‹ Observations sur les bulbes des lis (volume 2)Chapitre 5 sur 9 · CURE TH TAN LUN LI DE · texte numérisé non relu

CURE TH TAN LUN LI DE

masse atbumineuse (al, fig. 13B), dont une lame mince couvre son extrémité radiculaire ; mais, dans quelques cas aussi, 1l s’est montré placé comme sur la figure 43 À, par conséquent fort rapproché du bord externe ou demi-cireulaire de l’albumen.

L'embryon (fig. 13 C) est très-petit, ovoïde, avec le bout radiculaire (7) un peu pointu, et lextrémité du cotylédon (ct) trèsobtuse, presque tronquée. Il est faiblement arqué dans sa longueur, et comprimé dans le même sens (e, fig. 13) que la graine entière. La gemmule (g) y est située un peu au-dessus du milieu de la longueur totale, montrant ainsi que le cotylédon (de g en et) est un peu plus court que la portion axile (de y en r).

Si l'on compare cette description et les figures 13, 13 A, 13 B, 13 GC de la graine du Zalium giganteum Wall. avec la description et les figures données par Gærtner de la grame du L. cordifolium Thunb. (Gærtner, De Fruct., H, p. 484, tab. cLxxIx, sub nom. Hemerocallis cordata), on remarquera entre les deux une très-grande ressemblance, en mème temps que deux différences que je erois ne pouvoir tenir qu'à une inexactitude du dessinateur parfaitement explicable à l’époque déjaéloignée (1791) à laquelle le deuxième volume de l'ouvrage du célèbre carpologiste allemand à vu le Jour. La première différence est offerte par le canal micropylaire, que quatre figures de Gærtner, en & et b, représentent comme une simple ligne très-fine ; la seconde et la plus saillante résulte de la direction et de la terminaison données au raphé, qui, d’après le texte et les figures, viendrait aboutir au-dessous du milieu du bord droit du noyau, soit pour s’y terminer (fig. D, 1. c.), soit pour s’en écarter ensuite en décrivant vers l'extérieur un arc, même fortement prolongé (sur la figure supérieure à droite, en 4) (L). J'aieutoutrécemmentoecasion d'observer une certaine quantité de graines de L. cordifolium Thunb., que j'ai dues à M. À. Rivière, à qui M. Sisley fils venait de les envoyer du Japon. Jai

(1) Le texte de Gaertner dit, dans la description de la graine : « Margo tenuis- » simus, latissimus, membranaceus, aureo splendens, transparens, a basi versus » nucleum duabus lineis opacis notatus, quarum altera à funiculo umbilicali » rectiuscula, altera vero sigmoidea, et ad albuminis latus flexa. » ARTICLE N° 9.

reconnu ainsi que le raphé s’y termine bien en ligne droite, comme chez le L. giganteum, et non pas en arc, comme lindiquent les figures de Grtner. J'ai remarqué aussi dans ces graines quelques faibles différences qui permettent de les disünguer de celles du Lis gigantesque : 4° l'aile est plus grande, surtout relativement au noyau, dont toutes les dimensions sont sensiblement moindres (1); 2° la partie de Paile qui encadre le bord convexe du noyau est beaucoup plus large que celle qui en longe fe bord rectiligne (dans la proportion de 5 millimètres et demi à 3 et demi).

Germination et premier développement du Lillum giganteum. — La germination s'opère, chez le Lilium qiyanteum Wall., comme chez la plupart des Lis, avec beaucoup d’inégalité. Dans deux terrines où le semis de nombreuses graines de cette espèce avait été fait au Luxembourg pendant l'hiver, aussitôt après que le fruit eut atteint sa complète maturité, on a vu le plus grand nombre des germinations se faire au printemps suivant, même pendant l'été et jusqu’au commencement de automne; les autres graines n’ont levé que la seconde année, et ont ainsi laissé jusqu'à dix-huit mois entre le moment du semis et celui de la germination.

Le premier changement subi par la graine germante consiste dans l’allongement de l'embryon, qui se rapproche en même temps du bord demi-cireulaire du noyau. Cet allongement porte essentiellement, comme chez un grand nombre de Monocotvylédones, sur le cotylédon ; il a le double effet d’en reporter la base en dehors du spermoderme, et de lui faire occuper une place beaucoup plus considérable au milieu de la substance de l’albumen. La portion du cotylédon ainsi allongé qui reste enfermée dans la cavité du tégument séminal, étant bientôt plus longue que le plus grand diamètre de cette cavité, prend une forte courbure, et constitue finalement une demi-circonférence

(1) Le noyau a 6 millimètres de longueur sur 4 millimètres de largeur chez le L. gganteum ; 5 millimètres sur 3, chez le L. cordifolium, dans des graines longues de 0",012 et à fort peu près aussi larges chez la première de ces espèces, longues de 0",0145 et larges de 0",0125 chez la dernière.

