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I. — Itinéraire de Lusambo à Bunkea

Quand on remonte le Congo à partir de la mer, on traverse d'abord une zone basse, littorale, occupée par des dépôts récents, recouvrant, par place, des lambeaux tertiaires et secondaires, puis, on pénètre dans un pays plus élevé et accidenté, formé par des terrains archéens et métamorphiques, fortement plissés. En amont de la

zone métamorphique, on traverse une large bande de terrains primaires, constitués par des poudingues, des schistes, des calcaires, des cherts, des phtanites, etc., en couches d'abord fortement plissées, puis simplement ondulées, et devenant plus horizontales à mesure qu'on s'avance vers Pintérïeur du bassin. Je considère ce système primaire, supérieur aux terrains métamorphiques, comme d'âge devonien et je l'assimile à mon système du Lubudi.

A partir de Tchumbu, sur le Congo, les couches devoniennes plongent sous les couches du système du Kundelungu (couches de la Mpioka et couches de PInkissi) qui constituent, dès lors, les rives du fleuve jusqu'au Stanley- Pool où elles plongent à leur tour sous les couches du système du Lubilache.

Les couches du Lubilache, représentées surtout par des grès friables, rouges, jaunes ou blancs, constituent les parties centrales du bassin du Congo. On ne voit que ces grès, en fait de roches en place, le long du fleuve, jusque non loin des Stanley-Falls ; il en est de même sur les rives du Kassaï, au moins jusqu'au confluent du Sankulu-Lubilache et sur les rives de ce dernier cours d'eau, jusqu'en amont des chutes de Wolff (5° 24' lat. sud). Entre le confluent du Sankulu et ces chutes, les grès tendres se montrent, sur les rives, en hauts escarpements verticaux.

En août et septembre 1891, l'expédition dont je faisais partie se rendit, par bateau, de Léopoldville, sur le Stanley-Pool, à Pania-Mutombo, sur le Sankulu- Lubilache. De Pania-Mutombo, situé à 50 kilomètres en amont de Lusambo, prenant la voie de terre, nous remontâmes le Sankulu-Lubilache jusqu'au confluent du Luembé, puis le Luembé, que nous quittâmes bientôt, pour nous diriger vers le Lomami et le Lualaba. A la fin de l'année

1892, notre itinéraire de retour nous ramena au confluent du Luembé et du Lubilache. De ce point, au lieu de reprendre la route qui, Tannée précédente, nous avait amenés de Pania-Mutombo, nous nous dirigeâmes vers le nord-nord-est jusque Gandu (Gongo-Lutété) sur le Lomami, en passant par Lupungu. De Gandu, nous rentrâmes à Pania Mutombo, en traversant le Lubéfu.

Je donnerai d'abord ici quelques observations faites sur les terrains anciens, le long de cette partie de notre itinéraire de retour.

Boute du confluent du Luembé à Gandu (Lomami). Sur cet itinéraire, je n'ai observé, en fait de terrains en place, que les couches horizontales du système du Lubilache; mais si je n'ai pas vu affleurer les formations sousjacentes, j'en ai du moins trouvé des indices. Au village de Kolomoni, sur le Lubimbi, affluent du Lomami, on rencontre, sur le sol, de nombreux blocs d'une belle diabase quartzifère, dont beaucoup sont employés comme meules par les indigènes. Ces blocs ne m'ont pas paru apportés de très loin. En effet, à quelque distance de là, dans le lit du Lubimbi, j'ai trouvé de gros blocs anguleux et des galets bien roulés de la même roche, ce qui me porte à croire qu'elle doit se trouver en place à proximité ( ! ).

J'ai en outre trouvé la même roche, sans pouvoir non plus découvrir son gisement, au sud-ouest de Kolomoni, au-delà de la rivière Mutambaï.

( f ) D'après Camerom (à travers l'Afrique, p. 305) les affluents de droite du Lomami, au sud du 5 e parallèle, se sont creusés, dans un plateau horizontal, des vallées étroites et profondes, montrant souvent des sortes de falaises où Ton voit : • au sommet, une couche d'humus peu profonde, sur un lit de sable d'environ H pieds d'épaisseur, puis, un banc de cailloux roulés de quartz et de granité, d'une puissance de 50 a 70 pieds, reposant sur le granité massif. Çà et là, le banc de galets est divisé par une tranche de grès tendre et jaunâtre de 10 pieds d'épaisseur et, à l'exception de la roche granitique, qui forme une ligne irrégulière, touks les strates sont horizontales ».

