I. — Système de la Rissola. — Je rangerai dans ce système
1° Les chloritoschistes observés au gué du Lualaba, près de Kafunda-Mikopo.
2° Les calcaires cristallins, saccharoïdes et la magnétite stratolde qui se présentent non loin de là, sur la rive droite du Lualaba.
3° Les roches aimantifères, rappelant les hœlleflinta, qui affleurent à l'ouest du Lualaba, dans le lit des ruisseaux Kissola, Kiniankosso et Luabitinda, ainsi que près du village de Kaluloa.
4° Les phyllades violets, aimantifères qui se montrent au nord du Luabitinda, dans le lit du ruisseau Pemba et au nord du camp 4.
5° Les diverses roches schisteuses, aimantifères, visibles au sud de Chamélengé.
6° Les chloritoschistes pyritifères de Kitobo et les phtanites compactes, trouvés en blocs isolés non loin delà.
La direction des couches de ce*système varie de E.-"W. à N.-70°-"W.; elles sont fortement redressées, souvent verticales.
Les gîtes de magnétite observés au nord de Kafunda- Mikopo sur la route de Ntenké, ainsi que les grands amas de Kaluloa et de Chamélengé, les gîtes observés au nord de Chamélengé, près de Muss ; ma, près du ruisseau Kifuanfupa, au sud de Kitobo et près du ruisseau Kakulu semblent subordonnés au système de la Kissola, mais leurs rapports avec les couches sont, en général, peu visibles.
II. — Système du Nzïlo. — Ce système comprend les couches constituant les Monts Nzilo et recoupées sur notre itinéraire entre le camp 14 et le camp 16 (Moanga).
Leur direction générale est N.-40* ou 45--E. et elles sont fortement redressées.
Ces couches paraissent avoir été l'objet d'un métamorphisme accentué, par suite de mouvements mécaniques ; ce métamorphisme est d'ailleurs inégalement réparti dans le système. Je renverrai à ce que j'ai dit plus haut de ce système (pp. 137 à 140). On remarquera que la direction des couches du Nzilo fait un angle d'environ 50 degrés avec celle du système de la Kissola.
Des roches identiques aux quartzites du Nzilo se ren-
contrent à l'état de galets dans le poudingue, base du système de Katété, adossé aux Monts Nzilo et plus au sud, dans le poudingue affleurant près du camp 10 et dans celui des chutes de la Gandévuéma, représentant la base du système de Kafunda-Mikopo.
Au sud de la zone des quartzites du Nzilo j'ai rencontré des blocs d'arkose altérée, sans voir cette roche en place. Ce fait me porte à croire que des bancs d'arkose accompagnent ces quartzites. La même roche se retrouve au nord du Nzilo, entre le village de Moanga et la Lufupa.
Ilbis. — Quartzites du Lufubo. — Ces roches se rencontrent en place près du village de Kilassa, et ont été décrites précédemment (v. p. 78). Elles sont en bancs verticaux, semblant dirigés N.-60*-W.
L'affleurement de Kilassa est très limité, lùais on trouve des roches analogues, à l'état de galets, faisant partie, en un grand nombre de points, des poudingues des systèmes de Kilassa, des Monts Muïombo et du Pays desBassanga, J'ai signalé ces cas sur les itinéraires de Moapé à Moa- Molulu, de Moapé à Ntenké, de Ntenké au Kambobé, de Ntenké à Katanga et de Katanga à Katété.
Certaines parties des quartzites du Lufubo, près de Kilassa, passent à l'arkose; de l'arkose se rencontre à l'état de blocs dans les poudingues, sur l'itinéraire de Moapé à Moa-Molulu, et celui de Ntenké au Kambobé. Nous venons de voir que les quartzites de Nzilo sont probablement aussi accompagnés d'arkose.
A Kilassa, des couches de schistes siliceux, phtanitiques, semblent subordonnées aux quartzites et, à Moa- Molulu, les schistes siliceux, phtanitiques, du système de Moachia sont associés à des bancs d'arkose.
