‹ Observations sur le mémoire de M. Cope, intitulé "Relations des horizons renfermant des débris d'animaux vertébrés fossiles en Europe et en Amérique."Chapitre 2 sur 5 · HA ER · texte numérisé non relu

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; mairie 2 H. FILHOL.

relet très accusé. Cette disposition se retrouve sur loutes les dents suivantes. La dent, dont je viens d'indiquer la forme, ne présente aucune analogie avec celle qui lui correspond sur les Loris. Par sa hauteur, moindre que celle des deux prémolaires, qui la suivent, elle éloigne le Necrolemur des Ga/ago chez lesquels, au contraire, c'est la première prémolaire dont la couronne est la plus haute.

La deuxième prémolaire (fig. 1) présente également, vue par sa face externe, une pointe conique à bords antérieur et postérieur égaux. Sur la dent précédente le bord antérieur était un peu plus court que le bord postérieur. En dedans (fig. 2) 1l existe un talon transversal correspondant aux deux liers postérieurs de la couronne. Ce talon est limité en dedans et en avant par une petite pointe, qui représente la pointe antérieure interne des molaires. Ce mode de structure ne s’observe ni sur les Loris, ni sur les Galago.

La {roisième prémolaireest construite comme la dent précédente, seulement elle est plus forte. Sa couronneest limitée en dedans (fig. 2) par une forte pointe correspondant à la pointe antérieure interne des molaires. Sur le bord postérieur de cet élément, on aperçoit une petite saillie représentant la pointe postérieure interne de ces mêmes dents. Tous ces caractères très nets éloignent évidemment de la manière la plus absolue le Lemurien des Phosphorites des Lemuriens actuels. L'étude des molaires va confirmer ces premières observations.

Ces dents occupent sur notre échantillon un espace un peu supérieur à 0",006. La première et la deuxième molaire ont sensiblement le même volume, la seconde étant un peu plus réduite; la troisième est très petite. Les deux premières dents possèdent le même mode de structure. Elles sont composées (fig. 2) de quatre pointes, deux externes, deux internes, dans l'intervalle desquelles l’on découvre deux petites pointes intermédiaires.

La pointe antérieure externe est un peu plus forte et un peu plus haute que la pointe postérieure externe. Elle présente sur la première molaire, à la base de son bord inférieur,

un tout petit tubercule, correspondant à un pli de l'émail. Au niveau de la moitié antérieure de la pointe antérieure externe l’on aperçoit la pointe antérieure intermédiaire. La pointe antérieure se contourne un peu pour venir se lerminer à la base de la portion moyenne de la pointe intermédiaire antérieure.

La pointe intermédiaire postérieure est bien isolée et elle s'élève un peu plus que la pointe intermédiaire antérieure. Quant à la pointe postérieure interne elle est considérablement réduite par rapport à la pointe antérieure interne.

La troisième molaire (fig. 2), au lieu d’être sensiblement quadrilatère comme les dents précédentes, présente un bord antérieur droit el elle est convexe dans le restant de son étendue. Les deux tubercules externes existent. L’antérieur est plus développé que le postérieur. Le tubercule antérieur et interne subsiste seul, et à la loupe on ne découvre aucune trace de tubercules intermédiaires.

Le mode de structure des molaires des Necrolemur est absolument différent de celui des Lemuriens actuels. Les analogies que j'avais cru pouvoir soupçonner avec les Gulago, en examinant les dents par leur face externe. n'existent pas. Chez ces derniers animaux les molaires ont deux pointes externes et deux pointes internes. La pointe interne et postérieure se projette en arrière et en dedans sous la forme d’un fort talon.

Quand on compare les prémolaires et les molaires de notre genre fossile aux mêmes dents de l'Anaptomorphus, que M. Cope a supposé pouvoir être identiques, on constate des différences très importantes. Afin de rendre plus aisée à suivre la discussion qui va suivre, J'ai fait reproduire (fig. 5) la dentition supérieure de l'A raptomorphus, telle qu'elle est réprésentée grossie sur une planche dont M. Cope a bien voulu me communiquer une épreuve.

