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(2) Depuis la première édition dç cet
les à l'aide du microscope , paraît en avoir donné la meilleure raison. De sorte qu'on ne doit point attribuer la fréquence de la gale, dans les armées, au changement d’air ou de nourriture auquel les soldats sont exposés dans les expéditions militaires , mais à un petit nombre de soldats, qui, l’ayant avant que de partir, la communiquent à ceux qui se trouvent avec eux dans le même vaisseau, sous la même tente , ou dans les mêmes casernes (ij. Mais de tous les endroits les plus sujets à cette contagion , ce sont les hôpitaux, parce qu’on y admet des malades de toute espèce. Aussi ai-je remarqué qu’après la crise des fièvres , la gale paraissait communément , quoique le malade ne l’eût point en entrant à riiôpital. — Quelqu’un qui ne connaîtrait point cette maladie serait fort sujet à faire une méprise , à la prendre pour une éruption miliaire , d’autant plus qu'elles se ressemblent toutes deux plus qu’on ne pourrait l’attendre de deux choses d’une nature si différente. Mais ceux qui savent combien les éruptions miliaires paraissent rarement dans les armées , et combien la gale y est fréquente, sont moins sujets à tomber dans cette erreur. On peut aussi les distinguer l’une de l’autre par les marques suivantes.
Quoique les éruptions miliaires iie soient point bornées au cou et à la poitrine , cependant elles sont plus nombreuses et plus sensibles sur ces parties, au lieu que la gale infecte principalement l’entre-deux des doigts, l’intérieur des poignets , les côtés du ventre et les jarrets. Les éruptions miliaires paraissent avant que la fièvre soit passée , avec fort peu de démangeaison , et s’en vont d’elles mêmes, au lieu que la gale ne s’aperçoit qu’après la crise dans l’état de convalescence , et alors elle augmente tous les jours , et devient fort incommode. — Quoiqu’on ne puisse détruire totalement la gale dans une armée , il est aisé de
ouvrage, j’ai lu un Mémoire dans les Transactions philosophiques pour l’année 1730, qui porte pour titre : Extrait d’une lettre du docteur Bonomo à M. Redi, contenaJit quelques observations sur les vers du corps humain, par le docteur Mead. Je vois par ces observations que le docteur Bonomo a le premier découvert ces animalcules, et qu’il a pareillement proposé de guérir la gale par les remèdes externes seulement.
(1) Part, I, çhap. ir.
guérir chaque soldat en particulier , et l’on peut le faire plus certainement dans celte incommodité que dans toute autre.
La méthode dont on se sert est si connue , qu’il est presque inutile d’en faire mention. J’ai remarqué qu’elle réussissait mieux parmi les simples soldats, qui, n’ayant point d’hahillements à changer, portaient toujours les mêmes, qu’on purifiait en même temps qu’on les traitait. Un officier, au contraire, qui gagnait la gale , courait risque de la garder plus long-temps, à cause de la circulation de l’infection entre son corps et ses habits.
Le soufre est le grand spécifique, et se trouve beaucoup plus sûr et plus efficace que le mercure; car, a moins qu’un onguent mercuriel ne touchât chaque partie de la peau , on ne pourrait pas y compter, au lieu que, par un ongueut sulfureux, on peut guérir en ne l’appliquant que sur quelques parties. Il semble que ces insectes, aussi bien que tous les autres, soient tués par la vapeur du soufre, quoiqu’elle soit seulement élevée par la chaleur du corps. Quant à l'usage inlerne du mercure, que quelquesuns ont regardé comme spécifique , nous avons vu dans l’hôpital plusieurs exemples de personnes qui ont passé par les grands remèdes pour la cure d’une maladie vénérienne, sans cependant être guéris de la gale. — L’onguent dont je me suis servi principalement se fait de cette manière.
Pr. Sulphuris prœparaii 1 iinciam , radiais hellebori albi in pulverem subtilissimum contrilæ 2 dvach., axungice porcines 2 une. misce (1).
Cette quantité peut servir à quatre frictions , et tous les soirs on frotte la jiersonne incommodée. Pour prévenir quelque maladie, qui pourrait venir de ce qu’on bouche en même temps trop de pores , il ne faut frotter chaque fois que la quatrième partie du corps. Quelquesuns prétendent qu’on peut guérir la
(1) Comme le soufre vifque l’on trouve chez les apolbicaires est communément falsifié, quoique ce soit le meilleur, il vaut souvent mieux se servir du soufre commun en bâton , choisissant le plus cassant, comme étant le plus pur. L’ellébore rend l’onguent plus efficace, et vaut mieux que le sel ammoniac cru, que je ne donne que lorsque cette racine ne peut se trouver, La dose est alors d’un gros.
