‹ Observations sur le fluide organo-électrique et sur les mouvements électro-métriques des baguettes et des pendulesChapitre 97 sur 121 · L | ‘ | $ HN · texte numérisé non relu

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vent les expliquer. J'entends parler ici du fluide magnétique animal qui, lui-même, chez certaines personnes , a une grande influence, lorsqu'elles ont la volonté ferme et bien arrêtée d'imprimer des mouvements à ces instruments. Ce fait m’est même assez démontré pour que je ne puisse le nier. Mais ce que je puis certifier, c'est que cette cause n’est pas la seule. Il en est une bien plus importante que j'ai constatée, c’est l'influence physique électrique ou magnétique de certains corps inertes, lorsqu’on les laisse agir librement sur les fluides organiques.

On doit donc reconnaître et distinguer dans ces phénomènes deux causes motrices entièrement indépendantes l’une de l’autre.

1°. L'influence physique de certains corps dont le contact avec nos membres met en en jeu notre système nerveux et musculaire, en vertu d’une action galvanique ;

20,4’influence magnétique qui, par la puissance du regard ou même de la volonté, peut également produire une action physique sur notre sensibilité nerveuse.

Ce fait, resté depuis longtemps presque généralement révoqué en doute, commence à être reconnu et admis par un certain nombre de savants. Matteucci a constaté, à ce sujet, que le système nerveux cérébro-spinal, permet aux animaux de réagir sur leurs propres muscles et de percevoir

( 216 ) leurs actions extérieures. Ce système , d’après lui, se COMmpose principalement d’un nombre infini de ramifications disséminées dans tout le corps de l'animal, se réunissant en une masse centrale constituée par le cerveau et la moelle épinière. Il a reconnu, d’après ses nombreuses expériences , qu'il arrive très souvent que des grenouilles vivantes qui ne donnent pas de contractions propres, les donnent lorsqu’elles sont tuées et préparées. Dans plusieurs expériences galvaniques ce fait a été constaté depuis longtemps, et des auteurs ont pensé que dans ce cas la grenouille vivante , en raison de son système nerveux cérébro-spinal, comprimant son fluide par l’acte seul de sa volonté ; pouvait ainsi paralyser l’action galvanique exercée sur elle. Cette remarque , d’une haute importance, se trouve aujourd’hui confirmée par nos expériences organo-électriques. Car il m’est prouvé que l'homme, de même, peut, en comprimant son propre fluide, le retirer des instruments et par suite leur enlever toute leur puissance motrice. Prenant pour exemple une personne tenant entre le pouce et l'index un pendule , comme je l’ai indiqué précédemment, ses fluides se répandent immédiatement dessus et deviennent alors appréciables de même que pour la baguette d’épreuve. Lorsque l’on constatera par ce moyen la présence des fluides organiques sur la masse de cet instru-

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ment, l’on remarquera avec étonnement qu’il ne s’y en rencontre plus aucune trace, dès que celui qui tient le pendule aura comprimé son fluide. Après avoir poussé à fond cette expérience, j'ai pu constater , d’une manière affirmative , que non seulement les fluides pouvaient en être retirés par l’acte de Îa volonté, mais qu'ils pouvaient y être projetés et y prendre des modes de polarisation différents. Van Helmont , le premier médecin de son temps, a donc prétendu avec raison que nous pouvions imprimer à la matière inerte la vertu dont nous sommes doués nous-mêmes.

C'est à cette expansion et à cette compression volontaire du fluide animal qu’il faut attribuer la cause du magnétisme animal. Les expériences galvaniques sont, comme je viens de le mentionner, complètement d’accord avec les miennes sur ce point ; et je dirai que Becquerel avait raison lorsqu'il se demandait: « Pourquoi le cerveau ne possèderait-il pas, comme tous les autres organes , la faculté de dégager de l’électricité que la volonté mettrait en action? » (1)

Au point où en est la science aujourd’hui, on ne peut plus douter de la réalité du magnétisme animal, et sa nature , d’après ce que je viens de dire, me paraît simple et facile à définir, puisqu'il

(1) Traité de Physique.

rentre, quant à ses effets, dans le domaine des lois électro-dynamiques. C’est à cet agent qu'il faut attribuer l'impression de crainte ou de plaisir que le regard de certains individus produit sur d’autres. Cette influence est tellement grande parfois qu’elle trouble nos sens , au point de paralyser même jusqu’à nos moindres pensées.

Ces deux causes motrices sont pour moi incontestables et ont été remarquées par tous ceux qui jusqu’à ce jour ont expérimenté. Mes observations m'ont prouvé qu'il était possible et même nécessaire de les séparer l’une de l’autre, afin d’éviter les anomalies continuelles et l’inexactitude qui ne pourrait manquer de se glisser dans le résultat des expériences. Je puis avancer très affirmativement que si l’on se garantit de toutes influences magnétiques du regard ou de la volonté, et que si l’on abandonne l’action à da cause physique seule des corps inertes , ces instruments seront toujours , pour ceux qui peuvent s'en servir , les électromètres les plus sensibles que l’on puisse rencontrer. Leur sensibilité est tellement grande qu'ils indiquent , sans le frottement , la nature de l'électricité des corps soumis à leur examen.

Thouvenel a donc pensé avec raison qu’on devait s’étayer des nombreux rapports qui existent entre le magnétisme minéral et l'électricité ordinaire, pour conclure et reconnaître ceux qui exis-

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