IV
Les inflammations des membranes muqueuses sont les maladies qui se présentent le plus souvent à notre observation : les changemenô brusques de température auxquels sont exposés les marins en sont ordinairement la cause. Il faut avoir navigué l’hiver dans les mers de la Grèce pour se faire une idée de la fréquence des angines, des jeatarrhes et des coryzas , sur-tout à bord des petits navires, où il
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ést très - difficile de se soustraire aux influences atmosphériques. 1 Pendant les deux années que j’y ai passées, deux fois à bord, ceâ phlegmasies ont attaqué suucessivemerit toutes les personne de l’équH page : sans présenter de complications fâcheuses, elles étaient cependant assez graves pour empêcher les hommes de continuer leur service et les retenir quelques jours au poste des malades. Dans les cas les plus ordinaires, ces affections cédèrent à l’usage des gommeux, des adoucissans, aidés d’un régime approprié : rarement je fus obligé de recourir à des évacuations sanguines ou à d’aütres moyens énergiques.
Au printemps et durant l’été , les parties supérieures du tube digestif sont plus souvent affectées , et c’est alors qu’on a lieu d’observer assez fréquemment le choleYâ-morbus, Au mois de mai 1826, il régna à Smyrne une épidémie de ce genre qui enleva rapidement un assez grand nombre de personnes. La teinte icterique de quelques 'malades dans leurs derniers momens , la couleur noire des vomissemens que rien ne pouvait calmer , avaient fait prononcer le nom de fièvre jaune : èette opinion ne fut pas cônfirmée. On trouve , du reste , dans la position de la ville de Smyrne, toutes lés conditions favorables au développement de cette maladie.
En automne, l’alternative de journées très-chaudes et de nuit fraîches et humides occasionne les diarrhées et dysenteries ; leur développement est activé par le séjour sur des points insalubres, tels qùe les ports d’Égypte ét ceux de Syrie. En 1826 , là frégate TArrrïide fut le théâtre d’une épidémie de dÿsènterie qui enleva plusieurs hommes de son équipage. Comme les circonstances ordinaires de la navigation tendent plutôt à aggraver ces affections qu’à les améliorer,; c’est à les prévenir que doivent tendre tous les efforts de ceux chargés de veiller au maintien de la santé : proscrire les lavages des parties basses des vaisseaux qu’on doit nettoyer seulement à sec y éviter qu’aucune humidité n’y soit apportée, employer tous les moyénls possibles pour y maintenir la plus grande sécheresse, sont des préceptes dont on ne doit pas s’écarter. C’est alors que les conseils $Qimés par les Coock, les Vancouver, et par tous ceux qui, se sont
occupes d’hygiène navale, doivent être mis en pratique, et toujours» on a lieu de s’en applaudir.
Dans toutes les saisons , on doit veiller avec le plus grand soin à ce ique les marins portent des vêtemens de laine durant la nuit ; on prévient par là le développement d’un très-grand nombre de maladies*
Les membranes séreuses sont bien moins souvent malades que les muqueuses ; cependant les affections de ce système sont assez multipliées dans les villes maritimes du Levant: la pleurésie, par exemple, y est très-commune ; elle atteint plus particulièrement les individus fendus plus irritables par l’action prolongée des fièvres intermittentes, et très-souvent ils succombent à son action. Au mois de févriër 1826, l’apparition d’un froid très-vif développa dans l’îie de Chypre* principalement à Larnaca , un très-grand nombre de ces irritations.
L’été, l’exposition prolongée aux rayons du soleil occasionne souvent l’inflammation des méninges, et j’eus l’occasion de traiter, au mois de juillet 1826, deux méningites évidemment dues à cette cause; elles se développèrent chez deux esclaves turcs que nous rendions à la liberté. L’emploi des saignées locales et générales, des réfrigérans sur la tête., fit céder les symptômes alarmans, et ces malades étaient dans un état satisfaisant lorsque nous les débarquâmes sur les côtes de la Troade. Ici, je dois signaler les dangers auxquels les marins sont exposés lorsqu’on les fait travailler l’été ou dans les contrées équatoriales à l’ardeur du soleil. On a généralement le Soin, dans nos Colonies, de suspendre le travail extérieur de l’équipage pendant le milieu du jour, et l’on prévient ainsi le développement des inflammations cérébrales qui sont si souvent funestes. Cette sage mesure devrait être adoptée dans tous les climats où la température <est très-élevée.
§ vi.
• Les Orientaux sont souvent atteints de douleurs rhumatismales des piuscles et des articulations, L’habitude qu’ils oqt de peu se vêtir, de
coûcher Sur îc sol dans des habitations basses et souvent numides, doit être considérée comme la cause principale de ces affections. 1 Us les combattent avec succès par l’usage des bains d’étuve et par celui des saignées locales qu’ils pratiquent à l’aide de la lancette allemande. Les mêmes moyens, employés contre les mêmes affections, m’ont réussi chez plusieurs hommes de l’équipage du navire sur lequel j’étais embarqué,