Ces faits semblent indiquer qu'il existe certaines relations entre les quartzites du Lufubo et le système de
Hoachia. Je rappellerai qu'au nord du Nzilo, entre Moanga et la Lufupa, des blocs d'arkose sont associés à des fragments d'oolithe siliceuse, etc., parmi les pierres éparses sur le sol.
HT. — Système de la Lufupa. — Ce système comprend les schistes, quartzites, grès, etc., métamorphiques, relevés sur notre itinéraire, du confluent de la Lufupa à celui du Lubuchi et sur les rives de la partie inférieure du Lubudi. Ici, c'est surtout un métamorphisme de contact qui semble avoir modifié les roches; toutefois, l'action des mouvements mécaniques s'est aussi manifestée, notamment en donnant à la plupart des schistes la structure feuilletée des phyllades.
Des masses de roches éruptives (diabase, porphyrite diabasique, porphyrite quartzifère, amphibolite), sont subordonnées aux couches de ce systèfne, mais il ne m'a pas été donné de reconnaître leurs relations exactes.
J'ai relevé, dans les couches du système de la Lufupa, les directions N.-25°, 30° et 45°-E. ; les couches sont verticales, ou fortement relevées.
En reportant ces directions sur la carte, on constate que le système de la Lufupa se trouve dans le prolongement sud-ouest du système du Kabélé. D'autre part, des quartzites ou des grès du système de la Lufupa sont presque identiques à des roches qui se rencontrent dans les couches du Kabélé. Ces faits peuvent porter à supposer que le système de la Lufupa n'est qu'un faciès métamorphique de celui du Kabélé. Je n'ai pas eu l'occasion de vérifier directement cette hypothèse.
Dans le poudingue des chutes de la Gandévuéma se trouvent, à l'état de galets, des roches identiques à certains schistes métamorphiques du système de la Lufupa. Ils existe donc des couches analogues au sud du massif du Nzilo.
IV. — Système de Moachia. - J'ai trouvé le type de ce système intéressant aux sources thermales salines de Moachia, où il commence par un conglomérat à gros blocs de granité à mica noir et de quartzite archéen et où il finit par des calcaires semi-cristallins. Les couches du système affleurent en outre près du village de Moachia et doivent probablement se montrer au jour au nord-est, dans la direction de Kikongoluka.
Au sud du Kunii, on les voit reparaître à Locochi, puis des indices montrent leur présence dans la plaine, dans la direction de Katanga, du moins à l'état de fragments remaniés dans le poudingue du système de Katété.
Sur l'itinéraire de Katanga à Katété, on en retrouve entre la* Kabunda et le Luembé, puis sur la rive droite du Luembé. A Moa-Molulu, des couches appartenant incontestablement au système de Moachia sont accompagnées, d'un côté, par un amas d'oligiste compacte et, de l'autre côté, par d'épais bancs d'arkose. J'ai déjà parlé des rapports qui paraissent exister entre ces arkoses et les quartzites du Lufubo et du Nzilo.
Entre Katété et Kioabana, les couches de Moachia semblent affleurer sur plusieurs points. Au sud de Moa- Molulu, elles constituent les couches à malachite des mines du Kimbui et de l'Inambuloa et, sur l'itinéraire vers Kilassa, celles des mines du Lusuichi. Elles affleurent, de nouveau, un peu au sud du Lusuichi.
J'ai rapporté au même système les phtanites cuprifères des mines de Kiola et les couches des collines de Ditakata, près de Ntenké. Entre Ntenké et Bunkéa, par le Kambobé, on rencontre le système de Moachia un peu au nord de la vallée de la Panda; puis il constitue les couches à malachite du Kitulu, du Kalabi, du Kambobé et de la Kamaïa et il affleure de nouveau près de Moa- G-uba, de Moa-Sasi, de Moa-Kabé, etc.
Ces couches sont bien développées entre Ntenké et les sources du Lualaba, où elles présentent de fréquents affleurements de calcaires cristallins. Le long du Lualaba, on en trouve des vestiges entre Manvué et le Nzilo et, d'après la description d'Arnot, elles semblent constituer les couches à malachite des mines de Miambo, situées non loin de là. Au nord du Nzilo, entre Moanga et la Lufupa, on trouve, à côté des blocs d'arkose, des fragments d'oolithe siliceuse, etc., à l'état de galets dans un poudingue (système de Moanga).
