‹ Observations sur les terrains anciens du Katanga faites au cours de lChapitre 19 sur 51 · L. — Même roche, très micacée · texte numérisé non relu

L. — Même roche, très micacée

M. - Quartzite grisâtre, blanc par altération.

N. — Roches schisteuses, peu visibles.

0. — Phyllades altérés ou grès argileux, micacés, gris ou jaunâtres.

P. — Grès rouges et blancs (quartzites altérés ?).

Q. — Grès compacte, à grain fin, feuilleté, très aimantifère, grisâtre.

P'. — Quartzites blancs et rouges, en bancs dirigés N.-40°-E. et inclinés de 30° vers le S-E., souvent transformés en grès et décolorés.

R. — Phyllades verts ou grisâtres ; même direction et même inclinaison.

Vers le nord-est, sur les rives et dans le lit du Lualaba, on trouve, à peu près au niveau des zones P ; Q, P' et R un important affleurement d'une amphibolite, paraissant avoir été fortement laminée, et divisée en bancs par des influences mécaniques.

S. — Phyllades verts ou gris blanchâtre.

T. — Roche schistoïde, blanchâtre, ayant l'aspect d'un grès à grain fin, fortement micacé et portant les traces d'un laminage énergique. Les couches sont fortement redressées ou verticales.

Les grandes chutes de Mukaka correspondent à l'endroit où le Lualaba traverse cette zone.

V. - Alternances de zones de beaux phyllades blancs, bleus ou verts, durs, très feuilletés, et des chistes argileux rouges, très feuilletés, phylladeux ; ces dernières roches peuvent être des phyllades altérés on des schistes imparfaitement métamorphisés.

Les couches sont à peu près verticales et dirigés N.-40°-E.

"W. Boche schistoïde, bleuâtre, à grain fin, renfermant de volumineux cristaux de feldspath, disséminés, qui lui donnent un aspect porphyroïde.

La série V s'observe jusque dans le ravin qui précède le camp 16 (village de Moanga), où se voit aussi un important affleurement de la roche H. Sur le versant opposé du ravin, affleure un schiste argileux, rouge, non fissile, à grain très fin, très tendre, mais très tenace, peu dense.

A Moanga même (c. 16), le sous-sol n'est pas visible, mais le dépôt superficiel, formé d'un sable gris, semble indiquer d'autres roches que les couches V, qui sont recouvertes uniformément d'une terre rougeâtre.

Toutes les couches du système du Nzilo sont pénétrées d'une quantité énorme de quartz, à l'état de filonnets, de veines, de noyaux, de remplissages de fissures, de lentilles, etc., intercalés dans les feuillets des phyllades, ou dans des fentes obliques, etc. Dans beaucoup de cas, il semble qu'on a affaire à des filons de quartz laminés et morcelés en chapelets. Le quartz est surtout abondant dans la zone des phyllades et schistes V. En un endroit de cette zone, on voit affleurer un filon important d'un quartz saccharoïde, caverneux, avec cavités remplies de quartz cristallin et rappelant le filon observé près de Mussima.

En résumé, à part les roches éruptives,nous trouvons, dans notre système du Nzilo, une série d'assises schisteuses, schisto-siliceuses et siliceuses, semblant avoir été l'objet d'un métamorphisme prononcé, mais d'intensité variable. En certains endroits, on trouve des phyllades et des quartzites, ailleurs, quand les actions mécaniques ont été moins violentes, des schistes argileux et des grès. Cependant, il est souvent difficile de décider si Ton a affaire à des roches peu métamorphisées ou à des quartzites et des phyllades altérés.

Comme on peut le voir par la coupe, les zones quartzeuses alternent avec les zones schisteuses. Je ne crois pas posséder assez d'éléments pour pouvoir établir leur succession stratigraphique réelle et donner un tracé exact des plis ; je pense qu'il vaut mieux s'abstenir que donner des raccordements fantaisistes. Les quartzites du Nzilo (A) semblent, à cause de leur structure ordinaire à très gros grains,devoir être considérés comme la partie inférieure du système et les phyllades de la zone V comme la partie supérieure.

