‹ Observations sur les terrains anciens du Katanga faites au cours de lChapitre 18 sur 51 · Schistes calcareux (peu visibles · texte numérisé non relu

Schistes calcareux (peu visibles

2. — Zone comprenant d'abord des schistes siliceux, gris, durs, jaspoïdes, puis des schistes rouges et des schistes gris bleu, altérés.

Cette zone est dans le prolongement de la zone 2 de la coupe précédente.

3. — Bancs de quartzite blanc avec zones caverneuses, criblées de cavités octaédriques, suivis de schistes siliceux, imprégnés de magnétite, d'oligiste, de limonite, etc.

Cette zone répond à 3 de la figure précédente. a. — Masse de magnétite.

Le poudingue 8-a renferme, à l'état de cailloux roulés, les éléments des couches voisines. U représente ici la

base du syètème du Pays des Basmnga ; les autres couches des deux coupes précédentes se rapprochent, par tous leurs caractères, du système de Moachia. Le poudingue semble avoir formé ici une voûte anticlinale, aujourd'hui dénudée.

A ces couches, est subordonné un important gisement de minerai de fer, représenté surtout par de la magnétite, plus ou moins mélangée d'oligiste, par places. Les rapports du minerai avec les couches sont peu visibles; il paraît former un amas, oblique à la direction des couches. Sur le ilanc sud de la colline orientale, on trouve d'énormes blocs, atteignant 50 mètres cubes, de magnétite presque pure, présentant des anfractuosités hérissées de gros octaèdres. En certains endroits, le minerai renferme beaucoup d'oligiste, qui forme, par places, de beaux cristaux spéculaires. La boussole est affolée près du gisement et j'ai dû estimer la direction des couches d'après la position du soleil.

Coupe des collines «le Dilakala (Nlenké).

Une haute colline, située un peu .à l'ouest des précédentes, est constituée par des bancs épais de poudingue, adossés à des schistes siliceux, gris, durs, dont ils renferment des fragments roulés.

Au nord du poudingue, on voit affleurer, dans la plaine, un calcaire argileux grisâtre (fig. 23 j.

J'ai trouvé, aux environs de Ntenké, notamment près

des collines de Ditakata, plusieurs blocs anguleux de diabase, dont je n'ai pas pu découvrir le gisement.

Quittant les collines de Ditakata, nous nous dirigeons vers le sud-ouest, dans la direction deKafunda-Mikopo. Nous trouvons, d'abord, plusieurs rangées de collines orientées est-ouest. On y voit des affleurements de schistes divers, plus ou moins altérés, souvent magnétitifôres, alternant avec des calcaires cristallins, blanc jaunâtre et gris bleu. On trouve sur le sol énormément de blocs de quartz blanc.

Dans le lit de la rivière Mutombo, se montre un calcaire cristallin, aimantifère, en bancs alternativement gris noirâtre et jaune clair, verticaux et dirigés N.-60°-W.; l'épaisseur totale visible est de plus de 50 mètres. Au sud du calcaire, affleurent des schistes jaunâtres, altérés.

Au-delà du Mutombo, le pays devient moins accidenté, mais s'élève graduellement; on ne voit que peu d'affleurements; dans le lit du ruisseau Mutondué, se montre un schiste gris jaune, altéré. Le sol est couvert d'une grande quantité de quartz blanc, en blocs ou en cailloux anguleux.

Nous traversons le ruisseau Mikonkoï ; sur ses rives, affleurent d'épaisses couches, dirigées N.-40"-W. et inclinées de 70° vers le N-E., de schistes durs, jaunâtres ou bruns, jaspeux, peu feuilletas. Dans ces couches, est intercalé un banc, de quatre mètres de puissance, d'un schiste siliceux, brun rougeâtre, friable, pétri de tout petits cristaux de pyrite.

Au-delà, le pays se transforme en un plateau ondulé, très élevé; nous arrivons ainsi à la ligne de partage entre le bassin de la Lufila et celui du Lualaba (1500 mètres). Le pays est couvert d'un épais dépôt terreux, ne laissant rien voir de la nature du sous-sol. Des blocs anguleux de quartz blanc, quelquefois de plusieurs

mètres cubes, abondent à la surface du sol ; on voit des veines de quartz, souvent de un ou deux mètres de puissance, conservées intactes au sein du dépôt superficiel.

Près des sources du Mutombué, affluent du Lualaba, on rencontre un affleurement peu net de schistes jaunâtres altérés. Près de là, se dresse une colline conique, isolée, dominant le plateau d'environ 150 mètres. Elle est exclusivement formée d'un minerai de fer, consistant en une magnétite grenue, mêlée, par place, d'oligiste et parfois accompagnée d'une gangue quartzeuse. An sommet, le minerai est disposé en blocs colossaux, accumulés en désordre; les flancs, jusqu'à la base, sont couverts de gros blocs éboulés. Les rapports avec les couches voisines ne sont pas visibles.

Du sommet de cette colline, le pays se présente comme un vaste plateau, faiblement ondulé. Vers le sud-est, on aperçoit la vallée de la Lufila et, vers le sudouest, celle du Lualaba, très peu accusées et convergeant vers le sud. Au-delà de ces vallées, le plateau s'élève lentement. Dans les directions N.-35 -W., N.-110°-S., N.-130<-S.,N.-135'-S. etN.-160°-S.,on distinguede hautes collines coniques, isolées. La colline N.-135"-S. est celle de Kafunda-Mikopo, décrite à propos de l'itinéraire du Lualaba (pp. 112 à 115). Les affleurements rencontrés depuis la colline précédente jusqu'à Kafunda-Mikopo, sont indiqués dans le même itinéraire.

XI. — Itinéraire des sources du Lualaba au vxmfluent du Lubudi.

(Voir croquis figures 24 et 26).

Le fleuve dont il va être question dans les pages suivantes et quo je considère comme la branche supérieure

du Congo, prend sa source vers 11° 48' lat. S. et 26 e 36' long. E.; il reçoit, à gauche, la Rissola, le Luilu, la Lufupa et le Lubudi, passe entre les lagunes de Kabélé, Upemba, etc., traverse le lac Kissali, reçoit, à gauche, le

Fig, u.

Croqui* du Haut Lualaba jusqu'au confluent de la Lufupa. Les chiffre*» I m 17 de celte Hgurc correspondent à nos endroits de campement.

Luvoï et, à droite, la Lufila et est ensuite rejoint par le Luapula, venant du lac Moëro.

Antérieurement aux expéditions belges au Katanga, on ne possédait que peu de données sur le cours de cette branche supérieure du Congo. En 1874, V. L. Cameron avait pu entrevoir, de loin, la nappe du lac Kissali et, dix ans plus tard, P. Reichard, venant de Bunkéa, avait atteint la rive du lac Upemba. Ni Pun ni l'autre n'avait vu la rivière elle-même. En 1 880, le missionnaire écossais Arnot, dans son trajet de Bihé au Katanga, traversa le Lualaba, à Kazembé, point de passage ordinaire des caravanes de traitants noirs des colonies portugaises, qui se rendaient en grand nombre chez Msiri.

C'était là, pour ainsi dire, le seul point de la rivière qui eût été reconnu avant la première expédition belge, celle de Paul Le Marinel. Cet officier belge franchit le Lualaba, près du village de Katolo, en mars 1891 , par 9° 53 33" lat. S. et le retraversa, quelques mois plus tard, entre les rapides de Kalenoa et le lac Kabélé, vers 9° 15' lat. S.

Bientôt après, du 25 février au 23 mai 1892, Pexpédition Delcommune, après un séjour de deux mois à Mussima (lat. 1 1° 20' 28"), explora la section comprise entre ce point et le confluent de la Lufupa (lat. 10° 10' 20";.. Delcommune avait précédemment visité le lac Kissali et reconnu les confluents du Luvoï et de la Lufila; à la fin de 1892, il explora la section du Lualaba comprise entre le confluent de la Lukuga et celui du Luapula.

Enfin, c'est le 17 septembre 1892 que, venant de Ntenké, l'expédition Bia, dont l'auteur faisait partie, arriva à Kafunda-Mikopo, à quelques kilomètres des sources de l'importante rivière dont nous devions déterminer le cours jusqu'au confluent du Lubudi. En janvier 1892, nous avions exploré le Lualaba aux abords des

lagunes fluviales Kabélé, Upemba, etc. (voir pp. 41 et 42) («).

