‹ Observations sur les variations musculaires dans les races humainesChapitre 76 sur 80 · GRAND FESSIER · texte numérisé non relu

GRAND FESSIER

Le muscle grand fessier commence ses insertions sur la partie inférieure de la colonne vertébrale, sur le bassin, et, d'autre part, sur la partie supérieure du fémur. Les insertions à la colonne vertébrale se font aux saillies de la face postérieure du sacrum et sur le coccyx; les insertions sur le bassin se font sur la ligne rugueuse, connue sous le nom de ligne demi-circulaire postérieure. Cette ligne est située sur la portion la plus postérieure do l'os iliaque Ensuite le grand fessier se fixe encore sur une petite surface de l'os iliaque qui est en arrière de la ligne demi-cinulaire et îi la face postérieure du grand ligament sacro-sciatique.

En bas, l'inserlion du grand fessier se fait a la ligne rugueuse qui rejoint la branch(» <?xterne de la bifurcation supérieure de la ligne âpre du fémur.

â(M MÉMOIRES DB LA SOCIKTK d' ANTHROPOLOGIE

Chez les singes, il y a encore une autre insertion qui manque constamment dans Tespèce humaine, c'est Tinsortion du grand fessier à la tubérosité ischiatique.

Le grand fessier a son développement au maximum dans l'espèce humaine, et il recouvre entièrement la tubérosité ischiatique, et même il descend de 2 à 3 centimètres plus bas au-dessous de cette éminence. Mais, chez les singes quadrupèdes, l'ischion est tout k fait découvert, il est sous-cutané.

On a, à tort, généralisé ce fait, car certains anatomistes, et même dernièrement M. Testut, affirment que l'ischion n'est jamais recouvert chez les singes. Cela est vrai pour les singes quadrupèdes, et même pour la famille des gibbons, mais cela ne l'est pas pour les vrais anthropoïdes, dont le muscle grand fessier non seulement recouvre la tubérosité ischiatique, mais souvent la déborde; et c'est à cause de cela que les vrais anthropoïdes n'ont pas de callosités. . Les variations — anomalies des auteurs — du grand fessier sont peu nombreuses.

Nous avons vu, chez une négresse du Sénégal, la tubérosité ischia* tique sous-cutanée dans l'étendue de 15 millimètres, c'est-à-dire que, dans cette étendue, le muscle grand fessier manquait. Chez un autre pègre, la tubérosité ischiatique était à peine couverte par les fibres de ce muscle.

M. Testut range dans les anomalies l'insertion du grand fessier k l'aponévrose crurale, quoique cette disposition soit tout à fait normale, et le fait contraire constitue une anomalie.

Macalister cite un cas d'atrophie du grand fessier, dans lequel les insertions sacrées de ce muscle se bornent aux deux dernières vertèbres du sacrum.

Tiedemann a vu le grand fessier composé de deux couches superposées : une couche superficielle et une profonde ; nous avons observé le même fait chez une Cinghalaise.

U arrive aussi que la partie inférieure du grand fessier est séparée de la masse commune, et a été baptisée du nom sonore, et suivant nous k tort, de muscle coccy-fémoral.

M. Testut a vu un faisceau musculaire partir de la tubérosité ischiatique et aboutir au fémur; nous avons vainement cherché cette insertion du grand fessier dans l'espèce humaine.

On a vu quelques fibres charnues du grand fessier se confondre avec les fibres postérieures du tenseur du fascia lata. Pour notre part, nous avons noté une communication des fibres musculaires du grand fessier avec celles de la courte portion du biceps de la cuisse par l'in terme-

TH. nHUOZlNSKl. — VARIATIONS MUSCULAIRES DANS LES RACES HUMAINES 209

diaire d'un faisceau long et étroit détaché de la face profonde du grand fessier.

Le muscle grand fessier des mammifères quadrupèdes est très peu développé, même chez les singes qui ont cette attitude. Chez les vrais anthropoïdes, — gorilles, chimpanzés, orangs, — le grand fessier acquiert un développement presque aussi considérable que celle de rhomme dans sa surface, mais non dans son épaisseur.

C'est seulement dans l'espèce humaine que le muscle grand fessier atteint le plus haut degré de sa grandeur, soit en surface, soit en épaisseur.

La forme du grand fessier, chez les hommes, est celle d'un quadrilatère irrégulier ou, si Ton préfère, d'un losange. La longueur de ses fibres charnues est assez difficile à mesurer avec précision, et c'est pourquoi nous l'avons omise dans notre travail. Au contraire^ sa hauteur ayant plus de fixité, c'est cette dernière que nous avons étudiée.