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parallèle à celle du bord spermodermique lui-même et presque adjacente à celui-ci. La figure 14 montre une germination entière très-Jeune, dans laquelle la portion incluse du cotylédon est arrivée à l’état que je viens d'indiquer. Comme cette portion incluse du cotylédon a gagné en épaisseur ainsi qu'en longueur, et qu’en même temps la substance de l’albumen a été presque entièrement absorbée pour servir à ce premier accroissement de l’embryon, ilen résulte que lenoyau (») de cette graine pré- : sente, sur chacune de ses deux grandes faces, une forte proéminence en demi-cercle (c{), due à ce que le spermoderme se moule sur le limbe élargi du cotylédon qu'il couvre entièrement. Pendant ce temps, l'aile de la graine, plus ou moins désorganisée, s’est détachée du noyau, qui est resté seul.

L’extrémité radiculaire, la tigelle et la portion inférieure du cotylédon se sont fait jour en même temps à travers la base du canal micropylaire ; la gemmule (g) s’est ainsi trouvée reportée en dehors de la graine ; enfin, la radicule s’allongeant elle-même, l’ensemble de la petite plante naissante est bientôt arrivé à l’état que représente la figure 14.

Dans cet état très-jeune, la portion incluse du cotylédon est un peu plus longue que sa portion inférieure émergée ; mais l'accroissement basifuge amène bientôt un renversement dans ces proportions relatives ; la radicule s’allonge quelque peu en mème temps, et la jeune plante ne tarde pas à devenir telle que la montre la figure 15. Alors son cotylédon déjà long (cé, fig. 15), n'a plus que son extrémité coiffée par le spermoderme (#), et, au delà de son milieu, 1l forme un crochet brusque dont l’effet est d'en reporter vers le bas l’extrémité incluse. Au niveau de la gemmule (4) 11 n'existe pas encore de renflement appréciable. Enfin, après un court espace de temps, le crochet s'ouvre notablement, le tégument séminal tombe, et la jeune plante s'offre aux yeux telle que la montre la figure 16.

Dans cet état, la radicule présente déjà quelquefois (comme dans l'exemple figuré) un commencement de ramification ; le cotylédon laisse distinguer, au premier coup d’œil, sa portion inférieure, vaginale et pétioluire (et), blanchâtre, cylindrique,

et son limbe (ef) vert, linéaire-lancéolé, aigu au sommet, aplati mais encore épais, comme on le voit par sa coupe transversale (fig. 16 À) ; enfin, à un peu plus d’un millimètre de hauteur au-dessus du collet qu'indique un changement de couleur, on remarque, même à l'œil nu, un léger épaississement (7) qui correspond à la place occupée par la gemmule. La portion cylindrique qui se trouve entre la base de la radicule et la gemmule est la tigelle ou l'axe hypocotylé.

Le point le plus important à examiner dans ce très-jeune pied de Lilium giganteum Wall. est relatif à la gemmule et aux parties adjacentes. Au devant d'elle se trouve la fente gemmulaire, très-peu apparente, que montre, vue de face, la figure 16 B. Elle correspond à un léger épaississement de l'axe, dont on a une idée en comparant la coupe transversale menée un peu plus bas (16 C) à celle (16 D) qui à été menée par cette fente même. En outre, ces mêmes figures montrent que la fente ne forme en réalité, à l'extérieur, qu'une simple fossette, ses deux bords arrondis se trouvant en contact l’un avec l'autre. C’est au fond de cette même fente que correspond le mamelon sgemmulaire (g) représenté en place sur la figure 16 E, après qu'un léger tiraillement à eu un peu écarté les deux bords qui le cachaient entièrement en s'appliquant sur lui.

Une fois que le cotylédon s’est tout à fait dégagé du tégument séminal , il s’accroit fortement ; son limbe participe surtout à cette croissance qui en augmente rapidement la longueur et beaucoup moins la largeur (fig. 17 B). Au contraire, la radicule croit très-peu où même pas du tout ; elle brunit plus ou moins, et montre par là qu’elle n’a plus qu’une assez faible énergie vitale. La jeune plante arrive ainsi à l’état que représentent les figures 17 et 18. Elle est alors parvenue à la seconde période de son développement, pour laquelle des caractères très-nets résultent, d’un côté, de la première apparition d’une ou deux racines adventives au bas de la tigelle, de l’autre, de la première indication d’un oignon naissant.