La première prémolaire de l'Anaptomorphus n'est pas excavée sur la portion postérieure de sa face interne comme sur le Necrolemur. Vans ce dernier genre la deuxième pré-

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molaire présente un talon interne plus réduit. La troisième prémolaire de l’Anaptomorphus possède un lobe interne réuni à la portion externe de la couronne par un pédicule étroit. Sur la figure donnée par M.Cope on ne trouve aucune trace des deux pointes internes que j'ai dit exister dans le genre européen.

Les molaires des Necrolemur sont de forme quadrilatère, celles de PAnaptomorphus sont au contraire triangulaires. Cette constitution fort différente tient au moins grand développement de la partie interne de la couronne dans le genre découvert par M. Cope. Dans la figure donnée par ce savant paléontologiste on aperçoit sur la première molaire deux pointes externes, deux pointes intermédiaires et une unique pointe interne. Sur les Necrolemur il existe deux pointes internes. La même différence s’observe pour la seconde molaire. La troisième molaire est complètement différente dans les deux genres que nous mettons en parallèle.

Si l’on réunit les caractères distinctifs de la série dentaire supérieure à ceux que nous avons fait connaître pour la série dentaire inférieure, on ne peut hésiter à considérer comme complètement distincts les genres Araptomorphus el Necrolemur. Ces deux formes de Lemuriens appartiennent bien évidemment à un même groupe, mais elles sont par trop différentes pour qu'on puisse zoologiquement les confondre sous une même dénomination.

La tête de Necrolemur antiquus, qui vient de servir pour la discussion précédente, permet d'apprécier certaines particularités de structure, très remarquables, qui nous étaient encore inconnues. Ainsi toute la partie de la base du crâne correspondant aux organes de l’audition est admirablement préservée. On voit en l’examinant que le conduit auditif, les bulles {ympaniques, les cellules mastoïdes étaient disposées d’une manière foule spéciale, qu’on ne trouve pas sur nos Lemuriens. Ainsi au méat auditif faisait suite (fig 4) un long tube osseux conduisant à la caisse tympanique, qui élait énorme. D'autre part, l'apophyse masloïde prenait un

développement très considérable. Toutes ces particularités de structure, en même temps que la présence de cavités orbilaires énormes, nous montrent que les Necrolemur étaient des animaux nocturnes, très limides, dont les organes de l'ouïe d’une finesse extrême devaient les protégerefficacement contre les atteintes de leurs ennemis.

Les questions relatives aux identités génériques entre les Lemuriens européens et américains étant résolues, je vais examiner les assimilations indiquées relativement aux pachydermes.

M. Gaudry dans ses £nchaînements du monde animal à considéré le genre Protapirus, dont j'avais proposé la création pour désigner un pachyderme trouvé dans les dépôts de phosphorite du Querey,commeidentique augenre Hyrachius. M. Cope aaccepté cette manière de voir, et il dit à ce sujet : « l’Hyrachius est le Lophiodon américain, car il n'existe entre eux que de faibles différences : tous deux existent en France, le second dans le Parisien inférieur, le premier dans les Phosphorites. » Ni l’un ni l’autre des savants auteurs, dont je viens de parler, n'avaient discuté l'opinion qu'ils avançaient. Ils s'étaient bornés à une simple affirmation, sans exposer les faits sur lesquels ils croyaient devoir s'appuyer pour établir leur identification générique. Je vais chercher à combler cette lacune en mettant en parallèle les Hyrachius et les Protapirus. En analysant avec un grand soin les caractères propres à chacun de ces animaux, nous pourrons ainsi savoir si la forme américaine était génériquement la même que la forme française.

