‹ Observations sur les terrains anciens du Katanga faites au cours de lChapitre 26 sur 51 · SE · texte numérisé non relu

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connaissances positives sont encore trop imparfaites. Retenons seulement ce fait, qu'il existe dans les terrains anciens du Katanga deux directions de plissement sensiblement perpendiculaires, ou du moins bien distinctes.

J'ai plus haut insisté, à différentes reprises, sur cette circonstance importante, que tous les poudingues formant la base des terrains primaires non métamorphiques du Katanga et de l'Urua renferment, comme éléments roulés, des fragments des roches qui constituent les systèmes métamorphiques. Il est naturel d'en conclure que les couches des systèmes métamorphiques avaient subi des plissements antérieurement au dépôt des couches non métamorphiques.

Quant à ces dernières, elles comprennent dans leur composition des arkoses qui ne peuvent provenir que de la trituration de roches granitiques; le système de Moachia débute par un conglomérat de roches archéennes et de granité ; les quartzites du Nzilo et du Lufubo paraissent formés par des fragments de quartz empruntés à des granités ou à des schistes cristallins ; ils renferment, en outre, plus ou moins de fragments élastiques de mica et de feldspath. Nous pouvons en conclure que le plissement des terrains archéens et la mise au jour des massifs granitiques de la région ont précédé le dépôt des couches aujourd'hui métamorphiques.

Enfin, les terrains primaires non métamorphiques sont, comme nous l'avons vu, partout fortement plissés.

Nous nous trouvons donc en présence de plissements appartenant à trois époques :

1° Plissement des terrains archéens, antérieur aux terrains métamorphiques.

2° Plissement des terrains métamorphiques.

3" Plissement des terrains non métamorphiques.

Par analogie avec ce qui se présente en Europe aussi bien qu'en Asie et dans P Amérique du Nord et même dans des régions mieux connues du continent africain, nous pouvons considérer ces mouvements comme respectivement comparables aux plissements huronien, calédonien et hercynien.

Dans cette hypothèse, le système du Fungé étant considéré comme archéen, on devrait voir dans nos systèmes métamorphiques les représentants du Précambrien et du Silurien, et dans nos terrains non métamorphiques, l'analogue au moins du Dévonien.

Quant au Carbonifère, peut-être existe-t-il, inconnu jusqu'ici, dans les régions plus centrales du bassin du Congo ; ou peut-être est-il représenté à la fois par la partie supérieure de nos terrains non métamorphiques et par une portion des couches horizontales du Kundelungu, ou encore, par ces dernières seulement. Dans le second cas, l'analogie avec ce qui se passe dans les pays du Cap, serait complète, et nous aurions au Katanga une discordance comparable, sinon analogue, à celle qui existe en Europe, entre le "Westphalien et le Stéphanien.

Dans nos terrains métamorphiques, le système du Lufubo et celui du Nzilo, composés en grande partie de sédiment très grossiers (les quartzites passent souvent au conglomérat), indiquent nettement l'existence d'une discordance entre eux et l' Archéen et semblent être la partie la plus ancienne de la série métamorphique.

H faut probablement y joindre la partie orientale, (quartzites), du système du Kabélé.Peut-être cet ensemble correspond-il au Précambrien.

Dans ce cas, la nature des roches quartzeuses du Nzilo et du Lufubo prouverait qu'au début du Précambrien, il y avait, dans le sud du bassin du Congo, un continent, ou tout au moins des îles importantes, formées de roches

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archéennes. Ce serait un analogue du continent huronim des régions septentrionales.

Les systèmes métamorphiques de la Lufupa et de la Kissola, auxquels nous pouvons réunir la partie occidentale du système du Kabélé, sont formés, en général, de sédiments fins (phyllades, schistes) et, postérieurs aux autres systèmes métamorphiques, pourraient répondre au Silurien inférieur, c'est-à-dire au Cambrien. Dans ce cas, il n'y aurait pas de discordance visible entre le Précambrien et le Cambrien.

Qaant au système de Moachia, où le métamorphisme est plus faible et d'une nature spéciale et où les calcaires jouent un rôle important, peut-être pourrait-on y voir l'équivalent du Silurien proprement dit.

De même qu'il existait des terres émergées dans ces régions à l'époque précambrienne, on peut également, si les hypothèses précédentes sont vraies, y affirmer l'existence de terres siluriennes durant la période dévonienne.

Plus tard, les mouvements hercyniens ont émergé la presque totalité du continent africain qui fit, dès lors, partie intégrante du grand continent austral] alors s'ouvrit pour l'Afrique une longue période d'érosion continentale (')..

C'est pendant cette période que se déposèrent les schistes, psammites et grès rouges du bassin du Congo

(') Il serait difficile de démontrer directement que les schistes et grès rouge* du bassin du Congo sont d'origine continentale et lacustre, plutôt que marir La présence de fossiles pourrait seule permettre de trancher la question. Jusqu'ici, ils font complètement défaut et ce n'est que par analogie avec les formations horizontales qui, au Cap, reposent sur les terrains primaires disloqués, que nous considérons provisoirement ces terrains horizontaux du Congo comme déposés par des nappes lacustres aux dépens des matériaux arrachés par l'érosion à des massifs primaires récemment plissés par I. mouvements hercyniens.

(couches du Kundelungu), représentant peut-être, en tout ou en partie, le Carbonifère non plissé des régions du Cap.

Les couches du Kundelungu ont été plus tard soumises à leur tour à une longue période de dénudation. précédée d'une dislocation peu importante, mais néanmoins appréciable, dans certaines parties du bassin. Après cette dénudation se déposèrent les épaisses assises de grès tendres, accompagnées d'argilites dans le sud, qui occupent la plus grande partie des régions centrales du bassin (couches du Lubilache) et qu'on peut comparer aux Couches de Stormberg de l'Afrique méridionale.

L'absence, complète jusqu'ici, de fossiles dans les terrains du Congo rend ces diverses assimilations très douteuses : c'est pourquoi je ne les présente que comme des hypothèses que les recherches futures pourront seules élucider.

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