La première formation de racines adventives est toujours fort limitée, ce qui s'explique parce que ces organes seront unique-

31 2, DUCHARTERE.

ment transitoires et n'auront même qu'une courte durée. Je n'ai jamais vu qu'un, ou plus rarement deux de ces organes que je pourrais nommer racines adventives primordiales, ou de première génération. La figure 18 représente le cas Le plus fréquent, celui des jeunes plantes à une seule racine adventive primordiale ('); la figure 17 en montre, de grandeur naturelle, un pied à deux racines opposées (7° 7"). Ge que ces organes offrent de plus remarquable, c’est la situation constamment la même où ils naissent ; toujours, en effet, ils apparaissent immédiatement au-dessus du collet («, fig. 18), c’est-à-dire qu'ils naissent de la base même de la tigelle ou axe hypocotylé. à

Quant à la première indication d’un oignon qui est déjà trèsappréciable à l'œil nu (g, fig. 17), elle coincide avec un avancement notable dans la formation de la gemmule, et elle résulte essentiellement de la croissance rapide en épaisseur que commence à prendre la gaine cotylédonaire. Les deux coupes transversales menées à travers la jeune plante qui a fournila figure 18, comparées entre elles, montrent : 1° que si la tigelle, dont l'extrémité supérieure a donné la coupe reproduite par la figure 18 À, est surmontée presque brusquement d’une bulbe naissante, cela tient à ce que la base du cotylédon ou sa portion vaginale, tout en élargissant ses deux bords (b, b), qui se sont superposés pour fermer exactement la cavité où est enfermée la semmule, à surtout fortement épaissi tout le reste de sa substance et est devenue ainsi le renflement prononcé qui constitue la bulbe naissante ; 2 la figure 48 B offre, dans la petite cavité qu'entourent les bords superposés de la gaine cotylédonaire, la coupe transversale d’une petite feuille bien formée (/), opposée au cotylédon lui-même et profondément canaliculée à sa face supérieure, qui regarde celui-ci.

Cette seconde période du développement des jeunes pieds de Lilium qgiganteum est suivie d’une troisième tout aussi nettement caractérisée par l'apparition d’un second ordre de racines adventives issues de la base même de loignon naissant. Gette troisième et dernière période comprendra toute la suite de l'existence de la plante et de la formation de sa bulbe.

OBSERVATIONS SUR LES BULBES DES LIS. 30 Il est essentiel de bien préciser la nature de cette base du jeune oignon. J’ai dit un peu plus haut que le petit renflement qui constitue celui-ci est essentiellement formé par la gaine cotylédonaire épaissie ; mais cette gaine elle-mème repose sur l'extrémité supérieure de la tigellé ou axe hypocotylé, qui s’est notablement élargie pour la porter, et qui se continue directement avec elle. Cette dilatation de laxe est et sera le support commun de toutes les formations foliaires qui se produiront successivement pour constituer une bulbe de plus en plus volumineuse ; elle est le commencement même de l'axe fondamental vulgairement nommé plateau de l'oignon, ou nueux encore, elle est cet axe lui-même jeune et peu développé en raison de sa jeunesse. C’est du bas de cette portion supérieure et dilatée de l'axe que naissent les premières racines adventives de deuxième génération qu'on peut qualifier de définitives, puisque toutes celles qu'aura désormais la plante seront du mème ordre et naîtront également de l'axe fondamental, de plus en plus haut sur celui-ci, d'après la marche normale du développement chez les Monocotylédones.

Les figures 19 et 19 À montrent un jeune pied de Zilium giganteum au début de sa troisième période, lorsque commence à se développer sa première race adventive de deuxième génération (7”). La figure 19 est spécialement destinée à présenter simultanément les trois générations successives de racines que réunit ce très-jeune individu. On y voit en effet : 1° la radicule (r) encore entière, mais brunie et visiblement racornie ; 2° la racine adventive passagère (7) ou de première génération, qui était née au bas de la tigelle, et qui, dans cet exemple, s'était peu allongée ; 3° la première racine adventive de deuxième génération (7), encore presque naissante et ne faisant que faiblement saillie. Le point duquel sort celle-ci n’est ni symétrique, relativement au jeune oignon, ni toujours le mème. Dans le sujet représenté par la figure 19, on voit, en 19 À, que ce point se trouve du côté qu'occupe la fente cotylédonaire, mais qu’il est rejeté asymétriquement un peu vers la gauche ; ailleurs il est encore plus asymétrique. Même la première racine défini-

36 P. DUCHARTRE.

tive peut naître du côté opposé à la fente cotylédonaire, c’est-àdire au bas du dos du cotylédon, comme on le voit sur la figure 19 FH, qui a été fournie par un autre pied du même âge, ou tant soit peu plus jeune que le sujet des figures 19 et 19 A.

