V. — Itinéraire de Ntenkê à Katanga
Quand on a quitté la plaine où se trouve le village de Ntenké, on chemine sur les collines assez accidentées qui bordent la rive droite du Dichimfu et, à Kapélembé, la route côtoie un instant la rivière. En cet endroit, le Dichimfu roule des galets de quartz blanc, ainsi que des
fragments de schistes argileux et d'oligiste ('}. Toutes les collines voisines de la vallée du Dichimfu sont recouvertes d'un épais dépôt sableux, rouge vif. Plus au sud, au dehors de la vallée, le pays est beaucoup moins accidenté; les collines passent à un plateau uni, dont le sol est formé d'un dépôt sableux, grisâtre, avec une grande quantité de cailloux de quartz.
Jusqu'au village de Kassenda, on n'observe aucun affleurement.
De Kassenda à Muyamba, de l'autre côté de la Lufila, je possède des observations faites le long de deux itinéraires parallèles, dont l'un, situé en grande partie sur la rive droite de la Lufila, est plus oriental que l'autre. Il coupe la Lufila, à l'est de Kassenda. En cet endroit, la rivière coule, assez fortement encaissée, entre des berges limoneuses; la plaine alluviale est peu large. Au-delà de la Lufila, on chemine sur le penchant des collines qui forment le flanc oriental de la vallée. On y voit des affleurements de schistes argileux, gris, et de grès durs. On traverse bientôt le ruisseau Kifumba, encaissé entre des berges limoneuses.
Au-delà du Kifumba, on trouve, çà et là, sur le sol, des blocs de minerai de fer (oligiste ou inagnétite ; à trois kilomètres au nord, dans le lit d'un ruisseau, affleurent des schistes argileux rouges, peu fissiles, empâtant de nombreux galets de quartz. Nous recoupons donc une bande de poudingue.
Nous rejoignons la Lufila au village de Muyamba. La rivière coule sur des schistes argileux, gris ardoise, assez durs, non fissiles, mais divisés en bancs, séparés par des
(') Le Dichimfu, aux trois points ou nous l'avons traversa, dépose, sur les galels et les roches qui affleurent dans son I il, d'épaisses concrétion* calcaires, peu cohérentes, spongieuses et grises. Il reçoit probablement l'eau de sources çalcareuses.
lits minces de schiste bien feuilleté. Les couches sont orientées N.-25 -W., presque verticales, ou inclinées vers l'ouest. Certaines parties de la roche prennent, par altération, une teinte gris jaunâtre ou jaune.
Notre autre itinéraire, de Kassenda à Muyamba, se dirige d'abord vers le nord; il traverse le Dichimfu entre Kapélembé et le confluent.
Sur la rive droite du Dichimfu, on trouve des blocs arrondis d'un grès rouge (ou quartzito altéré), pur, à gros grains ; ce sont probablement les éléments d'un poudingue. Au-delà du Dichimfu, on voit des blocs d'un grès légèretùent argileux, à grain fin, un peu micacé, de couleur rouge. C'est une roche du système du pays de Bassanga.
La route rejoint bientôt l'itinéraire de Ntenké au mont Kambobé ^v. p. 90) et le suit jusqu'au village de Kipussa. On trouve, près de ce village, des blocs de grès argileux, gris, à grain fin, finement micacé, assez dur, du même système que le précédent.
On se dirige ensuite vers la Lufila ; dans le lit de la rivière, affleurent des schistes argileux, altérés, jaunâtres, tendres, fissiles, orientés N.-35*-W., presque verticaux, ou très légèrement inclinés vers l'est.
Entre la Lufila et Muyamba, on voit des blocs de grès argileux, à grain fin, durs, pénétrés de quartz blanc.
De Muyamba au ruisseau Mudiachi, on voit des affleurements peu nets de schistes gris; entre le Mudiachi et la rivière Lupoto, on trouve des blocs de grès rouge, de grès gris clair, à grain assez gros, légèrement argileux et beaucoup de quartz blanc.
Au-delà du Lupoto, on monte une pente douce, où l'on voit affleurer divers schistes argileux, rouges. Ce sont d'abord des schistes rouge foncé, très fissiles, à grain
très fin, durs, très fortement chargés d'oligiste. très denses ; plus loin, se montrent des schistes vermillon, tendres, à grain très fin; au-delà, affleurent des schistes rouge grisâtre, gréseux, finement micacés, rubanés, durs; puis, des schistes rouges, à grain très fin, finement micacés, qui se montrent jusque près du village de Kiunga. J'ai pu observer, parmi ces affleurements, la direction N.-50 "-W. A Kiunga, on trouve quelques blocs de grès gris, dur.
Au-delà du village de Kiunga, on traverse le ruisseau du même nom, puis on s'élève sur des collines laissant voir une série d'affleurements bien distincts.
En montant, on rencontre d'abord des schistes argileux, rouge brique ou pourprés, contenant des galets divers, notamment de grès à gros grain, passant quelquefois au poudingue, rouge, rose ou blanc, de grès pur, à grain fin, très dur, souvent micacé, rouge, gris ou blanc, de quartz, etc.; on trouve aussi des blocs d'oligiste lamellaire. C'est un affleurement très net, d'une zone de poudingue. Plus haut, apparaissent des schistes rouge foncé, tendres, à grain très fin; des schistes gréseux, durs, rouges, très fissiles; puis, des schistes bigarrés de gris et de rouge, à grain fin, tendres, fissiles. Ces roches sont verticales et orientées N.-80-W.Les schistes bigarrés se montrent sur une grande longueur. Ils présentent des taches rouges, sur un fond gris ardoise. Ils sont très fissiles et se débitent en grandes dalles.
