‹ Observations sur les terrains anciens du Katanga faites au cours de lChapitre 12 sur 51 · Arkose altérée, peu visible · texte numérisé non relu

Arkose altérée, peu visible

2. Schistes siliceux, phtanitiques, jaspeux, durs, rubanés, grisâtres.

3. Chert silexoïde gris, compacte, homogène, oolithique, par zones et par places.

4. Oligiste compacte, lithoïde, massif, homogène, ou mêlé de quartz, par places.

5. Analogue à 3, mais entièrement oolithique. Identique aux oolithes siliceuses de Moachia.

6. Schistes analogues à 2, gris légèrement verdâtre, devenant jaunes, rouges, etc. par altération.

7. Arkose très altérée, se présentant, à la surface, comme un grès grossier, poreux, chargé de feldspath altéré.

L'oligiste est éboulé, sur le flanc occidental de la colline, et y forme un déluge de blocs, quelquefois énormes.

Les couches 2, 3, 5 et 6 de la coupe précédente sont formées de roches caractérisques dix système de Moachia. I/arkose est un élément que je n'ai pas rencontré aux sources de Moachia, mais qui semble, ici, faire partie du même ensemble que les schistes siliceux et Foolithe.

La disposition des différentes assises qui constituent la colline de Moa-Molulu est remarquablement symétrique, de chaque côté de l'amas d'oligiste. Il est très probable que nous avons affaire à un pli anticlinal ayant pour axe Pâmas d'oligiste; Pintercalation de celui-ci entre deux strates d'oolithe siliceuse ne serait donc qu'accidentelle.

Au-delà de la colline de Moa-Molulu, on marche sur un plateau irrégulier, où l'on voit bientôt affleurer des schistes calcareux et des calcaires compactes, de teinte gris terne, en bancs verticaux, orientés N.-25"-W. Ces

schistes et ces calcaires font partie du système de Katété.

Un peu au-delà, on traverse le ruisseau Iauinbi, où se voit un bel affleurement de schistes brun noirâtre, du même système, orientés N.-45°-W., presque verticaux, ou légèrement inclinés vers le sud-ouest.

Au-delà de la vallée du ruisseau Inumbi, on s'élève sur un plateau étroit et allongé, séparant deux vallées ; la route suit ce plateau, pendant deux kilomètres, dans la direction est-sud-est. Vers le nord-est de ce massif, on en distingue plusieurs autres, ayant la même direction, et séparés entre eux par des vallées peu larges. Ces massifs allongés, parallèles, sont formés par les couches du système de Katétê, à peu près verticales, et orientées N.-60°-W. Ce sont, d'abord, des schistes brun noirâtre, analogues à ceux qui affleurent dans le lit du ruisseau Inumbi ; puis, ils deviennent rouge foncé et légèrement micacés, se rapprochant ainsi des schistes des Monts Kunii; plus à Test encore, apparaissent des bancs verticaux de grès à grain fin, brun rouge foncé, très cohérents, identiques à ceux du Kunii.

Vers le sud-est, les massifs parallèles, indiqués plus haut, sont brusquement coupés transversalement par une large vallée, où coulent la rivière Bussumba et une série de ses affluents. En descendant dans cette vallée, on rencontre des affleurements de schistes argileux, foncés, et, de temps en temps, notamment sur les bords des ruisseaux torrentiels Inambulangi et Lusabila, des bancs de grès ou de calcaire.

Au delà du Lusabila, le terrain se relève assez fortement et nous passons sur des collines, où se montrent de nouveau des schistes argileux, brun noirâtre, avec bancs de grès et de calcaire. Les couches sont verticales et dirigées N.-75°-E.

Passé la vallée marécageuse de la Bussumba, on revoit,

sur d'autres collines, les mêmes roches, puis, on arrive au ruisseau Boa, qui décrit des méandres dans une large vallée, qui se réunit, vers le nord, à celle de la Bussumba.