Route de Oandu à Pania-Mutombo. — Les nombreuses vallées encaissées, que l'on traverse sur cet itinéraire, ne montrent que les grès tendres du système du Lubilache. Cependant, au point où la route croise la Lubéfu, on voit, sur la rive droite de la rivière, affleurer des bancs épais d'un calcaire gris bleu, inclinés à 40° vers le nord. Cette roche est identique au type ordinaire des calcaires devoniens du bas Congo et aux calcaires dont je décrirai plus tard le gisement sur les rives du Lubilache et du Lubudi (système du Lubudl).

Exposons maintenant les résultats de nos recherches le long de l'itinéraire de Lusambo, ou, plus exactement, de Pania-Mutombo à Bunkea, en négligeant ce qui concerne les formations post-primaires, que nous avons décrites dans un autre travail sous les noms de couches du Kundelungu et de couches du Lubilache (').

En amont de Pania-Mutombo, notre route longe le Sankulu-Lubi lâche, par la rive droite, en restant à quelque distance de la rivière et en dehors de la vallée. Au sud du village de Kissuata, elle quitte le plateau qui borde la vallée et descend rapidement vers le Lubilache qu'elle rejoint au village de Kalenga (6° 14' lat. S).

Aux abords de ce village, sur la rive droite de la rivière, on se trouve brusquement devant des affleurements d'un beau calcaire compacte, assez siliceux, gris bleuâtre. En face du village, de l'autre côté du Lubilache, la rivière est bordée de gros rochers de même nature. Dans les lits des ruisseaux, près de Kalenga, on rencontre de nombreux blocs de roches siliceuses diverses, cherts, phtanites, etc.

(') J. CORNET. Les formations posl-pri maires du bassin du Congo. (Atinaies de la Société géologique de Belgique, t. XXI, 1894.)

Quittant le village de Kalenga et continuant à marcher vers le sud, le long du Lubilache,nous nous élevons sur une colline de faible altitude, qui borde la vallée. On rencontre, en montant, un grand nombre d'affleurements, en bosses arrondies, d'un calcaire gris bleu, plus ou moins siliceux, ayant souvent une tendance à se débiter en dalles ; ailleurs, le calcaire a un aspect rubané, les différentes zones étant plus ou moins siliceuses, ou bien il est bréchiforme. On rencontre, sur le sol, un grand nombre de blocs de cherts blancs, gris, noirs et présentant aussi une apparence rnbanée, zonée. Vers le haut de la colline, le calcaire affleure, en grosses bosses, ou en rochers déchiquetés, faisant fortement saillie au-dessus du sol. Dans ces rochers, on voit nettement que les cherts sont intercalés dans les calcaires, en zones peu régulières en épaisseur et en allure, d'une puissance variant de quelques millimètres à plusieurs mètres.

Les affleurements qui ne présentent que le calcaire ne permettent pas de distinguer l'allure des couches, mais les zones de cherts montrent que la stratification est sensiblement horizontale.

La route traverse la rivière Luvula, puis s'élève sur des hauteurs peu prononcées, où les affleurements de calcaire sont nombreux. On continue à trouver beaucoup de blocs de calcaire et de cherts à la surface du sol.

Puis, à plusieurs reprises, la route s'abaisse jusqu'au niveau de la nappe alluviale du Lubilache, ou s'élève sur les collines surbaissées qui bordent la vallée et l'on continue à observer les mêmes roches, aussi bien près du fond de la vallée que sur les versants. Le calcaire forme souvent des rochers très pittoresques ; il est de teinte gris-bleu et fréquemment bréchiforme; il est stratifié presque horizontalement, mais paraît, dans l'ensemble, présenter un léger pendage vers le nord.