Aux sources thermales de Moachia, les couches de ce système sont verticales et dirigées N.-65°-"W.; la direction est peu différente au village de Moachia et à Locochi. A Moa-Molulu elle est de N.-30*-W., aux mines du Kimbui et de PInambuloa, de N.-25*-W.; aux mines du Lusuichi N.-70-80°-E. ; aux mines de Eiola N.-40°-E. ; aux collines de Ditakata (E.-W.); sur la route de Ntenké au Lualaba, N.-60°-W. et N.-40 Q -W. ; au nord de la Panda, N.-60°-W. ; auMontKitulu, N.-70°-W.; au-delà duKitulu, N.-70°-E. ; au pied duKambobé, N.-50 -W.; aux mines du Kambobé, N.-55°-E.; à Moa-Guba, N.-45--W., etc. Les couches sont ordinairement fortement redressées et souvent verticales. Comme on le voit, les directions sont assez variables, mais le plus grand nombre sont comprises entre N.-30°-W. et N.-70 -W. Cette direction se rapproche beaucoup de celles des quartzites du Lufubo.
Les roches siliceuses si caractéristiques du système de Moachia (oolithe siliceuse, phtanites, cherts, etc.) se rencontrent, en beaucoup de points, à l'état de cailloux roulés dans les poudingues du système de Katété (Moachia, plaine de Katanga, Bunkéa, Moa-Guba), du système du Pays des Bassanga (Ntenké, itinéraire de Ntenké à Katanga, de Ntenké au Kambobé, etc.) des systèmes de Kilassa, des monts Muïombo, de JÉafunda-
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Mikopo (Gandé vuéma, etc.), de Kazembé et de Moanga. Il est donc établi que les couches de Moachia constituent un système plus ancien que la série devonienne du Katanga.
Des masses importantes déminerai de fer (MoaMolulu, Ntenké, etc.), sont subordonnées aux couches de Moachia; Poligiste, et surtout la magnétite, en pénètrent souvent les roches ou s'y rencontrent en paillettes et en cristaux disséminés. En une série de points, ces couches renferment une grande quantité de malachite et de limonite, résultant de l'altération de pyrites cuivreuses.
Les couches de Moachia, quoique répandues sur une aire considérable, n'affleurent que sur des surfaces très peu étendues sur les territoires occupés par les systèmes devoniens du Katanga. Elles paraissent former, sur une grande partie du pays, le substratum de ces systèmes et avoir été mises à découvert par des plissements suivis de dénudations. Dans la région des monts Kitulu, Kalabi et Kambobé, elles constituent des crêtes parallèles séparant des bassins synclinaux occupés par les couches de Katété ou du Pays des Bassanga.
Les couches de Moachia paraissent exister au nord des collines duNzilo, ainsi que le montrent les fragments d'oolithe siliceux faisant partie du poudingue qui existe entre Moanga et la Lufupa (système de Moanga).
B. — Série non métamorphique.
a. — Bassin nord-ouest ou de VUrua.
J'appellerai bassin nord-ouest la région située au nordouest des massifs archéens et métamorphiques constitués par les systèmes du Fungé, du Nzilo et de la Lufupa* Les terrains primaires non métamorphiques y présentent
un caractère notablement différent de ceux de la région du Katanga.
I. — Système du Kabêlê. — Ce système est représenté par des schistes, psammites, grès, quartzites, rencontrés entre le Luvoï et le lac Kabélé et sur la rive droite du Lualaba, jusqu'au contact avec le système de Fungé. Le système du Kabélé constitue les collines qui bordent le Lualaba dans la région des lagunes. Du côté de la rive gauche, il forme, accolé aux massifs granitiques de la rive droite du Luvoï, la ligne de hauteurs que nous avons désignées sous le nom de Monts Hakansson; vers la rive droite, il forme la bordure occidentale des Monts Bia.
L'extension du système est donc nettement limitée à l'est et à l'ouest par des massifs archéens.
