SÉANCE DU 30 JANVIER 1857. A
sommet du mamelon nait une petite feuille, et un bourgeon se forme, tandis qu’un faisceau vasculaire s’organise au-dessous de lui, au milieu du tissu cellulaire du mamelon. — Ainsi se constituent les rudiments d’un rhizome adventif sur l’extrémité de la racine; le petit corps à peu près globuleux qui le représente s’allonge ; puis sur ses côtés, au-dessous du bourgeon, naissent de petites racines adventives, et bientôt il offre, à très peu près en petit, la forme ordinaire des rhizomes de N. Nidus avis et est enveloppé comme eux d’un paquet de racines.
Pendant cette formation, la plante-mère est morte, son rhizome s’est pourri, et la racine terminée par le jeune rhizome se trouve libre et indépendante.
Les rhizomes ainsi produits demeurent sous terre pendant près de deux ans, croissant par leur extrémité antérieure et grandissant lentement sans montrer au-dessus de la surface du sol aucun indice de leur présence. Ce n’est que lorsque la souche a atteint tout son développement, que la plante sort de l’obscuritéoù elle est demeurée ensevelie depuis sa naissance, allonge au milieu de l’air et de la lumière une hampe pâle, décolorée et toute chargée de fleurs, puis meurt épuisée par ce suprême effort.
La connaissance du mode de végétation du N. Nidas avis permet de comprendre pourquoi on n’a jamais pu jusqu’ici cultiver cette plante. Tl n’est pas nécessaire pour cela de supposer un parasitisme fort hypothétique, que jamais personne n’a pu constater avec certitude. Il suffit de remarquer qu’on a toujours transplanté des pieds en fleur, c’est-à-dire des pieds qui allaient mourir. —Je pense que, si l’on replantait avec soin une souche de N. Nidus avis enlevée durant la période souterraine de la vie de la plante, on pourrait avoir un grand espoir de la voir fleurir dans un jardin au commencement de l’année suivante. Il serait à désirer que des personnes habituées à la difficile culture des Orchidées tentassent cet essai, qui serait probablement couronné de succès.
M. Duchartre, secrétaire, donne lecture de la communication suivante adressée à la Société :