Du Boa au ruisseau Luampoko, on marche dans une plaine basse, submergée à la saison des pluies. Dans le lit du Luampoko, affleurent des schistes argileux, brun noirâtre, orientés N.-80°-W. et inclinés de 30° vers le nord. Sur la rive droite, une colline surbaissée montre des affleurements de grès gris noir, à grain très fin, orientés E.-W. et inclinés de 30* vers le N. Au delà, on revoit des affleurements schisteux, peu nets, puis, on entre dans la plaine basse, large de 3 à 4 kilomètres, et formée d'alluvions grisâtres, qui borde la Bussumba. Cette plaine est bordée, au nord et au sud, par des collines surbaissées; on repasse un instant sur les collines de la rive droite et Ton arrive bientôt au village de Katété, situé sur les rives marécageuses du ruisseau Kibalé.

A partir de Katété, et avant de revenir par la même route jusque Moa-Molulu, j'ai poussé une reconnaissance jusqu'au gîte de malachite de Kioabana, situé à 7 kilomètres au nord-est.

Sur la rive droite du ruisseau Kibaié et à un kilomètre à Test de Katété, se trouve une colline isolée, appelée Ilanga, où Ton voit des affleurements de grès rouge brun foncé, à grain fin et compacte, du système de Katété.

Au delà, on suit, pendant cinq kilomètres, un long plateau, qui s'étend de Test à Pouest ; on n'y voit aucun affleurement, mais on y trouve, à la surface du sol, des blocs de Poolithe siliceuse du système de Moachia, de grès ou de quartzite blanc, altéré, et beaucoup de quartz blanc, en cailloux anguleux.

On marche ensuite vers le nord-nord-est, à travers des collines peu élevées, où Ton rencontre un affleurement de

schistes, rouge brun foncé, orientés N.-45°-E. et inclinés de 30* vers le S.. Dans le ravin d'un ruisseau, se voient des blocs de schistes siliceux, jaspeux, gris, zones de noir, très durs. C'est une roche du système de Moaehia.

ïig. 14.

Coupe du gile de malachite de Kioabana.

On arrive bientôt sur une colline allongée dans le sens N-E.-S-W., où se trouve le gisement de malachite de Kioabana. Cette colline est constituée par des couches appartenant au système de Katété, dirigées N.-45°-E. et inclinées de 45° vers le N-W. La figure 14 en représente la coupe.

a. — Grès rougeâtre ou grisâtre, à grain assez fin, dur, finement micacé, disposé en bancs épais.

b. — Schistes argileux, tendres, bien feuilletés, à grain très fin, de teinte gris verdâtre clair. Les feuillets sont revêtus de minces enduits de malachite et de limonite.

A 300 mètres au nord-est du gîte de malachite, se trouve une colline conique, constituée par des schistes grossiers, non fissiles, rouge foncé, pénétrés de silice et d'oligiste, en grande partie transformée en limonite.

Du sommet de la colline précédente, on a une vue superbe sur le pays. Dans la région comprise entre le sudest et le nord-ouest, en passant par le sud, on voit une série de vallées, séparées par des croupes déprimées, se diriger vers le nord-est et aboutira une vallée plus large, nettement accusée, orientée N.~20°-W. C'est la vallée de la Kafila, rivière que nous avons précédemment traversée, près de son confluent avec la Lufila (v. p. 51). Au-delà de la vallée, s'élève une chaîne de collines, formant un

rempart élevé; c'est le prolongement sud-est de l'escarpement du Kundelungu (v. p. 52).

Vers Test, on voit ce rampart s'atténuer assez brusquement.

Entre le nord-ouest et l'ouest, on voit de très hautes collines en forme de croupes, allongées vers l'ouest. C'est le prolongement du Kunii (v. p. 59).

Mines de cuivre de Kimbui et Inambuloa. — Ces mines sont situées à environ 13 kilomètres au S.-30°-E.deMoa- Molulu. Elles sont ouvertes dans deux petites collines très voisines, faisant saillie sur un pays en plateau, légèrement ondulé. Ces deux collines sont alignées et allongées dans le sens N.-25°-W. ? qui correspond à peu près à la direction générale des couches. Celles-ci sont, toutefois, assez fortement ondulées en direction.

