SÉANCE DU 11 JUILLET
et, quand le style est repoussé an dehors, du pollen est entraîné avec lui jusque vers l'extrémité béante de la carène. On comprend que plusieurs de ces mouvements alternatifs de rentrée et de sortie, répétés assez sou vent,arrivent à porter le pollen jusqu’à l’ouverture béante où se trouve le stigmate, et qu’alors la fécondation puisse se faire.
Mais si ce mouvement devient nécessaire pour que la même fleur puisse dans l’acte de la fécondation se suffire à elle-même, ce même mouvement porte aussi à l’extérieur une certaine quantité de pollen sur laquelle les vents ont prise, et qui, de cette façon, peut être portée au dehors de l’enceinte constituée par la carène plus ou moins tordue. D’ailleurs, tout le monde sait que les poussières ténues filtrent pour ainsi dire avec le vent à travers les jointures rigides que l’on croit le mieux fermées; il n’y a donc rien de difficile à admettre que les vents, en passant par l’ouverture delà base de la carène, formée d’une matière plus ou moins flexible, en sortent par celle du haut entraînant des grains de pollen, alors même que le phénomène de va-et-vient du style, dont nous avons parlé, n’aurait pas lieu.
Quant au sixième paragraphe de la note de M. Naudin.on ne peut y répondre qu’en entrant dans des considérations d'un autre ordre, qu'il serait superflu d'examiner ici.
En résumé, il ne faut pas s’étonner que M. Naudin ait émis dans sa note des idées pareilles à celles qui y sont consignées; moins intéressé que nous à étudier à fond le phénomène de la fécondation du genre Pkaseolus , il a pu se laisser surprendre par l’apparence extérieure; mais quiconque examinera sans passion le phénomène de la fécondation dans ce genre de Légumineuses, ne doutera pas un seul instant que le phénomène se passe comme nous l’avons indiqué, et acquerra la conviction que la fécondation réciproque est des plus probables.
Ce point éclairci, il ne resterait plus qu’à discuter la valeur de l’expérimentation que nous avons employée et que nous regardons comme suffisante pour conduire aux conclusions de notice note du là décembre 1855; mais nous comprenons toutefois que l’on puisse pousser le doute assez lom pour soutenir qu’une fécondation artificielle aurait été un complément utile d’expérimentation, et à celte objection il n’y a rien a répondre.
M. Boisduval présente à la Société plusieurs plantes vivantes qu’il est parvenu à cultiver avec succès : une terrine entièrement remplie de Goodyera repens végétant parfaitement et en pleine tleur, un Gphioglossum qui lui a été envoyé de Bretagne et dont l’origine ne
lui est
pas connue, etc.
M. Graves est d’avis que c’est YO. peduncu/osum Desv., cultivé dans quelques jardins botaniques sous le nom iVO. /nsitnnicum.
kik SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.
M. le Président rappelle la dérision prise par la Société le 28 mars dernier, et en vertu de laquelle la séance ordinaire annoncée pour le 25 de ce mois est süpprimée. Il déclare close la session ordinaire de 1855-56, et invite MM. les membres de la Société à se rendre à la session extraordinaire, qui s’ouvrira à Clermont-Ferrand le lupdi 21 juillet.
Conformément au paragraphe *2 de l’art. Al du règlement, le procès-verbal ci-dessus a été soumis, le 6 septembre, au Conseil d’administration, qui en a approuvé la rédaction.