La figure 49 H fait voir, sur une coupe longitudinale du même jeune pied, qu'à l’intérieur de la partie supérieure et dilatée de la tigelle, le faisceau fibro-vasculaire central, qui est encore unique, se divise en deux branches très-inégales, dont la plus forte se porte (à droite) dans le cotylédon (ct), tandis que. la plus courte et la plus faible reste axile et se rend vers la première feuille (/"), encore unique, fort jeune et complétement enfermée dans la gaine cotylédonaire. Gette ramification est, en réalité, la continuation directe du faisceau de la tigelle, c’est-àdire le tronc fibro-vasculaire qui donnera successivement autant de rameaux qu'il naitra de feuilles au sommet de l'axe, comme on peut le voir déjà sur la figure 20 À, dans laquelle, à une seconde feuille /?, se rend un second rameau fibro-vasculaire.

La série des coupes transversales 19 B, 19 CG, 19 D, 19E, 419 F,19 G, est destinée à faire connaître, comparativement avec la coupe longitudinale 19 FH, l’organisation de oignon naissant à l’origine même de la troisième période du développement de la jeune plante. On voit (fig. 19 B) que la tigelle est rigoureusement cylindrique, et qu’elle présente, à son centre, un seul faisceau fibro-vasculaire. Tout le reste du tissu de cette tigelle est cellulaire, et les cellules à parois minces, mtimement unies, dont il est composé, ont leur maximum de largeur vers le milieu du rayon de la coupe transversale. Le diamètre de cette jeune tige est de 0",001. Dès le niveau où prend naissance la jeune racine (7", fig. 19 G), ce diamètre augmente sensiblement ; tout au bas de la fente cotylédonaire, là où elle se prolonge en un simple sillon superficiel (fig. 19 D), il a presque doublé, et 1l ne lui reste plus qu'à augmenter encore faiblement un peu plus haut.

La gemmule n’a produit encore qu’une seule feuille (7”) fort petite, puisqu'elle n’a au plus que 0",001 de longueur totale,

opposée au cotylédon et entièrement cachée par les bords dilatés ARTICLE NC 3.

OBSERVATIONS SUR LES BULBES DES LIS. 37 de la gaîne de celui-ci, qui, pour cela, se superposent l’un à l’autre (fig. 19 E, 19 F, 19 G). Cette première feuille de la jeune plante se dégage obliquement de l'axe ; aussi, comme on le voit par les figures 19 F, 19 E, sa face dorsale est-elle déjà tout à fait hbre à un niveau où sa face interne ou ventrale est encore continue avec le tissu de l'axe. La gouttière profonde dont est creusée sa face interne (fig. 19 E, 19 H, 19 D) n’atteint pas son sommet (fig. 19 G).

Dès l'instant où une racine adventive est née de la base du Jeune oignon, la nutrition de la jeune plante commence à reposer essentiellement, puis bientôt exclusivement sur elle ; aussi prend-elle un accroissement rapide, tandis que non-seulement la radicule, mais encore la racine adventive née au bas de ‘la tigelle brunissent, se racornissent, c’est-à-dire tendent à se détruire. C’est ce que montre la figure 20. En outre, pendant le même temps, il est né de l'axe une nouvelle feuille (/*, fig. 20 A) qui se trouve cachée au fond de la gaine de la première. Gelle-er (f") elle-même a grandi et a même dessmé un faible rudiment cylindrique de limbe à l'extrémité de sa longue portion inférieure qui constitue une gaine bien caractérisée ; néanmoins elle n’atteint pas encore le haut de la cavité circonserite par la gaine cotylédonaire, et, par suite, rien au dehors n’en indique l'existence.

Il faut encore un nouveau progrès dans le développement de la jeune plante pour que le sommet de cette première feuille commence à se montrer au dehors (fig. 21, 21 À, 21 B), ct alors le petit oignon qui la renferme a déjà suffisamment grossi pour former un renflement basilare très-notable et blanc. Ses dimensions, pour le sujet que représente, de grandeur naturelle, la figure 21, étaient de 0",007 de hauteur sur 0",005 environ d'épaisseur maximum. Sur ce même individu, une deuxième racine adventive était née à la base du petit oignon ; la première feuille (f") s'était accrue sensiblement, mais la deuxième (/*) n'avait eu qu'une croissance à peine appréciable.

