‹ Observations sur quelques-uns des mineraux, soit de l'ile de Ceylan, soit de la cote de CoromandelChapitre 2 sur 2 · partie consli- l o x ^ l } l · texte numérisé non relu

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'"""liciir"' ^^'^ ^^^^^ mieux sentir ses rapports avec celle à laquelle j'ai donné le nom diindianite , et que j'ai décrite autrefois dans mon Mémoire sur le Corundum , ainsi que dans le Catalogue sommaire de ma collection. La substance dominante ensuite dans cette roche, est la hornblende noire, qui y est disséminée en petites parties très-atténuées, et y forme, en outre, des noyauA aoooor r>r\n ci ri «Vi Kl oc, ^n^c ioo<.jticlc» elle se moulre en petites masses lamellaires à gil^andes lames, et sous un aspect très-particulier, qui la feroit facilement prendre pour appartenir au fer oxydulé j quelques grenats, quelques petites paillettes

de mica noir, une assez grande quantité de petits octaèdres de fer oxydulë, quelques grains de la substance décrite ci-après, sous le nom de candite, et peut-être quelques parties de feldspath, le tout dissémine dans cette roche, achèvent de compléter les parties intégrantes qui la composent.

La hornblende lamellaire, qui forme les noyaux que je \iens de dire être renfermes dans cette roche, m'a arrête quelque temps dans sa de'termination , par l'aspect que présentent ses cassures; elles sont très-nettes et très-brillantes, et indiquent toutes un prisme tétraèdre rectangulaire. Quoique je susse trèsbien que la hornblende, en même temps qu'elle se clive , avec beaucoup de facilité, parallèlement aux plans de son prisme primitif rlioraboïdal de 124''50' et 55,30', se clive aussi sans de très-grandes difficultés, suivant deux autres directions parallèles aux diagonales de ses faces terminales, je n'avois pas encore aperçu de hornblende dans laquelle ce clivage fût plus facile , que celui fait suivant la direction des pans du prisme rhomboïdal primitif Telle est la nature de celle-ci, et cela au point que toutes les cassures accidentelles qu'elle laisse apercevoir, ou du moins presque toutes , sont suivant la direction des diagonales des faces terminales , et que ce n'est qu'avec beaucoup de soin que l'on peut parvenir à obtenir celles parallèles aux pans du prisme.

La substance que j'ai dit former la partie intégrante la plus abondante de cette roche, y est, soit en grains de forme indéterminée, soit eu pttrto ^-îotou.=^JClIL^javîctû crvne oc dernier état, soit dans les petites masses de hornblende dont je viens de parler, et cela principalement sar leurs bords ; soit disséminée dans la roche elle-même. La forme de ces cristaux est, sois

îe cube, soit un prisme tëtraècîte rectangulaire. Mais, observant que deux des faces opposées de ces cristaux, sont habituellement striées parallèlement à leurs bords , tandis que les quatre autres sont lisses, ce qui indiqueroit un clivage plus facile sur les pans du prisme que sur ces deux autres faces, que je conside'rerois alors comme e'tant les faces terminales du cristal, je serois plus porte' de considérer la forme primitive de celte substance, comme e'tant un prisme tétraèdre à base rectangulaire, que comme e'tant un cube. Quelques-uns de ces cristaux laissent apercevoir un assez grand nombre de petites facettes secondaires sur leurs angles 5 mais la petitesse de ces cristaux m'a empêche' de pouvoir mesurer leurs angles d'incidence d'une manière assez sûre, pour hasarder de rien statuer à l'égard de la dimension de leur cristal primitif.

Cette même petitesse de ces cristaux , et la difficulté' de les extraire de la roche qui les renferme, et dont la dureté' est considérable, empêche aussi de pouvoir en faire une analyse exacte. La seule chose positive qui puisse être établie à cet égard, c'est qu'elle contient du quartz en très-grande quantité, de l'alumine en quantité inférieure, et de la chaux. Observant maintenant que tous ses autres caractères sont parfaitement d'accord avec la substance , compagne ordinaire du corundum de Salem, sur la cote de Cororaandel, substance à laquelle j'ai donné le nom àHndianite, dans le Catalogue sommaire de ma Collection, on sera sans doute conduit à en conclure avec moi qu'elle lui appartient.