Sources du Lualaba. — Les sources du Lualaba sont situées vers 11°48' de latitude sud et 28°36' de longitude est, aune altitude de 1530 mètres, non loin des sources de la Lufila. Cette position diffère notablement de celle que Ton trouve indiquée sur les cartes, d'après les données de Capello et Ivens.

Je crois qu'un mot d'explication à ce sujet ne sera pas inutile. Les deux explorateurs portugais, dans leur traversée du continent africain, ont croisé, non loin de sa source, vers 13°35 f lat. S. et 25°20' long. E., un cours d'eau que, sur les dires de leurs guides, ils ont considéré comme étant le Lualaba.

A environ 50 kilomètres au nord-est de ce point, leur itinéraire leur a fait traverser une rivière du nom de Kissora ou Kissola qui serait, d'après eux, un affluent de droite de la première.

Nos explorations ont montré qu'il n'est pas douteux que les deux voyageurs portugais se soient trompés.

L'imposante rivière qui prend sa source près de Kafunda-Mikopo et que nous n'avons cessé de côtoyer jusque non loin de la région des lagunes Upemba, Kabélé, etc., est bien le Lualaba. Si l'on excepte la Lufupa et le Lubudi, elle ne s'unit, par la rive gauche, sur ce long trajet, à aucun cours d'eau de quelque importance, mais elle reçoit de ce côté, vers 11 °38 de latitude, un affluent insignifiant du nom de Rissola, qui ne peut être que la rivière du même nom, vue à sa source par Capello et Ivens.

( ' i Kn -1894, Mohun et Hinde remontèrent le fleuve, de Nyangtie* à la LtiLuga. tniin.en juin et juillet i 896, la section du Congo- Lualaba, comprise entre le lac Kabélé et le confluent du Luapula, a été reconnue par M. Brasseur, résident du Kalanga. Le Congo est donc entièrement connu, de sa source a l'Océan.

Quant au Lualaba de ces voyageurs, je pense qu'il faut le considérer comme le cours supérieur du Lubudi.

Les indigènes de la région appliquent le nom de Lualaba {fleuve père) à une série de rivières importantes (Lualaba vrai, Lufila, Luapula, etc.) et le Lubudi, comme nous Pavons constaté, ne le cède guère en débit au Lualaba lui-même. De plus, au point où Arnot a traversé le Lubudi, il semble bien venir de la région où Capello et Ivens ont cru voir la branche supérieure du Lualaba.

En tous cas, la rivière que nous avons longée, de ses sources jusqu'au Lubudi, porte, sur toute sa longueur le nom de Lualaba, et c'est bien la branche maîtresse de l'important cours d'eau dont Delcommune a vu, près d'Ankolo, le confluent avec le Luapula.

D'après les mesures de Delcommune, le Luapula, ou Lualaba oriental, aurait, au confluent, un débit supérieur à celui de notre Lualaba occidental. Malgré cette circonstance, je préfère considérer ce dernier comme la branche principale du Congo supérieur. La vallée du Congo, en aval du confluent, est bien la continuation de celle du Lualaba occidental.

Ligne de faîte Congo-Zambèse. - Les lignes de faîte qui séparent les grands bassins hydrographiques du continent africain présentent un caractère d'indécision, un manque de netteté tout à fait remarquables. Les trois principaux fleuves de l'Afrique, menant leurs eaux dans trois mers différentes, enchevêtrent les branches de leurs affluents sur de hautes plaines, à pentes mal prononcées. Le plus bel exemple de ce fait, mis en lumière par Junker, est offert par les arbres hydrographiques de l'Ubanghi et du Bahr-el-Ghazal qui, vers l'ouest, présentent chacun les mêmes rapports avec les affluents supérieurs du Chari.

Vers le sud, nous constatons la même absence d'un

relief quelque peu prononcé, à la limite du bassin du Congo et du Zambèse. Iivingstone, Cameron et, plus tard, Arnot, ont déjà insisté sur le peu de netteté de la ligne de faîte qui sépare ces deux bassins. Le petit lac Dilolo, d'après les observations de Livingstone ('), se déverse à la fois dans le Kassaï et dans le Zambèse. a Pendant toute la saison pluvieuse, dit Cameron, l'inondation couvre toute la ligne de faîte qui sépare le Zambèse du Kassaï, affluent du Congo. Les deux bassins s'enchevêtrent de telle façon, qu'il suffirait de creuser un canal d'environ vingt milles, en pays plat, pour les réunir „ (*).

La région d'où descendent, d'une part, le Lualaba et ses affluents, ainsi que le riche faisceau des tributaires du Kassaï, et, d'autre part, le Zambèse et une grande partie de ses affluents supérieurs, se présente avec les aspects d'une véritable pénéplaine; c'est un vaste plateau, légèrement ondulé, formé partout par des terrains anciens, redressés, présentant la tranche de leurs couches arasées, sous un manteau, souvent épais, de dépôts terreux superficiels. Ces dépôts, dans lesquels il faut voir, tantôt des produits de l'altération sur place des roches du sous-sol, plus ou moins remaniés par le ruissellement, tantôt des alluvions anciennes des cours d'eau, consistent en terres meubles, de nature argilo-sableuse, auxquelles une proportion variable d'oxyde ou d'hydroxyde de fer donne des teintes allant du gris clair au rouge vif ou au

(') Explorations dans l'intérieur de l'Afrique australe. Chapitres XVII, XVlll et XXIV.

(*) A travers l'Afrique. (Chap. XXVIII). Le même voyageur écrit, a propos des plaines du Lovalé : « La ligne de faite qui sépare le bassin du Zambèse de celui du Congo, passe au milieu de ces plaines, où, à l'époque des pluies, l'eau vous monte jusqu'à la ceinture; alors, les deux bassins se rejoignent». (Chapitre XXXV).

ronge brun. Us forment, dans les régions qui nous occupent, un revêtement continu, qui atténue encore et arrondit les creux et les éminences que peut présenter le sous-sol.

Ces dépôts superficiels sont généralement riches en argile et, à Y époque des fortes pluies, l'eau s'amasse aisément sur ce sol peu perméable; de grandes mares se forment, dont beaucoup servent de source commune à des ruisseaux appartenant aux deux bassins différents et qui, même à la saison sèche, sortent souvent d'un même marécage.

Ces ruisseaux coulent d'abord lentement, dans des vallées à peine accusées, peu déprimées sous le niveau général, larges et marécageuses. A mesure qu'ils s'éloignent de leurs sources, et augmentent peu à peu d'importance, ces cours d'eau se réunissent et on voit les rivières se creuser graduellement des vallées où elles s'encaissent de plus en plus.

C'est dans ces conditions que naît le Lualaba, dans une région présentant les caractères que je viens d'exposer, mais à laquelle un grand nombre de collines coniques, isolées, et faisant fortement saillie sur le niveau général, donnent l'aspect d'un champ hérissé de taupinières. Ces collines sont des amas de minerai de fer magnétique, n'offrant qu'une prise difficile à l'érosion atmosphérique.

On comprend combien l'absence d'accidents de terrain et l'épaisseur du manteau terreux superficiel rendent difficile l'observation du sous-sol, aux confins méridionaux du bassin du Lualaba. De la rareté des affleurements et de leur peu de netteté ordinaire, résultent, nécessairement, de nombreuses et larges lacunes, dans les observations géologiques faites dans cette région.

J'exposerai, tels quels, les résultats de mes recherches,

- in — ( 91 )

en me montrant réservé dans la coordination des données acquises.

Avant de passer à l'exposé du résultat de mes investigations, il convient de citer quelques observations faites par Capello et Ivens, dans la région qui nous occupe.

Non loin de la source du prétendu Lualaba, le sol est, d'après les deux voyageurs portugais, u revêtu de nappes argileuses, rouges, laissant voir des affleurements de roches quartzeuses et de schistes très micacés, avec de nombreux cailloux de quartz granuleux. La limonite abonde, et Ton rencontre fréquemment du fer oxydé magnétique „ (').

C'est dans ces parages que les mêmes explorateurs recueillirent un échantillon que notre confrère portugais, M. J. Nery Delgado, a déterminé comme phonolithe.

