ZOSTBRITES LINEATA. Pl. XXI, fig
Foliis linearibus, acutis, 7-nerviis.
$9. — Sur VAmphitoïtes.
M. Léman a bien voulu me communiquer et me permettre de publier une observation très-curieuse qui se rattache au sujet que je traite, et qui confirme l'opinion que j'ai émise sur les feuilles fossiles de File d'Aix.
M. Desmarest a décrit (1), comme un nouveau genre de Polypier , sous le nom d'Amphitoïtes Parisiensis , un Fossile trouvé aux environs de Paris , dans le calcaire grossier, à Mont-Rouge, et dans les marnes inférieures du gypse, à Mont-Martre. Cette espèce a été figurée dans Y Essai minéralogique sur les environs de Paris, de MM. Cuvier et Brongniart. ( i re éd., pl. H; 2 e éd., pl. VIII, fig. 10.)
La forme générale de ce corps organisé, son gissement dans un terrain marin , le peu de connaissance qu'on a sur la forme des tiges de la plupart des végétaux , tout devait engager à le regarder comme un Polypier. Mais, depuis, M. Léman remarqua l'analogie frappante qui existe entre ce Fossile et les tiges du Caulinia oceanica, D. C. ( Zostera oceanica, L. ), roulées par les flots de la mer, et presqu'entièrement dépouillées par ce mouvement des feuilles qui les couvrent ; elles sont très-communes dans cet état sur les côtes, et particulièrement sur celles de la Méditerranée. •
En comparant ces tiges, ainsi dépourvues, en grande partie , de leurs feuilles, pl. XXI, fig. 9, avec \ Amphitoïte ,
(1) Nouveau Bulletin des Sciences, lom. II, pl. a, n» 44.
on voit que les lignes transversales qui entourent la tige de ce Fossile sont produites par l'insertion des feuilles qui sont extrêmement rapprochées vers l'extrémité des tiges, de sorte que les deux feuilles placées des deux côtés de la lige s'insèrent presque en face l'une de l'autre, et que les deux lignes produites par leur insertion se continuent presque en une sorte d'anneau, quoique dans les souches principales les feuilles soient alternes et même fort espacées. Ces feuilles, dont les bases sont très-roides, se divisent par le frottement en une infinité de lanières filiformes, leur parenchyme se détruit, elles nervures simples et parallèles qui les traversent persistent presque seules, et forment les poils ou cils que M. Desmarest a observés autour des articulations; leur chute complète produit les petits points qui bordent ces anneaux transversaux. Enfin les cicatrices un peu plus grandes qu'on remarque sur quelques points de la tige paraissent provenir de la base des racines qui sortent de cette tige rampante. On voit que l'analogie de ces tiges et du Fossile est aussi complète que possible: aussi, dans une classification naturelle, nous pensons que cette portion de végétal devrait se placer dans un même genre avec les feuilles que nous avons nommées Zostérites ; mais la connaissance que nous avons des végétaux fossiles n'est pas assez parfaite pour fonder la méthode tle classification sur ces analogies qui peuvent toujours présenter quelques doutes ; aussi nous préférons laisser cette tige dans un genre particulier auquel nous conserverons le nom d 1 Amphitoïles que M. Desmarest lui avait donné, et qui sera caractérisé par ses tiges sanstirticulations, marquées d'empreintes transversales linéaires portant chacune une série de points égaux ou de cils. La disposition de ces empreintes et des points qu'elles portent est importante en ce qu'elle indique des feuilles amplexicaules , planes , à nervures égales et parallèles , caractère général
SUR LES FUCOIDES. r 9 des plantes auxquelles nous croyons que cesFossiles appartiennent, et qui ne permettra pas de confondre avec eux des végétaux trèsdifterens , presque toutes les feuilles des autres plantes ayant une nervure moyenne plus marquée qui donnerait à leur point d'insertion sur la tige une forme différente.
U est probable que quelques autres Fossiles que nous ne connaissons encore qu'imparfaitement viendront se ranger dans ce même genre : ce sont des portions de tiges trouvées dans la craie en Angleterre et qu'on a regardées souvent comme des cônes de sapins. Au lieu de ne présenter que des cicatrices transversales produites par l'insertion des feuilles , elles offrent des sortes d'écailles exactement imbriquées, coupées transversalement et sinueuses sur leur bord supérieur , embrassant la moitié de la tige et alternant avec celles du côté opposé; ces écailles sonttrès-rapprochées et forment sur la tige des zones analogues à celles de l'Amphitoïte, mais différentes en ce qu'elles sont produites par le bord libre des écailles et non par une cicatrice d'insertion. Cette structure dont nous ne connaissons pas d'exemple parmi les plantes vivantes, est exactement celle que devraient présenter des tiges de Caulinia dont les feuilles inférieures , très-rapprochées, seraient réduites à de simples écailles , étroitement imbriquées ; peut-être cette structure se rencontrera-t-elle sur quelque plante de cette même famille, dont les espèces sont en général très-imparfaitement connues.
Explication des planches.
Pl. XIX, fig. ■• Fucoidss orbignianut. A. de grandeur naturelle. B. un rameau grossi. Fig. a. Fucoidet strictiu. A. de grandeur naturelle. B. portion de la fronde grossie Fig. 3. Fucoidet furcatui.
Fig. 4- Fucoides recurvuj.
Fig. 5. Fucoidet otquatit, var. 'B.Jtexilit.
Fig. 6. Fucoidet diffbrmit.
Fig. 7. Fur r<ides a quai u.
Fig. 8. Fucoidet intricalut.
Pl. XX, fig. t. Fucoidet turbinatut.
Fig. a. Fucoidet Lamourouxii.
Fig. 3. Fucoidet Gtuolanut.
Fig. 4- Fucoidet obtutut.
Fig. 5. Fucoidet fiabeUarit.
Fig. 6. Fucoidet ditcophorut.
Pl. XXI, fig. 1, ». Fucoidet Agardhianut.
Fig. 3. Fucoidet Pennatula.
Fig. 4. Fucoidet élégant.
Fig. 5. Zotleritet Orbigniana.
Fig. 6. Zotleritet elongata.
Fig. 7. Zotleritet Bellovitana.
Fig. 8. Zotteritet lineata.
Fig. 9. Tige du Caulinia oceanica dépouillée de feu feuilles par le mouvement de* fiots du bord de la mer.
IMPRIMERIE DE J. TASTU, RUE DE VAUGmARD, W 36.
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