SÉANCE DU 14 MAI 18<X
B. Fleurs femelles. — 1° Simples, à styles plus ou moins pétalisés.
Dans les fleurs femelles des Bégonias tubéreux, la tendance à la duplication s’exprime à des degrés différents, mais toujours par la pélalisation plus ou moins complète des styles. Jusqu’à un degré très élevé de cette transformation, il reste à l’extrémité, soit de chacun des deux bords latéraux, soit de la ligne médiane du pétale qui s’est ainsi produit, un amas de papilles stigmaliques qui ne permet pas de méconnaître l’organe femelle. Il en résulte que celte pétalisation s’opère, tantôt en réunissant par une lame pétaline les deux branches d’un même style bifide (état normal), tantôt en bordant de deux ailes pétalines un style qui, dans ce cas, était devenu indivis. Je n’ai vu le premier de ces deux cas que dans des Heurs femelles simples, dont les styles étaient restés au nombre typique de trois, et qui avaient conservé leur ovaire en bon état, tandis que les exemples du sec»nd m’ont été offerts par des fleurs femelles doubles, dont les styles s’étaient beaucoup multipliés, et qui, par compensation, avaient perdu leur ovaire.
Une fleur femelle de la variété Monsieur Keteleer (Lem .)avait conservé ses cinq folioles pétalines normales; son ovaire à trois ailes inégales et triloculaire portait trois styles, mais tous les trois largement pétalisés. Comme le montrent les figures 2 et 3, les deux branches de chacun de ceux-ci avaient gardé un gros amas terminal de papilles stigmaliques ; mais elles étaient reliées l’une à l’autre par une grande lame pétaloide rose, plus longue qu’elles, et qui se montrait ovale et obtuse dans un cas (fig. 3), largement trilobée dans un autre (fig. 2). — Une fleur femelle de la variété Marie Lemoine (Leni.) avait aussi gardé, à l’état normal, son périanthe et son ovaire surmonté de trois styles; mais deux de ceux-ci s’étaient transformés chacun en une sorte de grand cornet pétaloide largement ouvert en dedans, à bord supérieur irrégulièrement denté (fig. 4) et terminé par deux gros stigmates papilleux ( st , st). Quant au troisième style, il s’était réduit à l’état d’un filet indivis, long de 3 millimètres, que surmontait un stigmate capilé et papilleux. — Les deux fleurs femelles que je viens de décrire, tout en présentant une pétalisation de styles incontestable, n’offraient guère qu’un simple essai de duplication.
2° Fleurs femelles doubles.
Des exemples de fleurs certainement femelles et bien doubles m’ont été offerts par trois variétés récemment obtenues par M. Alexandre (Jules). Ces fleurs m’avaient été données sans nom ; aussi les désignerai-je simplement par leur couleur. J'ai observé aussi un cas analogue sur le Bégonia Gaston Malet (A. Mal.).