Si l'échantillon examiné par M. Nery Delgado provient réellement de cet endroit, le fait est extrêmement intéressant.

C'est absolument le seul exemple de roche éruptive moderne, que Ton connaisse dans ces parages et même, si Ton excepte le groupe volcanique du Kirunga, le seul dont on ait connaissance dans le bassin du Congo et ses abords. A part ce dernier cas, le centre le plus rapproché d'épanchements éruptifs modernes, se trouve autour de l'extrémité nord du lac Nyassa, à environ mille kilomètres des sources du Lualaba. Ajoutons, qu'à part les sources thermales de Moachia et du Kafungué, situées

{*) O solo coberlo de traelos argillosos, colorido de vei'iiielho, coin

affloreamentos de roc ha s quarlzosas ; schistos extreinainenle micaceos igrupo archaicoj se enconlravam, bem coiûo exemplares sottos do quartzo grauuloso, etc. Abunda a limonite et topa se corn frequencia o ferro oxydado magiietico. Capeli.o et Ivens. De Angola à contra-co*ta. Vol. Il, p. 10.

respectivement à 330 et 370 kilomètres de la naissance du Lualaba, on ne connaît, dans le sud du bassin du Congo, aucun phénomène pouvant être en relation avec des manifestations volcaniques. Mais, d'après M. P. Choffat, il est probable que l'échantillon de phonolithe de Capello et Ivens provient du littoral et qu'il y a eu confusion d'étiquettes, comme pour les fossiles tertiaires, mentionnés au Katanga par les mêmes voyageurs ^).

De ses sources, jusque près du village de Kafunda- Mikopo, le Lualaba coule dans une vallée indécise, où l'épaisseur des dépôts superficiels ne laisse voir aucune roche en place ; mais, à proximité du village, la vallée est déjà assez nettement dessinée et la rivière, large d'une quinzaine de mètres, décrit des méandres peu accusés, sur la nappe alluviale, occupant un lit majeur large d'environ 250 mètres.

Au niveau du village, la rivière, qui avait une direction est-ouest, se recourbe brusquement vers le nord. Sur le talus du versant concave de la vallée, on observe un affleurement assez vague d'un schiste jaunâtre, tendre, altéré.

A environ un kilomètre en aval, se trouve un gué, où l'on voit la rivière couler sur des chloritoschistes très feuilletés, gris verdâtre, dirigés N.-80°-W. et inclinés de 60° vers le N.

De là, le Lualaba prend la direction générale ouestnord -ouest jusque près du village de Chamélengé où nous le retrouverons bientôt.

Dans la concavité de la courbe que j'ai indiquée plus haut, surgissent, tranchant nettement sur tout le pays

(') P. CHorrAT. — Portugal em .1 lncu, juillet 189.", et CmnniMUiracàe* du Commttiâo geologica, vol. 1.

- urs -

cÀ ft%U ***A ^vt,<

Croquis des environs de Kafunda-Mikopo.

environnant, deux collines coniques, alignées à peu près dans le sens est-ouest. La plus occidentale est la plus élevée (1550) et elle est réunie à l'autre (1515), par une partie intermédiaire, d'altitude beaucoup plus faible (fig. 25). La masse principale de ces deux éminences est constituée par un minerai de fer, formé d'un mélange intime de magnétite et d'oligiste, grenu et assez com-

p&cte, présentant une structure nettement feuilletée ; la roche offre une tendance marquée à se diviser en grandes plaques parallèles, de deux ou plusieurs centimètres d'épaisseur. Ce feuilletage se fait verticalement, à peu près dans le sens est-ouest ( ! ).

Cette direction est sensiblement la même que celle des chloritoschites au gué du Lualaba. Je suis porté à croire que le minerai de fer feuilleté de Kafunda-Mikopo représente des chloritoschistes fortement imprégnés de magnétite.

Entre les deux collines, affleure une large zone de calcaire cristallin, blanc, saccharoïde et des blocs colossaux de cette roche, fortement corrodés par les intempéries, sont accumulés dans le col qui les sépare. Au contact du calcaire, le minerai de fer est transformé, sur une forte épaisseur, en une limonite compacte et massive.

Je classe le minerai de fer feuilleté de Kafunda- Mikopo, le calcaire saccharoïde et les chloritoschites du gué du Lualaba, dans mon système métamorphique de la Rissola.

Du sommet de la colline la plus élevée, on distingue dans les directions N.-38--W., W.-35--S., S.-25'-W., S.- 20°- W., S.-5°-W., S.-40 -E. et N.-45°-E., d'autres collines coniques, tranchant nettement sur le plateau peu ondulé, qui constitue la région. Ce sont probablement autant de gîtes de minerai de fer, analogues à celui de Kafunda- Mikopo. Celle qui se trouve dans la direction N.-45°-E., semble être la colline rencontrée sur la route de Ntenké (v.p. 104). Quant à la direction W.-35°-S., elle correspond

(*) I.a colline occidentale est couverte d'énormes blocs détachés de minerai. Les creux laissés par les blocs en surplomb servent de demeures aux habitants de Kafunda-Mikopo. Ils se bornent à fermer l'ouverture de ces sortes de cavernes par des parois en paille et ne construisent que peu de véritables huttes.

à l'emplacement de la colline de magnétite de Kaluloa (voir p. 117).

Revenons un instant sur la route de Ntenké, jusqu'à la séparation entre le bassin du Lualaba et celui de la Lufila.

Sur la rive droite du Lualaba, et à environ 100 mètres au nord de la plus petite des collines de minerai de fer décrites plus haut, affleure un filon de quartz blanc, de trois mètres de puissance, orienté exactement nord-sud et incliné de 70° vers l'W. Dans le voisinage, on en observe d'autres, moins importants, et de même direction.

A quelques centaines de mètres au nord de ce point et à un kilomètre à Test du Lualaba, on voit affleurer des schistes argileux, d'un noir d'encre, à grain très fin, tendres, analogues à ceux que nous avons observés vers l'est, à Kilassa, et que nous retrouverons plus au nord, le long du Lualaba.

Plus loin vers le nord-est, sur la route de Ntenké, les mêmes schistes réapparaissent, colorés, par altération, en rougeâtre ou en brunâtre et renfermant un grand nombre de galets de quartz blanc, constituant un poudingue à cailloux clairsemés. En certains endroits, la roche est fortement pénétrée d'oligiste lamellaire.

A peu de distance au delà, on trouve, à la surface du sol, des blocs d'un calcaire gris bleu, compacte.

On observe, dans les environs, un grand nombre d'amas de minerai de fer magnétique, montrant, à la surface du sol, de gros blocs accumulés.

Le poudingue à galets clairsemés, les schistes charbonneux et les calcaires bleuâtres appartiennent évidemment à un autre système que les chloritoschistes du gué du Lualaba, le minerai feuilleté et le calcaire cristallin des collines voisines. Je les range dans mon système de Kafunda-Mikopo, analogue aux couches observées à

Kilassa, à un peu plus de 100 kilomètres à Test, et à des couches que nous allons rencontrer, à plusieurs reprises, en descendant le Lualaba.

De Kafunda-Mikopo (camp 1), notre itinéraire nous a conduits d'abord à 21 kilomètres au sud, près du village de Moasompué (camp 2), d'où nous avons commencé notre marche vers le nord, le long du Lualaba. Entre le camp 1 et le camp 2, on n'observe aucun affleurement ; le plateau est recouvert d'un dépôt argilo-sableux, uniformément rougeâtre ou gris jaunâtre, avec nombreux cailloux de quartz anguleux. Environ à moitié chemin, on voit, sur le sol, des blocs d'un schiste gréseux, gris rougeâtre, à grain très fin, friable et peu fissile ; près du camp 2, on retrouve des blocs de ces mêmes schistes et des fragments d'un calcaire bleu, grenu.

Ces données, quoique peu nombreuses, semblent indiquer qu'il existe, au sud comme au nord de Kafunda- Mikopo, des couches non métamorphiques, reposant sur les couches de la Kissola.

Le camp de Moasompué (c. 2) est le point extrême que nous ayions atteint, vers le sud, dans le bassin du Lualaba. Nous allons marcher, désormais, vers le nordouest, puis vers le nord, pour rejoindre, à Chamélengé (c. 5), le Lualaba, dont nous ne nous écarterons plus guère jusqu'au confluent du Lubudi.