Continuons maintenant notre marche vers le nord, à travers la partie nord-ouest des Monts Nzilo.

En quittant le village de Moanga (camp 16), on marche, pendant environ cinq kilomètres, sur un plateau régulier, dont le sol est formé d'une terre grisâtre, avec quelques fragments de quartz et de quartzites. Puis on voit apparaître un grand nombre de fragments épars de diverses roches, dont la présenceen cet endroit est fort intéressante, bien que je n'aie pas eu l'occasion de les voir en place. Ce sont des quartzites grisâtres, blancs ou noirs, des cailloux d'une roche siliceuse, oolithique, identique à celle de Moachia, etc. La plupart de ces fragments se trouvent à l'état de cailloux roulés. On rencontre aussi des blocs de schistes argileux rouges, renfermant quel-

ques galets de quartz, etc. et de gros blocs d'une arkose très altérée, analogue à celle que j'ai trouvée au sud du Nzilo, près du camp 14. Une grande quantité de menus fragments de schistes argileux se trouve sur le sol. On peut conclure, de ces observations, qu'il existe là une zone de poudingue, analogue à celle qui est adossée, au sud, contre le massif du Nzilo;il semble avoir les mêmes rapports avec les couches métamorphiques. Les couches en relation avec ce poudingue semblent, d'après ce qu'on peut conclure x de la nature du sol superficiel, s'étendre vers le sud jusque vers le village deMoanga. J'ai donné le nom de système de Moanga à ces couches, qui paraissent représenter le système de Kazembé au nord de la zone des couches métamorphiques du Nzilo. La présence de blocs d'oolithe siliceux, parmi les éléments roulés du poudingue de Moanga, tend à faire supposer que les couches de Moachia, sont aussi représentées au nord du Nzilo. Quant à l'arkose, que j'ai observée non en place, comme près du camp 14, elle peut faire partie du système du Nzilo.

En continuant à descendre vers la Lufupa, on arrive bientôt à une zone granitique, que notre itinéraire recoupe sur une longueur d'environ 12 kilomètres. La roche la plus répandue est un granité à mica noir, affleurant en grosses bosses, ou se présentant en énormes blocs arrondis. Mêlés aux blocs de granité, on trouve, sur le sol, de nombreux blocs d'un quartz blanc, pétri de gros cristaux de tourmaline ^Hyalotourmalite, Tourmalinite, Schoerlfels). La tourmaline forme quelquefois la masse dominante et constitue même, exclusivement, certains blocs. Les cristaux ont jusqu'à 20 centimètres de longueur.

Je rappellerai ici que cette tourmalinite existe en galets associés à des granités, etc. dans le poudingue des chutes de Grande vuéma et du camp 10.

Vers la Lufupa, le granité se présente avec un grain très fin.

En approchant de la rivière, on quitte la zone granitique et Ton pénètre dans la zone occupée par les couches dont je fais mon système de la Lvfupa. Jusque la rivière, on ne rencontre que quelques fragments isolés de quartzites,pui8 des blocs d'un schiste calcarif ère, rouge foncé? à grain très fin, peu fissile, tendre, mais extrêmement tenace. J'ai précédemment rencontré une roche analogue, sur le flanc du ravin qui se trouve au sud de Moanga.

On arrive ainsi à la Lufupa, qui coule dans une vallée assez large, bordée, des deux côtés, de collines élevées. Le lit est rempli de galets d'un quarzite gris, compacte, à grain très fin, mais, au point de passage, on ne voit pas de roches en place sur les rives.

Vers l'est, on entrevoit la vallée du Lualaba, très encaissée et très resserrée.

Fig. 26.

