III
Les phlegmasîes aiguës de la peau s’observent sur tous les points du t ., Levant et dans toutes les saisons. Bien que l’usage de la vaccine y soit généralement répandu, et que les habitans ne montrent aucune „ répugnance pour y soumettre leurs enfans, on y voit assez souvent la variole. Au commencement de cette année, j’eus l’occasion d’ob- „ servej. à Salarnine une épidémie de ce genre; et quoique,cette ilé, voisine alprs, du théâtre de Ja guerre, fût habitée par beaucoup de malheureux , qu’il y eût encombrement , que les vivres y fussent rares et de très-mauvaise qualité , et que même beaucoup de personnes fussent obligées de se nourrir d’herbes et de racines sauvages., .elle conserva un caractère de bénignité remarquable ,’ et ityy eut peu de terminaisons funestes. ,#
La malpropreté extrême dans laquelle vivent les Arabes , jcÿnte v au degré élevé de la température du climat , explique la fréquence des affections chroniques de la peau. En Égypte, les dartres sont très - roui tipliéos , et. j’ai vu sur-tout à Alexandrie, beaucoup de
dartres rongeantes. La lèpre n’y est pas rare. On cite encore d’autre» points du Levant, les îles de Chypre , de Saraos , de Candie , comme présentant de malheureuses victimes de cette dégoûtante maladie. Je n’ai pu , malgré le vif désir que j’en avais , visiter les ladreries où on renferme les lépreux» et où ils sont, pour ainsi dire, abandonnés à la commisération publique.
La gale est très-commune en Egypte ; elle s’observe aussi beaucoup chez les Grecs : ces derniers font usage, pour la faire disparaître, d’une huiler qu’ils extraient d’une variété du junipênis oxicedrus de Linnée.
Sur les cales de Caramanie, je vis quelques personnes atteintes du bouton d’Alep , d’autres présentant les marqués désagréables qu’il laisse après lui. On dit que tous les habitans de bette capitale en sont affectés au moins une fois ; il suffit même d’y séjourner quelques mois pour l’avoir : souvent seul quelquefois, multiple, son siège ordinaire est à la face ; il commence à se manifester par une petite tache rouge , indolente, qui s’accroît peu à peu, devient un bouton du dia^mètre d’une pièce de 20 sous , qui , au bout de quatre ou cinq mois , s’ulcère , suppure pendant deux ou trois autres mois, et enfin se cicatrise. La durée totale de cette affection est d’une année environ. La cicatrice qui en résulte est brune , creuse et indélébile : aussi \ au rapport des voyageurs , presque tous les Alépiens en sont défigurés. L’expérience , dit Yolney , a prouvé que le meilleur remède est de n’en point faire : on m’a confirmé cette assertion. On ignore la «cause de cette singulière endémie qui paraît propre à la ville d’Alep v