G OBSERVATIONS
y reconnaît aussi un tube digestif recourbé en l'orme d'anse sous le thorax; enfin, l'ouverture buccale se montre plus tard, et la forme générale du jeune animal se rapproche de plus en plus de celle de l'adulte. 11 se produit donc ainsi, par bourgeon, un nouvel individu qui tient à celui dont il naît, par un prolongement radiciforme de la tunique tégumentaire, et qui, pendant les premiers temps de sa vie, avait avec sa mère une circulation commune, mais qui jouit ensuite d'une vie indépendante. Alors il peut rester encore en connexion avec l'individu dont il provient, par l'intermédiaire de ses racines, ou bien devenir complètement libre parla rupture de ces filaments grêles, sans que du reste rien d'important soit changé dans son mode d'existence.
Dans une autre espèce de Claveline, assez voisine de la précédente (i), j'ai observé la formation de bourgeons reproducteurs et de jeunes individus , non-seulement à l'aide de ces sortes de stolons radiciformes dont il vient d'être question, mais aussi sur la paroi même du corps de lanimal adulte, comme on peut le voir dans la figure 3 de la planche -2.
Ces observations montrent que chez les Clavelines le mode de développement est essentiellement le même que chez les Ascidies composées, et la seule différence importante qui distingue ces espèces entre elles, tient à ce que chez les premières le tissu tégumentaire des jeunes ne se développe pas autant que chez les dernières, et ne se soude pas avec celui des adultes dans leurs points de contact: d'où il résulte que les indi-
(ij La Claveline allongée.
vidiis provenant d'une même souche restent isolés dans toute leur longueur, au lieu d'être réunis en une masse connnune. Enfin, chez les Péropbores, que j'ai eu fréquemment l'occasion d'étudier sur les côtes de la Manciie , la multiplication par bourgeons est également facile à constater, et ici les connexions intimes qui chez les Clavelines réunissent entre eux les individus d'un même groupe pendant le jeune âge seulement, persistent pendant toute la vie ; car, ainsi que M. Lister l'a très-bien observé, ces petits êtres sont toujours réunis par grappes sur une tige radiciforme commune, et le sang qui circule dans l'un de ces animaux descend par son pédoncule dans cette tige et pénètre ainsi jusque dans l'individu suivant, de sorte qu'il existe chez ces Ascidies une circulation commune ayant autant de centres particuliers et d'organes moteurs qu'il y a d'animaux provenant d'une même souche.