Un peu avant la rivière Vunaï, les intercalations de roches siliceuses se voient nettement dans un escarpement calcaire. Vers la partie supérieure, se ufbntrent des masses siliceuses blanches, caverneuses, irrégulières ; plus bas, le calcaire, très siliceux lui-même, est traversé de zones de cherts blanchâtres ou teintés en gris, en rougeâtre, en brunâtre et même en noir. Les zones de cherts, espacées et très minces vers le bas, se rapprochent et s'épaississent en montant et forment bientôt des bancs puissants.

Entre la Vunaï et le Lualu, ces affleurements disparaissent et Ton n'observe plus que quelques blocs de cherts, épars sur le sol.

A partir du Lualu, nous nous écartons du Lubilache, pour nous diriger vers le village de Moana-Mpafu, non loin du Luembé. Entre le Lubilache et ce village, les roches du sous-sol ne sont pas visibles.

Quittant le village de Moana-Mpafu, nous gagnons la vallée du Luembé et nous commençons à remonter la rivière, en marchant à proximité de la rive droite. On n'observe rien du sous-sol, jusqu'au-delà de la rivière Lubimbi. A environ 6 kilomètres en amont, apparaissent, faisant saillie hors du dépôt terreux superficiel, des affleurements d'un calcaire siliceux, à surface rugueuse, cariée, celluleuse. En amont, en face du village de Nzofo, on voit des pointements de ce calcaire siliceux percer les alluvions du fond de la vallée du Luembé et affleurer sur les bords de la rivière.

Plus haut, les mêmes roches se montrent sur les rives, dans la vallée et sur les pentes qui la bordent, souvent en énormes rochers, auxquels les érosions atmosphériques donnent des aspects de murailles déchiquetées, de tours, d'obélisques, etc. L'aspect de la roche est ordinairement bréchiforme. Certains blocs présentent, à la sur-

face, des géodes et des fissures, tapissées de cristaux de quartz. La stratification n'est pas visible.

Les masses calcaires forment, sur la rive gauche, des collines escarpées, appelées Kalunga, Kassongo, etc.

En amont de celles-ci, la rivière est bordée d'autres collines aplaties, offrant de nombreuses saillies de calcaire siliceux qui, décidément, a l'apparence d'une véritable brèche. Le Luembé décrit des méandres, dont les concavités sont bordées par des 'escarpements ruiniformes de la même roche.

Au-delà de la rivière Lufuté, l'altitude des collines qui bordent le Luembé augmente rapidement et la rivière s'encaisse profondément. On continue à voir affleurer le calcaire siliceux.

Plus loin, on croise la vallée, très encaissée, du ruisseau Lufui, sur un pont naturel, semblable à un remblai de chemin de fer qui traverserait le ravin et serait percé, au bas, d'un aqueduc, par où passe le ruisseau.

Au-delà du Lufui, la route s'élève rapidement, pendant qu'à l'ouest, on aperçoit le Luembé, coulant dans une gorge étroite et profonde. Le relief du sol présente, maintenant, une remarquable disposition en collines tabulaires étagées. En même temps, la nature géologique du pays s'est modifiée brusquement. Les calcaires siliceux du système du Lubudi font place à des psammites rouge foncé, bien stratifiés, en couches horizontales. Nous sommes sur les couches du Kundelungu, qui constituent ici un massif important, borné, au sud et à l'ouest, par les massifs granitiques du haut Luembé et que j'ai décrit ailleurs.

Jusque non loin du village de Moa-Gobo, nous marchons, le long du Luembé, sur les couches du Kundelungu. En ce point, brusquement, les couches sédimentaires horizontales disparaissent et nous voyons

apparaître des roches granitiques faisant partie du grand massif qui affleire, vers le sud, jusque non loin des sources du Luembé. La roche qui se montre d'abord est une diorite à très gros grain, affleurant le long de la vallée, et spécialement près du village de Moa-Gobo, en grosses bosses sortant du limon et entourées de blocs arrondis isolés. Le sol superficiel est formé, en grande partie, d'une argile gris clair, rendant le pays fort marécageux. Sur notre itinéraire de retour, j'ai trouvé la même diorite de l'autre côté de la vallée du Luembé, à environ 20 kilomètres sud-ouest de Moa-Gobo (v. p. 165).