Voilà donc Tindianite, observée d'abord comme formant la gangue du corundum du district de Salem , sur la côte de Goromandel, qui se montre exister aussi à Ceylanj il serait

très-intëressant de trouver en place la roche qui la renferme, afin de pouvoir observer si, de même, elle y sert de gangue au corundum, ou du moins n'entre pas pour beaucoup dans cette gangue. S'il existe encore quelques-unes des roches qui ont fourni autrefois les rubis orientaux , et surtout les saphirs , si communs dans les sables de quelques-unes des rivières de cette île, ce seroit bien certainement le moyen le plus probable de les découvrir.

M. Leschenault, ayant rapporte plusieurs varie'tës de roches, composées principalement de cette substance, etrëcolte'es par lui sur les mêmes lieux, pour compléter les connoissances que nous avons aujourd'hui sur cette substance, je vais placer ici l'ensemble de ses caractères spe'cifiques, à la suite desquels je décrirai les variétés les plus essentielles qui lui appartiennent comme roche.

La forme primitive de l'indianite est un prisme rectangulaire Caracièrespd-

^ . ^ . cifiqie de 1 in-

droit, à base carrée, dans lequel les faces terminales sont dianUe. assez habituellement striées , parallèlement à leurs bords. Les dimensions de ce prisme restent jusqu'ici inconnues.

Son clivage se fait assez facilement, parallèlement aux pans du prisme, mais cependant toujours plus difficilement qu'il n'a lieu sur le feldspath , seule substance avec laquelle elle pourroit être confondue. Le chvage est très -difficile parallèlement à ses faces terminales.

Pesanteur spécifique, 27,42. Cette pesanteur est une moyenne proportionnelle j mnis j'ai trouvé peu de variations dan« toutes celles que j'ai prises.

Dureté : assez dure pour rayer légèrement le verre j mais rayée par le feldspath.

Electricité nulle.

Couleur dominante, le blanc grisâtre; mais parmi les cristaux que j'en ai pu observer, j'en ai vu de bleuâtre, de verdâtre et de jaune de topase.

Transparence, louche, et le plus habituellement , dans celle en roche, nulle, ou du, moins très-foible.

Lustre très-foible.

Lorsqu'elle n'a éprouve aucune alte'ration, les acides n'ont aucune action sur elle; mais lorsqu'elle a éprouve' un mouvement de décomposition, ce qui arrive très-frëquemment aux grains places à la surface des roches qui en sont composées, ou lorsqu'elle a été long-temps exposée à l'air libre, mise dans l'acide nitrique, elle fait une effervescence plus ou moins vive, mais qui cesse bientôt après.

Elle est infusible sous l'action simple du chalumeau.

L'analyse qui en a été faite à Londres , en 1802 , par M. Chenevix, indique pour ses parties constituantes, 42,5 de silice, 37,5 d'alumine, 15 de chaux, et 3 de fer.

Parmi les roches d'indianite rapportées par M. Leschenault, provenant du district de Salem, ainsi que celles de la même localité existant déjà dans la collection du Roi, je vais choisir celles qui présentent les variétés les plus intéressantes, pour en donner la description, afin de faire connoîlre, aussi parfaitement qu'il me sera possible, cette substance, qui est encore rare dans les collections : observant que ces roches ne se sont encore vaiicics dis présentées à nous, que sous une texture granulaire, roches -jj^ (.gg Yarietei) km a un eris rougeâtre, mélangée de

quelques parties blanches; son grain est très-fin, mais cependant très-sensible : je ne puis mieux comparer l'aspect extérieur

qu'elle présente, qu'à celui offert par quelques-unes des variétés, qui appartiennent à la substance à laquelle on donne aujourd'hui le nom de chaux sulfate'e anhydre