Croquis du haut Lualaba, entre le confluent de la Lufupa et les chutes de Ralenga.

Le camp 17 est établi sur les alluvions de la Ltifapa, non loin du Lualaba. En quittant ce camp, on longe, d'abord, la rive gauche de la Lufupa, jusque près du confluent, en marchant dans la plaine alluviale, devenue très étroite, ou à flanc de coteau, sur les collines qui la bordent. Puis la route longe le Lualaba, d'abord de très près, puis s'en écarte un peu pour s'en rapprocher plus loin. Nous dépassons ainsi les chutes de Kabulubulu, en parcourant un pays fortement accidenté.

Sur cet itinéraire, les couches cle la Lufupa se présentent bien développées. Sur les collines qui bordent la Lufupa, on rencontre d'abord des couches, ordinairement voisines de la verticale et orientées N.-55°-E., de roches schisteuses, grisâtres ou gris bleuâtre, finement micacées, paraissant être des schistes métamorphiques, altérés. Ils alternent avec des zones de qùartzites durs, très compactes, gris, finement micacés, analogues aux roches qui existent à l'état de galets dans le lit de la Lufupa. Certaines parties sont pétries de fines aiguilles de tourmaline. La zone de schistes métamorphiques, avec qùartzites intercalés est large de 2 à 3 kilomètres ; elle renferme de nombreuses veines de quartz blanc. Puis, on passe dans une large zone exclusivement formée d'un schiste vert bleuâtre, satiné, strié sur la surface des feuillets. Ces roches sont très feuilletées, peu dures, en général, et souvent altérées en rouge. Certains bancs, qui se répètent à plusieuts reprises, le long de la route, renferment des sortes de baguettes courtes et rappellent des Knotenschiefer. C'est cette dernière roche que j'ai trouvée, à l'état de galets, aux chutes de (iandévuéma, dans le poudingue du système de Kafunda-Mikopo.

On trouve, vers le nord de cette zone de phyllades, une roche compacte, noir brunâtre, d'aspect porphyroïde, parcourue de veines quartzeuses.

Un peu avant la rivière Mupuichi, le relief du pays devient moins tourmenté, sur la rive gauche du Lualaba. On voit apparaître une énorme quantité de galets de toutes tailles, de quartz, de quartzite, de granité, de phyllades, etc., mêlés à un sol sableux gris clair. Dans les lits de quelques ruisseaux, on trouve des bancs, paraissant horizontaux, d'un poudingue à ciment siliceux, dont les éléments roulés sont analogues à ceux que Ton trouve épars sur le sol. Ceux-ci semblent donc provenir de la désagrégation du poudingue. Le camp 18, près du village de Kiamaïensi, est situé sur le poudingue. Au-delà, on le voit souvent affleurer, et les galets restent nombreux à la surface du sol.

Fig. 27.

Croquis schématique «les environs de Katolo

a. Système de la Lufupa.

b. Système du Lubilache.

Sur la rive gauche du Lualaba, le pays se transforme en un plateau horizontal, peu élevé au-dessus du fleuve

mais à l'est du Lualaba, s'élèvent encore des collines accidentées, qui font suite à celles que nous avons traversées, depuis le passage de la Lufupa. (Fig. 27 et 28.)

Fig. 28.

Coupe selon la ligne A B de la fig. 27.

a. Système de la Lufupa.

b. Système du Lubilache.

Ces collines de la rive droite continuent à être constituées par des terrains anciens, redressés, tandis que le plateau, beaucoup moins élevé, de la rive gauche est occupé par des couches horizontales de dépôts postprimaires, que j'ai rangées dans mon système du Lubilache ('). Ces couches sont d'abord représentées par le poudingue dur, à ciment siliceux, que je viens de signaler.

Près du camp 19, on trouve, sur les bords et dans le lit de la rivière Musanoï, d'énormes blocs arrondis de grès très dur, gris brun, dépendant aussi du système des couches horizontales du Lubilache.

