‹ Observations sur les variations musculaires dans les races humainesChapitre 75 sur 80 · PYRAMIDAL DE L ABDOMEN · texte numérisé non relu

PYRAMIDAL DE L ABDOMEN

Le muscle pyramidal de l'abdomen se fixe dans cet espace qui sépare l'épine du pubis de la symphyse pubienne, dans une étendue plus ou moins considérable. H se termine par un tendon étroit au-

i04 MKMOlItES DK LA SOCIÉTÉ li*ANTUROPOL(M«l£

dessous de Tombilic. Cette terminaison du pyramidal est très variable.

11 manque souvent dans la race blanche et rarement dans la race noire. Il manque fréquemment d'un seul côté du corps. Parfois quand il n'existe que d'un seul côté, il se dédouble. Nous avons observé cette conformation chez un Péruvien. Winslow et Ruysch ont décrit trois faisceaux du pyramidal d'un seul côte.

Verheyen a observé une intersection tendineuse, analogue à celle du droit antérieur do l'abdomen. En cas d'absence du pyramidal de l'abdomen, il existerait une bandelette fibreuse k sa place, du moins on le dit.

Certains anatomistes prétendent que le muscle pyramidal est le vestige d'un grand muscle qui, chez les didelphes, a des connexions intimes avec la poche marsupiale. Si cela était vrai, on verrait ce muscle se développer beaucoup chez les mammifères monodelphes les plus proches des didelphes, comme le sont les édentés, par exemple; mais non ; et les mêmes auteurs, comme d'ailleurs tous les néophytes, nous énumèrent complaisamment l'absence du pyramidal de l'abdomen chez les solipùJc^, les ruminants, les porcs, les cétacés, chez les fouj^miliers porc-épie, tatou, raton, taupe, chat, marte, chauve-souris, etc., et même chez un ours. Mais ce qui est fâcheux pour cette théorie, d'après laquelle le pyramidal de l'homme n'est qu'un souvenir du grand muscle marsupial, ce sont les faits que les auteurs eux-mêmes nous fournissent avec une inconscience absolue. Car après Tours ils continuent l'énumération, et constatent l'absence du pyramidal chez les indris d'après Alphonse-Milne-Edward, chez les autres lémuriens, d'après Mivart et Marie.

Ces mêmes anatomistes ont constaté son absence chez les nycticèbes, chez galago et fchez Aye-Aye, et chez les tarsiens. Ensuite toujours d'après les mêmes auteurs, on trouve les vestiges du pyramidal de l'abdomen chez les hyènes, chez les magots, papions, callitriches, etc. A la fin ils font lu remarque que le pyramidal manque chez les chimpanzés et chez les gorilles d'après BischofT.

Or, si ce muscle manque chez certains monodelphes inférieurs, s'il manque encore chez les lémuriens et les édentés, si enfin ce muscle apparaît au contraire chez les singes quadrupèdes ou plus exactement chez les pithéciens, et si, d'autre part, il a une tendance k disparaître chez les anthropoïdes; le muscle pyramidal des monodelphes n'est pas analogue au muscle marsupial des didelphes : alors son origine et sa fonction sont encore k déterminer.

Ceilainement l'explication sur son origine, sur son analogie et son ptàt atavique a une grande importance dans la zoologie; mais il est

TH. CHUDZÏNSKI. — VAHIATIONS MUSCULAIRES DANS LRS RACES HUMAINES 205

imprudent de jouer avec les analogies, car cela conduit souvent h une «exagération, qui nuit k la science exacte, parce qu'elle retarde sa marche; et tous ces jugements hâtifs compromettent son austérité et par conséquent son autorité. Car la science doit rester impassible et ne pas se prêter au caprice personnel ni aux passions.

Revenons maintenant à l'étude du muscle pyramidal de l'abdomen.

Nous avons déjà noté plus haut, que le muscle pyramidal de l'abdomen manque rarement chez les nègres * ; sur notre très petit nombre d'individus de la race jaune, il était absent chez un Caraïbe.

Chez les anthropoïdes : gorilles, chimpanzés et orangs, le pyramidal de l'abdomen manque quelquefois. Nous avons constaté ce fait sur toutes ces espèces.

Mais en voilà assez sur les généralités du pyramidal de l'abdomen. Entrons plutôt dans les détails plus intimes dé sa constitution; mais auparavent, qu'il nous soit permis, de faire une petite remarque. Deux circonstances ont entravé nos recherches : d'abord, certains des sujets mis à notre disposition avaient déjà subi une autopsie complète ou ceux qui étaient intacts, étaient dépourvus du muscle pyramidal de l'abdomen. Quoiqu'il en soit, voici en une série de tableaux, les éléments ]conslitutifs du pyramidal de l'abdomen.