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île en se contentant de frotter les jantes, mais je ne l’ai point essayé, étant ersuadé que ce remède serait plus effiice en couvrant une plus grande surice. — Quoiqu’on puisse guérir la gale ar un seul pot d’onguent , il est cepenant à propos d’en appliquer de nouveau,
I de frotter quelques jours de plus les arlies les pl us affectées, j usqu’à ce qu’une îconde ou troisième quantité soient pajillement épuisées. Dans les cas les plus ivélérés , on est obligé de frotter plucurs soirs le corps entier , et l’on doit lindre l’usage interne du soufre , non as dans la vue de purifier le sang, mais our en répandre plus sûrement les vaeurs à travers la peau , y ayant grande iison de croire que les animalcules sont uelquefois si profondément enracinés u’on ne peut les détruire totalement par es frottements externes. — Comme ces apeiirs peuvent échauffer lesang dans un :mps où la transpiration est arretée, il »t à propos que le malade prenne pour ourriture des choses rafraîchissantes, t qu’il se tienne en garde contre le oid. S’il est d’une cojnplexion plélhoque ou disposée à la fièvre , il doit se lire saigner et prendre médecine, auement ces deux évacuations ne sont pas écessaires. — On s’est souvent mépris ïv la nature de la gale ; quelques-uns ont mise dans la classe de la lèpre , et 'autres dans celle du scorbut , au lieu u’elle paraît former une classe à part , u moins est-elle fort différente de ces eux maladies dont on vient de parler.
)n a supposé généralement que le spoj'a es Grecs et le scabies des Latins n’élient autre chose que cette éruption, lais cela est si peu évident , d’après la escription que j’en ai lue dans leurs curages (1), que j’en conclurais plutôt que, uoique d’autres maladies de la peau palissent avoir été autrefois non moins équentes qu’à présent , cependant la de était tout-à-fait inconnue , ou du oins très-rare du temps des anciens ' édecins , puisqu’ils parlent d’une maière particulière des autres maladies itanées, et qu’ils ne font, à mon avis, icune mention de celle-ci. — On peut marquer de plus que , dans les contrées s plus marécageuses des Pays-Bas, où vrai scorbut est si général et si fâleux , la gale y est à peine connue ; et .loique le scorbut et la gale paraissent
i (1) Paulus Ægin., lib, iv, çap, ji; CcN S, lib. V; çap. xxYiii.
en même temps sur les vaisseaux, on doit cependant les considérer comme deux maux très-distincts : le premier provenant du mauvais air , de la mauvaise eau , et des provisions corrompues, et du manque de fruits et d’herbages; et l’autre tirant son origine de la contagion, et chacune de ces maladies exigeant un traitement différent.
On confond souvent en ce pays le scabies et les diverses espèces (1) A' impétigo des anciens , sous l’appellation générale, mais impropre, de scorbut. Les véritables taches scorbutiques sont d’une couleur livide : elles ne forment pas communément de gales et de croûtes dessus la peau , et sont accompagnées de signes manifestes d’un relâchement des fibres et de la corruption du sang, car le scorbut réel désigne une dissolution lente mais générale , ou putréfaction de toute la machine, au lieu que le scabies, ou lèpre , affecte ceux d’une ' constitution bien différente. On distingue ces dernières maladies principalement par la dureté de la peau, dans une ou plusieurs parties du corps, accompagnée d'une gale sèche, quelquefois de dartres pleines de matière ou de croûtes sèches, et toujours d’un peu de démangeaison. Mais elles sont si éloignées d’être guéries par les remèdes externes seulement , qu’il y a quelquefois du danger à le vouloir faire de celte manière , il est en ce casci nécessaire de changer les humeurs par une diète tenue , de fréquentes purgations avec des sels , des remèdes mercuriels antimoniaux , ou autres, qui n’ont aucune efficacité , ou du moins bien peu pour la guérison de la gale, et qui augmenteraient plutôt le vrai scorbut qu’ils ne contribueraient à sa guérison.
Après la première publication de ces observations, j’ai eu quelques cas de gale , où l’éruption parut continuer malgré les frictions réitérées ; mais je remarquai alors que, quoique les nouvelles pustules ressemblassent beaucoup aux anciennes , elles étaient cependant d’une nature différente et occasionnées seulement par l’onguent. En effet, en cessant de s’en servir et en permettant au malade de se baigner pour se nettoyer la peau , et ensuite de sortir, elles disparurent d’elles-mêmes , et ne revinrent jamais.
(1) Il paraît que Celse entend par l’im-
petigo la lèpre des Greçs, (Vid, loç. cit.)
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