Leidy a décrit le genre Hyrachius d'après des échantillons obtenus par Hayden, durant l'exploration du Wyoming faite pendant l’année 1870. « L’'Hyrachius, a dit ce savant paléontologiste, est étroitement en relation avec le genre tapiroïde disparu portant le nom de Lophiodon, dont les débris appartenaient à la première formation tertiaire d'Europe. Il a également des affinités, mais à un degré moindre, avec ces formes ayant quelque chose en elles du Rhinocéros, telles que

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l’'Hyracodon des mauvaises terres de While-River dans le Dakota. Relativement aux animaux vivants, il est plus étroitement allié aux Tapirs, et 1l a, à un moindre degré, des affinités avec les Rhinocéros.

« La série dentaire des vrais Loplaodon, si le Lophiodon Isselense, d’Issel en France, est regardé comme le type de genre, ou celle des Tapirotherium comme de Blainville les avait antérieurement nommés, consiste en trois incisives, une canine, trois prémolaires et trois molaires. Les Tapirs actuels adultes ont une prémolaire de plus en haut.

« Dans une espèce d’'Hyrachius adulte, il existe quatre prémolaires en haut et en bas comme dans l’Ayracodon. Probablement dans une seconde espèce il y avait quatre prémolaires en haut et trois en bas comme chez le Tapir.

« La dernière molaire inférieure des Lophiodon à une couronne à {rois lobes ; cette dent est bilobée chez l'Hyrachius.

« Les couronnes des molaires inférieures sont intermédiaires entre celles des Lophiodon et des Hyracodon.

« Les molaires supérieures de l'Æyrachius ressemblent étroitement à celles des Lophiodon. Dans les deux genres la porlion interne de la couronne des deux dernières prémolaires présente un lobe unique correspondant à la paire de lobes internes confondus de la couronne des molaires. Dans les Lophiodon une crête naît du lobe interne de la couronne des prémolaires et vient rejoindre le lobe antérieur externe. Dans l'Ayrachius, sur les dents correspondantes, deux collines se détachent du lobe interne de la couronne et elles vont rejoindre l’une le tubercule antérieur externe, l’autre le tubercule postérieur externe.

« Le maxillaire inférieur de l’Hyrachius a sensiblement la forme et le mode de construction de celui du Tapir (1). »

Dans le but de faciliter la discussion qni va suivre, j'ai fait reproduire sur la planche accompagnant ce {ravail la

(4) Leidy, Contributions to the extinct vertebrata fauna of the Western territories, p. 89.

MAMMIFÈRES FOSSILES D EUROPE ET D'AMÉRIQUE. i

dentition supérieure de l'Hyrachius (Mig. 1*#) el celle du Protapirus (fig. 15, 16).

La formule dentaire des Protapirus, que je n'avais pu encore élablir, est la suivante en ce qui concerne les prémolaires et les molaires : prémolaires, 4/3 : molaires, 3/3. Cette formule est établie au moyen de deux échantillons l'un provenant de Saint-Gérand-le-Puy, l'autre des Phosphorites.

Si l’on examine tout d'abord d’une manière générale le mode de constitution des prémolaires des Hyrachius et des Protapirus, on ne tarde pas à découvrir des caractères diffé renliels très importants. Chez les Hyrachius, ainsi que Leid\ l'a indiqué et comme cela s’observe sur la figure que nous donnons d’après lui des dents supérieures de l'Ayrachius agrarius (fig. 14, les troisième et quatrième prémolaires étaient constituées par une pointe interne se reliant par deux crêtes transversales à deux pointes externes. La pointe interne correspond à la fusion des deux pointes internes des molaires. Sur les Protapirus, nous ne rencontrons pas une semblable simplification du mode de structure des prémolaires. La troisième de ces dents présente à sa partie interne deux pointes se reliant l’antérieure à la pointe antérieure externe, la postérieure à la pointe postérieure externe (fig. 16). Quant à la deuxième prémolaire elle présentait chez les Hyrachius deux pointes externes presque complètement confondues entre elles et une pointe interne absolument indépendante des éléments externes, c'est-à-dire non reliée par une crête transversale. Cette dent est de forme triangulaire : elle a une base externe et un sommet interne. Chez les Protapirus la deuxième prémolaire (fig. 13) est tout à fait différente; elle est de forme quadrilatère, ce qui tient au développement de quatre pointes, deux externes, deux internes. Les pointes externes ont une égale puissance, alors que la pointe postérieure interne est très forte et de forme conique, tandis qne la pointe antérieure interne, plus basse, s’enlève sous la forme d'une sorte de crête. Sur la figure qu'a donnée Leidy de la deuxième