1° Kimbui. — Cette colline, la plus élevée, présente une partie escarpée, reposant sur une sorte de soubassement en pente plus douce. Les couches qui la constituent sont disposées en éventail par rapport à l'axe de la colline. Tout à fait verticales dans le plan médian, elles s'écartent, de chaque côté, de plus en plus de la perpendiculaire, en offrant une succession symétrique de strates, correspondant probablement à un pli synclinal, ou à un anticlinal en éventail.

Fig. I».

Coupe prise aux mines de cuivre de Kimbui

En partant de Taxe de la colline, on rencontre successivement :

a. — Schistes siliceux, phtanitiques, blancs, grisâtres,

ou rougeâtres, très durs, assez fissiles, renfermant beaucoup de veines de quartz.

b. - Schistes siliceux, très feuilletés.

c. - Brèche grossière, formée de fragments de schistes altérés, pourris^ limoniteux. Cette brèche est remplie de malachite, en amas ou en enduits ; elle a été activement exploitée par les indigènes.

d. — Quartzites caverneux, cariés.

e. — Schistes blancs, tendres, fissiles.

2° Inambuloa. — C'est une colline surbaissée, aplatie, inférieure de 35 mètres à la précédente. Les couches sont dans le prolongement de celles du Kimbui, auxquelles elles correspondent, mais les schistes y sont très altérés, blancs, tendres, et se désagrègent, sous les influences météoriques, en une argile gris blanc, très abondante, que les pluies entraînent sur les pentes a voisinantes.

La malachite s'y rencontre dans des schistes tendres, très feuilletés, vert clair, qui en sont complètement imprégnés et en petits amas disséminés.

Les plissements ramènent probablement les couches de ces deux collines un peu plus à Test, car, dans cette direction, on trouve des amas considérables de quartzites caverneux, analogues à ceux du Kimbui.

Les couches du Kimbui et de PInambuloa appartiennent au système de Moachia.

VIL — Itinéraire de Moapé à Moa-Moluln.

Le village de Moapé est, avec celui de Moasompué, situé à 110 kilomètres vers l'ouest, à peu près sous la même latitude, le point le plus méridional qui ait été atteint par mes recherches géologiques.

Moapé se trouve, à l'altitude de 1240 mètres, aux extrêmes limites du bassin du Congo. Les ruisseaux qui naissent aux environs de cette localité mènent leurs eaux, les uns au Lufubo, affluent direct du Luapula, les autres au Loëngé ou Kafué, affluent du Zambèse; des ruisseaux coulant dans des directions opposées sortent souvent d'un même marécage, et, à l'époque des fortes pluies, les grandes mares, qui se forment si aisément sur ce sol peu perméable, servent de sources communes à des ruisseaux coulant, les uns vers le Congo, les autres vers le Zambèse. J'ai déjà fait ressortir ce caractère d'indécision, ce manque de netteté, de la ligne de partage Congo-Zambèse ; il n'est, nulle part, plus remarquable qu'aux environs de Moapé. Le pays est un vaste plateau, à peine légèrement ondulé; on n'y voit même pas ces collines coniques de minerai de fer, si abondantes plus à l'ouest, vers les sources du Lualaba. Les ruisseaux coulent dans de larges vallées, ordinairement marécageuses, et à peine déprimées sous le niveau général du plateau.

On comprend que, dans un tel pays, les affleurements rocheux soient rares. Le sol y est généralement formé d'un dépôt argilo-sableux jaunâtre qui, à cette altitude et dans une région où ne coulent que des ruisselets insignifiants, à peine naissants, doit nécessairement être bien un produit d'altération, sur place, des roches du sous-sol. On y trouve mêlée, presque partout, une énorme quantité de blocs et de cailloux de quartz, toujours anguleux, provenant des veines des roches schisteuses sous-jacentes. Jamais, je n'ai trouvé de cailloux roulés, parmi ces dépôts des hauts plateaux, si ce n'est ceux qui peuvent provenir de la décomposition de poudingues.