De Moasompué à Kaluloa (c. 3), on ne voit guère non plus d'affleurements rocheux. Les ruisseaux que l'on croise, coulent dans des vallées peu accusées et à pente faible. Le dépôt superficiel reste le même et renferme un grand nombre de blocs ou de petits fragments de quartz anguleux. Sur les rives de la Kissola et près du ruisseau Kiniankosso, j'ai observé des blocs énormes d'une roche très dure, gris jaunâtre, divisée en feuillets non séparables au marteau, et renfermant un grand nombre de

petits cristaux de magnétite. On la retrouve un peu avant le camp 3, plus dure encore, et offrant extérieurement l'aspect d'un grès fin, criblé de cristaux d'aimant (*). C'est, apparemment, une roche très ancienne, que je range dans le système métamorphique de la Rissola.

Le village de Kaluloa (c. 3) est bâti sur une colline, consistant en une pyramide irrégulière de magnétite presque pure, haute d'environ 60 mètres. Le sommet est couronné par un amas d'énormes blocs de minerai, ressemblant de loin à quelque construction cyclopéenne ; d'autres blocs analogues sont éboulés sur les flancs de la colline (*).

Au sud de Kaluloa, existent plusieurs collines isolées, qu'un examen rapide m'a montré être de même nature.

Du coté sud de la colline de Kaluloa, on voit affleurer une roche schisteuse, jaunâtre, fortement imprégnée de magnétite, qui me paraît être une altération de la roche observée dans l'étape précédente (*). On la retrouve de nouveau, au-delà du village de Kaluloa, de même que dans le lit de la petite rivière Luabitinda, où elle se présente en bancs dirigés est-ouest et inclinés de 45° vers le S.

Au-delà, on voit bientôt apparaître une roche nouvelle.

C'est un phyllade gris violacé, très fissile selon deux directions obliques, distinctes de la stratification, et se divisant, sous le marteau, en parallélipipèdes très nets ; il est à grain très fin et pétri de petits cristaux de magnétite. Dans le lit du ruisseau Pemba, près du camp 4,

(*) Au microscope, elle présente des caractères qui la rapprochent des Uaelleflinta.

(-) De même qu'à Kafunda-Mikopo, les indigènes de Kaluloa habitent, pour la plupart, dans les creux présentés par ces blocs.

(*) On sait qu'en Suède, il existe des glies de magnétite et d'oligiste subordonnés à des Rselleflinla.

il montre un bel affleurement, offrant des couches orientées E.-20°-S. et inclinées de 15° vers le S.

Dans la vallée du premier ruisseau traversé après le camp 4, on trouve un schiste gris noir, tendre, fissile, à grain fin, sans magnétite visible à l'œil nu. Cette roche, dont on ne peut observer ni la direction ni Pinclinaison, pourrait bien représenter le phyllade précédent, altéré.

A deux cents mètres plus au nord, on rencontre un grès gris, très dur, à grain assez fin, et, un peu au-delà, un schiste argileux à grain très fin, tendre, peu fissile, de teinte rouge brique.

Des blocs de minerai de fer magnétique s'observent dans les environs.

Dans le ruisseau qui précède le village de Chamélengé, s'observe un schiste gréseux, à grain fin, assez dur, rougeâtre, ou altéré en jaune. A Chamélengé (camp 5), on trouve un schiste analogue, imprégné de silice et parsemé de paillettes de magnétite.

Le village de Chamélengé est bâti sur une colline, en forme de pyramide, de 120 mètres ie hauteur, formée d'une seule masse de minerai de fer magnétique, presque pur, ou mêlé d'oligiste ( ! ).

Une rapide excursion autour de Chamélengé m'a permis de constater la présence d'un grand nombre de gisements analogues, mais moins considérables.

Du camp 5, j'ai poussé une reconnaissance vers le nord jusqu'au Lualaba, en suivant une route dirigée nordouest, puis nord-est. Elle m'a permis d'observer les roches du sous-sol, dajis une zone qui, sur le commencement de l'itinéraire de éhamélangé au camp 6, ne montre aucun affleurement.

(*) L'amas offre des fentes el des anfractuosités nombreuses qui, comme dans les deux cas précédents, servent de demeures aux indigènes.

A environ 1.800 mètres au nord-ouest de Charnel engé, on observe des schistes argileux, durs, assez fissiles, grisâtres ou altérés en jaunâtre, presque verticaux et orientés N.-45°-E. A deux kilomètres vers le nord-est, on retrouve les mêmes roches, avec la même direction , affleurant sur les rives et dans le lit du Lualaba; elles affleurent aussi, en plusieurs points, sur cette route de deux kilomètres. Elles sont, par altération, teintées en rougeâtre, jaunâtre, etc.; les bancs sont pénétrés de veines de quartz. Un important gîte de minerai de fer magnétique se trouve au coude de la route allant de Chamélengé au Lualaba.

Depuis Kaluloa, les blocs de quartz anguleux continuent à être abondants à la surface du sol. Les vallées des affluents du Lualaba s'accusent de plus en plus et leur pente s'accentue. La différence de niveau entre le camp 5 et .le lit majeur du Laalaba est de 30 mètres, pour une distance en ligne droite de 3 kilomètres. La rivière, prèg de Chamélengé, a une largeur d'environ 25 mètres et coule sur le fond d'un lit majeur assez large, en présentant des rapides aux endroits où les méandres la rapprochent des collines rocheuses qui bordent la vallée.

Sur l'itinéraire de Chamélengé à Mussima (camp 6), on trouve plusieurs rivières dont les vallées, de plus en plus encaissées, donnent au pays parcouru un aspect un peu plus accidenté que précédemment.

A 8 kilomètres au nord de Chamélengé, on observe des blocs d'un schiste à grain fin, tendre, peu fissile, gris rougeâtre et, près du ruisseau Muiafuchi, vers le milieu de l'étape, un schiste à grain fin, peu dur, feuilleté, jaunâtre. En approchant de Mussima, on voit un schiste gris ardoise foncé, à grain fin, assez dur, fissile. Je^ n'ai pas eu l'occasion d'observer la direction des couches.

À l'est des affleurements confus de schistes durs gris ardoise, on trouve, sur les rives du Lualaba et près du village de Mussima, des schistes plus ou moins fissiles, altérés et colorés en noirâtre, grisâtre ou jaunâtre.

A 500 mètres en aval, on rencontre, non loin de la rive, des blocs de calcaire bleuâtre et, à 300 mètres plus bas, des calcaires grisâtres, en place sur les rives et dans le lit, où ils provoquent la formation de rapides; ils sont divisés en lits minces, dirigés est-ouest et inclinés au nord.

À 300 mètres en aval, la rivière présente des rapides , sur des couches d'un calcaire grisâtre, formant des bancs massifs, séparés par des lits peu épais; certains lits sont pétris de cristaux cubiques de pyrite. Les couches sont sensiblement verticales et ont la même direction que précédemment.

Enfin, à 200 mètres plus bas, on arrive à une série de rapides, terminés par une chute perpendiculaire, de 5 mètres de haut. On trouve, en cet endroit, un magnifique affleurement d'un calcaire compacte, assez dur, gris bleu, pointillé de cristaux de pyrite, bien stratifié, en bancs dirigés est-ouest et inclinés de 45° vers le N.

Près du camp 6, situé à proximité de la chute précédente, on voit affleurer un important filon de quartz blanc. Plus au sud, sur la route venant de Chamélengé, s'en rencontre un autre, qui se prolonge à l'est vers la rivière. En cet endroit, il se présente avec des caractères particuliers. H est formé d'une roche quartzeuse, blanche, d'aspect saccharoïde, criblée de nombreuses cavités, remplies de quartz cristallin. Certaines parties, très compactes, sont fortement chargées de fer, colorées en rouge brun, pétries de cristaux de quartz et de magnétite et empâtant, par places, de grosses masses de magnétite grenue. Ces parties rappellent les masses siliceuses qui se

rencontrent souvent en compagnie du minerai de fer, dans las gîtes de Ntenké, de Moa-Molulu etc. Ce fait semble indiquer que les amas de magnétite ou d'oligiste en question sont en relation avec des filons de quartz blanc, qui traversent en si grand nombre les couches anciennes de la région; ils en constituent jes parties riches, localisées en certains endroits, tandis que, sur la plus grande partie de son trajet, le quartz filonien est stérile, ou simplement pailleté de magnétite ou d'oligiste. Le Lualaba, à hauteur de Mussima, possède une largeur de 35 à 40 mètres; il est bordé d'une galerie, peu large, de végétation forestière. La rivière décrit des méandres prononcés, dans une plaine alluviale de largeur modérée, occupée par un limon jaunâtre. La vallée s'enfonce de plus en plus sous le niveau général du plateau, qui s'étend à l'est et à l'ouest. Près de Mussima, les versants qui mènent du plateau au fond du lit majeur, recouvert par le limon alluvial, présentent, à la surface, une multitude de galets de quartz blanc, bien roulés. C'est le premier point où j'ai observé, nettement caractérisé, le cailloutis ancien de la vallée du Lualaba.