Ce même grès dur se montre, en bancs horizontaux, dans les vallées des ruisseaux suivants. Les chutes de Katala-Mutumba, situées sur le Lualaba, à l'est du camp 19, sont provoquées par ces bancs de roches dures.

Du côté oriental, la rive du Lualaba est directement

(*) Les formations post-primaires du bassin du Congo. (Ann. Soc, géoi. de Belg.l. XXI, 1894.)

formée par le versant des collines de terrains métamorphiques redressés ; la rive gauche est constituée par un plateau de grès, en couches horizontales, terminé, du côté du fleuve, par un escarpement plus ou moins raide; tantôt, cet escarpement est assez voisin du Lualaba, tantôt, il s'en .éloigne, et une plaine alluviale s'étend entre le fleuve et le plateau de grès.

Le pays élevé et accidenté, qui s'étend à Test du Lualaba, forme un contraste frappant avec la région régulière et basse, qui règne du côté de la rive gauche. Nous sommes sortis de la région où le Lualaba coulait dans une vallée resserrée, creusée à travers des massifs métamorphiques, pour entrer dans un district où ces massifs ne se voient plus que sur la rive droite et ont fait place, sur la rive gauche, à un plateau de grès horizontaux.

Bientôt, au-delà de Katolo (camp 20), les collines de la rive droite s'écartent du Lualaba, et leurs pertes raides, tournées vers le fleuve, se continuent en un rempart élevé, qui se dirige vers le nord-est; nous l'avons déjà décrit, de ce côté, où il forme le versant occidental des Monts Bia, tourné vers la vallée du Lualaba, dans la région des lagunes de Kabélé, etc.

Kig. 29.

Coupe transversale de la vallée du Lualaba, en aval de Katolo (9°o0'lat. S.)

u. Système de la Lufupa.

b. Système du Lubilache.

Le Lualaba coule, désormais, dans un plateau constitué par les couches horizontales du système du Lubilache. Il s'y est creusé une vallée, en général assez évasée, où l'érosion a mis à nu les terrains métamorphiques redressés, qui forment le fond du bassin où se sont déposées ces couches horizontales.

Ces terrains métamorphiques consistent en schistes métamorphiques, quartzites, etc., que je classe dans mon système de la Lufupa-, des affleurements de roches éruptives s'y présentent fréquemment.

La coupe transversale de la vallée peut donc être représentée par le schéma ci-contre (fig. 29). On rencontre souvent, là où la vallée d'érosion est assez large, entre le fleuve et le bord du plateau de grès horizontaux, des collines isolées, reposant comme des îlots sur les terrains anciens et représentant des témoins de cette érosion.

Poursuivons la série de nos observations sur les couches métamorphiques et les terrains plus récents qui les recouvrent. En quittant le camp 20 (Katolo), on sort de la plaine alluviale, et on longe la vallée, en marchant généralement à flanc de coteau, sur le versant par lequel le plateau de la rive gauche se termine vers le fleuve. De temps en temps, la route rentre dans la vallée alluviale.

Un peu au-delà de Katolo, on voit d'énormes blocs, plus ou moins arrondis, des grès durs signalés plus haut. En beaucoup d'endroits, on voit pointer des roches plus anciennes. C'est, d'abord, une amphibolite à grain fin, accompagnée de nombreuses veines de quartz blanc; plus loin, un phyllade altéré, gris violacé, comme celui de la rive gauche de la Lufupa; tout près se voit un nouvel affleurement d' amphibolite; puis, vient un affleurement d'un quartzite noir, très compacte, subschistoïde.

Les blocs de grès gris (système du Lubilache) continuent à se montrer avec abondance et, dans les

vallées des ruisseaux, on voit souvent des bancs de poudingue dur, à ciment siliceux. On trouve, sur une certaine distance,un conglomérat peu cohérent, à ciment argileux, gris, micacé, empâtant des fragments de roches schisto-cristallines et de quartzites. Ce conglomérat me paraît faire partie des dépôts récents de la vallée.