A quatre kilomètres au nord est de Moapé, on traverse le ruisseau Kingandu, dans lequel on voit des schistes

à g*am fin, très altérés, gris verdâtre clair. Cette teinte peut faire supposer qu'on a affaire là aux chloritoschistes du gué du Lualaba, à Kafunda-Mikopo; mais l'état d'altération de la roche ne permet de rien conclure de certain à cet égard.

De là, le plateau s'abaisse lentement vers le nord, jusqu'au Lufubo ; on ne voit plus que des blocs de quartz blanc, en grande quantité, et souvent énormes, à moitié enfouis dans le dépôt terreux superficiel.

Trois kilomètres environ avant Kilassa, on traverse le ruisseau Kamapongo ; on trouve, sur ses rives, un bel affleurement d'un calcaire siliceux, gris clair, finement micacé, en bancs orientés N.-60 o -W. et inclinés de 45" vers le N-E.

Fig. H).

Croquis des environs do Kilassa.

Nous atteignons le Lufubo, affluent du Luapula, au village de Kilassa; la vallée, peu accusée, offre quelques affleurements intéressants (fig. 16).

A deux kilomètres en aval du village et sur la rive droite, se trouvent deux collines assez escarpées, faisant partie d'un groupe isolé, dont le point culminant s'élève

de 50 mètres au-dessus de la rivière; ce groupe fora»*, eu réalité, deux crêtes, orientées environ N-W.-S-E. La masse principale de la colline méridionale est constituée par d'énormes bancs verticaux d'un grès très cohérent ou quartzite très grossier, passant au poudingue, par la grosseur des grains, quelquefois feldspathique et passant à l'arkose, ou ferrugineux, de couleur rouge ou rose ; par altération, la roche devient friable et prend l'aspect d'un grès blanc ou gris.

La direction des bancs est exactement N.-60°-W. (v.%16).

La roche s'éboule, en gros blocs, sur les flancs de la colline et cache les affleurements qui peuvent s'y trouver. On peut cependant constater que, du côté sud-ouest, des schistes noirâtres (2) font suite aux quartzites. Du côté nord-est, on trouve, dans l'intervalle qui sépare les deux collines, des schistes paraissant altérés, gréseux, rouge brique, pourprés ou grià, assez fissiles (3). Quant à la petite colline, elle présente, du côté sud-ouest, des blocs éboulés de schistes argileux, à grain fin, tendres, fissiles, grisâtres (4).

Le quartzite rougeâtre à gros éléments que nous venons de voir en place ne diffère pas de celui que nous avons rencontré à Vêtat de galets dans le poudingue du système du Pays des Bassanga, notamment entre Ntenké et Katanga, entre Katanga et Moa-Molulu, sur l'itinéraire de Ntenké au Mont Kambofté et que nous retrouverons bientôt sur la route de Kilassa à Moa- Molulu et sur celle de Moapé à Ntenké, inclus dans le poudingue du système de Kilassa et dans celui du système des Monts Muïombo.

Ce quartzite fait partie d'une formation plus ancienne que les systèmes du Pays des Bassanga et des Monts Muïombo, et que j'appelle système de$ quartzites du Lufubo.

De plus, les quartzites du Luf ubo sont identiques aux quartzites qui constituent une zone importante du système du Nzilo sur le Lualaba (v. p. 137) et qu'on retrouve également, à l'état de galets, dans les poudingues du système de Katété et du système de Kafunda-Mikopo.

Revenons à nos observations près de Kilassa. La direction des bancs de quartzite précédents, prolongée vers le nord-ouest, croise la route de Moa-Molulu, entre le Lufubo et le ruisseau Kiamata. Du grand nombre de blocs, que l'on trouve accumulés en cet endroit (5). on peut conclure que la zone de quartzites y passe réellement.

