Chert subschistoïde
Zone B. — Calcaire argileux, schistoïde ou schistes calcareux et gréseux, de teinte gris bleu, souvent décalcarisés.
Zone C. — 1. Schistes argileux, à grain très fin, noir mat, tendres, peu denses, poreux, se divisant en dalles.
2. Schistes noirs, siliceux, durs, très feuilletés, presque phylladeux, séparés par des lits, distants de 10 centimètres à un mètre et épais de l à 20 centimètres, de schistes siliceux, noirs, très durs, en dalles.
Zone D. — En marchant vers le sud, on voit les schistes précédents devenir plus siliceux, plus durs, plus homogènes et passer à des jaspes noirs ou à des phtanites plus ou moins feuilletés.
Zone E. — 1. Les couches de phtanite deviennent plus irrégulières, contournées ; en même temps, des noyaux de calcaire gris bleu et des blocs arrondis de quartzite grenu, gris ou blanc, s'intercalent dans les lits de phtanite. Puis, on rencontre un épais conglomérat de blocs, de toutes tailles et plus ou moins arrondis, de granité à mica noir, de quartzites de teinte claire, micacés ou feldspathiques, de quartz blanc, etc.
Ce conglomérat s'amincit à droite et à gauche, mais reparaît à plusieurs reprises dans le sens de la direction.
Dans le plan de notre coupe, on rencontre ensuite, pendant environ 30 mètres, des couches assez irrégulières de phtanite noir et d'oolithe siliceuse, renfermant des blocs, quelquefois énormes, des diverses roches mentionnées dans le conglomérat précédent et d'une roche éruptive noire. En plusieurs points, les blocs étrangers sont assez rapprochés pour constituer un conglomérat. Les blocs arrondis de granité à mica noir ont souveht un volume de plusieurs mètres cubes.
2. - Vers la limite de la plateforme, on arrive à des schistes argileux, gris noir, non feuilletés, remplis de cailloux roulés, de taille modérée, de phtanite noir, de jaspe, d'oolithe siliceuse, de granite.de quartzite micacé, de quartz blanc, etc. Ce poudingue, sans stratification visible, constitae les collines, qui bordent, au sud, la plateforme des sources salines. A 300 mètres de la plateforme, les galets du poudingue deviennent rares, puis disparaissent et la roche passe à des schistes argileux, brun rougeâtre foncé, identiques à ceux du système de Katèté. Nous allons d'ailleurs rencontrer ce système bien développé vers le sud.
Je pense qu'il faut voir, dans la zone E de la coupe fig. 8, la juxtaposition de deux poudingues d'âge très différent, dont l'un est la base du système de Moachia et l'autre celle du système de Katété. Le premier (1 de la zone E) est représenté par des couches de phtanite, renfermant des blocs, en général très volumineux, parfois colossaux, isolés ou réunis en conglomérats, de granité à mica noir, de quartzites ayant tous les caractères de quartzites archéens, de quartz blanc et de diverses autres roches; le second 'partie 2 de la zone E) est formé d'une pâte de matière schisto-argileute, pétrie de cailloux roulés, de petit volume, de toutes les roches qui se trouvent en place plus au nord. Ce poudingue passe, vers iesud, aux schistes de Katété.
Continuons maintenant notre marche vers le sud. D'un camp établi au confluent du ruisseau Moachia, nous remontons la Lufila, en marchant sur la plaine saline et en recoupant, à plusieurs reprises, les couches de Moachia, selon les inflexions de la route. La direction de ces couches n'est pas constante. Puis, nous traversons une zone occupée par le poudingue 2 de la zone E et nous commençons bientôt à nous élever rapidement dans un pays de collines accidentées, en marchant à proximité d'un gros ruisseau torrentiel, le Lupuéchi, que nous traversons à plusieurs reprises. Nous suivons le Lupuéchi jusqu'au village de Kobolo, puis, à travers une région très accidentée, nous rejoignons la Lufila, au village de Locochi.