L'état le plus avancé que j'aie pu observer pendant la première année de la végétation du Lilium giganteum Wall. est

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celui que représente, de grandeur naturelle, la figure 22, La seule différence qu’on remarque, à lextérieur, sur le Jeune pied que reproduit cette figure, quand on le compare avec le sujet de la figure 21, c’est que son petit oignon a grossi en tous sens, s’est principalement renflé (0",008 de longueur sur 0,004 d’épaisseur). C’est surtout que la première feuille (/*) y fait fortement saillie au dehors de l’ouverture de la gaine cotylédonaire: Le progrès a été tout aussi marqué imtérieurement, et une coupe longitudinale (fig. 22 B) montre qu'il s’y est produit une troisième feuille (/*), enfermée dans la gaine de la seconde (f”), comme celle-ci l'était, à son tour, dans la gaine de la prenière (/'). Néanmoins 1l n'existe, en général, qu’une seule racine adventive {r”), née de la base du petit oignon; la tigelle (6) existe encore, de même que la radicule (7) et la racine adventive de première génération (r'); mais ces deux derniers organes sont morts, plus ou moins secs, et ne peuvent tarder à disparaitre.

La végétation du Lilium giganteum, pendant la première année, ne donne pas, que je sache, d’autres parties que celles que je viens d'indiquer. À la fin de cette période, la Jeune plante ne montre, hors du sol, que le cotylédon développé en longue feuille séminale, avec son limbe vert, linéaire-lancéolé (ef, fig. 22) et son long prolongement pétiolaire cylindrique (ct), de couleur plus pâle et blanchâtre. Aussi les personnes qui ont fait germer cette espèce de Lis m'ont-elles affirmé que cette espèce ne donne, pendant la première année, qu’une seule feuille entièrement différente, par son limbe long et fort étroit, de celles qui se montreront plus tard. Cette feuille, unique en apparence, à limbe long et linéaire, est la feuille séminale. Mas on vient de voir qu'il se produit, en réalité, trois feuilles (outre la feuille séminale) pendant cette première année; seulement on à vu aussi que, de ces organes, un seul montre son extrémité en saillie hors du jeune oignon, sans s’élever hors de terre, et que les deux autres sont cachés dans la cavité que forme la gaine du premier ; 1l n’est donc nullement étonnant qu'ils soient

tous les trois restés inaperçus. Une autre particularité qui peut ARTICLE N° 3,

OBSERVATIONS SUR LES BULBES DES LIS. 39 faire méconnaître ces trois organes foliaires, c’est qu'ils ne verdissent pas, restent épais, creusés profondément en gouttière ; en un mot, qu'ils constituent l’analogue de trois écailles nourricières. L'année même de la germination a donc pour unique effet de développer le cotylédon en feuille séminale et d'amener la production de trois écailles nourricières. Dès lors celles-ci précèdent toute formation de feuilles normales.

Examiné après la reprise de sa végétation, dans la deuxième année de son existence, le jeune Lilium giganteum offre des différences notables, comparativement à la constitution qu’il nous a montrée à la fin de sa première année. Ces différences sont les suivantes : 1° La radicule, la tigelle, et par conséquent la ou les racines adventives qui s'étaient produites à la base de celle-ci, ont complétement disparu : c’est ce qu’on peut voir sur la série des figures 23, 23 À, 24,24 À,24B et 25, quireprésentent trois jeunes individus arrivés à leur seconde année et de forces inégales. 2% L’axe présente, à son extrémité inférieure, une troncature qui est la conséquence naturelle de la destruction de la tigelle dans toute l'étendue de sa portion libre et cylindrique. Sa portion qui a seule persisté est celle que nous avons déjà vue élargie de manière à servir de base commune à l’épaisse gaine du cotylédon, ainsi qu'aux trois petites formations foliaires sans limbe emboitées l’une dans l’autre, ou premières écailles nourricières, à la formation successive desquelles nous avons assisté. Cette troncature inférieure de l'axe est visible, en @, sur les figures 23 À, 24 A. Nous savons déjà que désormais cette troncature deviendra de plus en plus large, l'axe fondamental prenant d'autant plus d'épaisseur que la bulbe elle-même s'accroitra davantage, et se désorganisant dans sa partie inférieure à mesure qu'il végète avec plus de force à son extrémité supérieure. Les figures 3, 8 A, DA, nous ont déjà montré divers degrés successifs de cette désorganisation, qui n'est du reste que la reproduction de ce qu’on voit habituellement chez les Monocotylédones. 3 La jeune plante développe, pendant sa seconde année, et pour la première fois, une feuille normale, pétiolée, pourvue d’un limbe qui est rarement ovale-lancéolé