Au sud de la ligne qui réunit ces affleurements à la colline principale, on trouve, dans le lit même du Lufubo, des schistes argileux, tendres, à grain très fin, charbonneux, d'un noir mat, dirigés N.-60*- W. et inclinés de 30° vers le N-E. i6). Ces schistes passent au poudingue, par suite de la présence d'un grand nombre de galets de toute taille, quelquefois énormes. Ces galets sont des fragments de quartz blanc, de quartzite rouge, à divers états d'altération, de phtanite noir, etc. Sur la route, on trouve le prolongement de ces couches, à l'état d'affleurements confus de schistes noirâtres et de blocs arrondis de quartz, de quartzite et de phtanite, épars sur le sol (7).

Nous avons vu plus haut que la même zone se retrouve au bas du flanc sud-ouest de la colline de quartzite rouge.

Au sud-ouest de la zone de poudingue noir, on trouve, dans le lit d'un ruisseau, entre le village de Kilassa et les collines, un bel affleurement d'un calcaire compacte, grisbleu, dirigé environ N.-60°-W. et incliné vers le N-E. (8).

Le poudingue noir, les schistes qui l'accompagnent et le calcaire gris bleu constituent mon système de Kilassa,

identique, par tous ses caractères, au système de Kafunda- Mikopo, des rives du Lualaba.

Du côté nord de la zone du quartzite rouge, près du ruisseau Kiamata (9), on trouve, d'abord, des schistes siliceux, à grain fin, rouge foncé, ou altérés en gris, en bancs dirigés N.-60°-W. et inclinés de 55 B vers le S-E. Au-delà, plus près du ruisseau, affleure un schiste siliceux, blanchâtre, zone de rouge, dur. C'est une sorte de phtanite. On trouve, en cet endroit, énormément de blocs de quartz blanc, épars sur le sol.

Je classe ces schistes siliceux à côté des quartzites rouges; on en retrouve des fragments, mêlés à des galets de quartzite, dans le poudingue noir du système de Kilassa.

Continuons maintenant notre marche vers le nord, dans la direction de Moa-Molulu.

Au-delà du ruisseau Kiamata, on marche sur un plateau irrégulier, où Ton ne trouve que quelques blocs épars de grès blanc, à gros grain, qui paraissent représenter les quartzites du Lufubo, à l'état d'altération. Dans le lit de la rivière Kissanga, on trouve en abondance des blocs plus ou moins' arrondis d'un quartzite blanc, compacte, très cohérent, d'un quartzite noir bleuâtre et d'un poudingue quartzeux, très dur, formé de fragments de quartz blanc et de quartz opalin, avec mica noir.

A un kilomètre au nord de la rivière, on retrouve des blocs d'un quartzite noir bleuâtre.

Ces divers quartzites, rencontrés, depuis le Lufubo, à l'état de blocs généralement arrondis, correspondent probablement aux éléments d'un poudingue analogue à celui du système de Kilassa.

Plus au nord, on voit apparaître des blocs d'un grès à très gros grains de quartz, cimentés par du feldspath

altéré et, au-delà, un grès fin, rouge clair, également feldspathique. Puis, jusqu'au ruisseau Kalabi, on marche sur un sol semblant constitué par des schistes, mais sans affleurement net. Dans le lit du Kalabi, se montre un schiste très calcareux, à grain fin, tendre, gris ardoise. Nous sommes maintenant sur le territoire occupé par la formation dont je fais le système des Monts Muïombo.

Sur le plateau qui s'étend au-delà du Kalabi, on voit des affleurements peu nets de schistes argileux, rouge foncé, à grain fin, fissiles; le plateau est schisteux jusqu'à la rivière Lubumbagi, et Ton trouve, sur le sol, beaucoup de quartz blanc, avec oligiste lamellaire.

Le Lubumbagi coule dans une vallée marécageuse, assez large, mais peu profonde. Sur le versant nord de cette vallée, on voit des schistes argileux, gris bleu, et beaucoup de quartz blanc.