En même temps, on trouve, sur le sol, des blocs de quartzites micacés, gris noirâtre, subschistoïdes et Ton voit des affleurements de schistes argileux, rouges, à grain fin, très altérés. Ces schistes, dont je n'ai pu, en cet endroit, observer le mode de gisement, ne semblent pas faire partie de la série métamorphique de la Lufupa, mais paraissent rentrer dans la série du Lubilache.

A un moment donné, apparaissent des affleurements et de gros blocs épars d'une diabase à grain fin ; dans ces parages, un limon argileux, gras, rouge vif, remplace le sable gris, qui forme le sol superficiel.

Près de là, le Lualaba, considérablement rétréci, traverse par des chenaux étroits (rapides de Kimakima) une énorme masse d'une roche compacte, dure, gris noirâtre, que l'examen microscopique montre être une sorte de porphyrite diabasique. La roche se présente en larges masses, à surfaces arrondies et peu fissurées. Audelà, réapparaît une amphibolite, paraissant fortement laminée.

Dans les vallées des rivières traversées ensuite, on trouve des poudingues durs, siliceux, au-dessus desquels affleurent des schistes argileux rouges, altérés, paraissant horizontaux, déjà signalés. A une altitude supérieure aux schistes, on voit toujours les gros blocs de grès gris, à surfaces arrondies.

Le pays devient très déprimé ; de chaque côté de la vallée du Lualaba, s'étend un plateau peu élevé, souvent morcelé par les vallées des affluents, en tables isolées ou

en collines, arrondies par l'érosion. Ce plateau est constitué par des couches horizontales, dont une partie importante paraît consister en schistes argileux, rouges. Les galets continuent à être extrêmement abondants, à la surface du sol, dans la vallée du Lualaba et sur les versants du plateau et des collines. La coupe fig. 30, prise an camp 21 (Kasangua), donne une idée de la configuration du pays.

Fig. 30.

Coupe transversale schématique de la vallée «lu Lualaba au village de Kasangua.

Un peu au-delà du camp 21, dans le ravin d'un ruisseau, affleure une sorte de quartzophyllade, en couchés verticales, orientées N.-30°-E.

En montant la côte suivante, on arrive sur des schistes rouges, horizontaux, puis, dans un ruisseau,, on voit le poudingue dur, siliceux. Au-dessus, réapparaissent des schistes rouges, horizontaux, surmontés de sables gris, avec nombreux galets sur les pentes. Le camp 22 (Kamadika) est établi sur ces dépôts.

Passé le camp 22, les bords des plateaux de couches horizontales s'écartent fortement du Lualaba, laissant une large zone, parallèle au fleuve, où affleurent les terrains métamorphiques. Le fleuve est bordé de collines basses, notablement inférieures au niveau des plateaux voisins, auxquels de profonds ravins donnent un caractère assez accidenté.

Les collines, occupant la grande vallée d'érosion, sont formées de schistes métamorphiques, très altérés à la surface, rouges, tendres, friables, analogues à ceux d'amont. Les couches paraissent en général verticales et orientées N.-25*-E. A certains endroits, la roche est fortement grenatifère.

Le camp 23 (Mulamazozo), à trois kilomètres du Lualaba, est situé au pied d'une colline, constituée par des couches redressées de schistes métamorphiques, flanquant des bancs d'un quartzite ou grès gris, très dur, parcouru de veines de quartz (fig. 31). Ce grès dur rappelle beaucoup certaines roches du système du Kabélé.

Fig. M.

Conpe d'une colline, près du camp 23, au village de Mulamazozo.

a. Schistes métamorphiques.

b. Quartzites.