40 P. DUCHARTRE.

(fig. 23), d'ordinaire nettement cordiforme (fig. 25). Sur de nombreux sujets, J'ai toujours vu cette feuille normale rester unique pendant la deuxième année (4). Son pétiole, canaliculé en dessus, est embrassé à sa base par les gaines incomplètes, plus ou moins charnues et blanchâtres dans leur portion inférieure, en général devenues foliacées et vertes dans leur portion supérieure (au moins l’interne), que forment les trois écailles nourricières de la première année. Enfin, celles-ci, à leur tour, sont embrassées par la gaine cotylédonaire (ct), qui, selon le moment de l’année où l’on considère la jeune plante, et aussi sans doute selon le plus ou moins de vigueur de celle-ci, se montre encore épaisse et charnue (cf, fig. 25) ou sèche et plus ou moins désorganisée (cf, fig. 23, 24). Il est bon de ne pas oublier que, pendant la première année, le Lilium giganteum n'avait pas développé de feuille normale, le limbe linéaire-lancéolé de la feuille séminale en ayant tenu lieu, jusqu’à un certain point.

Ainsi, dès la deuxième année, le jeune oignon est constitué comme nous avons vu qu'il l’est à l'état adulte, car son axe fondamental, tronqué inférieurement, produit, pendant cette deuxième période végétative, une feuille normale, et ensuite trois ou quatre organes foliaires imparfaits, qui restent à l’état d’écailles nourricières. Gette succession d'organes foliares, les uns normaux et complets, formés en premier lieu, pendant le premier et le plus énergique effort de la végétation, les autres incomplets ou constituant des écailles nourricières, formés plus tardivement que les premiers, se montrera désormais chaque année, sans autre différence que celle du nombre et des dimensions, qui, on le conçoit sans peine, iront en croissant graduellement jusqu'à ce que l'oignon soit parvenu à son état adulte. Enfin, dans la généralité des cas, la sixième année amènera la floraison de la plante et sa fructification, qui, ayant lieu sur une tige terminale, détermineront sa mort. Mais, nous savons aussi que des caïeux axillaires, s’étant produits quand la plante approchait de son état adulte, ont eu le temps de prendre force pen-

(1) De jeunes pieds analogues, qui m'ont été envoyés par M. Max Leichtlin

en 1875, m'ont présenté deux feuilles normales développées. ARTICLE N°

OBSERVATIONS SUR LES BULBES DES LIS. 4 dant la ou les dernières années de la croissance de l’oignon, et qu'ils survivront à celui-ci au nombre de 6-10, constituant pour elle un moyen de multiplication commode et un peu plus rapide que le semis.

Par là se trouvera complété le cycle de la végétation de la grande et belle espèce monocarpique à l’histoire de laquelle est particulièrement consacrée la présente note.

LILIUM CORDIFOLIUM Thunb.

Comme je l'ai dit plus haut, je n’ai eu relativement à cette espèce Japonaise, qui est d’une extrème rareté dans les jardins d'Europe, que des matériaux incomplets, dont j'ai dù la plus grande et la plus précieuse partie à mon excellent correspondant et ami, M. Max Leichthin, de Baden-Baden; néanmoins ces matériaux, tout incomplets qu'ils étaient, m'ont fourni une donnée qui me semble avoir de l’importance relativement à la spécification de cette espèce.

Le Lilium cordifolium a été signalé sous ce nom comme espèce distimcte et séparée par Thunberg, en 1794, dans le volume IT des Transactions de la Société Linnéenne de Londres (p. 332). Auparavant, dans son Flora japonica, ce botaniste l'avait mentionné sous le nom d’Hemerocallis cordata. Plus tard, en 1814, dans son mémoire intitulé : Examen Liliorum japonicorum, qui parut dans le volume TIT des Mémoires de l’Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg, ii donna une description médiocrement détaillée de cette même espèce qu'il s'était contenté de caractériser en la publiant, dix-sept années auparavant, par les seuls mots : € Folis cordatis. »

Le Lilium cordifolium Thunb. a été admis comme espèce légitime par tous les botanistes jusqu'à M. J.-G. Baker, qui, dans un travail important publié en 1871 etintitulé : À new Synopsis of all the known Lilies (Gard. Chronic., neuf articles : 28 janvier, 18 février, 15 avril, 3 juin, 15 juillet, 12 août, 9 septembre,1#4 octobre, #novembre et 23 décembre 1871), a réuni cette plante japonaise au L. giyanteum Wall, de l'Inde, comme