Longueur totale :

Moyenne. .

Maximum. .

Minimum .

Dans les races Race

en général noire

Race Race

jaune blanche

73 61 miliim

Longueur du corps charnu :

Moyenne . .

Maximum. • Minimum. .

Dans les races Race

en général noire

Race jaune

Race

59 miliim .

Dans le premier tableau c'est la race noire qui se place au premier rang, par sa moyenne, laquelle est supérieure à la moyenne des races de 14 millimètres et à celle de la race blanche de 4 millimètres; et en

*■ Sur le nombre de 18 nègres des deux sexes, il ne manquait jamais. 11 était absent chez un 19<^ de provenance inconnue.

âOH MÉMOIRES DE L\ SOCIÉTÉ D ANTHROPOLOGIE

troisième lieu vient la race jaune. En d'autres termes, la longueur totale du pyramidal de l'abdomen est la plus forte dans la race noire et la plus faible dans la race jaune. Le maximum est le même chez les nègres et les blancs, il est plus faible de 9 millimètres dans la race jaune. Le minimum est uniforme dans les races jaunes et noires.

Le second tableau diffère du premier par la variété de ses chiffres. Dans ce tableau c'est l'inverse du précédent, qu'on observe. Maintenant ce sont les nègres qui sont relégués au dernier rang; en effet, leur moyenne est inférieure à la moyenne générale des races de 6 millimètres; de 12 millimètres k celle de la race blanche et même de 3 millimètres à la moyenne de la race jaune. Cela signifie que le corps ou la partie charnue du pyramidal est la plus courte dans la race noire et la plus longue dans la race blanche.

Les maximum et les minimum do. ces trois races, confirment parfaitement les moyennes.

S'il en est ainsi^ que devient ce fameux muscle marsupial de l'homme, c'est-à-dire son soi-disant vestige, le muscle pyramidal? D'après cette supposition il devrait être plus long dans sa partie charnue dans une race, dite, inférieure. Mais c'est le contraire qu'on constate ; car le pyramidal est plus atrophié dans la race noire que dans la race blanche. Il est vrai que dans notre série de nègres, le pyramidal manquait une seule fois sur les 19 nègres, mais ce nombre est encore insuflisant pour en tirer des conclusions définitives.

La largeur du pyramidal de l'abdomen varie surtout chez les individus. Sa moyenne générale dans la race humaine est de 23,58 millimètres, au maximum 37 et au minimum 12 millimètres.

Dans la race noire Race jaune

Moyenne .... 22 34 Dans la race blanche elle

Maximum. ... 32 37 semble varier entre 20

Minimum. ... 12 30 et 12 millimètres.

Dans la race blanche elle semble varier entre 20 et 12 millimètres. Ainsi la largeur du pyramidal de l'abdomen par sa moyenne, son maximum et son minimum est plus considérable dans la race jaune.

Enfin, le pyramidal de l'abdomen se termine au-dessus du pubis de la manière suivante :

Dans les races en général

Moyenne 86 niillimèlres.

Maximum 156 -—

Minimum 55 —

TH. fîlIUDZINSKI. — VAniATiONS MUSCrLAinES DANS LKi HkiltLi HUMAIXKS 207

Dans la race blanche et dans la race jaune, les chiffres sont insuHisants c'est pourquoi nous ne les mentionnons pas. Toutefois le maiiiinum 156 a été obser^'é dans la race hlanche. Dans la race noire la moyenne est de 64 millimètres. C'est-à-dire que ce muscle par ses insertions tendineuses à la ligne blanche, remonte le plus haut au-dessus du pubis dans la race noire.

De tout ces éléments constitutifs du muscle, on peut tirer les conclusions suivantes :

io Le pyramidal de Tabdomen manque souvent dans la race blanche, rarement dans la race noire :

2^ il manque normalement chez un grand nombres de mammifères quadrupèdes, chez certains singes dWmérique; il manque souvent aussi chez les anthropoïdes ;

3» Le p^Tamidal dans sa totalité est le plus long dans la race nègre :

4* 11 est au contraire le plus court dans la race noire, par sa partie eharnue et le plus long dans la race blanche ;

5° Sa largeur k ses insertions pubiennes est très grande dans hi race jaune, et semble être beaucoup moins large dans la race blanche ;

6^ Il est situé plus près de l'ombilic dans la race noire.

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