‹ Observations sur les ailes des hyménoptèresChapitre 1 sur 6 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

. ) Same s

-Par M: ze Docreur Jurine.

Lues à la séance du 19 fevrier 1818.

É OCT E CPR

S, le mérite d’une dissertation était en rapport avec le volume de l’objet qu'on y traite, je ne pourrais pas me flatter d’exciter un grand intérêt, puisque celle-ci ne s’étendra pas au-delà du thorax et de l’aîle d’une mouche. Heureusement qu’il n’en est pas toujours ainsi; ce qui me fait croire qu'à mesure qu’on pénétrera avec moi dans

af

l’organisation de ces parties, on sera forcé de convenir avec Charles Bonnet, mon illustre compatriote, que c’est bien la même main qui a crayonné l’homme et la mouche, ou en d’autres termes, que les ouvrages du Créateur , même les plus simples en apparence, sont une merveille aux yeux de celui qui s'applique à les connaître. Je me propose dans ectte dissertation de jeter un coupd'œil rapide sur les rapports qui existent ‘entre les aîles des oiseaux et celles des Hyménoptères, de décrire ensuite :5S

Mu È

le thorax de ces insectes, de développer l’organisation des muscles qui y sont renfermés, de faire connaître la structure des aîles propres à cette classe d'animaux, et de terminer ce Mémoire par l'examen de l'articulation de ces ailes avec la poitrine.

Combien je regrette de n’avoir pas été doué des talens nécessaires pour parvenir à être le confident intime de la nature, ou pour savoir lui arracher ses secrets! Quand je lis les ouvrages des Swammerdam , des Leuwenhock, des Réaumur , et ceux de tant d’autres Naturalistes célèbres encore existans ; mais sur-tout quand je considère l’admirable autant qu'inimitable travail de Lyonet, le scalpel me tombe des mains, et ce n’est qu'avec peine que je me détermine à le reprendre, pour acquitter une partie de ma dette envers cette Société qui m'a fait l'honneur de

m'agréger au nombre de ses Correspondans.

Dans l'ouvrage que j'ai publié, il y a quelques années, sous le titre de Nouvelle manière de classer les Hyméno- Ptères elc., je comparais les deux os qui forment la nervure antérieure de la grande aîle de ces insectes , à ceux qu’on trouve à l’avant-bras des autres animaux. Cette comparaison dut paraître singulière; mais ne pouvant pas alors

PAR M. JURINE,. 3

développer les motifs qui m’avaient engagé à la faire , je me réservai de prouver, dans un Mémoire particulier, toute sa justesse , et c’est ce que je fais maintenant.

Les insectes qui ont quatre aîles nues plus où moins garnies de nervures, et dont les femelles portent au bout : du ventre une tarière ou un aiguillon, appartiennent à la nombreuse classe des Hyménoptères.

La structure des aîles de ces insectes , leur articulation, ct les muscles qui les font mouvoir, sont encore , pour l'histoire naturelle, des objets presqu’entièrement inconnus. Swammerdam est le seul, à ma connaissance, qui ait parlé de l’organisation de ses parties, et ce qu'il nous en a transmis, n’est qu’une bien faible esquisse de ce qui existe réellement ; encore n’est-elle pas exempte d’erreurs.

Pour peu qu’on réfléchisse sur les aîles des Hyménoptères, sur la place qu’elles occupent, sur la puissance des muscles qui les font agir , et sur leurs usages, on est frappé des rapports qui ont lieu entr’elles et celles des oiseaux, Guidé par cette analogie, je me suis déterminé à assigner un nom aux diverses parties de ces aîles qui n’en avoient encore aucun, en l’empruntant des os des oiseaux, auxquels je les ai assimilées; de sorte qu'il ne faudra pas être surpris de m’entendre dire, dans la suite de ce Mémoire, le bras, l'avant-bras, l'épaule d’une mouche, et de me voir transmettre, de cette manière , l'image d’un corps dont les usages sont connus , beaucoup plus rapidement que je n'aurais pu le faire, en employant

des phrases ou des dénominations nouvelles.

Si cette comparaison entre les aîles des Hyménoptères et celles des oiseaux paraissait au premier apperçu inadmissible , je prierais de faire abstraction du volume , et de l’organisation des parties qui constituent ces deux espèces d’aîles, pour ne considérer que leurs usages ; et si le nombre des aîles des Hyménoptères paraissait un motif suflisant pour faire repousser toute comparaison , je dirais que les Anatomistes accordent aux oiseaux trois aîles de chaque côté , considérant l’appendice qui est au bout de V’aîle, laquelle n’est composée que de quatre à cinq plumes , comme l’aîle secondaire extérieure , appelant fausse aîle intérieure cette partie interne de l’aile qui porte un rang de plumes ordinairement blanches; j’ajouterais à cela que lorsqu'un insecte vole , ses deux aîles sont tellement unies, qu’elles ne constituent qu’une seule et même voile, come celle des oiseaux.