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prémolaire de l’'Hyrachius, agrarius on soupconne seulement l'existence de cet élément, qui prolonge sous la forme d'un tout petit promontoire l'extrémité antérieure et externe de la pointe postérieure interne. D'autre part sur l'Æyracheus, comme je l'ai rappelé plus haut, «les lobes externes de la couronne de la deuxième prémolaire sont plus confondus que surles molaires, alors que le lobe interne apparaît plus isolé par suite de l'absence de crête transversale le reliant aux éléments externes (1) ». Dans les Protapirus (fig. 13), la pointe postérieure interne de la deuxième molaire est au contraire réunie par une crête transversale à la pointe postérieure externe qui lui correspond. Celte crête est très détachée. Quant à la pointe antérieure interne, elle reste indépendante.

La première prémolaire des Ayrachius était une dent très petite, très simplifiée. D’après les indications qui nous sont fournies par les alvéoles qui la renfermaient, chez les Protapirus il n'en élait pas de même. Cette dent devait être très développée. Sa longueur égalait presque celle de la dent lui faisant suite, et elle avait plus d'épaisseur que sur l'Hyrachius. Nous retrouvons là l'indice d’une indépendance plus complète des pointes devant la constituer.

Par conséquent si l’on résume ces premières observations relatives aux prémolaires, on voit que ces dents chez les Protapirus possédaient des caractères très différents de ceux constatés chez les Hyrachius. La quatrième el la troisième prémolaire étaient, chez les animaux européens, constituées par qualre pointes, deux internes, deux externes, reliées par des crêtes transversales ; chez les animaux américains les pointes internes élaient confondues. La deuxième prémolaire des Protapirus avait également quatre pointes, dont la postérieure interne était reliée par une crête à la pointe correspondante externe. Chez les Hyrachius il existait une seule pointe interne et il n'y avait pas de crête {rans-

(4) Levdi, loc. eit., p. 61.

versale. Quant à la première prémolaire elle était très réduite dans le genre américain, alors qu'elle possédait un développement important dans les formes européennes.

L'examen des molaires permet de découvrir des différences de struclure aussi importantes que celles dont je viens de parler. Ainsi en comparant les molaires des Protapirus à celles des Æyrachius, on voit immédiatement que dans le premier de ces genres, c'est le premier lobe de la molaire dont le développement est le plus grand, tandis que c’est au contraire le second qui à de beaucoup la plus grande importance chez les Hyrachius. On se rendra immédiatement compte de la grande différence de structure que je signale en comparant les figures 15 et 14 de notre planche.

Chez les Hyrachius, la partie externe des molaires comprend d’abord un mamelon précédant la pointe antérieure externe qui lui fait immédiatement suite. Ces deux éléments sont étroitement unis entre eux. Puis vient l'élément postérieur externe de la dent constituant un énorme lobe triangulaire (fig. 14), à sommet postérieur très oblique en arrière et en dedans. Sur les Protapirus on retrouve le petit mamelon précédant la pointe antérieure externe (fig. 15), mais tandis que chez les Hyrachius, ces deux éléments avaient sensiblement la même importance, chez nos pachydermes européens la pointe antérieure externe prenait un très fort développement, alors que le mamelon antérieur paraissait s’atrophier. Quant à la pointe postérieure elle ne formait pas un grand lobe triangulaire, mais bien une sorte de mamelon conique plus réduit en volume que ne l'était la pointe antérieure externe. Quelques mesures vont permettre de bien se rendre compte du mode de structure si différent sur lequel j'appelle l'attention.