Jetons un rapide coup d'œil sur les observations faites depuis le camp de Moasompué (c. 2). Je suis d'avis que les phyllades, les roches voisines des haBlleflinta et les roches diverses, rencontrées jusque près de Chamélengé et généralement aimantifères, appartiennent à des couches très anciennes, dont je fais mon système de la Kissola. Ce sont des roches métamorphiques, à côté desquelles il faut ranger les choritoschistes du gué de Kafunda-Mikopo, les calcaires saccharoïdes voisins, etc. Près du village de Chamélengé (c. 5), commence une autre série, dont font partie les* schistes observés sur les rives du Lualaba, près de ce village, et la succession de couches schisteuses et calcaires de Mussima. Je range ces

couches dans mon système de Kafunda-Mikopo, avec les poudingues, schistes et calcaires, qui s'observent près de cette localité et les schistes et calcaires rencontrés près de Moasompué. Près de Kafunda-Mikopo, ce système débute par des poudingues à cailloux clairsemés, que je n'ai pu observer, en aval, jusque Mussima.

Celles des couches précédentes qui appartiennent au système de la Kissola offrent des directions variant de est-ouest à E.-20°-S., avec une inclinaison variable, mais généralement forte, au nord ou au sud. Les couches, plus récentes, du système de Kafunda-Mikopo, nous ont présenté des directions comprises de est-ouest à N.-45"-E. Elles sont aussi fortement redressées et souvent verticales.

De Mussima (c. 6) à Kitobo (c. 7), le Lualaba décrit des méandres assez prononcés; nous marchons, tantôt dans la vallée alluviale, tantôt sur les contreforts surbaissés, que le plateau émet vers la vallée.

Un peu au nord de la zone des calcaires de Mussima et avant la rivière Kifuanfupa, on rencontre, sur le sol, des blocs de schistes tendres, fissiles, à grain fin, zones de rouge et de gris; un peu au-delà, des blocs de calcaire bleu noirâtre, puis, de nouveau, des schistes tendres, à grain fin, peu fissiles, rouge brique.

Près de la rivière Kifuanfupa, le penchant de la vallée du Lualaba présente un grand nombre de blocs énormes de minerai de fer magnétique, grenu.

Un peu au-delà de la rivière, on observe des blocs de schistes noirâtres, pointillés de gris, ou criblés de petites cellules, analogues à un échantillon récolté précédemment en amont de la zone calcaire de Mussima. Cette roche me paraît être un schiste calcareux, décalcarisé.

La route touche le Lualaba près du village de Moa- Buté, où il coule tranquillement entre des berges limo-

ueuses. Le versant de la vallée présente une grande abondance de cailloux roulés de quartz, jusqu'à une certaine hauteur au-dessus de la plaine alluviale. Plus haut, vers le plateau, les cailloux de quartz, engagés dans le dépôt superficiel, sont anguleux.

Quelques collines coniques se profilent dans le lointain, sur la rive droite, rappelant, par leur aspect, les amas de fer magnétique, observés précédemment.

Au-delà de Moa-Buté, on revoit des schistes gris bleu, criblés de petites cellules.

En approchant de Kitobo, on trouve des affleurements et des gros blocs d'une roche quartzeuse blanchâtre, grisâtre ou rougeâtre, offrant des cavités remplies de magnétite et de quartz cristallisé ; ces deux minéraux imprègnent en outre toute la masse.

Cette roche est à rapprocher de celle qui, près de Mussima, se trouve dans le prolongement d'un filon de quartz blanc ; c'est la gangue des minerais de fer de la région. On trouve, d'ailleurs, dans le voisinage, de nombreux blocs de magnétite grenue.

A part ces produits filoniens, les roches rencontrées depuis Mussima semblent pouvoir se ranger, sans difficulté, dans le système de Kafunda-Mikopo, à côté des schistes et calcaires de Mussima.

Mais près de Kitobo (c. 7), au confluent de la rivière Dichinga,on voit brusquement réapparaître un élément, que ses caractères pétrographiques doivent faire rapporter à une série plus ancienne. C'est un chloritoschiste très feuilleté, de couleur gris verdâtre, disposé en couches horizontales; il renferme un grand nombre de petits dodécaèdres de pyrite. Cette roche qui forme, près du camp,8ur la rive gauche duLualaba, un escarpement vertical d'une vingtaine de mètres et qui s'observe jusqu'à une certaine distance, vers l'amont et vers l'aval,

présente beaucoup d'analogie avec les chloritoschistes observés au gué de Kafunda-Mikopo. Je la rapproche du système de la Kissôla et je pense que sa position horizontale n'est que purement fortuite et locale, car, partout ailleurs, les couches de ce système sont fortement redressées.

Un peu en amont du camp 7, on voit, sur les rives du Lualaba, de gros blocs d'une roche siliceuse, noire, à grain très fin, très compacte et très dure, parcourue de fissures remplies de quartz blanc. C'est une sorte de phtanite non fissile.

La vallée du Lualaba est ici bien accusée et la plaine alluviale, modérément large. On trouve beaucoup de quartz roulé, vers le bas des versants.

Au-delà du camp de Kitobo, après avoir cheminé, pendant trois kilomètres, dans la plaine alluviale, on traverse la rivière Kafuchi et, sur la rive gauche de celle-ci, on remonte une pente, qui mène en dehors de la vallée, sur les hauteurs de la rive occidentale. Cette pente montre des schistes jaunâtres, tendres, très feuilletés, finement micacés.

Plus loin, dans la vallée du ruisseau Kakulu, on rencontre des blocs de schistes rouge pourpré, à grain fin, peu durs et peu feuilletés et des schistes gris jaunâtre, à grain fin, assez durs. Près de là, se trouvent disséminés des blocs énormes de magnétite grenue, les uns purs, les autres mêlés de gangue quartzeuse.

Bientôt, on redescend vers le Lualaba et, sur la pente, on observe des schistes rougeâtres, très feuilletés.

Le camp 8 se trouve dans la plaine alluviale, près de la rivière Lufufu. Nulle part sur la route, je n'ai pu observer les roches en place; tout le pays est recouvert d'un manteau terreux, gris jaunâtre.

Au nord du Lufufu, sur la hauteur située à l'ouest de la

vallée du Lualaba, on trouve, non loin du camp 8, des schistes argileux, durs, à grain fin,fissiles, rouge pourpre, semblant résulter de l'altération des précédents.

Au-delà, on rencontre, de nouveau, des blocs de schistes gris clair, souvent fortement pénétrés de quartz et des schistes gris noirâtre. Je n'ai observé aucune de ces roches en place.

Les blocs anguleux de quartz blanc abondent à la surface du sol.

Les affluents du Lualaba occupent maintenant des ravins profonds, séparés par des promontoires, qui dominent, de très haut, la vallée du fleuve. Le lit de celui-ci est accidenté par des affleurements rocheux, dont la direction moyenne semble être voisine de est-ouest; l'inclinaison des bancs se fait, en général, vers le sud.

En aval, le cours du Lualaba est de plus en plus tourmenté; les rapides se succèdent à courte distance. A quelques kilomètres au nord, on distingue des collines barrant l'horizon et vers lesquelles se dirige le Lualaba. A mesure qu'on en approche, les rapides deviennent plus importants. Le lit est fréquemment barré par des bancs de schistes argileux, assez durs, peu fissiles, gris clair, dirigés N.-45°-E. et inclinés en moyenne de 45° vers le S-E.