Sur les bords du ruisseau Kakiéwé, on ne trouve que des alluvions argileuses. A un kilomètre au-delà, en montant une pente douce, on voit apparaître des schistes bleuâtres, traversés par de minces veinules d'oligiste lamellaire et des schistes gréseux, rouges, chargés de paillettes d'oligiste. Plus haut, on trouve des schistes argileux, rouge foncé, à grain fin, et de gros blocs de limonite compacte. Au point culminant de la montée, affleurent des schistes argileux, rouges, à grain fin, non fissiles, empâtant de nombreux galets de quartz et passant au poudingue. Cette zone de poudingue correspond à une rangée de collines peu élevées, orientées à peu près N.-70°-W.

En descendant la pente opposée de ces collines, on trouve, d'abord, des blocs d'un grès quartzeux, rouge, à très gros grain, passant à un poudingue fin, de grès

qttartzeux, plus fin, ronge, compacte, gris blanchâtre, de quartzite blanc, grenu et de quartz blanc. Ces grès ou qnartzites rappellent ceux du Lufubo et représentent, probablement, ici, les éléments d'un poudingue.

A un kilomètre plus au nord, on voit des affleurements de grès durs, blanc grisâtre, zones de rouge, passant au quartzite, pénétrés d'oligiste écailleux et présentant de nombreuses cavités octaédriques de plusieurs millimètres de diamètre.

i So ..v»**,

Coupe d'

une

colline

au sud des

mines

du Lusuicbi.

Quinze cents mètres plus loin, on traverse une rangée de petites collines, alignées est-ouest, et présentant nettement la coupe suivante (fig. 17) :

1. — Schistes gréseux, rouges, bien stratifiés, a \ altérés, par places, en jaune ou gris. Les joints sont

i souvent tapissés d'enduits d'oligiste lamellaire.

( 2. — Schistes argileux à grain fin, bleuâtres.

, 3. — Grès à très gros grain, quartzeux, cimenté

l par du feldspath altéré farkose.) B. < 4. — Schistes argileux, bleuâtres, altérés.

j 5. — Schistes siliceux, blancs, durs, altérés, ana-

I logues à certaines roches des mines du Lusuichi.

Ces couches sont orientées est-ouest et inclinées de 30* vers le sud. Le groupe B avec Parkose (3; et les schistes siliceux (5) se rapproche du système de Moachia.

A trois kilomètres au nord de ce point, on arrive aux mines de cuimv du Lusuichi,

Ces mines sont situées à proximité de la source du ruisseau Lusuichi.

Ce cours d'eau se dirige vers Test, dans une vallée assez large, comprise entre la chaîne de collines précédente et la chaîne des Monts Muïombo, qui s'élève plus au nord. A l'ouest de la source, se dresse un groupe de collines, renfermant des gîtes de malachite, qui ont été activement exploités par les indigènes.

Les exploitations ont été pratiquées dans deux collines principales dont la plus occidentale est à l'ouest-nordouest de l'autre. La colline orientale est la plus élevée.

Fig. i8.

Coupe des mines de cuivre du Lusuichi.

Les nombreuses excavations, creusées par les indigènes, pour l'extraction du minerai, m'ont permis de me rendre un compte assez net de la nature du gisement. La fig. 18 représente une coupe menée du sud au nord, à travers la colline principale.

On y rencontre, en marchant du sud au nord :

a. — Schistes non fissiles, blancs ou grisâtres, tendres, criblés de cavités octaédriques, occupées par de la limonite, ou vides.

b. — Schistes grisâtres ou blanchâtres, nettement stratifiés, en bancs devenus caverneux, bu fortement imprégnés de quartz, et prenant un aspect plus ou moins rubané. Les cavités des parties caverneuses renferment beaucoup de quartz cristallisé et de limonite compacte.

