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Enfin, après cinquante ans de proscription, le nom d'électricité animale est venu reprendre sa
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place dans le domaine de la science, et la théorie de Volta se trouve à son tour généralement abandonnée aujourd’hui. Le temps à donc rendu justice à l’homme de génie, en faisaut triompher Galvani de toutes les fausses attaques portées contre lui.
D'après mes expériences, le corps humain, lorsqu’il est animé, se trouve constamment soumis à l'influence active de deux fluides analogues aux fluides électriques. Les physiologistes leur ont
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| | donné différents noms, et quelques-uns d’entre || eux les ont nommés fluides nerveux. Ce sont ces | fluides que j'ai eru devoir, comme je l'ai dit au | commencement de cet ouvrage, désigner sous le
( 173 ) nom de fluides organo-électriques. Le nom de fluides nerveux me paraît en effet impropre, puisqu’il est reconnu aujourd’hui que ces fluides ne sont pas produits par les nerfs, qui n’en sont réellement que les conducteurs. Les physiciens et les physiologistes de l’époque actuelle admettent donc généralement qu’il se trouve dans l’organisme des fluides analogues aux fluides électriques ; qu'ils y sont soumis à la puissance vitale et s’y rencontrent avec des degrés d'intensité plus ou moins forts, suivant l’échelon du règne animal qu’ils occupent. Chez certains animaux , tels que les gymnotes et les torpilles, ces fluides, concentrés dans certaines parties de l’organisme, jouissent d’une telle intensité, qu’ils occasionnent de véritables secousses électriques. Cette décharge, dans certaines circonstances données, produit même l'étincelle. Cette propriété des poissons électriques dépend de leur constitution organique particulière. L'appareil électro-moteur qui leur est propre tient à la vie et cesse avec elle ; les fluides organiques ne pouvant plus se reproduire après la mort, ne permettent plus à cette batterie électrique de se décharger. D’après Matteucci (1), il suffit de couper les quatre nerfs de l’organe électro-moteur d’une torpille vivante pour détruire entièrement la décharge , et,
(t) Etudes électro-physiologiques des animaux,
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d’après lui , il suffit même d’en opérer la ligature. La communication de cet organe avec les autres fonctions animales est donc nécessaire pour que les fluides vitaux s’y accumulent. On doit conclure de là que le fluide électrique est identique à celui des autres animaux, et qu’il n’acquiert dans les poissons électriques une plus grande force qu'en raison de l’appareil modificateur qui lui est particulier.
L'appareil électro-moteur des torpilles et des gymnotes , d'après les expériences faites par Mateucci et Savi, se forme ainsi qu'il suit. Il résulte de la réunion de prismes formés par des espaces cellulaires remplis d’une solution d’albumine avee un peu de sel marin et un corps gras analogue à celui des nerfs. Sur les parois des cellules viennent se répandre les vaisseaux sanguins, ainsi que les ramifications nerveuses. Les prismes de lorgane électrique dans la torpille sont dirigés du dos au ventre, et de la tête à la queue et de la queue à la tête dans les gymnotes. Ces prismes, enfin, contiennent toujours à leurs extrémités les électricités opposées, savoir : le dos et le ventre pour la torpille, la queue et la tête pour le gymnote. Les appareils modificateurs de ces poissons jouissent constamment d’une sorte de polarité qui, d’après ce qui vient d’être dit, semblerait prouver qu'ils ne sont autre chose qu'une pile organique. Cette
polarité, reconnue dans l'appareil organique des poissons électriques, ne pourrait-elle donc pas subsister dans d’autres animaux, lorsque dans des circonstances données , l'organisme, par l'acte de la nutrition, secrète plutôt telle substance que telle autre? Cette polarité ne pourrait-elle donc pas, enfin , subsister dans l’organisme de certains individus, sous un degré d’intensité assez faible pour avoir été insensible aux galvano-mètres admis jusqu’à ce jour ?
Un fait médical rapporte qu’une femme accoucha d’un enfant qui, semblable à la torpille, OCCASIionnait des secousses électriques lorsqu'on le touchait. Quelques médecins attribuèrent cette particularité à la constitution du cerveau de cetenfant, qui pendant sa vie fœtale n'avait pu élaberer que du fluide électrique sans pouvoir arriver au fluide nerveux (1).
Pacini, médecin de Pistoia en Italie, découvrit des corpuscules aux nerfs des mains. Dans le même temps , à Paris, Audral, Comus et Lacrois firent la même remarque. Cruveiller, en 1836, étudiant les corpuscules de Pacini , dit qu’ils sont grisâtres , glandiliformes, ayant l'aspect de croïssants ; il les reconnaît en grand nombre, tantôt isolés, tantôt
(1) Physiologie médecine et métaphysique du Magnétisme, par le docteur Charpignon.
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