La direction des couches du Kabélé est voisine de N. 40° "W., vers les massifs granitiques du Luvoï, et l'inclinaison de 30° environ au nord ou au sud; vers la vallée du Lualaba, la direction se rapproche de plus en plus de N.-S. et les couches se redressent jusqu'à la verticale.
Je rapproche, avec doute, du même système, les schistes et les grès noirâtres ou bruns qui se montrent au pied des collines granitiques des Monts Hakansson, du côté de la vallée du Luvoï.
Comme je l'ai déjà dit plus haut, et comme on peut s'en assurer par l'examen de la carte, le système du Kabélé semble être le prolongement nord-est du système de la Lufupa, et peut-être ne constituent-ils qu'un seul et même ensemble, auquel le métamorphisme a donné en amont un caractère tout particulier. Bien que cette hypothèse soit probable, je n'ai pu la vérifier directement; c'est pourquoi je me suis abstenu, sur la carte, de raccorder complètement les limites des deux systèmes.
En tous cas, la série de schistes, grès, psammites et quartzites, sans couches calcaires, du Kabélé forme un groupe bien distinct du système du Lubudi, qui représente les terrains primaires non métamorphisés du côté nord-ouest des massifs métamorphiques du Nzilo et de la Lufupa. Le système du Kabélé repose, d'autre part, directement sur Tarchéen et il est accompagné de roches éruptives (diabase, etc.)- C'est pourquoi je le considère comme formant un groupe distinct des terrains primaires non métamorphiques du Katanga et du Lubudi, et d'âge plus ancien. Je le range, quant à l'âge et malgré la nature de ses roches, à côté des systèmes métamorphiques énumérés plus haut.
II. — Système du Lubudi. — Il comprend les poudingues, grès ou quartzites, schistes divers, calcaires avec cherts et bancs de cherts développés en une série de plis sur les rives du Lubudi inférieur et qui reparaissent plus haut, en amont du confluent de la Luina. Je rapporte au même groupe les calcaires avec cherts observés dans la vallée du Lubilache, entre Kalenga et le confluent du Luembé, les calcaires ordinairement bréchiformes du Luembé inférieur et le calcaire bleu qui affleure dans la vallée du Lubéfu, sur la route de G-andu à Pania-Mutombo. Des calcaires avec cherts paraissent aussi exister entre le Luembé et le Lomami vers 7° 80 lat. S. et sur les rives du Lomami, à la même latitude.
Sur le Lubudi, les couches de ce système sont fortement redressées, parfois verticales et dirigées en moyenne N. 25 à 30° E.
Les calcaires avec cherts du Lubudi et du Lubilache rappellent d'une façon frappante ceux du bas Congo. (.Bassins du Kuilu, de la Lukunga, etc.).
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b. — Région intermédiaire.
Système de Moanga. — Entre le massif granitique du confluent de la Lufupa et les derniers affleurements du système du Nzilo, il existe une zone assez large où le sous-sol est peu visible. Sur une partie de cette zone, on peut cependant constater la présence d'un poudingue à pâte schisto-argileuse, analogue à celui qui forme, de l'autre côté du Nzilo, la base des couches de Katété. Lies blocs d'arkose, d'oolithe siliceux, etc., que Ton trouve au même endroit, sont probablement des éléments de ce poudingue.
Ces observations, quoique peu complètes, suffisent cependant à établir la présence, à la surface du massif métamorphique étendu que le Lualaba traverse entre les chutes du Nzilo et le confluent du Lubudi, de vestiges d'une formation primaire non métamorphique, analogue aux systèmes de Kazembé, de Kafunda-Mikopo, etc. Il s'ensuit que la distinction d'un bassin sud-est et d'un bassin sud-ouest n'est qu'apparente, et que les couches primaires non métamorphiques se sont jadis étendues par dessus les territoires occupés par les systèmes du Nzilo et de la Lufupa.
c. — Bassin sud-est ou du Katanga.
Le Katanga proprement dit, dans les bassins du haut LuAlaba, de la Lufila et du Luapula, est presque exclusivement occupé par des formations primaires non métamorphiques qui, au point de vue de l'âge, ne constituent probablement qu'un seul ensemble, mais dans lesquels je distingue provisoirement une série de systèmes, pouvant tout au plus être considérés comme des faciès locaux d'une même formation.