Les [yménoptères ont, comme beaucoup d’autres insectes étrangers à cette classe, leurs «os à la surface de leur corps, en guise de cuirasse ; de sorte que c'est sous celte cuirasse qu’il faut chercher des organes , dont l’extrême délicatesse ne leur permet pas d’être mis impunément en contact avec l'air extérieur ; mais comme cette armure n’a pas d’ouverture, il faut nécessairement la rompre ou la séparer pour voir les parties qui y sont contenues. Avant que d’en venir là , examinons d’abord avec soins cette partie du squelette qui constitue la poitrine, et à laquelle les aîles paraissent fixées , puisque cet exa-

g; PAR M. JURINE, 5

men nous conduira insensiblement à Ja connaissance de leur mutuelle articulation.

Si l’on ne considérait que superficiellement la poitrine d’une mouche à quatre aîles, on la croirait faite d’une seule pièce osseuse avec laquelle les aîles s’articulent, et l'on serait bien éloigné de soupçonner l’art avec lequel CELur qui n’a pas dédaigné de créer ces petits animaux , a arrangé toutes ces parties pour leur faire atteindre le but qu’il s’était proposé.

Au lieu de cinq pièces osseuses qu’on avait jusqu’à-présent reconnues dans le thorax des Hyménoptères, j'en ai trouvé trente-six, toutes réunies par un tissu membraneux, ferme et élastique, mais dont neuf sont plus apparentes que les autres.

La première de ces pièces thoraciques, que je nommerai le cou, a une figure très-irrégulière ; en devant, elle se prolonge un peu pour prêter un appui à la tête; en dessus elle est profondément échancrée pour laisser passer les organes qui viennent de la bouche, et les muscles qui meuvent la tête , et postérieurement on y remarque deux cavités où s’implantent les muscles de la première paire de pattes, laquelle est articulée avec cet os.

La seconde pièce osseuse du thorax est un anneau situé immédiatement derrière le cou , auquel on a donné le nom de corselet. Cet anneau, souvent plus large supérieurement qu'inférieurement, fournit de chaque côté un prolongement qui a, dans une portion de son bord, une fort petite

échancrure, laquelle coopère avec celle d'un autre os à la formation des stigmates antérieurs placés de cette mavière, un peu au-dessous de l'insertion de la grande aîle. La cavité supérieure de la poitrine est fermée par la troisième pièce osseuse, qui est une grande lame ronde ou ovale, que j'appellerai plaque thoracique ; cette plaque repose en devant sur le corselet, latéralement sur la base des aîles, et en arrière sur l’écusson supérieur. Elle est un peu convexe en déhors, concave en dedans, tantôt lisse, tantôt chagrinée , tantôt velue à sa surface externe. . Telle est la figure de cette plaque chez les Hyménoptères dont le ventre est pétiolé; mais chez ceux qui l’ont sessile, il en est autrement. Aux mouches à scie, par exemple, l'extérieur de cette plaque a quatre sillons assez profonds , qui la partagent en quatre parties à-peu-près égales, et produisent dans sa face interne quatre lignes saillantes , exactement correspondantes aux sillons. Aux Sirex la mème chose a lieu, mais d’une manière un peu différente. On ne peut attribuer ces impressions et leurs modifications qu’à la disposition primitive et à l’action d’une grosse masse charnue située dans la poitrine, et trèsadhérente à cette plaque. Or il paraît évident que, dans ce cas, la substance osseuse s’est moulée sur les interstices de la masse charnue , et que celle - ci à pu étendre ses effets jusqu’à la face externe de los, pour la sillonner aussi profondément ; ce qui prouve évidemment l'influence

des parties molles sur la figure des os chez ces insectes ;

PAR M. JURINE 7

lors même que ces os ne sont en contact avec elles que par une de leurs surfaces (1).

La quatrième et la cinquième pièces thoraciques sont fort petites, et semblent n'être qu’additionnelles aux autreÿ os de la poitrine ; on les a nommées cuillerons , dénomipation tirée de la figure de ces os, plutôt que de leurs usages ; en effet, le cuilleron n’est qu'une languette osseuse, mobile, convexe en déhors , concave en dedans, qui recouvre la base de la grande aîle , en s'appuyant sur elle, ‘pour en bridef-lés mouvemens , de sorte qu’elle opère comme une véritable clavicule. Si l’on soulève ce cuilleron en le renversant sur la plaque thoracique, seul mouvement qu'on puisse leur faire exécuter , on découvre alors dans sa contavité un ligament très-fort qui s’y implante, qui tient d’un côté à la plaque thoracique , et de l'autre va se terminer à l’osselet le plus antérieur de l’aîle. RUE PRET AE RER CU OR LU CPR

(1) Une chenille de la T'enthredo femorata s'est renfermée, au milieu d'octobre , dans un cocon jaune et presque transparent. Environ un mois après, on coupa la partie supérieure de ce cocon pour voir s’il y avait une chrysalide , mais on n’en trouva aucune : seulement le corps de la chenille s’élail ratatiné , et avait diminué de près de moitié de sa longueur primitive. Au milieu de mai suivant, la tenthrède sortit de la peau de sa cheaille; mais entièrement blanche ; et resta immobile durant qualorze jours au quinzième elle parut totalement noire, et volait avec rapidité contre les parois de la boite qui la renfermait.

