‹ Observations sur les bulbes des lis (volume 2)Chapitre 6 sur 9 · IDUdHIAUR'TERE · texte numérisé non relu

IDUdHIAUR'TERE

fonction de nourrir momentanément la jeune plante quand la faculté absorbante de fa radicule commence à décroitre notablement et avant qu'aient commencé de se produire à la base de l’oignon lui-même les racines définitives. On voit en effet, par la figure 26 et surtout par la coupe longitudinale 26 À, que les trois seules radicelles que possède, outre son pivot, le jeune pied figuré, ont pris toutes également naissance à la base de l'oignon et ne sont donc bien réellement que des racines défi- nitives.

Cette différence tranchée dans la marche du développement des jeunes pieds chez les Lilium giganteum Wall. et cordifolium Thunb. est, à mes veux, un caractère distinctif de la plus grande valeur, qui, joint aux diverses particularités déjà mises en relief plus haut, me semble rendre entièrement madmissible la réunion de ces deux plantes.

Quant à l’organisation du petit oignon du Lilium cordifolium à sa deuxième année, le plus jeune que j'ai pu examiner pour cette espèce, elle rappelle à peu près entièrement celle que J'ai signalée chez le L. giganteum de même âge. On sera frappé de la ressemblance entre les deux si l’on compare la figure 25, pour le premier, avec les figures 26, 26 À, pour le second. Dans l’une et l’autre, si ct est la gaine cotylédonaire encore fraiche et turgescente, elle embrasse des écailles nourricières quelque peu prolongées vers le haut en lames foliacées, qui entourent le bas du pétiole de la feuille normale (/); il y a trois écailles nourricières (a',a",a", fig. 25) dans le jeune pied de L. giganteum, tandis qu’on n’en voit que deux (a', a", fig. 26, 26 À) dans celui du L. cordifolium; mais j'ai peine à croire que cette différence de nombre soit absolue; d’ailleurs n'ayant eu sous les veux, pour cette espèce, que deux pieds de même âge, je n’oserai rien affirmer à cet égard, bien qu'ils fussent entièrement semblables entre eux.

À la base même du pétiole de l'unique feuille normale (7), et au sommet de l'axe, existait l’ébauche d’un second organe foliaire (f) ; l’analogie, appuyée d’ailleurs par l’état de cet organe naissant, me porte à penser que c'était là l’ébauche de la pre-

OBSERVATIONS SUR LES BULBES DES LIS. 47 mière d’entre les écailles nourricières qui devaient se produire pendant la deuxième période végétative. Cette détermination est confirmée par l’examen de la figure 27. Celle-ci représente un jeune pied que j'avais planté au printemps de 1873, à l’âge et dans l'état de celui que reproduit la figure 26, et qui, ayant végété avec vigueur pendant toute la belle saison, était arrivé à former l’oignon que représente cette figure. Sa feuille normale avait pris un développement remarquable, mais elle était restée unique. La base de son pétiole s'était fortement épaissie pendant ce temps, de manière à constituer finalement la plus grande partie du volume de ce jeune oignon. Elle était embrassée extérieurement par la plus interne des écailles nourricières antérieures (4', «') devenue mince, sèche et plus ou moins déchirée; elle embrassait à son tour, dans la cavité de sa gaine, une nouvelle écaille nourricière (4) qui n'avait pas même dégagé sa sommité, et qui sans doute enveloppait, de son côté, d’autres écailles plus jeunes ; mais je n'ai pas cru, vu l'extrème rareté de cette espèce, devoir sacrifier espérance de voir cette jeune bulbe arriver plus tard à l’état adulte, et cela dans le seul but de constater un fait aussi secondaire que le nombre des écailles nourricières qui peuvent être produites pendant la deuxième année.