42 D. DUCHEANR'TERN.

simple sous-espèce, sous la dénomination commune de L, cordifolium Thunb. À ses yeux, cette espèce unique correspondrait aux deux sous-espèces : L. cordifolium, subsp. giganteum (L. giganteum Wall.), dont 11 a été question jusqu'à présent dans la présente note, et le L. cordifolium, subsp. cordifolium propre (L. cordifolium Thunb., Linn. Trans., W, p. 332), dont il s’agit en ce moment. Après avoir présenté comparativement (loc. eit., p. 479) le relevé des caractères par lesquels Kunth et Zuccarini distinguent l'espèce de l'Himalaya de celle du Japon, M. Baker ajoute : « En comparant les échantillons que » j'ai maintenant sous les yeux, je trouve que les feuilles et les » pétioles des deux se correspondent absolument chez l’une et » l’autre, tant sur le haut que sur le bas de la tige, et que le » sinus est arrondi au fond, tant dans la plante japonaise que » dans celle de l'Himalaya. D’après une note de M. Wilford, qui » se trouve dans l’herbier de Kew, la première atteint 3 ou À pieds (0",915-1",220) de hauteur. Les fleurs sont disposées » en grappe dans la plante du Japon tout comme dans celle de » l'Himalaya; elles arrivent au nombre de huit sur un échan- » tillon spontané que j'ai sous les yeux, et elles sont arrangées » et pédonculées absolument de la même manière. Je ne trouve non plus aucune différence dans les bractées. Je n'ait pas eu occasion de voir de bons exemplaires du fruit de la forme Japonaise, mais Je doute fort qu'il offre trois carènes nette- » ment marquées (4). La seule différence positive que je puisse » découvrir entre les deux consiste en ce que les segments du » périanthe de la forme japonaise sont uniformément plus » étroits, variant de 6 à 9 lignes (0",0195 à 0",019) de largeur dans leur portion la plus large, et en ce que les anthères y sont » plus courtes et plus épaisses. Les fleurs de la forme japonaise » que j'ai maintenant sous les yeux varient de # à 6 pouces » (0%,101 à 0",159) de longueur. Fexprime le vœu que quel- » qu’un élève, l’un à côté de l’autre, des pieds de la plante du

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(1) Ces trois carènes ou lignes longitudinales saillantes sont nettement indiquées sur la figure de la capsule du Lilium cordifolium Thunb, qui s° trouve dans le Flora japonica de Sichold et Zuccarini, pl. 13.

OBSERVATIONS SUR LES BULBES DES LIS. 43 » Japon et de celle de l'Himalaya, et nous dise ensuite quelles » sont les différences qu’il aura remarquées entre les deux dans » ces conditions. »

Au reste, bien qu'il eùt ainsi motivé sa manière de voir touchant laréunion des deux Lis dont'il s’agit en ce moment, et qu’il l'eût encore exprimée dans un travail en date de 1873 (A classified synonymic List of all the known Lilies, dans the Journ. of the Roy. Hort. Soc. of London, nou. série, IV, 1873, p. 40), M. Baker ne l’a pas moins abandonnée dans son dernier travail publié en 1874 (Revision of the Genera and Species of Tulipeæ dans {he Journ. of the Linn. Soc., Botany, XIX), dans lequel il est revenu à l'opinion de la généralité des botanistes.

Contrairement à l'opinion exposée par M. J.-G. Baker dans son Synopsis, j'ai la conviction qu'il existe entre le Liléwm giganteum Wall., de l'Himalaya, et le L. cordifolium Thunb., du Japon, avec une ressemblance générale, des différences de détail assez nombreuses et assez prononcées pour qu'on ne puisse voir dans ces deux plantes de simples formes d’un même type spécifique. Tel est aussi l'avis que m'a exprimé, dans une de ses lettres, M. Max Leichtlin, qui, dans son jardin situé d’abord à Carlsruhe, à fait ce que désirait le savant botaniste anglais, c'est-à-dire à cultivé simultanément ces deux Lis.

Ces deux plantes sont de taille différente, la tige du Lilium giganteum étant plus haute, assez souvent même deux fois plus élevée que celle du ZL. cordifolium; elle est aussi, on le conçoit sans peine, beaucoup plus épaisse. D'un autre côté, cette tige est plus abondamment, surtout plus régulièrement feuillée, les feuilles étant assez également réparties sur sa longueur et diminuant graduellement de dimensions en même temps que leur pétiole se raccoureit, à mesure qu’elles se trouvent plus haut; elles finissent ainsi par être sessiles et leur forme se modifie pour devenir ovale-lancéolée. Dans le L. cordifolium, au contraire, le bas de la tige reste nu sur une grande longueur, et plus haut se trouve un groupe de 3-4 grandes feuilles rapprochées presque en faux verticille, comme on le voit très-bien sur la planche 43, vol. I du Flora japonica de Siebold et Zuccarini :