La rivière décrit des méandres, dans une plaine alluviale assez large ; les rapides se présentent, surtout, aux endroits où le cours prend la direction nord-ouest, perpendiculairement à l'orientation des couches.

A quelques kilomètres en amont du camp 9, la vallée du Lualaba se rétrécit, le lit majeur disparaît et la rivière s'engage entre des collines, qui la dominent de chaque côté,de plus de cent mètres. A ce passage, correspond une succession de rapides et de chutes, produisant une dénivellation de plus de trente mètres ; ce sont les chutes

de Oandétméma. Elles régnent sur une longueur d'environ deux kilomètres. Dans cette section, la rivière, s'étalant sur les affleurements rocheux, atteint une largeur de 300 à 400 mètres ; la profondeur est peu considérable, des ilôts divisent le cours en nombreux chenaux.

Au point où commence la série des rapides de Gandévuéma, on voit affleurer, dans le lit et sur les rives, des bancs de schistes noirs, charbonneux, peu fissiles, remplis de galets, bien roulés, de roches diverses. C'est donc un véritable poudingue. Il est surmonté par des schistes fissiles, également noirs et charbonneux, avec minces lits d'anthracite, intercalés, par places, entre les feuillets. L'ensemble est dirigé N.-45--E. et incliné de 45° vers le S-E.

Sur les collines qui font face à cet endroit, on trouve de gros blocs de poudingue, décoloré en gris clair ou en rougeâtre.

En descendant la série des rapides et des chutes, on retrouve, jusqu'à la fin, les poudingues ou schistes à galets, bien stratifiés, en bancs épais, noir d'encre, quand ils sont intacts, ou bien bruns, gris clair ou gris foncé, jaunes, roux, rougeâtres, etc., par altération. La direction générale se rapproche de N.-45 tf -E. et l'inclinaison est de 15° à 45° vers le S-E.

Certains bancs ne renferment que peu de galets. Ce sont alors des schistes argileux, à grain fin, tendres, assez feuilletés, qui, lorsque leur teinte noire, primitive, est transformée, par oxydation, en gris ou en rouge, rappellent beaucoup divers schistes rencontrés en amont des rapides, depuis le camp 8 (Lufufu), en blocs épars à la surface du sol.

Les cailloux arrondis, empâtés dans les schistes charbonneux de Gandévuéma, varient du volume d'un fin gravier à celui de blocs atteignant un mètre et plus de

diamètre. On y trouve des fragments de quartz blanc, de quartzites, rappelant ceux du Lufubo (Kilassa) et ceux que nous observerons au Nzilo, de schistes siliceux, noirs, ou phtanites, de granités divers et d'autres roches éruptives, de phyllades gris bleu, à gros cristaux, etc. Ces échantillons de phyllades rappellent certaines roches métamorphiques, que nous retrouvons en place plus au sud, où ils entrent dans la composition du système de la Lufupa.

Je considère les poudingues et les schistes de Gandévuéma, comme l'équivalent des couches de même nature observées à Kafunda-Mikopo. C'est la base du système de Kafunda-Mikopo, auquel il faut rapporter aussi les schistes divers rencontrés en amont des chutes, depuis la Lufufu (camp 8). Il est probable que le poudingue doit se montrer sur les rives du Lualaba, entre Kafunda- Mikopo etGandévuéma, mais je n'ai pas eu l'occasion de l'observer directement. Seulement, en certains endroits, notamment près de Mussima et de Kitobo, la présence d'un grand nombre de galets bien roulés, à la surface du sol, peut provenir, de l'existence d'un poudingue dans la profondeur. Dans la position qu'ils occupent, ces galets peuvent représenter un cailloutis ancien du Lualaba, et, précédemment, prenant l'hypothèse la plus simple, je les ai considérés comme tels; mais il n'est pas prouvé que ce soit là leur véritable signification. Ils sont localisés en certains endroits et non distribués partout, sur les flancs de la vallée et, par analogie avec ce que j'ai pu observer directement ailleurs, on pourrait les considérer comme provenant de la désagrégation, sur place, d'un poudingue à pâte argileuse.

La nature des éléments roulés des poudingues des chutes de Gandévuéma montre qu'ils proviennent de massifs granitiques et autres et de couches anciennes

métamorphiques, existant vraisemblablement dans la profondeur et en relation probable avec les systèmes métamorphiques développés au sud et au nord (systèmes de la Kissola, du Nzilo, de la Lufupa). «rajouterai que les phtanites noirs, que l'on y trouve à l'état de cailloux roulés, rappellent beaucoup ceux qui caractérisent le système de Moachia.

Près du camp 9, au-delà des chutes de Gandévuéma et non loin du village de Kabungé, on voit, sur les collines, de gros blocs anguleux d'un quartzite rouge, analogue à ceux que nous retrouverons, si bien développés, dans le système du Nzilo et que j'ai déjà signalés, dans le sud du bassin, sous le nom de quartettes du Lufubo. Cette roche existe, à Pétat de fragments roulés, dans le poudingue des chutes de Gandévuéma. Ces blocs anguleux indiquentils un affleurement du substratum métamorphique, près de Kabungé ? C'est une question que je n'ai pu résoudre, mais l' existence d'un tel affleurement en cet endroit serait logique.

Quoi qu'il en soit, le poudingue des chutes de Gandévuéma semble correspondre au bord nord d'un synclinal, dont je n'ai pu reconnaître le bord méridional, et qui doit se répéter vers le syd, au-delà des affleurements des couches de la Kissola. Ce poudingue représente, en même temps, le bord sud d'un autre synclinal, parallèle au précédent, et dont le bord nord est indiqué, comme nous le verrons bientôt, par la réapparition du poudingue près du camp 10.

En quittant le camp 9 (Kabungé), après le passage du ruisseau Munfungi, on rencontre, sur le sol, des blocs de schistes argileux, gris clair. Plus loin, se présentent des schistes rouge pourpré et, dans le ravin d'un ruisseau suivant, on trouve, à la fois, des blocs de schistes gris clair et de schistes pourprés.

Le plateau qui s'étend au-delà montre des affleurements nombreux, mais peu distincts, de roches analogues, qui rappellent les parties décolorées par oxydation des schistes de Gandévuéma. On rencontre aussi, sur le sol, beaucoup de fragments anguleux de quartz blanc.

Près de la rivière Katolé, notre route touche le Lualaba. En ce point, le fleuve présente des rapides sur des affleurements de schistes argileux, tendres, assez fissiles, gris clair, verticaux et orientés est-ouest. Un peu au-delà des rapides, affleurent, d'une façon très nette, sur le versant de la vallée, deux zones de couches verticales dirigées est-ouest, d'un calcaire argileux, gris bleu clair, séparées par une zone de schistes argileux, tendres, peu fissiles, rouge pourpré ou décolorés en grisâtre.

Au-delà, à l'endroit où la route s'écarte du fleuve, on rencontre des blocs de schistes calcar eux, gris clair; puis on marche, pendant trois kilomètres, sur un plateau régulier, où l'on ne voit qu'un dépôt superficiel, rouge vif. Au-delà, on traverse un petit ravin, puis on s'élève sur le versant d'une crête, où l'on trouve, d'abord, une grande accumulation de blocs de schistes argileux, pourprés, peu fissiles. Sur le haut de la crête et sur la pente opposée, on rencontre, en grande quantité, de gros blocs d'oligiste compacte, lithoïde. Ce minéral doit former là un gisement important. En descendant la pente, on arrive d'abord sur des blocs de schistes gréseux, assez fissiles, rouges ou décolorés en gris et, plus bas, sur des schistes pourprés, avec galets inclus, et des schistes noirâtres, sans galets, altérés en gris. Nous retrouvons donc ici l'équivalent des poudingues et schistes de Gandévuéma, base du système de Kafunda-Mikopo.

Parmi les galets du poudingue, on trouve des fragments de quartz blanc, de quartzites divers, souvent micacés, de quartz tourmalinifère, etc. Nous trouverons

cette dernière roche en place, près du confluent de la Lufupa, subordonnée à un massif granitique important.

Au pied de la pente, se montrent des schistes argileux, fortement altérés et décolorés.

Le camp 10 est près de la rivière Mudilapuna.

