‹ Observations sur les attaques dirigées contre le spiritualismeChapitre 4 sur 6 · DONC JE SUIS UN ETRE PENSANT · texte numérisé non relu

DONC JE SUIS UN ETRE PENSANT

Nous sommes arrivés à la cinquième proposition : Nos sensations , nos perceptions , nos idées, ne sont que de la matière nerveuse dans un certain mode d’ excitation. Notre réponse est dans l’article précédent, et, par surérogation, nous renvoyons, page 196 du Problème de V esprit humain , où nous examinons le système des idées corporelles de M. Azaïs. On y verra sans peine que de telles opinions ne sont pas prouvées

(1) Dans conscience est le mot science.

(2) Dans sentir il n’y a point pensée.

d’une manière invincible , quoi qu’en ait dit M. Broussais.

Je me proposais en commençant, de suivre notre savant professeur dans ce qu’il dit des créations et des opérations du principe intelligent humain, du moi instinctif (i) , qui réside dans les viscères inférieurs ; du moi intellectuel qui siège dans le cerveau; de la réflexion, de l’attention, de la comparaison, du jugement, du raisonnement, de l’induction : mais, outre que j’en ai traité en divers endroits de mes ouvrages, et que je me propose d’y revenir dans un Traité élémentaire de philosophie psycho-physiologique , qui ne tardera pas à paraître , j’ai senti qu’il fallait savoir s’arrêter, et ne pas avoir l’air de se défier de l’intelligence du lecteur; que je pouvais bien ajouter au nombre, mais non à la valeur et au poids de mes raisons; et qu’il ne me restait point de moyen de persuader celui qui

(i) « Si l’homme acquiert un surcroît de faculté intellectuelle, « il reçoit une ampliation de faculté instinctive. » (De l’Irritation, page 107.) M. Broussais, qui est d’ordinaire exact observateur, nous semble ici en défaut : l’intelligence ne se développe qu’aux dépens de l’instinct. Chacun connaît l’immense supériorité des facultés instinctives des sauvages sur celles des peuples civilisés.

ne l’a point été par ce qui précède. Je finis donc par un très-court article , dont l’effet est tout moral, et n’en est peut-être par là que mieux en droit de prouver; mais j’ai auparavant quelques mots à dire sur le second titre que M. Broussais a donné à son livre.

Ce second titre est : Rapports du physique et du moral. Pour M. Broussais , le physique est , avec raison , notre corps et spécialement le cerveau; pour lui , le moral est encore le cerveau, et ses produits, suivant lui, matériels; quant aux rapports, il n’en est pas dit un seul mot dans les cinq cent quatre-vingt-dix pages qui composent son ouvrage. Il ne faut pas s’en étonner : dans ce mot rapports est le nœud du problème philosophique; et, d’ailleurs, entre le physique et le moral, tels que l’auteur les entend , entre la matière et la matière , le cerveau et le cerveau, il ne peut y avoir rapport, il n’y a qu’identité.

Conséquences de la philosophie purement

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