Oignon adulte et caieu du Lilum cordifolium Thunb. — J'ai dit, au commencement de cette note, que, parmi 13 oignons de Lis japonais qui n'avaient été généreusement donnés, l'hiver dernier, par M"° veuve Kraetzer, 1l s’en est trouvé un inscrit sous le nom d’'Ouba-youri ou juri, que porte, au Japon, le Lilium cordifoliun Thunb. Au printemps de 1873, cet oignon, qui paraissait en bon état, a produit une touffe de six feuilles cordiformes, mais plus petites que celles du L. cordifolium type, moins lisses à leur surface, et plus profondément échancrées en cœur à leur base. Serait-ce là une variété de l’espèce, ou bien ces différences tiendraient-elles à ce que cette plante, ayant souffert pendant le transport du Japon à Paris, la végétation en aurait été plus ou monis altérée ? Cetté dernière supposition me semble la plus probable, pour deux motifs : 1° Une bulbe

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semblable et de la même origine ayant été cultivée dans une serre tempérée du Luxembourg, avec le som et habileté qu'on pouvait attendre des excellents jardiniers de ce grand établissement de l'Etat, a été la seule qui ait péri sur vingt-six d'espèces et variétés différentes. 2° L’échantillon qui m'avait été donné, ayant été tenu en pot, en plem air, dans mon jardin, à Meudon, a commencé à montrer, à la fin de l'été, les préludes de sa floraison. Transporté à Paris, et placé dans une serre tempérée, au Luxembourg, 1l était devenu, au commencement de décembre 1873, tel que le représente tout entier, et de grandeur naturelle, la figure 28. Il avait produit une tige et une fleur tout à fait rabougries et monstrueuses.

Cette tige terminale ne dépassait pas 4-5 centimètres de loneueur totale. Elle ne portait qu'un petit nombre de feuilles très-réduites et linéaires. Enfin elle se terminait par un pistl peu développé, mais offrant un ovaire à nombreux ovules en deux files par loge, un style et un stigmate distincts qu’entouraient plusieurs folioles vertes, linéaires, produites par une transformation foliacée de l'androcée et du périanthe.

Je n’ose formuler aucune conclusion, quant aux caractères de l'oignon adulte et normal du Zalium cordifolium, en me basant sur l’état dans lequel j'ai trouvé les parties constitutives de celui qui a produit une pareille monstruosité ; je me bornerai donc à faire observer qu'il était incomparablement plus petit que la bulbe adulte du Lilium giganteum ; que ses six écailles externes, au sommet desquelles se trouvaient, soit une cicatrice laissée par la destruction des feuilles en cœur (4, 3), soit mème quelques restes du pétiole de ces feuilles (1, 2, 6), étaient de couleur plus claire, jaune brunâtre et non brunes dans leur portion supérieure, beaucoup moins épaisses, et plus allongées, relativement à leur largeur. La comparaison de la figure 28 avec la figure 8 fait ressortir nettement ces différences. J'ajouterai que trois des écailles nourricières (ai, aï, am) se montrent, sur la figure, prolongées supérieurement en une lame mince, lancéolée, très-aiguë, c'est-à-dire différente, pour la forme, de celle qui résulte du développement des écailles correspondantes chez

OBSERVATIONS SUR LES PULBES DES LIS. 49 le Lilium gigantenn (voy. at, av, at, av, av, fig. 8). Je me borne à signaler ces particularités sans y insister.

À la base de l'oignon j'ai trouvé, en le retirant de terre pour l'examiner et le dessiner, le caïeu que représente la figure 29. Évidemment il offre une différence prononcée avec ceux que produit de même le L. giganteum, tel, par exemple, que le sujet de la figure 6, et cela, soit quant à ses dimensions, soit quant à la dissemblance des écailles externes (4, 2, fig. 6; 1,9, fig. 29) ; mais, comme pour l'oignon même qui lui avait donné naissance, je me borne à Imdiquer cette différence, sans y insister, n'étant nullement certain que ce fût là un état normal.

Au total, et bien que mes observations sur le Lilium cordifolium Thunb. aient été fort incomplètes, faute de matériaux, je crois que tout montre, dans cette plante japonaise, contrairement à la première opinion de M. J.-G. Baker, un type spéeifique distinct du L. giganteum Wall., et non pas une simple sous-espèce d’un type dans lequel ce dermier rentrerait au même titre.

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