Nous avons examiné la hauteur du grand fessier à son bord externe ou en dehors, à son bord interne ou en dedans, et enfin au milieu du muscle, et voici le résultat de nos recherches :

Hauteur externe du grand fessier :

Dans les races

Race noire

Race jaune

Raee

série

blandie

Moyenne. .

182 millim.

Maxilnam .

Minimam .

Il en résulte que la hauteur externe du grand fessier des noirs du sexe masculin est supérieure à celle des autres races, et non seulement par sa moyenne, mais aussi par son maximum. De plus, sa moyenne dépasse la moyenne générale des races humaines de 12 millimètres, c'est-à-dire d'un nombre déjà assez important. La race blanche se rapproche beaucoup de la série des nègres, c'est-à-dire de l'ensemble des individus des deux sexes de cette race, mais il en diffère un peu par le minimum, qui est considérable dans la race blanche. Le minimum des blancs fait pressentir que la hauteur externe du grand fessier est plus élevée chez eux que dans la race noire. Après les blancs viennent les femmes nègres, et, en dernier lieu, la race jaune, quoique cetle dernière, par son maximum, se rapproche de la race blanche.

Nous avons cherché pourquoi le bord externe du grand fessier est le plus grand chez les nègres du sexe masculin, et nous pensons que

3* SÉRIE. — TOUS IL F. i\ 14

âio

MKMOIRRS DR LA SOCIIÎTK D'aNTHROPOLOOIR

c*est en rapport avec la taille, qui est assez élevée chez les hommes noirs, et, dans tous les cas, supérieure h la moyenne des blancs. Celle influence de la taille sur le développement en hauteur du bord externe du grand fessier est rendue évidente, si on isole de la série des blancs les individus de taille au-dessus de la moyenne ; et c'est le cas des suppliciés de la race blanche. Chez ces derniers, d'après nos observations personnelles, la moyenne de la hauteur externe du grand fessier est de 193, le maximum 219 et le minimum 170. Donc la moyenne et le minimum des décapités de la race blanche sont supérieurs h ceux de la race noire.

D'ailleurs, la preuve définitive de Tiniluence de la taille sur la hauteur externe du grand fessier se voit dans notre série des individus de la race jaune. En effets les trois individus sur quatre, qui forment notre petite série de la race jaune, sont de très petite taille. La moyenne de la hauteur externe du grand fessier est peu élevée aussi (159), mais chez le quatrième individu, dont la taille est de 1,710 millimètres, cette hauteur est de 210 millimètres.

Les femmes de la race noire ont la moyenne et le maximum audessous de la moyenne et du maximum des races en général. Cet abaissement de la hauteur est dû absolument à la même cause, c'est-àdire à la petitesse de la taille ^

Tout cela nous autorise k penser que la hauteur externe du grand fessier croît avec la longueur du fémur, ou, en d'autres termes : plus le fémur est long, plus la hauteur du grand fessier est élevée.

La hauteur du grand fessier en dedans :

Dans les races en général

série

Race noire

Race jaune

Race

rr

blanche

Moyenne. .

145 millîm

Maximum .

Minimum .

La hauteur interne du grand fessier, contrairement à la hauteur ex-

i Nous avons supprimé de la moyenne générale des races le nombre de 125 millimètres trouvé chez un nègre; avec ce nombre, la moyenne générale des races est leprésenlée par 171,52 millimèlres. Nous l'avons écarté également de la série des nègres^ dont elle abaisserait la moyenne au nombre de 177,48. Nous l'avons élimine aussi de la série des noirs du sexe masculin, dont la moyenne descendrait à 182 millimètres, absolument connue dans la race blanche. D'ailleurs cette suppression est bien légitime, car il peut se faire que ce nombre 125 ne soit qu'une faute de transcripUon.

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terne, est plus élevée dans la race blanche que dans la race noire. Chez les blancs, cette hauteur dépasse la moyenne générale des races de 7 millimètres; elle dépasse de 3 millimètres la moyenne des nègres du sexe masculin. La race jaune se rapproche sensiblement de la moyenne générale des races.

Chez les femmes de la race noire, le bord interne du grand fessier subit un abaissement notable (21 millimètres au-dessous de la moyenne de la race blanche, il millimètres au-dessous des noirs du sexe masculin^ et 14 au-dessous de la moyenne générale de ces races).

EnQa le minimum est remarquable aussi par la fixité des chiffres, dans les races de couleur.

Hauteur du grand fessier dans le milieu de sa surface :

Dans les races

Race noire

Roce

Race

en

général

série H.

jaune

Moyenne . .

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