SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
diminuant de grandeur vers le centre de la fleur, et ils partaient tous ensemble d’un support commun en colonne longue d’environ un millimètre, analogue à la partie inférieure de ce que M. Eug. Fournier qualifie de « androcée en pompon ».— Dans les fleurs latérales je n’ai trouvé, en dedans des deux sépales et en croix avec eux, que deux grands pétales externes, arrondis et sessiles, formant la corolle normale ; tous les autres étaient plus ou moins longuement onguiculés, semblables à ceux qui occupent l’intérieur des fleurs médianes. Dans les unes et les autres de ces fleurs, les pétales internes onguiculés, souvent échancrés dans le haut, sont dus évidemment à la pétalisation des étamines, et la figure 1 indique comment doit s’opérer, au moins dans certains cas, cette pétalisation; mais, dans les fleurs médianes, en dehors de ces pétales, il en est de plus grands et non onguiculés, dont je crois ne pouvoir attribuer la production qu’à une multiplication de la corolle.
2° Fleurs mâles doubles, à pétales ovulifères.
Il arrive fréquemment, dans les fleurs mâles doubles des Bégonias tubéreux, qu’un certain nombre, quelquefois même la plupart des pétales supplémentaires, portent, vers le bas de leur face interne et le long de chaque bord, un groupe plus ou moins considérable de saillies ou papilles. Ces saillies peuvent être de deux sortes : les unes ont la couleur et la substance des pétales dont elles sont de simples émergences pointues ; les autres sont obtuses, incolores, et le microscope montre que ce sont tout autant d’ovules qu’un examen comparatif m’a fait reconnaître comme semblables à ceux que renfermait l’ovaire des mêmes variétés. Ces ovules se présentent plus fréquemment que les émergences, et souvent même ils existent seuls. Enfin on observe parfois, au centre de ces fleurs, un ou plusieurs corps épais, de conformation plus ou moins irrégulière et que leur surface chargée d’ovules pourrait faire considérer comme des placentas isolés et restés à nu. — J’ai vu des pétales ovulifères chez les Bégonias Lemoinei (Lem.), Marie Lemoine (Lem.), Clovis (Bouchet), Gaston Malet (K. Malet), et chez une variété blanche double de M. Alexandre (Jules).
3° Fleurs mâles prolifères.
Les fleurs mâles doubles des Bégonias tubéreux deviennent en outre quelquefois prolifères. Ainsi une fleur absolument pleine de la variété Marie Lemoine (Lem.) m’a offert, en dedans de nombreux pétales, quatre fleurettes pédiculées également pleines ; ainsi encore, une fleur mâle pleine du Bégonia Lemoinei (Lem.) m’a présenté, à son centre, quatre fleurettes pédiculées, dont chacune se composait de quatre ou cinq petits pétales autour d’un groupe de styles stigmatifères.