1 P, DUCHART,.E.

il en résulte pour la plante entière un aspect tout différent de celui de la précédente. En outre les feuilles supérieures, en petit nombre, sont très-écartées, toujours en cœur et longuement pétiolées, quoique beaucoup plus petites que les autres; ajoutons que, tandis que les feuilles du Lilium giganteum sont d’un beau vert gai dès leur première apparition, soit sur la plante Jeune, soit quand elles sortent du bourgeon central, celles du L. cordifolium sont toujours cuivrées pendant leur jeunesse, grâce à la présence dans les cellules de leur épiderme d’un liquide rouge qui disparait plus tard. Les fleurs du L. cordifolium sont généralement moins nombreuses que celles du L. giganteum, moins ouvertes, avec les folioles du périanthe plus étroites; elles sont embrassées à leur base par une grande bractée ployée en nacelle et persistante, tandis que celles du Lis gigantesque sont pourvues de deux petites bractées linéaires, dont une est latérale; elles exhalent une odeur très-forte que M. Max Leichtlin m'a dit être absolument celle du Maxillaria Harrissonie Lidl. (Bifrenaria Harrissonie Reich. f.). Enfin, malgré le doute exprimé à ce sujet par M. J.-G. Baker, l'existence de trois lignes saillantes sur chaque valve de la capsule du L. cordifolèwm est trop formellement indiquée par le texte et la figure du Flora japonica de Sichold et Zuccarini pour qu'on ne doive pas y voir un caractère différentiel incontestable.

À ces marques distinctives qui me semblent autoriser © jà suffisamment la séparation des Lilium giganteum Wall. et L. cordifolium Thunb., l'observation de la plante jeune va me permettre d’en ajouter une autre d’une haute valeur.

Première formation de l'oignon du Lilium cordifolium Thunb. — Dans l’histoire que j'ai donnée du premier développement du Lilium giganteum, j'ai montré que cette plante produit successivement, pendant la première année de son existence : 1° une radicule qui prend peu d’accroissement, qui ne se ramifie pas ou à peu près pas, et qui devient promptement inactive pour se détruire à la fin de cette première période végétative ; 2° une tigelle cylindrique d’une longueur assez faible mais néanmoins très-appréciable (environ 3 millim.), au bas de laquelle

OBSERVATIONS SUR LES BULBES DES LIS. 45 on voit naître bientôt une ou deux radicelles temporaires ; 3° des racines de deuxième génération ou définitives, qui prennent leur origine à la base du jeune oignon. Jai montré aussi que la radicule, la tigelle (sauf sa portion supérieure élargie en axe fondamental auquel s’attachent toutes les parties du Jeune oignon) et la ou les radicelles de première génération ont complétement disparu quand commence la deuxième période végétative. Ces faits sont invariables et dès lors caractéristiques.

Rien de semblable n’a lieu chez le Lilium cordifolium. La comparaison des figures 29 et 26, qui représentent deux jeunes pieds de deuxième année, la première de la plante indienne, la seconde de la plante japonaise, suffit pour faire reconnaitre combien est grande la différence entre les deux espèces. En effet on voit par la figure 26 (dont je dois le sujet à M. Max Leichtlin) que la radicule du Z. cordifolium (r), au lieu de brunir, sécher et mourir avant la fin de la première année, puis de disparaître avant la reprise de la végétation, non-seulement est restée vivante, mais encore s’est considérablement allonoée, s'est ramifiée, a gagné fortement en épaisseur; qu’elle est par conséquent restée active même quand la première feuille normale de cette jeune plante était déjà développée. Par une conséquence naturelle, comme cette radicule qui ressemble parfaitement à un pivot de Dicotylédone, coopère encore à la nutrition de la jeune plante, les racines définitives (7", r'), ne sont nées jusqu'à ce moment qu'en ‘petit nombre à la base du jeune oignon.

D'un autre côté, la tigelle cylindrique et assez longue du Lis gigantesque ne se montre pas chez le L. cordifolium ; elle est tout au plus représentée par une courte portion en tronc de cône (4, fig. 26 A), qui se continue Inférieurement avec la base du long cône radiculaire et qui supérieurement va former l’axe fondamental du jeune oignon.

La longue durée de la radicule et la persistance de son activité expliquent l'absence complète de ces racines transitoires que nous avons vues chez le Lis gigantesque, nées à la base même de l'axe hypocotylé, racines qui ont évidemment pour

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