Quittant le village de Moa-Gobo, nous marchons vers le sud-est, en nous écartant du Luembé. A 500 mètres du village, on revoit un affleurement de diorite ; puis cette roche disparaît, mais, jusqu'au village de Moa-Nangalé, on observe des indices de la présence de roches granitiques dans le sous-sol. En plusieurs endroits, affleurent les grès tendres du système du Lubi lâche.

A l'est de Moa-Nangalé, on rencontre, en plusieurs points, du granité à grain assez fin et à mica blanc. Une argile gris blanc et un sable grossier forment le sol superficiel ; les grès tendres du Lubilache se montrent encore de temps en temps. Nous franchissons ensuite la ligne de faîte entre le bassin du Luembé et celui du Lomami ; elle est formée par les grès du Lubilache.

Au village de Kifumbi, nous campons près du Luhéti, affluent du Lomami; la rivière coule sur les grès rouges feldspathiques du système du Kundelungu. Ces roches se relient probablement, vers le nord-ouest, à celles du bas Luembé.

Nous continuons notre marche vers l'est, en cheminant parallèlement à la vallée du Luhéti. Sur une certaine distance, on trouve, sur le sol et dans le lit des ruisseaux, de gros blocs de roches siliceuses, rappelant les cherts

qui accompagnent les calcaires primaires sur les rives du Lubilache, vers Kalenga (v. p. 33) et dans la vallée du Lubudi (v. pp. 157 et suivantes). Il y a probablement en cet endroit, une réapparition du système du Lubudi.

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Coupe

Je Kalenga (Lubilache) au Loma

ni (7'

20' lat.

Granité.

Calcaires du système du Lubudi

Système du Kundelungu.

Système du Lubilache.

Jusqu'au Lomami, on ne voit plus de roches en place ; le sol superficiel est sableux. Ça et là, on rencontre des cuvettes circulaires de 100 à 500 mètres de diamètre, assez profondes, souvent remplies d'eau, sans issue ou se déversant, par un étroit chenal, dans une vallée voisine. Peut-être sont-elles dues à la dissolution de calcaires existant dans la profondeur. D'après les dires des indigènes, il existe, à cinq ou six kilomètres au nord de l'endroit où nous avons rejoint le Lomami, trois petits lacs ou étangs circulaires très profonds.

Sur les versants de la vallée du Lomami (7° 31' lat. S.), l'épaisseur des dépôts superficiels ne permet guère de se rendre compte de la nature du sous-sol. Sur le versant oriental, j'ai trouvé quelques fragments de quartz tourmalinifère ou micacé, de quartz de filon, de calcaire, de cherts et de grès feldspathiques, très altérés. Ces roches

semblent indiquer, dans le voisinage, la présence du granité, des couches du Lubudi et des couches du Kundelnngu; mais je n'ai pu voir aucune roche en place.

Sur la route du Lomami à Kilemba-Museya (résidence de Kassongo-Niembo), on traverse un pays occupé par les couches du Lubilache et présentant des indices de l'existence de roches granitiques dans la profondeur. Ces roches se montrent, d'une façon plus nette, au sud de Kilemba, dans la direction du Kilubilui. On rencontre fréquemment, dans le lit des ruisseaux, des blocs de granité, de diabase, de quartz to urina Uni fer e ou grenatifère, etc. Le système du Lubilache prend une épaisseur considérable; on en trouve de très belles coupes dans la vallée du Kilubilui et surtout, dans le pays qui s'étend entre le Kilubilui et le Luvoï, grâce a la présence de ravins d'une grande profondeur et de hautes collines tabulaires. Les couches du Lubilache semblent reposer sur un substratum granitique. Dans la vallée du Kilubilui, le granité affleure en plusieurs endroits (granité à mica blanc, granité sans mica, etc.) ; j'y ai aussi trouvé des galets de granité, de quartz to urinai inifère, de porphyre brun rouge, de quartzite rouge micacé, etc., paraissant détachés d'un conglomérat.