Si l’on apprécie la distance comprise chez l'Hyrachius agrarius (2° molaire) entre Le bord antérieur dumamelon précédant la pointe externe et le bord postérieur de ce dernier élément, l’on trouve le nombre de 0",005. Si maintenant l’on évalue la distance comprise entre le bord postérieur de la

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pointe antérieure externe et le bord postérieur de la pointe postérieure externe, l’on obtient le nombre 0°,008. Sur les Protapirus des Phosphorites et de Saint-Gérand-le-Puy, les mêmes mensurations donnent, en suivant le même ordre, pour la première espèce, les nombres 0*,008 et 0®,004; pour la seconde espèce, les nombres 0",009 et 0",005. Comme on le voit dans les formes européenes c’est bien le second lobe qui est le plus réduit, tandis qu'il est le plus développé dans les formes américaines. Les Hyrachius par le développement du second lobe de leurs molaires sont absolument des Lophiodon, ce qui n’est pas pour les Protapirus.

Maintenant était-il possible de considérer, avec ces seuls éléments d'observation, comme appartenant à un même genre des animaux dont les prémolaires et les molaires ont une structure si différente? Je ne le crois pas; car si on voulait les confondre dans une même appellation, l’on se demande avec quels éléments nous établirions une coupe générique. D'ailleurs, comme je l’ai fait remarquer, les auteurs qui ont proposé de réunir les genres Profapirus el Hyrachius, ne se sont livrés à aucune discusion, et je suis sûr que s'ils l'eussent essayé, toutes ces particularités de structure si multipliées et si importantes ne leur eussent pas échappé. Fallait-il considérer avec la seule forme de Protapirus que nos connaissions ces genres comme très éloignés ? Non, et si l’on voulait, au point de vue zoologique, établir des rapprochements, il fallait regarder les Hyrachius et les Protapirus comme appartenant à une même famille et non à un même genre. Si on procédait différemment, si l’on voulait ne pas tenir compte de la stucture si différente des prémolaires et des molaires, il fallait ne pas se borner à confondre les Hyrachius et les Protapirus, il fallait les rattacher aux Lophiodon, aux Pachynolophus, et désigner ces formes animales par une unique dénomination. J’ajouterai même que j'aurais compris plutôt qu'on confondit les genres Lophiodon et Hyrachius, que je n’eusse compris qu’on voulût réunir à ce dernier genre les Profapirus ; car au moins les

Hyrachius avaient des molaires supérieures dont les lobes possédaient la même structure et la même importance relative que chez les Zophiodon, ce qui n'avait pas lieu chez les Protapirus. Mais la découverte de nouvelles pièces va nous permettre d'aborder la discussion de cette question avec des éléments tout autres que ceux dont nous disposions, el nous allons la résoudre avec certitude.

Les Protapirus nous étaient inconnus il y a quelques années, el à l’heure actuelle nous savons qu’il en a existé diverses espèces en France. J'ai décrit la première d’entre elles dans mon travail sur les Phosphorites du Quercy, les autres sont inédites. Afin de permettre les comparaisons avec les animaux américains qui pourraient s’en rapprocher, jeles ai fait figurer sur la planche accompagnant ce mémoire. Les pièces qui m'ont servi à établir les diagnoses font partie des collections de l'École des mines et elles ont été mises à ma disposition de la manière la plus bienveillante par M. Douvillé. Elles proviennent d'une part de Saint-Gérand-le-Puy, d'autre part de Selles-sur-Cher. Les couches de Saint-Gérand-le-Puy et celles de Selles-sur-Cher paraissent devoir être rapportées au calcaire de Beauce. Les animaux dont je vais indiquer les caractères spécifiques, sont postérieurs par conséquent au Protapirus priscus des Phosphorites.