Ne peut-on pas inférer de cette observation que les os de ces petits animaux restent long-tems dans un état de mollesse, ce qui permet aux muscles de réagir sur eux, et de leur imprimer des inégalités particulières dé-

pendantes de la direction des faisceaux nrusculaires qui s’y attachent ?

Les ailes des Sirex sont dépourvues de ce cuilleron, mais la saillie anguleuse que fait leur corselet ; dans sa partie latérale , leur tient lieu de ce petit os et le rem-

place.

La sixième pièce osseuse de la poitrine a été nommée

l'écusson , dénomination à laquelle il faut ajouter des grandes ailes pour le distinguer de celui des petites avec lequel il a été confondu. Cet écusson est un demi - cercle situé derrière la plaque thoracique fret dont les extrémités s'étendent jusqu’à la base des grandes aîles (1). La face externe de cet écusson est souvent tuberculeuse ou épineuse, tandis que l’interne est creusée en gouttière ; quelquefois ce n’est qu’une simple rainure.

Chaque extrémité de cet écusson se termine par deux éminences ou apophyses; la première, celle. qui est la plus voisine du corps de l'os, se contourne en déhors pour former une languette osseuse qui s’arc-boute contre la grande aîle avec laquelle elle s’unit. Entre cette apophyse et celle qui termine le demi-cercle de Pécusson , on voit une grande échancrure , au moyen de laquelle cet os s’appuie contre le plus grand des osselets de l’aîle (osselets que je ferais bientôt connaître) en s’articulant avec lux À l’apophyse terminale s'implante le tendon d’un muscle très-puissant , qui s’épanouit à la base du thorax et sy

fixe (2). Lorsque ce muscle et son congénère se contractenk EEE ce RSS

(x) Voyez les pl. I et HI fig. 2.

(2) Voyez les pl. I et IV fig. 1.

PAR M. JURINE.. 9

simultanément, ils tirent l’écusson en avant, ce qui imprime un mouvement aux ailes, comme nous le verrons dans la suite; si, au contraire, un seul de ces muscles agit, il change alors la direction de l'aile, et lui permet de pincer le vent, en modifiant son plan de position , comme cela a lieu chez les oiseaux.

Au-dessous de l’écusson des grandes ailes se trouve la septième pièce osseuse que j'appellerai l’écusson des . pelites ailes, ou l'écusson inférieur (1). Cette pièce a aussi l'apparence d’un demi-cercle, dont le milieu est grêle chez quelques espèces d'Hyménoptères, et dont les extrémités remplissent , pour les petites ailes, les mêmes fonctions que celles de l’écusson supérieur pour les grandes ; or, comme dans le vol de ces insectes les quatre ailes agissent ensemble, on peut en inférer que les deux écussons sont: aussi mus simultanément, et le faire avec d’autant plus de vraisemblance, que les extrémités de l’écusson inférieur ont aussi leur muscle qui s’insère dans la cavité thorachique à peu de distance du précédent et dans la même direction.

La huitième pièce de la poitrine termine postérieurement la cavité thorachique ; cette pièce, nommée mélalho= rax, reçoit en dessus le bord inférieur du petit écusson,,

et en dessous le s/ernum. Sa partie postérieure est percée

Re ee

(u): Voyez les pl. I et IV fig, 1.

de trois ouvertures. Les deux latérales donnent passage aux muscles des hanches de la dernière paire de pattes, et par celle du centre sortent les organes qui du thorax vont se rendre dans le ventre, lequel adhère lui-même par une membrane autour de cette ouverture. C’est dans celle pièce osseuse que sont situés les deux stigmates postérieurs , qui ne s'annoncent que par. une fente, dont les lèvres semblent se toucher, et qu'on voit au-dessus des pattes postérieures.

Le slernum placé dans la partie la plus basse de cette cavité constitue la neuvième ou la dernière pièce osseuse de la poitrine ; sa forme a quelque ressemblance avec celle d’un fer à cheval dont les extrémités seraient relevées. Cet os est uni par son bord antérieur à la partie inférieure du corselet, et forment ensemble les stigmates antérieurs ; par le bord postérieur il est joint au métathorax ; sur les extrémités repose la base des ailes, et dans les côtés il y a deux ouvertures par où sortent les muscles qui vont à la paire de pattes intermédiaires. Dans le milieu de la face interne on remarque une arcade osseuse qui se termine latéralement par deux espèces d’apophyses, entre lesquelles passent des organes qui ont besoin d’être protégés contre toute pression musculaire (1).