En quittant le camp 23, on se rapproche du Lualaba, que l'on suit ensuite de très près. On rencontre, d'abord, à plusieurs reprises, des affleurements, des quartzites gris précédents, puis on arrive sur des schistes métamorphiques, altérés, gris bleu, tendres, friables, caractérisés par l'abondance d'un minéral de métamorphisme, tabulaire et fibreux.

Puis, on passe sur des schistes métamorphiques, gris, renfermant, en abondance, des noyaux de mica noir verdâtre, puis, sur une sorte de grès compacte, finement pointillé du même minéral. A la surface du sol, on trouve énormément de blocs anguleux de quartz de filon.

On passe près d'une chute effectuée par le Lualaba, sur des grès compactes, à grain fin, durs, chlorités, bien stratifiés en bancs minces, inclinés de 45* vers Test. Certains bancs sontgrenatifères. Tout près, se voient des blocs de porphyrite quartzifère micacée.

Les grès précédents forment, pendant plusieurs kilomètres, les rives du fleuve. En un endroit, on traverse une zone importante de porphyrite, puis, on passe à des grès subschistoïdes, analogues aux précédents, mais de teinte rougeâtre, et on arrive ensuite à des affleurements dediabase, sur lesquels on marche pendant environ trois kilomètres.

Au-delà, on retombe sur des schistes métamorphiques, à minéraux fibreux, altérés, rouges, friables, sur des schistes gris, striés sur les feuillets et renfermant le même minéral et enfin, sur des schistes gris, remplis du mica noir verdâtre précédent.

Près du camp 24, on trouve dans le lit du fleuve et dans celui d'une petite rivière afïïuente, des couches, bien stratifiées, d'un schiste métamorphique, inaltéré, gris, dur, zone de lits siliceux, très grenatifère. Les couches sont dirigées N.-25"-E. et inclinées de 45" vers l'E.; elles sont parcourues de nombreuses veines de quartz.

Le Lualaba continue à être bordé de collines basses, formées de couches métamorphiques, et entaillées par les vallées des ruisseaux affluents.

Au-delà du camp 24, on continue à rencontrer les mêmes séries de schistes métamorphiques, gris; les uns sont durs, remplis du minéral fibreux; d'autres sont tendres, altérés et renferment en abondance le mica cité plus haut, en paillettes noires et brillantes. La roche la plus répandue est un schiste gris, peu dur en général, paraissant altéré, se clivant, sous le marteau, en parallélipipèdes striés sur les faces.

En arrivant au camp 25 (Kamama), on rencontre des grès compactes, gris brun, veinés de quartz blanc, intercalés parmi les schistes métamorphiques.

Fig. 34.

Coupe Je la colline Kafusalo» (Couches du Lubi lâche .

Passé le camp 25, on marche sur une plaine alluviale, d'un niveau peu supérieur à celui du Lualaba. De temps en temps, on s'élève sur des collines peu élevées, formées de schistes et de grès métamorphiques, redressés, ou de couches horizontales du système du Lubilache. En quittant le camp, on passe d'abord sur des affleurements de grès gris brun, veiné de quartz; puis on arrive sur des collines surbaissées, formées de couches bien horizontales de psammites tendres. Une colline les montre surmontés de bancs de grès bruns, ferrugineux, non veinés de quartz (fig. 82). Ce sont là les couches du Lubilache bien caractérisées. Au-delà, une colline plus basse est formée de schistes métamorphiques, altérés, gris, se divisant en parallélipipèdes striés sur les faces; puis, on repasse sur des psammites tendres, horizontaux. On longe des collines voisines du fleuve et constituées par ces psammites surmontés de grès bruns ferrugineux.

Plus loin, jusqu'au camp 26, se présentent de nouveau des collines de schistes métamorphiques gris.

La surface de contact entre les massifs de schistes redressés et les couches horizontales du système du Lubilache est assez fortement ondulée ('). (Fig. 33).