L'espèce de Saint-Gérand-le-Puy (fig. 13) nous est connue par une portion de maxillaire supérieur portant les trois dernières prémolaires et les deux premières molaires. La première prémolaire manque, mais ses alvéoles ayant été préservées nous pouvons nous rendre compte de ses dimensions. L'animal dont provient ce débris était encore jeune. Les prémolaires permanentes se dégageaient, les deux premières molaires avaient subi leur évolution complète, alors que la troisième molaire, d’après ce que l’on peut prévoir en examinant une portion de l'os maxillaire qui la contenait, devait commencer à apparaître.

Cette espèce était plus forte que ne l'était le Protapirus priscus. Si on examine les prémolaires (fig. 13), on voit que

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les mamelons externes élaient comprimés; par conséquent ils ne présentaient pas la forme conique qu'ils affectent dans l'espèce des Phosphorites. [ls étaient en même temps plus séparés les uns des autres, et lorsqu'on les éludie par leur face interne on aperçoit une dépression correspondant à la crête, les unissant l’un à l’autre.

D'autre part, en arrière de la colline rattachant le tubercule interne postérieur au tubercule interne antérieur, il existe sur l'espèce de Saint-Gérand une large surface, fortement excavée, disposition qui fait absolument défaut sur le Protapirus priscus. Dans cette dernière espèce on remarque sur la face interne des deux dernières prémolaires un bourrelet très saillant au niveau des parties antérieure et postérieure de la dent. Rien de semblable ne se remarque sur l'espèce que je fais connaître.

La deuxième prémolaire (fig. 13) était très forte. Elle comprenait deux pointes externes comprimées par leurs faces latérales, comme sur les dents dont il vient d’être parlé. La pointe interne était reliée par une colline à la pointe postérieure interne. La pointe antérieure interne donnait naissance à une crête s’avançant vers la partie antérieure de la pointe antérieure externe, mais il n’y avait pas d’union entre ces deux éléments.

La première prémolaire devait être très forte, beaucoup plus développée, si on en juge par ses alvéoles, que sur le Protapirus priscus.

L'espace occupé par les prémolaires était de 0",055. Les dimensions de ces dents étaient les suivantes :

1re PRÉM. 2€ PRÉM. 3€ PRÉM. 4% PRÉM.

Lonsüueur,s1@8eacut ee Om,011 0®,135 0%,0145 0®,0140 Diamètre transversal du 1°" lobe. » 0,011 0®,0145 0%,0168 — — du 2° lobe. » 0,013 0,0153 0®,0170 Hauteur du 1°r lobe (face exl.).. » 0,009 0%,0080 0,0080 — 2° lobe (face ext.).. » 0®,008 0,0080 0%,0080

La première molaire, ainsi que la dent suivante, présentaient seulement au niveau du collet, sur leur face externe, un bourrelet accusé. Sur les molaires du Protapirus priscus

il existe un bourrelet sur toute l'étendue de la base de la couronne. Dans cette dernière espèce le tubercule précédant la pointe antérieure externe est plus élevé que ne l’est la colline antérieure (fig. 15); c'est le contraire qui a lieu sur le Protapirus de Saint-Gérand-le-Puy. D'autre part, dans l'espèce des Phosphorites, la crête ou colline, dont il vient d’être parlé, née de la pointe interne antérieure, vient rejoindre le petit tubercule précédant la pointe antérieure externe (fig. 15), comme cela a lieu chez les Hyrachius de l'Amérique du Nord, tandis que sur l'espèce de Saint- Gérand-le-Puy cette même crête aboutit au bord antérieur de la pointe antérieure externe (fig. 13). Celle disposition est identique à celle existant chez les Lophiodon d'Issel. Ce mode de structure si différent permettra toujours de distinguer les molaires de l'espèce que je fais connaître.

Les mesures relatives aux deux molaires en place sur le seul échantillon connu sont les suivantes :

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