III. Des ulcères malins
Après avoir dit que ces symptômes étaient communs et connus même du -vulgaire, il remarque que le scorbut met souvent le malade au tombeau avant qu’ils paraissent. Ainsi il ne s’y arrête point, et passe tout de suite aux autres symptômes, également caractéristiques et démonstralils. Mais avant d’aller nousmêmes plus loin , il est nécessaire de rapporter l’état particulier de l’urine et du pouls, auquel il renvoie si souvent dans la description des autres symptômes, et qu’il regardait comme les signes pathognomoniques de la maladie.
L’urine des scorbutiques varie extrêmement, suivant le tempérament du malade et suivant la différente nature de la maladie et de l’humeur putrescente.
Si la putréfaction est légère et que la maladie ne fasse que commencer, l’iirine est quelquefois claire et d’une couleur citrine , et d’autres fois épaisse et blanchâtre ; mais ces sortes d’urines ne découvrent rien de certain sur la prcsence du scorbut. A mesure que la maladie augmente, l’urine devient quelquefois claire et d’un rouge foncc% tirant sur le noir. Si quelqu’un paraît jouir d une parfaite santé, et qu’il rende une pareille urine, n’ayant que peu ou point de, soif , c’est un signe certain du scorbut. Souvent Turine ‘est épaisse, rouge et manifestemenL livide. Lorsqu’on la laisse reposer, elle demeure dans cet état, où elle dépose un sédiment épais, rouge , semblable à du feu ou à du sable. Outre ce sédiment , on y observe la plupart du temps un nuage épais et trouble. Lfn pareil état de l’urine est un signe démonstratif du scorbut , pourvu que le malade languisse sans avoir ni soif, ni lièvre ; quelquefois l’urine est épaisse , blanchâtre et trouble ; dépose plusieurs particules un peu rondes, blanchâtres , semblables à du sable, et ne s’éclaircit point. L’urine de ceux qui vivent irrégulièrement est épaisse , noire et trouble chez quelques-uns , noirâtre et d’un pâle obscur chez d’autres : ces personnes ont une soif violente dans ie temps ({u’elles rendent ces sortes d’unnes^. Après ce long détail sur les urines, l’auteur ajoute, dans un autre eiutr-oit, que, lorsqu’il n’y a point de fièvre ni de putréfaction dans les humeurs , une urine épaisse, blanche et trouble, avec un sédiment grossier et blanchâtre, semblable
à du sable ou à de la brique pilée* est le signe le plus certain du scorbut. L’état du pouls particulier à cette maladie est la petitesse, la fréquence et surtout l’inégalité. Revenons maintenant aux autres symptômes.
ly. Une difficulté de respirer qu’on reconnaît être scorbutique : 1° par la partie afiectée , c’est-à-dire l’orifice de l’estomac ; par la grande constriclion et oppression de la région épigastrique et des hypocliondres, qu’il est difficile d’exprimer ; 3° par sa rémission et son in'ermission ; quelquefois cependant elle est presque continuelle ; 4» parce que le malade n’a aucun des symptômes qui accompagnent ordinairement les affections de la poitrine , tels que la toux, la douleur, l’orthopnée , etc.
y. Des vomissements, des envies de vomir, et même le choiera morhm. On connaît que le vomissement est scorbutique : 1° parce qu’il ne cède point aux remèdes ordinaires, et à ceux que les anciens ont prescrits dans cette maladie : le malade, au contraire, se trouve plus mal après en avoir fait usage.
2^» Par sa rémission subite, et son retour également inespéré. 3® Parce qu’il attaque le malade, sans qu’aucune douleur, aucun désordre de restomac , ou aucune maladie décrite par les anciens aient précédé. Les envies de vomir dans ce casci sont très-violentes, sans que l’évacuation soit fort copieuse ; mais le pouls et l’urine fournissent les preuves les plus certaines.
yi. Un cours de ventre , ou une constipation.
yil Une fausse dysenterie. On connaît qu’elle est scorbutique, parce qu’il n’y a point de tranchées , que le sang n’est pas mêlé avec les excréments ; mais principalement par le pouls et l'urine.
yill. Des fièvres irrégulières.