<\ — Schistes siliceux, gris, rubanés, durs.

d. — Couches schisteuses, bréchif ormes, blanches, tendres.

e. — Schistes blancs, tendres, renfermant des bancs puissants de liinonite compacte et des amas de malachite et d'oligiste pulvérulent.

f. - Schistes siliceux, rougeâtres, grisâtres ou blanchâtres, pénétrés de quartz, au point de passer à un véritable quartzite schistoïde.Ils sont, en général, compactes et durs; certains bancs sont caverneux, d'autres, tendres et bleuâtres. Ces couches renferment de nombreuses veines de quartz, mais pas de malachite ni de limonite.

//. — Schistes bleuâtres, tendres, peu fissiles, contenant de la malachite.

//. — Schistes non fissiles, blancs ou grisâtres, tendres, talqueux et cuprifères.

/. — Couches schisteuses, bréchiformes, peu dures, gris verdâtre, imprégnées de malachite et d'oligiste pulvérulent.

k. — Schistes siliceux, gris, durs, très fissiles, avec malachite et limonite abondantes.

/. — Schistes siliceux, gris ou noirs, peu durs, assez fissiles.

m. — Schistes siliceux, bleuâtres, assez tendres, très fissiles, en une couche épaisse, renfermant énormément de malachite en enduits, amas, etc., de limonite et d'oligiste pulvérulent. Cette zone a été activement exploitée.

m. — Schistes siliceux, gris, durs, d'aspect rubané.

o. — Schistes bréchiformes, blanchâtres ou gris, pénétrés de quartz blanc.

p. — Schistes identiques à n.

q. — Brèche formée de fragments de schiste blanc, rose ou gris, avec malachite, limonite et oligiste pulvé-

raient. Les schistes blancs sont tendres et pénétrés de talc; ce minéral forme, en outre, beaucoup de petits amas d'écaillés nacrées.

Les bancs de brèche ont souvent une apparence caverneuse. Certains sont, en outre, imprégnés de quartz, de façon à passer à un quartzite caverneux, à cavités remplies de quartz cristallisé.

Ces couches sont dirigées N.-70 à 80°-E., verticales ou fortement redressées.

En continuant vers le nord, on trouve une alternance de couches de schiste siliceux, dur et de couches bréchiformes ou caverneuses. Celles-ci sont très riches en malachite, et ont été Pobjet d'une exploitation très importante.

La seconde colline présente, vers son sommet, des schistes durs, analogues à /, mais orientés N.-TO'-W. et inclinés de 80° vers le N. L'inclinaison est donc inverse et la diroction sensiblement différente de ce qu'elle est dans la première colline.

La réapparition des schistes /', sur la seconde colline, semble indiquer la présence d'un pli synclinal, dans le creux duquel se trouvent les couches bréchiformes. En effet, sur le flanc sud de cette dernière colline, on voit une série de bancs de quartzite caverneux, alternant avec des zones de schistes siliceux, durs.

Les couches des mines du Lusuichi présentent une analogie très grande avec oelles du Mont Kambobé ; je les rapporte comme celles-ci au système da Moachia.

Au nord de la vallée où se trouve la source du Lusuichi, et à trois kilomètres de cette source, on pénètre dans la chaine des Monts Muïombo, formés d'une série de crêtes orientées N.-45°-W. et groupées en un système dirigé E.-W. Un point culminant, non loin de la route, est à laïcote 1340.

La roche qui constitue ces collines est un schiste gréseux, à grain fin, finement micacé, rouge brique* foncé, on gris, par altération.

Au-delà des collines, on marche sur uu'plateau, où Ton voit de vagues affleurements des mêmes schistes gréseux, rouges, ou altérés en gris, jusqu'au ruisseau Muïombo.

Dans l'étroite vallée du Muïombo, je trouve quelques blocs isolés, consistant en un schiste argileux, rouge, un grès dur, à grain fin, gris, un grès rougeâtre, formé de très gros grains de quartz hyalin, reliés par un ciment ferrugineux, rouge, abondant, parsemé de feldspath altéré.

Au nord du ruisseau Muïombo, on pénètre de nouveau dans un système de collines orientées N.-45°-W.