D'après Cameron, l'Ofssambi, c'est-à-dire la région qui s'étend, au sud de notre itinéraire entre le haut Lomami, d'une part, et, d'autre part, le Kilubilui, le Luvoï et le Lubudi, est principalement formé de collines de grès, à sommet plat. Des strates de grès rouge y alternent avec des strates de grès jaune </»; entre leurs séries et le granité qui les porte, se voient ordinairement des amas de galets t^j.

( ! ) Ce sont les couches du Lubilache.

f ' Camkho.n. A travers l'Afrique 'p. 517,.

Dans le lit du .Luvoï, à l'endroit où nous, l'avons franchi, j'ai trouvé un gros bloc de porphyrite diabasique. Le dépôt, qui occupe le fond de la vallée, renferme de nombreux cailloux roulés de quartz.

En quittant les alluvions du Luvoï, nous marchons d'abord sur un plateau, peu élevé au-dessus du niveau de la rivière; puis, nous passons à des collines un peu plus hautes. Sur ces collines, on rencontre des blocs de schistes noirâtres ou altérés en rouge et de grès fins, rouge foncé, cohérents. Ces roches, que je n'ai pas vues en place, rappellent certains échantillons du système du Kabélé (v. fig. 2).

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Fig. ±

Coupe du Luvoi au lac Kabélé à travers les Mouls Hakaussou ; Plan de comparaison = 700 mètres.

a. Granile.

b et b f . Système du Kabélé.

Bientôt, nous nous élevons rapidement, en marchant à flanc de coteau, sur le flanc de la vallée d'une rivière torrentielle, qui descend dans celle du Luvoï. C'est le versant nord-ouest des Monts Hakansson. Dans le lit du torrent, on trouve de nombreux blocs de granité à mica noir et quelques blocs de diabase. Le granité est quelquefois nettement gneissique ; certains blocs présentent un granité pauvre en mica.

La route aboutit à un haut plateau accidenté, quoique horizontal dans l'ensemble, couvert d'une argile gris

clair ou d'un sable grossier, percés çà et là de bosses de granité. On continue à rencontrer des blocs isolés de diabase.

Près du village de Mumpassi, on voit cette roche intercalée dans le granité à mica noir, en un dyke vertical, d'un mètre environ d'épaisseur, dirigé exactement nordsud.

Au sud de Mumpassi, le plateau continue à régner, couvert d'argile et de sable ; le granité y affleure en grosses masses arrondies, recouvertes souvent d'épaisses écailles concentriques. Près du village de Lubombo, il forme des rochers élevés, visibles de loin. La roche est à grain plus ou moins fin; des blocs de quartz, souvent tourmaliniferes, sont abondants à la surface du sol.

Au sud du village de Lubombo, on pénètre dans le bassin du lac Kabélé. En même temps, la topographie et la nature géologique du pays changent brusquement. Le plateau granitique mamelonné fait place à une région très accidentée, constituée par une série de crêtes alignées à peu près N-W.-S-E., offrant un versant escarpé vers le nord-est et un versant en pente plus douce vers le sud-ouest. L'altitude des crêtes s'accroît d'abord jusqu'à la cote 1200, puis diminue rapidement à mesure qu'on s'avance vers la vallée du Lualaba (740). Ce pays est constitué par des terrains dont j'ai fait le système du Kabélé. Les roches que l'on rencontre d'abord consistent en schistes noirâtres, rougeâtres ou décolorés en jaunâtre, tantôt exclusivement argileux, tantôt gréseux et psammitiques, en grès durs, rouge foncé, les uns à gros grain, les autres à grain fin, passant à des quartzites très durs, gris ou gris blanc.

D'une façon générale, les roches schisteuses et les grès rouge brun prédominent vers le nord-ouest, tandis que les quartzites gris clair deviennent plus abondants vers le sud-est.

Ces roches sont en couches dirigées environ N.-40 n -W. et inclinées selon des angles voisins de 30° vers le N. ou vers le S. La réapparition fréquente des mêmes roches indique qu'il existe là une série de plis répétés.

Dans la partie sud-est des Monts Hakansson, la direction des couches se rapproche davantage du nord-sud et l'inclinaison, très forte, tantôt E., tantôt W., est souvent voisine de la verticale.