Maintenant que les pièces essentielles qui composent la

qu

(1) Voyez la pl. E.

PAR M. JURINE. 11

charpente osseuse de la poitrine sont connues, de même que les rapports qui existent entr’elles, examinons les cavités résultantes de leur assemblage, et les parties qui y sont contenues, en nous bornant néanmoins à l'examen de celles qui se rapportent au sujet qui nous occupe. Pour pénétrer dans la cavité thorachique , sans s’expoz ser à en dénaturer les organes qu’elle renferme, ïl faut enlever la plaque supérieure, en la separant adroitement de ces adhérences membraneuses. Immédiatement sous cette plaque on trouvera des chairs qui y tiennent fortement, et dont on se débarassera cependant d’autant plus aisément , qu'elles auront été plus desséchées. Après cette opération, on découvrira , dans la partie inférieure de la poitrine, quatre cavités à-peu-près d’égale. grandeur , les quelles ont pour centre de réunion l’arcade osseuse dont je viens de parler. De ces cavités, l’antérieure répond à la tête, la postérieure au métathorax, et les latérales aux ailes (1). Dans la cavité postérieure, on voit un os Lrès- mince et assez grand, de couleur plus ou moins cornée , dont les extrémités se portent en avant jusqu’à la base des grandes ailes avec lesquelles elles s’articulent, le corps à une grande surface de haut en bas, mais les bords de la face postérieure présentent nidiéie différence , le sspéniaue étant dentelé, et l’inférieur eannelé (2). Cet os, qu'on ne

(1) Voyez pl. I.

(2) Voyez pl. I fig. 2

peut voir dans toute son étendue, qu'après avoir ‘enlevé les écussons dont il suit la courbure sans y adhérer, joue un rôle bien important dans les mouvemens qu'exécutent les ailes, quoiqu'il ne soit maintenu en place que par les muscles qui s’y implantent, et par son articulation avec un os particulier que je vais faire connaître.

La face interne de chaque extrémité de l'os corné s’articule avec le bout d'un os long, presque cylindrique, renflé aux deux bouts, et ressemblant parfaitement à l’Aumérus (1). Cette articulation se fait sous un angle aigu, de sorte que la portion libre de l’humérus se porte en arrière , où elle reçoit à son extrémité le tendon d’un muscle qui se dirige de haut en bas, et qui va implanter ses fibres épanouies au bord externe de l’arcade osseuse , laquelle sépare les cavités thorachiques.

Ces deux os que je considère, soit à cause de leur forme , soit à cause de leurs fonctions , comme les bras des Hyménoptères , sont donc articulés par leur grosse tête avec chaque extrémité de l’os corné, mais en outre cette têle a une facette particulière au moyen de laquelle elle s’unit avec un des ‘osselets qui: appartiennent aux grandes ailes, articulation dont je parlerai dans la suite.

Pour peu qu’on réfléchisse sur la forme et le peu d’épaisseur de los corné, sur la place qu’il occupe dans la

(1) Voyez la pl. I et la pl. II fg. 2.

PAR M. JURINE. 13

cavité thorachique , sur son articulation avec les deux Aumérus , et enfin sur ses attaches absolument musculaires , il est impossible de ne pas les envisager comme deux ‘omoplates réunies l’une à l’autre , réunion qui devenait indispensable chez ces animaux , pour égaliser les mouvemens de leurs deux ailes antérieures , et les rendre symétiques en les soumettant à l’action d’un seul os; ce qui n'aurait pas eu lieu d’une manière aussi exacte, si cet os eût élé séparé en deux parties.

Lorsqu'on a enlevé à un Hyménoptère, récemment tué, la plaque thorachique , on voit l’intérieur de la poitrine rempli d’une substance charnue d’un jaune rougeûtre, composée de fibres très-distinctes, qui supérieurement s’implantent à toute cette plaque thorachique , inférieurement dans les cavités latérales de la poitrine, et postérieurement à l’os corné (1). On remarque de plus que cette masse charnue n’est composée que de trois! gros faisceaux de fibres ; dont deux sont latéraux et le troisième intermédiaire. Les fibres des deux faisceaux latéraux ont une direction verticale; elles: s’attachent supérieurement aux deux ‘côtés de la plaque thorachique , et inférieurement à la-partie externe des deux cavités latérales de la poitrine, au lieu quescelles du: faisceau, intermédiaire ‘s’implantent toutes dans la face concave du corps de l'os ’corné ; de-là

Page 1