Sur la rive gauche de la rivière, se montrent, sur le versant de la vallée, des schistes gréseux, assez durs, non fissiles, colorés en rouge. Sur le plateau suivant, affleurent, en beaucoup d'endroits, mais d'une façon peu nette, des schistes argileux, tendres, assez fissiles, rouge pourpre. On rencontre les mêmes roches dans le lit du ruisseau Muanghègi et sur le plateau qui s'étend au-delà. Les couches paraissent orientées à peu près est-ouest.

En approchant du village de Mupanja (camp 11), on voit des affleurements de schistes rouge grisâtre, puis de schistes gris noir, ou rouge sale, par altération. Près du camp, se montre un bel affleurement de schistes argileux, non altérés, gris noir bleuâtre, très fissiles, stratifiés en couches verticales orientées N.-65°-£.

Au nord du village de Mupanja (camp 11), le sous-sol semble formé de schisDe gris noirâtre ; il est revêtu d'un dépôt peu abondant, surtout sableux, gris noirâtre, renfermant de nombreux fragments de quartz anguleux. On y trouve aussi beaucoup de limonite scoriacée, en nappes continues, ou en blocs épars. En résumé, Y aspect du sol superficiel change complètement, à partir du camp 11, et rappelle celui qu'il présente dans les régions occupées par les schistes, de teinte foncée, du système de Katété.

Dans le ravin du ruisseau Mukambo, affleurent des schistes argileux, gris noir, dirigés est-ouest et inclinés de 60° vers le N.

Sur le plateau qui s'étend au-delà, de vagues indices montrent la présence de roches analogues, dans le soussol. Près du ruisseau Mukuigi, on trouve des blocs de schistes gréseux, altérés.

On marche ensuite sur un plateau constitué par des schistes argileux, gris noir, cachés par un dépôt superficiel grisâtre, sableux, peu abondant ; il y a de nombreux fragments anguleux de quartz et de gros blocs de magnétite grenue, à la surface du sol.

On arrive bientôt dans une zone assez large, constituée par des schistes gris rose, gréseux, à grain fin, non fissiles, peu durs, finement micacés et, par places, pailletés de magnétite et d'oligiste.

On descend, par un ravin encaissé, dans la grande plaine de Kazembé. C'est une énorme expansion de la plaine alluviale du Lualaba; elle consiste en une grande nappe d'alluvions, s'étendant sur les deux rives de la rivière, à une altitude peu supérieure au niveau d'étiage. Lors des grandes crues, la plaine est transformée en une véritable expansion lacustre du Lualaba; mais à l'époque où nous l'avons visitée, elle était absolument à sec. Le village actuel de Kazembé (camp 12) y est situé (■).

Le pays qui s'étend entre Kazembé et le camp 13 (Mauvué) est un plateau, déprimé et légèrement ondulé, d'un niveau peu supérieur à celui de la grande plaine alluviale. Le sol y est formé d'un dépôt sableux, grisâtre, peu épais et peu fertile, renfermant beaucoup de quartz et des blocs de limonite scoriacée.

Au-delà de Kazembé, le plateau présente des indices vagues de la présence de schistes gris noir, dans le sous-

( ! ) Le village de Kazembé, à l'époque du passage d'Arnot, qui a croisé ici le Lualaba, se trouvait près du fleuve, cl c'est là que le place la carte de Habenicht. A la suite d'une guerre avec Msiri, les habitants se sont transportés a environ dix kilomètres à l'ouest, sur le bord nord de la plaine, où nous les avons trouvés, en septembre 1892, établis dans un nouveau village. Ces déménagements sont fréquents en Afrique ; c'est ce qui explique les désaccords que présentent souvent entre elles les cartes de voyageurs différents, a propos de l'emplacement de certains villages. Ainsi, nous avons trouvé le village de Katélé loin de l'endroit où l'indique la carte de Capello et Ivens.

sol. Plus loin, dans un petit ravin, affleurent des schistes argileux, tendres, assez fissiles, gris brunâtre.

A Mauvué (c. 13), le Lualaba, large d'une centaine de mètres, coule tranquillement, en décrivant des méandres accentués, dans une plaine d'alluvions argilo-sableuses, grises, mal définie du côté occidental et passant par une pente insensible au terrain déprimé, qui la borde de ce côté.

La direction générale de la rivière est nord-nordouest. De ce côté, à une distance d'environ 12 kilomètres de Mauvué, l'horizon est barré brusquement par une sorte de rempart élevé, paraissant se dresser, d'un seul jet, au-dessus de la plaine. Ce sont les hauteurs appelées Monts Nzïlo ou Kigika-Luélo et que le Lualaba va traverser, par un étroit défilé en pente rapide, où se succèdent les chutes remarquables, auxquelles j'ai donné le nom de cataractes de Delcommune, du nom de l'explorateur belge qui les avait découvertes quelques mois avant notre arrivée ( , ).

A deux kilomètres en aval de Mauvué, le cours du Lualaba commence à être contrarié par des affleurements rocheux. Ce sont des bancs épais de grès calcareux, à grain fin, légèrement micacés, grisâtres, disposés au travers du courant, selon. la direction E.-30°-S. et inclinés de 50° vers le S. Plusieurs de ces affleurements se succèdent, à environ 50 mètres les uns des autres, et sont séparés par des zones schisteuses, plus facilement délitées par le courant.

Plus loin, sur la route du camp 14, affleurent des

(*) A 7 kilomètres au nord-ouest de Mauvué, se trouvent les mines de cuivre de Miambo, visitées par Arnot et les autres missionnaires écossais du Katanga. C'est de ces mines que proviennent la plupart des croisettes de cuivre (hannda), répandues dans le commerce du centre de l'Afrique. Je n'ai pas eu l'occasion de les visiter.

schistes peu fissiles, à grain fin, gréseux et légèrement micacés, assez cohérents, brun grisâtre.

On chemine sur un plateau ondulé, qui passe graduellement à des collines accidentées. Un peu avant la rivière Lutongi, apparaissent, sur le sol, des fragments de schistes gris rouge foncé et des schistes calcareux, à grain fin, légèrement micacés, noir grisâtre, se montrent en affleurements dirigés E.-30°-S. Dans le lit du Lutongi, les mêmes schistes calcareux affleurent, avec la même direction et une inclinaison de 60° vers le S.

Au-delà, on voit, à la surface du sol, des indices de la présence des mêmes roches et, après le ruisseau Kipafu, on rencontre, en abondance, des blocs de schistes gréseux, gris rougeâtre, pailletés d'oligiste, puis de schistes analogues, fortement micacés. En cet endroit, on trouve quelques blocs de schistes siliceux, phtanitiques, durs, zonaires, imprégnés de malachite et analogues à ceux du système de Moachia.

Près du ruisseau Mutanda, se montrent des schistes calcareux, à grain fin, peu cohérents, légèrement micacés, gris noir ou d'un noir de suie. Dans le lit d'un ruisseau suivant, affleurent aussi des schistes de teinte foncée.

Le pays devient de plus en plus accidenté. On monté, d'abord, une rampe couverte de gros blocs, d'une sorte de quartzite très dur, rouge gris ou blanchâtre, identique à ceux que nous allons retrouver en place au Nzilo. Au haut de la montée, on marche, de nouveau, sur des schistes gris noir et on rencontre beaucoup de blocs de roches quartzeuses, pénétrées de magnétite.

On arrive ensuite à une forte crête, de constitution très intéressante. Elle est formée d'un schiste argileux, rouge, assez cohérent, traversé de veines de quartz blanc et rempli de galets, quelquefois énormes, de quartz, de quartzites, etc.; il constitue donc un poudingue à pâte

abondante. La direction des couches n'est pas visible en cet endroit.

Je considère ce poudingue comme l'analogue de ceux du camp 10, des chutes de Gandévuéma, de Kafunda- Mikopo, etc. Il représente la base du système schistocalcareux, que nous avons croisé dans les étapes précédentes. Ses éléments roulés sont des fragments de roches du système du Nzilo qui, à quelques kilomètres au sud, constituent les collines de ce nom.

Les blocs de quartzite rencontrés sur la rampe indiquée plus haut semblent correspondre à un autre affleurement du poudingue, ramené par un plissement, ou, plus probablement, par une faille.