Dans cette région, la roche dominante est un quartzite giis clair ou blanchâtre, très cohérent, se débitant en parallélipipèdes irréguliers et les schistes argileux disparaissent. A l'endroit où notre itinéraire aboutit au lac Kabélé, le quartzite est gris blanc ou blanc bleuâtre, à gros grains hyalins ou opalins ; les couches sont verticales et orientées nord-sud.

Dans la région où dominent les quartzites gris ou blanchâtres, on rencontre, sur le sol, un grand nombre de gros blocs de diabase, dont je n'ai pas vu le gisement. Les veines de quartz blanc sont nombreuses dans cette région.

Nous atteignons la rive du lac Kabélé au village de Kissanga.

Partant du village de Kissanga, nous contournons la lagune, pour aller franchir le Lualaba en amont. Nous marchons, tantôt dans la plaine alluviale, marécageuse, tantôt sur le soubassement du rempart de collines qui borde la vallée; on y observe des blocs de schistes rougeâtres, de psammites, de grès, de quartzites blanchâtres, etc. Le versant occidental de la vallée est très escarpé et se dresse quelquefois en une muraille presque verticale; ailleurs, il émet vers la plaine de longs contreforts surbaissés et l'on rencontre quelques collines primaires faisant saillie, comme des ilôts, au-dessus des nappes d'alluvions. Une de ces collines, au sud-ouest de

la lagune, montre des affleurements de quartzites blanchâtres, de grès rouge brun, de psammites rougeâtres, de schistes argileux, noirâtres, plus ou moins durs et feuilletés, de schistes siliceux, etc., en couches presque verticales, orientées environ nord-sud.

Sur la rive gauche du Lualaba, en amont de Muchimuna, des collines déprimées, isolées au milieu des alluvions, montrent, en un endroit des bancs de quartzite gris, fortement relevés vers Test, ttanqués de couches de schiste rouge brun.

Quittant la plaine alluviale où coule le Lualaba, nous nous élevons ensuite sur les collines qui la bordent vers Test et la séparent de la vallée du Fungué. Vers la vallée du Lualaba, on rencontre d'abord des quartzites gris clair, analogues à ceux que j'ai signalés plus haut (système du Kabèlé) (v. fig. 3).

Après une longue marche vers le sud, sur un plateau peu élevé, ne montrant aucun affleurement, on voit apparaître d'autres roches, d'un caractère tout différent. Elles constituent ce que j'ai appelé le système du Fungué. En traversant une longue crête, qui borde, vers l'ouest, la vallée du Fungué, on trouve, sur le sol, des blocs de micaschistes, dont certains échantillons sont pétris de grenats, de micaschistes fortement tourmalinifères, de quartzites blancs, etc. Au pied du versant oriental de cette crête, on arrive aux sources thermales sulfureuse* du Kafungué. Ces sources donnent naissance à un ruisseau portant le même nom et allant rejoindre, non loin de là, la rivière Fungué. Aux alentours des sources, on observe plusieurs affleurements d'un quartzite noirâtre, très dur, disposé en bancs épais, alternant avec des couches très feuilletées, passant au micaschiste; la roche est plus ou moins micacée et renferme un peu de tourmaline. Ces quartzites sont orientés N.-45-E. et inclinés

de 60° vers le sud-est. A un endroit, on voit, assez peu nettement, un pointement d'un granité à mica blanc, pegmatoïde. On trouve, en outre, près des sources, des blocs de tourmalinite, de quartzite à tourmaline, de quartzite micacé, grenu et non sohistoïde, etc.

Au-delà des sources thermales, nous entrons dans la plaine alluviale du Fungué et nous rejoignons cette rivière au village de Kibanda.Nous remontons ensuite le Fungué et nous pénétrons bientôt dans un système de hautes collines, d'où il descend. Ce sont les hauteurs auxquelles nous avons donné le nom de Monts Bia et qui séparent ici le bassin direct du Lualaba de celui de la Luftla. Dans ces collines, nous rencontrons d'abord, entre Kibanda et Kamukichi, des blocs de gneiss et de micaschiste, très altérés, puis de granité à mica noir, de tourmalinite et de diabase. On trouve aussi, en approchant de Kamukichi, une énorme quantité de fragments de magnétite compacte, isolés ou empâtés dans du quartz blanc. Je n'ai pas eu l'occasion de voir en place aucune de ces roches.

