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Observations Sur Les Fleurs Doubles Des Bégonias Tubéreux

impossible que l’apparition de Ylsopyrum fût aussi relativement récente dans la station dijonnaise signalée par M. Ëmery.

M. Duchartre fait la communication suivante :

par M. P. DUCHiRTRE.

Depuis l’époque fort peu éloignée à laquelle ont été importés en Europe les Bégonias tubéreux de l’Amérique du Sud, les efforts des horticulteurs ont eu pourrésultat d’obtenir de ces plantes, généralement àgrandes fleurs et abondamment florifères, un nombre considérable de formes nouvelles, variétés et hybrides, qui déjà aujourd’hui sont un des principaux ornements des jardins. Parmi toutes ces formes, les plus curieuses

certainement sont celles à fleurs doubles qu’on a vues pour la première fois en 1874, et qui cependant, dans le court espace de six ou sept années,

sont devenues remarquablement nombreuses et variées. Or, ces fleurs

doubles se présentent dans des conditions qui ne sont que bien rarement, si même elles le sont jamais, réunies dans la longue série des espèces qui trouvent place dans la culture d’agrément : elles sont à la fois unisexuées et à ovaire infère. En outre, la situation relative de leurs fleurs mâles et femelles diffère entièrementde celle qu’on observe habituellement: tandis que dans les cymes triflores, la fleur médiane est d’ordinaire femelle, les deux latérales étant mâles, l’inverse a lieu chez les Bégonias tubéreux, dont chaque cyme offre une fleur mâle entre deux fleurs femelles.

Dès l’origine, on a remarqué que les fleurs des deux sexes, chez les Bégonias tubéreux, diffèrent essentiellement sous le rapport de leur aptitude à doubler; cette aptitude, étant très prononcée chez les fleurs mâles, se montre au contraire tellement affaiblie chez les fleurs femelles, qu’on a cru qu’elle n’existait pas pour elles. C’est ce que paraît penser notamment M. Ed. Morren, qui a consacré une note spéciale à ces fleurs ( Belg . hort ., 1870, p. 06) : « Les fleurs pistillées de ces végétaux monoïques, écrit le savant professeur de Liège, n’ont éprouvé jusqu’ici aucune duplication ni » déduplication ; elles ne semblent même pas avoir éprouvé quelque modi- » fication appréciable à nos yeux ; elles sont bien conformées; leur style » est normal et elles donnent volontiers et en abondance des graines fcr- » tiles. » Cependant, dès le commencement de 1870, M. Eug. Fournier avait exprimé une opinion contraire : « Les fleurs femelles, écrivait-il (1), » peuvent aussi se doubler, quoique plus rarement (que les mâles). On a » pu les observer doubles sur la Gloire de Nancy de M. Lemoine.Au

(H Jour». de la Sor. centr. dlfor tic., 1879, p. 28i.

séance du 14 mai 1880.

» lieu de trois styles que la fleur doit normalement contenir, il s’en (lève- » loppe une infinité, tous partant du centre de la fleur, et chacun de ces » styles se transforme en un pétale. » En même temps « l’ovaire tend » à avorter et avorte presque toujours plus ou moins complètement ».

En présence de celte divergence d’opinions et en raison aussi des conditions particulières dans lesquelles doublent les fleurs des Bégonias tubéreux, j’ai pensé qu’il y aurait intérêt à étudier l’organisation des fleurs doubles de ces plantes, et, au mois de septembre 1K7A, ayant pu, grâce à la parfaite obligeance de, M. A. Malet, horticulteur au Plessis-Piquet, et de M. Alexandre (Jules), jardinier chez M. Ouvelier, à Bourg-la-Reine, examiner celles de dix variétés différentes, j’y ai constaté les faits dont

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voici l’exposé :

A. Fleurs mâ'es doubles.

1® Ordinaires.

Je viens de parler de ce fait bien connu que, dans la généralité, des cas, ce sont les fleurs mâles des Bégonias tubéreux qui doublent, tandis que les fleurs femelles des mêmes inflorescences restent simples. Aussi recherchet-on, au point de vue ornemental, les variétés de ces plantes qui donnent la plus forte proportion de fleurs mâles. Il eu est qui sont très remarquables sons ce rapport, et l’on en cite même qui n’ont pas encore produit une seule fleur femelle.

Les pétales supplémentaires dont l’existence rend les fleurs doubles peuvent provenir, comme on le sait, d’une multiplication des pétales normaux, ou de la pétalisation des étamines. Cette dernière origine est certainement celle à laquelle on doit attribuer la plupart, assez souvent même la totalité des pétales qui rendent doubles les fleurs mâles des Bégonias tubéreux; mais je crois (pie la multiplication de la corolle peut aussi intervenir à différents degrés dans cette duplication. Je serai donc moins absolu à cet égard que ne l'a été M. Eug. Fournier ( toc . cit., p. 232) en regardant tous les jiétaîes supplémentaires des fleurs dont il s’agit comme dus à la pétalisation des étamines. Voici en effet ce que j’ai observé dans les fleurs doubles de la variété Gloire de Nancy.

De la circonférence au centre, les fleurs médianes offraient : 1° deux grandes folioles pétaloïdes, caractérisées comme sépales, opposées l’une à l’autre, arrondies et subréniformes, lustrées et d’un tissu épais; 2" une dizaine de pétales de la même grandeur que les deux précédents, arrondis et obtus, sessiles ou tout au plus attachés par un onglet court et large ; 3° une cinquantaine de pétales moins grands, en général plus ou moins profondément éehanerésau sommet, attachés par un onglet long et grêle. Dans chacun de ces derniers pétales, h l’onglet, qui était assez épais et jaune, faisait suite une bande également jaune, épaisse, qui s’étendait jusque vers le milieu de la longueur du limbe. Les pétales allaient en

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