Ces faciès se rangent en deux groupes, de la façon suivante :
Région du Lualaba Région de la Lufila
ou occidentale. ou orientale.
1 er Groupe : (septentrional)
Système de Kazembé. Système de Katété.
/ • - • Système du Pays des 2 d Groupe: (méridional) \ Bassanga.
Système de Kafanda- ... Système des Monts Mikopo. / Muiombo.
... Système de Kilassa.
Les formations de chaque groupe sont presque identiques dans le bassin du Lualaba et dans celui de la Lufila; dans celui-ci, les noms de système du Pays des Bassanga, de système des Monts Muiombo et de système de Kilassa ne sont que des termes locaux s'appliquant à un même ensemble.
Entre le premier et le second groupe, la différence de faciès est très notable. Les roches des systèmes du l* r groupe (septentrional) se distinguent de celles du groupe méridional par une teinte généralement beaucoup plus foncée et par une plus grande abondance de l'élément siliceux. Les roches y sont teintées en rouge foncé, en brun ou en noirâtre, les schistes y sont plus gréseux, les grès plus purs, les calcaires plus sableux. La teinte foncée y est due surtout à une grande richesse en fer.
Dans le second groupe, les roches sont ordinairement de teinte claire, les grès chargés d'argile et les calcaires souvent très purs, gris ou bleu ; quand les schistes ou les poudingues sont noirs, cette coloration est due, non à du fer, mais à des matières charbonneuses; elle disparait par une exposition prolongée à l'air et la roche devient grise ou rouge.
Malgré toutes mes recherches, je n'ai pu arriver à établir une limite stratigraphique entre les deux groupes ; cependant le passage d'une zone à l'autre est toujours très sensible, grâce à l'aspect du sol superficielles roches du groupe septentrional, plus siliceuses, plus ferrugineuses et beaucoup moins altérables, se recouvrent d'un dépôt d'altération sableux, gris foncé, peu abondant et très peu fertile. Les territoires occupés par les roches du groupe méridional sont recouverts d'un manteau terreux beaucoup plus épais et plus continu, sablo-argileux, rougeâtre ou brunâtre et beaucoup plus productif.
Groupe septentrional.
I. — Système de Katêté. — Les couches de ce système constituent le fond, plus ou moins caché par les alluvions, de la grande vallée où coule la Lufila à partir de la latitude de Bunkéa. A l'est et à l'ouest de la plaine d'alluvions se dressent, en hauts escarpements, les tranches des couches horizontales du système du Kundelungu, autrefois continues à travers l'emplacement de la vallée.
Au sud de la grande plaine de Bunkéa s'élève un rempart en pente rapide, émettant quelques promontoires vers Je nord et menant au plateau supérieur du Katanga. Cet escarpement, vu du nord, constitue le Kunii. Les cours d'eau (Lufila, Bunkéa, Dikulué) descendent en cascades de ce plateau supérieur dans la plaine de Bunkéa. Le plateau supérieur, jusqu'à environ la latitude de Katanga et du Mont Kambobé, est constitué par les couches du système de Katété, percé, par places, par les affleurements du système de Moachia. Le poudingue qui forme la base des couches de Katété renferme comme éléments roulés des roches du système de Moachia.
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Les couches de ce système ont une direction assez uniforme, généralement voisine de N. 60° ou 65° W. Elles sont quelquefois verticales et, au sud du Kunii, ordinairement inclinées selon des angles supérieurs à 45°, vers le nord ou vers le sud; au nord de Pescarpement du Kunii, l'inclinaison est plus faible et descend jusque 10°.
Aux mines de Kioabana, les schistes du système de Katété sont malachitifères.
II. — Système de Kazembé. — C'est le représentant du système de Katété sur les rives du Lualaba. U commence au nord par d'épais poudingues au contact des quartzites du Nzilo et s'étend vers le sud jusque vers le ruisseau Mukabo.
La direction générale des couches de ce système est N. 60° W.; elles sont le plus souvent fortement redressées.