En amont de Kamukichi, le Fungué coule, au fond d'une gorge profonde, sur du granité à mica noir. La roche affleure, le long de la route, en énormes bosses, d'où se détachent de grandes écailles concentriques ; on en trouve, en outre, de gros blocs arrondis, accumulés sur les collines (v. fig. 3).

Bientôt, la route s'écarte du Fungué et Ton pénètre, en marchant vers l'est, dans un système de hautes collines escarpées, constituées surtout par une roche plus ou moins feuilletée, formée de mica et de quartz, mêlés d'oligiste, et rappelant Pitacolumite ; elle est dirigée N.-45°-E. et montre de fréquentes réapparitions de granité à mica noir et de tourmalinite. Dans une vallée, près du village de Wambubé, se montrent des affleurements d'une roche porphyrique, gris bleu ou blanchâtre.

Au-delà du village de Wambubé, nous marchons vers le sud-est, et la route s'élève rapidement sur des collines, où affleure exclusivement le granité à mica noir ; elle mène à un plateau élevé et accidenté, où Ton trouve, sur le sol, des blocs de schistes cristallins divers, de granité gneissique, de tourmalinite et plusieurs affleurements importants de la roche porphyrique précédente. La tourmalinite y présente un développement important. Partout, comme du reste depuis les sources duKafungué, les blocs de quartz de filon se rencontrent en abondance.

Bientôt, le pays devient moins accidenté et l'on arrive brusquement devant un escarpement peu élevé, conduisant à un immense plateau horizontal, la Manika, formé par les couches horizontales de schistes, degrés et de calcaires dépendant du système du Kundelungu (v. fig. 3).

Les différents schistes cristallins, quartzites, etc., rencontrés du Lualaba à la Manika constituent, avec les granités à mica noir, etc., mon système du Funguc, dont l'âge archéen ne me paraît pas douteux.

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Fig. 3.

Coupe entre le Lualaba et Kalala-Ngorabé à travers les Monts Bia et le plateau de la Manika.

Plan de comparaison = 700 mètres.

a. Granité.

b. Schistes cristallins et granité, r. Système du Kabélé.

d Système «le Kale'to.

c Système du Kutiddungu.

Le plateau de la Manika se termine par un haut escarpement, du côté de la grande vallée d'érosion où coulent la Lufila et ses affluents. La route descend dans cette vallée, par le ravin du Luvilombo.

Dans la plaine, on trouve, jusque Bunkéa, quelques affleurements de schistes argileux, rougeâtres, redressés, faisant partie du système de Katétê.

Bunkéa est située dans cette immense vallée d'érosion où coulent la Lufila, le Dikulué, la Bunkéa, etc. Elle est limitée, vers Test, par F escarpement raide du Kundelungu, présentant la tranche des couches du système auquel j'ai donné ce nom; à cet escarpement, fait face, à près de cent kilomètres de distance, la pente raide qui mène au plateau de la Manika.

Le fond de la vallée de la Lufila est, presque partout, occupé par des nappes d'alluvions, ne laissant voir le sous-sol que par places, sous forme de vagues affleurements schisteux. A partir de la latitude de Bunkéa, le sous-sol se relève en mamelons isolés, en collines déprimées, ou en longs contreforts surbaissés, émis par le haut pays, qui s'étend au sud.

Aux environs même de l'agglomération de villages qui constitue Bunkéa, plusieurs collines isolées montrent très nettement des couches primaires, redressées, faisant partie d'un groupe stratigraphique, que nous allons voir prendre un développement important dans le Katanga et qui constitue le système de Katété.

J * NE La figure 4 donne

la coupe d'une colline, qui se trouve à l'est de l'ancien village de Msiri, sur la

Fig. 4. ° 7

Coupe d'une colline près de Bunkéa. rive gauche du petit

ruisseau traversant l'agglomération.

A. — Poudingue à pâte schisto- argileuse et a galets

de quartz, quartzites, ph ta ni tes, granité, porphyre, etc.

B. — Schistes argileux, rouge brun foncé, plus ou moins

gréseux et micacés.

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