(*) Je dirai en passant que c'est la ce qui me fait admettre que cette surface n'est pis une surface dé dénudât ion marine.

Fig. 33.

Coupe schématique montrant les rapports des massifs métamorphiques (a) avec les couches du Lubi lâche (/>), en amont du confluent du Lubudi.

En quittant le camp 26 (Kafitoa), on continue à marcher sur des schistes verticaux, gris, tendres, altérés, orientés N.-45VE. ; ils sont quelquefois zones découches siliceuses et passent à des sortes de quartzophyllades. On revoit des affleurements de grès gris, dur, veiné de quartz.

On arrive ainsi au confluent du Lubudi (camp 27).

Au voisinage du confluent, il y a, dans les deux cours d'eau, des accumulations de grèsrougeâtres, ferrugineux. Les galets, que roule le Lubudi, sont des quartzites noirs et des grès grossiers, rouges ou décolorés, que nous retrouverons en place en amont.

A partir du camp 26, le Lualaba, qui coulait sensiblement vers le nord, se détourne vers le nord-est, puis vers l'est, et enfin, se dirige un instant vers le sud-est, avant de prendre sa course vers l'est-nord-est, dans la direction des lagunes.

Le Lubudi, dans son cours inférieur, s'infléchit vers Test d'abord, puis vers le sud, et rejoint le Lualaba dans sa section orientée est-ouest, après l'avoir suivi parallèlement, pendant environ deux kilomètres.

Les inflexions de ces deux importants cours d'eau semblent provoquées par la rencontre d'un système de collines élevées, qui forment le flanc gauche de la vallée du bas Lubudi et de celle du Lualaba en aval du confluent. Ces collines sont le prolongement, vers le sud-

ouest, de la région accidentée à laquelle nous avons donné le nom de Monts Hakansson. Elles séparent le Lualaba et le Lubudi du bassin du Luvoï.

XII. — Observations faites le long du Lubudi et ait nord de la rivière jusqu'aux sources du Luembé.

Partant du confluent du Lubudi, nous remontons la rivière par la rive droite, pendant environ huit kilomètres, et nous passons sur la rive gauche, au village de Kiowa.

Les collines basses qui bordent la rive droite sont constituées parles mêmes schistes métamorphiques, gris, que précédemment; ils se présentent en position verticale. H en est de même sur la rive gauche, au camp de Kiowa.

En amont du camp, on observe la même roche, accompagnée d'un affleurement d'amphibolite, sur une distance d'environ cinq kilomètres. Là, brusquement, la nature des roches affleurantes se modifie. On voit apparaître un poudingue, compacte et tenace, constitué par des cailloux roulés de quartz, de quartzite, de schistes métamorphiques, de roches éruptives diverses, etc., empâtés dans un ciment siliceux, de couleur brun rouge.

Ce poudingue est la base du système du Lubudi que nous allons trouver bien développé sur les rives de la rivière et dont j'ai décrit précédemment les affleurements dans les vallées du Lubilache et du Luembé inférieur (v. p. 33 à 35).

La figure 2 (planche I) représente la succession des couches que nous avons observées en remontant le Lubudi, à partir de l'apparition du poudingue. Dans cette section, l'orientation générale de la rivière est est-ouest.

La limite supérieure de la figure correspond au profil en long de notre itinéraire ; à cause des nombreuses

inflexions décrites par la route suivie, la coupe est formée par une succession de plans orientés de différentes façons. Il en résulte de grandes différences dans l'épaisseur figurée d'une même couche, ramenée à la surface en différents points.

Les lettres ci-dessous correspondent à celles de la figure.

a< — Schistes métamorphiques de la Lufupa.

À. — Poudingue, base du système du Lubudi.

B. — Schistes argileux, à grain fin. peu durs, bien

feuilletés, noirs, charbonneux, ou décolorés en rouge brique par oxydation. Les affleurements montrent ordinairement la roche bigarrée de noir et de rouge.

Page 1