‹ Observations Sur La Transpiration Des Plantes Pendant La NuitChapitre 6 sur 8 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

vient de recevoir de M. E. Bourgeau, attaché comme collecteurbotaniste à la Commission que le gouvernement anglais a chargée de l’exploration scientifique des possessions britanniques de l’Amérique du Nord :

Carlton-House, 11 octobre 1857.

J’espère que cette lettre vous parviendra, bien que je sois dans un pays où les communications sont déjà maintenant rendues bien difficiles par les glaces et la neige. En raison de l’intérêt que vous me portez, vous apprendrez sans doute avec plaisir que notre voyage a été heureux jusqu’ici et que je n'ai qu’à me louer des bonnes dispositions à mon égard de M. Palliser, chef de l'expédition. De mon côté, je ne négligerai rien pour répondre à la confiance que sir William Hooker et M. Palliser m’ont fait l’honneur de me témoigner en m'attachant comme collecteur à une expédition qui me permettra de visiter des pays si curieux, où je me promets de faire de belles collections. J’ai déjà fait deux envois d’une vingtaine de paquets à sir W. Hooker, et j’espère qu’il en sera satisfait, bien que les plaines et les plateaux que nous avons parcourus présentent une végétation assez uniforme.

Il m’est impossible de vous donner une idée exacte des immenses espaces que nous avons traversés cet été et dont les cartes ne peuvent fournir qu’une notion bien imparfaite. Nous avons fait par eau près de àOO lieues, après en avoir parcouru deux cents en chemin de fer; et le trajet à travers les prairies (où nous sommes actuellement), qui a été fait soit en charrette, soit à cheval, est de près de 500 lieues. Pendant près de 200 à 300 lieues les prairies ne présentent guère que 25 à 30 espèces qui forment le fond de la végétation. Les plantes ont été, en moyenne, recueillies à environ 12 échantillons : c’est tout ce qu’il m’a été possible de faire, vu la difficulté des transports et la quantité de papier dont je pouvais disposer.

La neige et la glace vont bientôt interrompre mes herborisations et nous confiner dans le fort de Carlton-House, où, dans une installation confortable, nous attendrons que le retour de la belle saison nous permette de nous diriger vers les Montagnes-Rocheuses, l’un des buts principaux de l'expedition ; la récolte des plantes alpines y sera sans doute abondante et me rappellera la végétation de nos hautes Alpes de Savoie, où j’ai fait mes premières courses botaniques.

M. J. Gay ajoute quelques détails sur le voyage qu’exécute en ce moment M. Bourgeau :

Il explique que la Commission scientifique dont fait partie M. Bourgeau a pris ses quartiers d’hiver à Carlton-House, sur le Saskatchawan, un des affluents du lac Winnipeg, dans le Haut-Canada. Carlton-House est un

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