Le district montueux que nous avons traversé, entre les sources de Moachia et le village de Locochi, constitue le Kunii.
Le Kunii consiste en une série de crêtes, de hauteur croissante, dirigées E.-30°-S., perpendiculairement au cours de la Lufila. Il mène, en amont, à un grand plateau élevé, où la Lufila coule dans une large plaine alluviale. La rivière descend de ce plateau, vers Moachia, par une vallée étroite et profonde, où son cours est coupé de chutes et de rapides.
Le versant septentrional du Kunii est le prolongement, vers l'est, de l'escarpement qui limite, au sud, la grande plaine de Bunkéa et qui mène au haut plateau de la Mufufia. La Bunkéa, comme la Lufila, descend du haut plateau dans la plaine inférieure, par une succession de cascades (v. p. 47).
L'escarpement du Kunii constitue un trait orographique qui, vu de la plaine de Bunkéa, ou des environs de Moachia, se présente comme une chaîne de collines escarpées, mais qui n'est, en réalité, que le bord d'un
plateau constituant l'étage méridional du bassin de la Lufila.
Le long de la Lufila, le Kunii est constitué par des couches verticales, orientées N.-30°-W., d'un grès rouge foncé, à grain fin, très compacte, pointillé de quelques grains de feldspath altéré, en bancs plus ou moins schistoïdes, a; ces bancs forment des zones qui alternent avec des strates de schistes argileux, rouge brun, b ) les grès constituant généralement les crêtes et les schistes occupant le fond des vallées qui les séparent. (Fig. 10.)
Fig. 10.
(loupe schématique «lu Kunii, le Imijr de la Lullla, entre Moachia cl Ln'ochi.
Je range ces grès et schistes rouge foncé, avec le poudingue des sources de Moachia, dans mon système de Katété.
La dernière crête traversée, avant d'arriver au plateau, près du village de Locochi, au-delà de la vallée du ruisseau Kassala, est constituée par des schistes siliceux, finement rubanés, passant souvent à des phtanites gris, alternant avec des bancs épais de quartzites caverneux, cariés, rappelant -beaucoup ceux du Mont Kambobé (v. p. 95).
Ces roches renferment beaucoup de veines de quartz blanc, où sont empâtés de gros cristaux de magnétite (octaèdres, cuboctaèdres, etc.).
Ces couches sont sensiblement verticales et orientées E.-20°-S. Je les rapporte au système de Moachia.
En quittant Locochi, nous marchons dans la grande plaine, à peine ondulée, où coule la Lufila. On rencontre d'abord quelques blocs épars d'oolithe siliceuse, du système de Moachia.
Dans le lit du ruisseau Kafula, se montrent des quartzites cariés, analogues à ceux de Locochi. Un peu plus loin, apparaissent des grès rouge brun, rappelant ceux du Kunii et au-delà, des blocs d'oolithe siliceuse, très altérée, de quartzite, etc. Sur les bords du ruisseau Luembé, se montre un bel affleurement du poudingue de base du système de Katété, renfermant des cailloux roulés de quartz, de quartzite, d'oolithe siliceuse, etc., disséminés dans une pâte schisto-gréseuse, gris bleu.
La Lufila coule, désormais, dans une grande plaine horizontale, que les eaux envahissent à la saison des pluies ; la rivière est bordée d'une large zone d'alluvions. A l'horizon, du sud-est au sud-ouest, se profilent les contours de collines surbaissées. Jusqu'au village de Katanga, situé à proximité des premières collines, on chemine dans la plaine régulière, ne laissant voir aucun affleurement, ni même le moindre caillou à la surface du sol. Près du village, j'ai trouvé quelques blocs de quartzite blanc et de quartzite rougeâtre, ayant servi de meules et, par conséquent, apportés. Ce sont des roches analogues aux quartzites du Lufnbo.