Les premières que l'on rencontre semblent formées de grès rouge. A un certain endroit, on passe par un col, séparant deux collines assez élevées; au col même, se trouve un schiste argileux, rouge brique; la colline de gauche est formée de schistes gréseux, rouges ou gris, renfermant beaucoup d'oligiste écailleux; celle de droite est constituée par du grès rouge. Je n'ai aucune donnée sur la disposition des couches, mais la direction semble avoir une tendance à se rapprocher du méridien.

A un kilomètre plus au nord, la même disposition se répète; vers l'ouest, se trouve une colline formée d'un schiste argileux, gris, à grain très fin, finement micacé, fortement chargé, par places, de paillettes d'oligiste ; en outre, la roche renferme de nombreuses veines de ce minéral, remarquablement écailleux, empâté dans du quartz blanc, grenu. Il y a là un important gisement de minerai de fer.

La colline orientale, beaucoup plus élevée, est couverte do blocs d'un quartzite fin, finement micacé, rouge, ou

altéré en un grès gris ou blanc. Ce quartzite renferme de nombreux grenats, atteignant 2 millimètres. Quelle est la signification de ces blocs de quartzite? Ne sont-ils que les éléments d'un poudingue, ou représentent-ils un pointement des quartzites du Lufubo ? L'absence de toute roche en place ne permet de rien conclure.

On marche ensuite sur un plateau, où je ne trouve qu'un bloc isolé de schiste gréseux, rouge, tendre, fortement altéré. On ne voit aucun affleurement jusqu'au ruisseau Mikalo. C'est le dernier cours d'eau du bassin du Lufubo, que nous rencontrons vers le nord. Il coule dans une vallée assez large, occupée par d'épaisses alluvions argileuses, grisâtres.

En partant du Mikalo, on s'élève lentement jusqu'à l'altitude 1280; c'est là que passe la ligne de partage entre les eaux du Lufubo et celles de la Lufila et, par conséquent, entre le bassin du Lualaba et celui du Luapula.

En cet endroit, s'élèvent des collines alignées N.-45°-W., couvertes de blocs éboulés. Au bas de ces collines, on trouve des schistes rouge sang et des schistes gris, imprégnés de silice et remplis d'oligiste en écailles. Tous ces schistes empâtent des cailloux roulés de quartz, des fragments de grès, de quartzites, de schistes plus anciens, etc. Plus haut, on trouve les mêmes roches, mêlées à des grès blancs, purs, des grès gris, purs et du quartz blanc. De même que pour les collines du nord du Muïombo, ces blocs se trouvent ici à Fétat de galets, dans les schistes ou bien proviennent d'un pointement de la formation des quartzites du Lufubo. En tous cas, la roche qui les forme provient de cet horizon.

Les schistes de ces collines renferment de nombreuses et minces veinules de quartz.

Plus au nord, à trois kilomètres de Makaka, on ren-

contre un pointement de schiste argileux, rouge sang, rempli de cailloux de quartz.

On traverse le Luembé et, au-delà, avant le village de Makaka, on trouve des schistes bruns, durs, avec petits cailloux de quartz et des blocs d'un grès gris violacé, à très gros grain, ne paraissant pas feldspathique.

En quittant Makaka on retraverse le Luembé et, à trois kilomètres au-delà, on voit affleurer des schistes argileux, gris, orientés N.-45°-W. Puis, après un long trajet sur un plateau n'offrant aucun affleurement, on trouve, dans le lit d'un ruisseau, des couches verticales, orientées N. -45°- W., d'un calcaire schistoïde,gris, terne, compacte, alternant avec des schistes calcareux, de môme teinte.

Enfin, non loin de Moa-Moluhi, on trouve, sur le sol, des blocs de grès ou de quartzite altéré, blanc, rappelant les quartzites du Lufubo.

A l'est de Moa-Molulu, se présentent, comme nous l'avons déjà vu, les couches du système de Katété, bieu caractérisées.

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