Groupe méridional.
I. — Système du Pays des Bassanga. — Ce système comprend les poudingues, schistes, grès et calcaires observés sur nos itinéraires entre Ntenké et le Kambobé, entre Ntenké et Katanga, sur les routes de Katanga à Moa-Molulu et de Moapé à Katanga, abstraction faite des couches rangées dans le système de Moachia. Les poudingues renferment souvent, à l'état d'éléments roulés, des roches du système de Moachia et du système des quartzites du Lufubo.
Les couches du Pays des Bassanga sont verticales ou fortement redressées ; leur direction générale est voisine de N. 50° W.
II. — Système des Monts Muiombo. Il représente le groupe méridional des terrains non métamorphiques du
Katanga, dans le pays traversé par notre itinéraire de Moapé à Moa-Molulu, et spécialement dans les Monts Muiombo. Il est caractérisé surtout par les schistes et les poudingues rouge sang visibles entre les Monts Muiombo et Makaka et par les schistes gréseux, à grain fin et micacée, qui constituent la grande masse des Monts Muiombo.
L'élément calcareux est peu développé dans ce système et représenté seulement par des schistes calcareux. Les éléments des poudingues sont surtout fournis par les quartzites du Lufubo.
Les couches sont, comme dans les systèmes précédents, fortement redressées ; le plus grand nombre des directions observées se rapprochent de N. 30° W.
JH. — Système de Kilassa. — Il est constitué par les épais poudingues à ciment schisto-argileux noir, charbonneux, et à galets de schiste siliceux et de quartzite qui, à Kilassa, sont adossés aux quartzites du Lufubo ; par les schistes noirs charbonneux et les calcaires gris bleu qui leur font suite. Ces couches sont orientées N. 60* "W.
IV. — Système de Kafunda-Mikopo. — C'est le représentant, sur les rives du haut Lualaba,des trois systèmes précédents du Katanga proprement dit. Il est caractérisé par des schistes et par des poudingues à pâte schistoargileuse, noirs, charbonneux, analogues à ceux de Kilassa. Le poudingue et les schistes se voient notamment à Kafunda-Mikopo, près du camp 1, et aux chutes de la Gandévuéma, où le poudingue renferme, comme éléments roulés, des fragments de granité, de quartz tourmalinifère, de schistes métamorphiques analogues à ceux de la Lufupa, de quartzites analogues à ceux du Nzilo, de schiste siliceux, de quartz, etc. On trouve aussi
dans ce système des schistes divers, plus ou moins feuilletés, des grès, des calcaires gris bleu et des schistes calcareux. Vers le ruisseau Mukabo, il passe au système de Kazembé.
La position des couches varie entre la verticale et une inclinaison à 45°, nord ou sud ; leur direction se rapproche le plus souvent de E.-W., mais varie quelquefois jusque N. 45* E.
En résumé, les terrains anciens des bassins supérieurs du Lubilache, du Lomami, du Lualaba et du Luapula que nous avons eu l'occasion d'étudier, peuvent se classer dans le tableau ci-après.
Si l'on reporte sur la carte les directions données pour chacun des termes géologiques précédents, on constate qu'on peut les classer en deux systèmes d'orientation bien distincts.
1° Les couches du Fungé, du Nzilo et de la Lutupa, c'est-à-dire celles qui constituent la grande zone archéenne et métamorphique des Monts Nzilo et des Monts Bia, sont dirigés dans le sens nord-est. C'est selon la même direction que s'allongent les massifs granitiques des Monts Hakansson et la partie de ces collines occupée par les couches du Eabélé. De plus, les couches du Lubudi, flanquant du côté occidental le massif métamorphique de la Lùfupa, épousent la même direction nord-est.
2° Du côté oriental de la ligne des Monts Nzilo et des Monts Bia, les conditions sont tout autres. Les terrains non métamorphiques du Katanga, de même que le système de Moachia, les quartzites du Lufubo et le système de la Rissola ont, dans l'ensemble, une direction voisine de nord-ouest.
Il serait sans doute prématuré de tirer de ces données des conclusions sur la tectoniquo de la région; nos
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