En continuant à marcher vers les Monts Nzilo (ou Kigika-Luélo) on observe de nombreux blocs de poudingue, ainsi que d'une sorte de grès grossier, à ciment de kaolin, paraissant être une arkose fortement altérée, et des schistes noir brunâtre, assez durs. Ces roches s'observent près du camp 14.

Cette région, avoisinant le Nzilo vers le sud, paraît fortement disloquée; elle est fort intéressante à étudier, mais les circonstances ne m'ont permis que d'y faire des observations très rapides.

En résumé, depuis Kafunda-Mikopo, jusque près des collines métamorphiques du Nzilo, nous avons observé une série stratigraphique importante, constituée par des poudingues, des schistes argileux, des schistes gréseux, des grès, des schistes calcareux, des calcaires, etc.. en couches plus ou moins fortement redressées, et semblant former plusieurs grands bassins synclinaux, orientés dans des directions voisines de TE.-W. Cette série surmonte un système métamorphique, qui affleure en quelques endroits et qui est indiqué, eu d'autres, par la nature des

éléments des poudingues,qui forment la base des formations non métamorphiques.

A partir des environs du village de Mupanja (c. 11), la nature des roches non métamorphiques se modifie d'une façon marquée, comme on a pu le voir plus haut. Je n'ai pas eu l'occasion d'observer de quelle frçon se fait la transition; j'ignore s'il y a là une limite nette, séparant deux systèmes distincts, ou bien s'il faut y voir un passage graduel entre deux faciès différents d'un même système. En tous cas, je range provisoirement l'ensemble des couches non métamorphiques dans deux termes, qui sont : au sud de Mupanja, le système de Kafunda-Mikopo, et entre ce point et le Nzilo, le système de Kazembé.

Le système de Kafunda-Mikopo est l'analogue, le réprésentant, sur les rives du Lualaba, des couches du Katanga que j'ai rangées dans mes systèmes du Pays des Bassanga, des Monts Muiombo et de Kilassa.

Le système de Kazembé présente, quant à la nature des roches, les analogies les plus nettes avec le système de Katêtéj répandu plus à l'est, dans le Katanga, et je n'hésite pas à considérer les deux systèmes comme le prolongement l'un de l'autre.

Comme nous l'avons déjà vu, les rapports du système de Katété avec celui du Pays des Bassanga sont les mêmes que ceux du système de Kazembé avec celui de Kafunda-Mikopo.

Nous voici arrivés en face des Monts Nzilo ou Kigika- Luélo, que le Lualaba va traverser, au fond d'une gorge étroite, où son cours n'est, pour ainsi dire, qu'une succession de chutes et de rapides. Ces chutes et ces rapides, dont je désigne l'ensemble sous le nom de cataractes de Delcommune, sont espacées sur la section de la rivière comprise entre 10° 30' et 9° 5' de lat. sud.

La direction générale des Monts Nzilo est à peu près

N-E.; ils constituent le prolongement sud-ouest d* la chaîne des Monts Bia; le Lualaba traverse la chaîne presque perpendiculairement, suivant la direction générale N-W. puis N-N-W.

Ces collines consistent en une série de crêtes à peu près parallèles, discontinues et disposées, généralement, dans le même sens que l'ensemble du système.

La grande différence de niveau existant entre la région qui s'étend au sud des Monts Nzilo et celle qui les borde vers le nord, la nature résistante d'une partie des roches qui constituent ces massifs, la position des couches, souvent voisine de la verticale, et l'orientation du cours du Lualaba par rapport à leur direction, devaient donner, à cette section de la rivière, un caractère extraordinairement accidenté. Sur une longueur de 70 kilomètres, à vol d'oiseau, c'est-à-dire de l'amont du Nzilo au village de Katolo, le Lualaba subit une dénivellation de 450 mètres, chiffre dans lequel les trois premières séries de chutes (Nzilo, Mukaka et Kabulubulu), espacées sur moins de 30 kilomètres, interviennent pour les quatre cinquièmes. Si j'ajoute que la rivière possède, en cet endroit, un débit d'étiage comparable à celui de la Meuse à Huy, que le débit, à la saison des pluies, peut croître dans la proportion de 1 à 20 et que la section du lit se réduit, en certains endroits, à moins de 40 mètres, on pourra apprécier quel formidable agent d'érosion elle constitue.

Le système des collines du Nzilo, dirigé S-W.-N-E., se développe sur une largeur de 60 à 70 kilomètres, dans la région où le Lualaba le traverse. La coupe représentée par la figure 1 de la planche I ne peut donner une idée nette du profil réel du système. Cette coupe correspond au profil en long de la route que nous avons suivie. Nous avons cheminé le long d'un sentier qui, comme toute

s route, cherche les passages les plus aisés, évite les crêtes

escarpées et les ravins trop encaissés et ne donne, par

conséquent, que les minima des saillies et des dépressions.

Au point de vue purement orographique, le système

montagneux du Nzilo commence au nord de Mauvué,

avec les hauteurs, déjà importantes, constituées par le

poudingue de base des couches de Kazembé. Mais je le

restreindrai aux massifs formés par les roches plus ou

moins métamorphiques, dont j'ai fait mon système du

Nzilo.

Au pied de la montée rapide qui marque la limite méridionale de ce système et dans le lit d'un torrent, qui longe l'escarpement, on trouve d'énormes blocs du poudingue observé précédemment. Dès qu'on s'est élevé sur la pente, on constate que l'on marche sur des bancs en place de la roche qui constitue les éléments roulés de ce poudingue.

La coupe de la figure 1 (planche I) représente la succession des couches dans la partie des Monts Nzilo comprise entre le poudingue et le village de Moanga (camp 16).

Cette succession est la suivante :

a. — Poudingue de base du système de Kazembé (').

A. — Large zone constituée par une roche se présentant comme un quartzite à très gros grain, à grain moyen ou à grain fin, variant du rouge foncé au rose blanchâtre, très compacte et très tenace, quand il est intact, mais que les influences atmosphériques ont souvent retransformé en un grès plus ou moins friable et complètement décoloré.

Cette roche est disposée en bancs épais, fortement relevés vers le N-W., souvent presque verticaux et orientés N.-45°-E.

(') Quand la direction et l'inclinaison des couches ne sont pas indiquées, c'est qu'elles n'ont pu être observées.

Je crois pouvoir considérer ces assises comme des grès modifiés par un métamorphisme, probablement mécanique. Les bancs sont, d'ailleurs, très inégalement transformés et beaucoup ont conservé leur aspect primitif de grès quartzeux.

Les bancs sont parcourus de nombreuses veines et de filonnets de quartz, souvent accompagner de magnétite et d'oligiste ; ces minéraux imprègnent aussi les quartzites, par r>laces.

La grande chute du Nzilo correspond à l'endroit où le Lualaba traverse cette zone de grès et de quartzites.

B. — En descendant de la crête formée par la zone précédente, on marche sur les tranches de couches alternantes de grès et de schistes argileux, blanc rougeâtre, plus ou moins micacés et sériciteux, ayant la même direction.

C. — On arrive ensuite sur des roches siliceuses, micacées, subschistoïdes, grises ou rougeâtres, paraissant être des grès micacés, ayant subi un laminage énergique. Elles affleurent jusqu'au Luilu, dans le lit de cette rivière et sur le versant gauche du ravin où elle coule. Leur position est voisine de la verticale.

D. — Puis viennent des schistes argileux, rouge brique, feuilletés, laminés. Ils paraissent être ou bien des schistes imparfaitement transformés en phyllades ou des phyllades, fortement altérés par les influeuces atmosphériques. D'abord presque verticaux, ils prennent, plus loin, une légère inclinaison sud.

E. - Schistes micacés, gris jaune, peu feuilletés, en bancs dirigés N.-40°-E. et inclinés de 45° vers le S-E.

F. — Schistes gréseux, micacés, feuilletés, gris jaune. GL - Schistes argileux, rougeâtres.

H. — Affleurement d'une roche éruptive, vert foncé, de texture grenue (diabase.) Les affleurements de cette

roche sont, en réalité, plus nombreux qu'il n'est indiqué sur la coupe; j'en ai observé plusieurs, à droite et à gauche de la route. Il est difficile de se rendre compte de son mode de gisement. On la rencontre souvent en gros blocs, alignés dans le sens de la direction générale des couches, ce qui fait supposer qu'elle est interstratifiée.

H'. — Porphyrite diabasique.

Page 1