, avec les faisceaux ligneux et libériens de la racine suivant les règles générales que nous avons indiquées en 1888 et en 1889.
Il est bon de remarquer que dans ces traces cotylédonaires de l’hypocotyle la différenciation libérienne est souvent fort en
avance sur la différenciation ligneuse et cela se comprend facilement puisque ce tissu libérien est seul chargé d’assurer la nutrition de la jeune radicule, par un courant descendant des principes nutritifs contenus dans le cotylédon : le rôle conducteur du bois n’intervient que plus tard.
C’est ainsi que M. Chauveaud a souvent décrit comme faisceaux libériens de racine, des îlots libériens appartenant, d’une façon indubitable, soit à des traces cotylédonaires, soit même à des traces foliaires, dans lesquelles le protoxylème était encore absent, ou n’était représenté que par une ou deux trachées; il suffit de citer l’exemple typique du Silybum Marianum ( loc .
cit ., p. 404).
Il arrive très fréquemment, que les deux faisceaux de la trace cotylédonaire, forment entre eux un V parfois très ouvert jusqu’à près de 180°; dans ce cas, si le protoxylème commun aux deux faisceaux n’est constitué que par une ou deux trachées, la structure peut paraître alterne : cette confusion se rencontre à chaque instant dans les figures de M. Chauveaud.
Est-ce à dire que l'on ne puisse trouver à cette même place des vaisseaux se formant en direction centripète?
C Chauveaud, loc. cit., p. 244.
Évidemment non et, dans notre travail, nous n avions pas manqué de signaler la présence de ces vaisseaux jusqu à la base de certains cotylédons; ces éléments de raccord établissent la continuité de l’appareil conducteur d’unè part avec le protoxylème des faisceaux cotylédonaires et, par en bas, avec le protoxylème du véritable faisceau ligneux de la racine.
Lorsqu’une racine se développe sur un organe tige ou rameau, ses faisceaux ligneux et libériens doivent se mettre en relation avec les faisceaux libéro-ligneux de cet organe par des éléments de raccord : parfois, ces éléments de raccord constituent tout un réseau radicifère, comme chez beaucoup de Monocotylédones.
Si l’on tentait d’expliquer la structure de la tige qui porte ces racines adventives par l’anatomie de ces mêmes racines, on commettrait, n’est-il pas vrai, une grossière erreur?
Or, tout nous indique que la formation de la racine principale sur l’hypocotyle des plantules n’est qu’un cas particulier d’insertion, qui ne diffère des précédents que parce que les deux organes sont dans le prolongement l’un de l’autre.
M. Chauveaud admet la théorie du raccord en ce qui concerne les Fougères : ici, la feuille et la tige présentent une disposition concentrique du bois et du liber et « le raccord se fait graduellement avec la disposition alterne de la racine » l .
Il est regrettable que l auteur ne se soit pas rendu compte que la théorie du raccord, applicable chez les Fougères , doit l'être non seulement chez les Ptéridophgtes mais aussi , chez les Cycadophytes qui en dérivent et chez toutes les plantes vasculaires : partout le raccord se fait entre la structure propre de la tige et de Fhypocotyle acquise par le groupe auquel appartient la plantule
et la structure ordinaire de la racine.
Cette communication donne lieu à un échange d'observations entre Fauteur et M. Chauveaud.
M. Moreau fait la communication ci-après :