On y trouve, intercalés, des schistes argileux, couleur cochenille, et des schistes roses, à points noirs. On rencontre, çà et là, des blocs de quartz laiteux, empâtant de Toligiste lamellaire.
Après la zone des schistes bigarrés, on voit réapparaître la zone de poudingue, sous forme de schistes légèrement gréseux, grenus, gris clair, non fissiles, conte-
nant des cailloux de quartz, etc.* on voit aussi des schistes rouge brique, peu fissiles. Des blocs d'oligiste et de magnétite sont épars sur le sol. Au-delà, sont des blocs de grès argileux, pénétrés de lamelles d'oligiste, et, après une certaine distance, sans affleurement visible, on retrouve des schistes rouges, altérés, non fissiles, également remplis de paillettes d'oligiste.
Fig. AU Coupe «l'une rollmp enire Nletikt* el Katangn.
Au-delà, se trouve la crête culminante du système de collines basses, qui s'étend, à l'est de la Lufila, entre Muyamba etKatanga (11^0 m). Cette crête présente la coupe suivante (fig. Il) :
r. Schiste pourpré, clair ou altéré en blanc, peu dur.
b. Schiste siliceux, dur, gris, en dalles, imprégné de quartz et de minerai de fer; de nombreuses fissures remplies de quartz lui donnent, par places, l'aspect d'une brèche.
a. Calcaire gris ou bleu, en bancs peu épais, à joints de stratification revêtus d'enduits de malachite. Les fissures présentent des lamelles et des cristaux de chalcopyrite et des veines de calcite.
Ces couches sont dirigées nord-sud et inclinées de 45° vers l'ouest.
Jusqu'au ruisseau suivant, on ne voit, sur le sol, que le dépôt sableux rouge. Sur la rive droite de ce ruisseau, on trouve des blocs de grès rouge, fin, micacé, et de grès
formé de grains hj-alins, gris rose. Un peu au-delà, on voit des blocs de grès blanc, à gros grains hyalins, des affleurements de schistes argileux, à grain fin, rouge brique, puis de schistes jaunes, tendres, altérés. Ces blocs de grès pur, à gros grain, semblent faire partie d'une zone de poudingue. On les retrouve encore au-delà. A trois kilomètres de Katanga, on trouve, sur le sol, une grande quantité de blocs plus ou moins arrondis de quartzites ou de grès divers, entre autres, des quartzites grenus, rouges, jaunes ou blancs, des grès purs, rouges, blancs, etc. On trouve aussi beaucoup de quartz de filon, avec nombreux cristaux; ce quartz empâte de l'oligiste écailleuse et de la magnétite, que Ton trouve aussi, sur le sol, à l'état de blocs libres. On trouve surtout une énorme quantité de fragments arrondis, aux angles émoussés, d'oligiste compacte, au point que cet endroit peut constituer un gîte important de minerai de fer.
De ce point, jusqu'au village de Katanga, on ne voit plus que le dépôt meuble superficiel.
Katanga est situé, comme nous l'avons déjà vu, à la limite de la grande plaine alluviale de la Lufila et des collines basses, qui la bordent du côté de l'est.
Mines de cuivre de Kiola. — A environ 17 kilomètres de Katanga, dans la direction S.-45 n -W., se trouvent les mines de cuivre de Kiola, visitées antérieurement par P. Reichard, qui les a signalées sous le nom de mines de Djola.
Ces mines ont été l'objet d'une exploitation très importante, si l'on en juge d'après le nombre d'excavations encore existantes et la quantité de déblais accumulés aux alentours.
Ces excavations sont disséminées sur un espace elliptique, à peu près plan et complètement déboisé, de 800 mètres de long sur 300 de large.
Dans les travaux d'exploitation, situés vers l'extrémité nord de cette petite plaine, on observe des schistes siliceux (phtanites) altérés, ordinairement blancs et prenant souvent l'aspect .bréchiforme. Les joints et les fissures sont remplis de malachite ; le minerai, accompagné de limonite et d'un minerai de fer pulvérulent, rouge, s'y rencontre également en petits amas.
La direction des couches est N.-40°-W. et leur inclinaison de 60° à 70° vers le N-E.
Vers le sud de la clairière, des excavations très imporportantes font voir des schistes siliceux, beaucoup moins altérés ; certains bancs sont tout à fait intacts et très durs; ceux-là sont pauvres en minerai.
Fig. t*.
Coupe prise aux mines île cuivre de Kiola.
Une des excavations (fig. 12) montre les schistes siliceux assez fortement plissés. Dans la partie supérieure de la coupe, la roche est désagrégée et forme une brèche peu cohérente, remplie de malachite et de limonite. J'y ai trouvé des fragments de chalcopyrite, en grande partie transformés en malachite et limonite, mais suffisants pour montrer la nature de ce gîte de minerai de cuivre.
A l'extrémité méridionale des exploitations, la roche se présente comme un schiste siliceux ou phtanite jaspoïde, rubané, très dur, variant du blanc au gris foncé ou au brunâtre.
A cause de leur analogie avec les schistes siliceux du
Mont Kambobé, je range les roches des mines de Kiola dans le système de Moachia.