Une seconde varie'te de cette roche, est d'une texture abso-

(*) Dans un mémoire renfermant une description très-dttaillée de celte substance, et qui a été inséré dans les Transactions philosopbiques de la Société royale de Londres, pour l'année 18 1 1, je lui avais donné lenom deBardiglione? qu'on aurait , je crois , tout aussi bien fait de lui conserver , à moins qu'on ne l'eût remplacé par un de ceux , très-nombreux , sous lesquels elle a été désignée en Allemagne , et que je ne connoissois pas lorsque j'ai donné ce Mémoire à la Société royale de Londres. Mais ce qu'il y a de certain , c'est que le nom de chaux sulfatée anhydre , lui convient aussi peu qrie celui de chaux sulfatée convient au gypse. Dès l'instant qu'il a été reconnu, que le gypse était le résul^ tat de la combinaison de la chaux , avec l'acide sulfurique et l'eau , et qu'il existoil une autre combinaison de la chaux , avec l'acide sulfurique , dans laquelle l'eau n'entroit pour rien , le véritable nom significatif du gypse , puisqu'on vouloit lui en donner un , étoit chaux hydrosulfatée ; phrase qui bien certainement ne vaut pas le nom substantif gypse , que cette substance portoit auparavant. En donnant , à la même époque , le nom de chaux sulfatée anhydre au bardiglione , on se mettoit en contradiction avec la méthode descriptive qu'on vouloit adopter. La traduction littérale de cette phrase , étant chaux hydrosulfatée sans eau , ou chaux hydrosulfatée qui n'est pas une chaux hydrosulfalce : expression de laquelle il est facile de sen-tir tout le ridicule , qu'on ne vouloit très-probablement pas lui donner.

Tel est l'inconvénient dans lequel on est exposé à tomber , sans s'en douter, lorsque , soit l'amour de l'innovation , soit l'ambition d'augmenter le nombre de ses propriétés , vient envahir celle des autres , en changeant la nomenclature entière d'une science , et remplaçant les anciens noms , donnés aux subsstances qui lui appcx^tiprinent , et consacrés par les auteurs anciens, qui par leurs ouvrages , ont préparé le développement de nos connoissances actuelles , par des phrases qu'on a voulu rendre descriptives, et qui, pour un certain nombre, décrivent fort mal , et pour beaucoup d'autres , si on vouloit les prendre à la lettre, indulroient en erreur,

liiment semblable à celle du morceau précédent. L'aspect qu'elle présente la divise naturellement en deux parties égales en étendue. Dans l'une d'elles , l'indianite est mélangée de beaucoup de hornblende noire, et est même colorée par elle en un brun assez foncé, qui , très-probablement , y est du à ce que la hornblende y joue le rôle de matière colorante. L'autre partie de ce morceau a la même couleur d'un gris rougeâtre que le morceau précédent.

Une troisième variété de l'indianite, placée dans la collection du roi, est granulaire à gros grains; elle est mélangée de mica noir, qui y est placé de manière à y former de petites couches ou veines distinctes, peu épaisses et parallèles; elle renferme aussi quelques grenats , placés principalement dans les couches du mica, ainsi que quelques parties de quartz ; c'est un véritable gneiss à base d'indianite.

Dans une quatrième variété, l'indianite, toujours à l'état granulaire à gros grains, mais moins cependant que dans la variété précédente, est en parties d'un gris cendré, et en parties plus nombreuses , colorée en jaune de paille un peu pâle ; elle est mélangée de petites parties très-atténuées de hornblende, dont la couleur est verte, à raison même de celte grande ténuité.

Dans une cinquième variété, qui renferme un fort grand noyau de corundum d'un rouge violet peu foncé, le grain de l'indianite est plus serré; il approche de la texture compacte. Cette substance y est aussi plus douée de transparence, surtout dans celles de ses parties dont la couleur grise est plus déterminée ; car une aune parue ae ce même morceau , est colorée en un jaune un peu verdàtre; ce qui provient, je crois, de ce que la hornblende y joue le rôle de matière colorante : et ce.

qui viendroit à l'appui de cette opinion ^ c'est que ce même morceau renferme plusieurs grands noyaux de hornblende lamellaire, à grandes lames, de la variété dont les cassures accidentelles ont principalement lieu parallèlement aux diagonales des faces terminales du prisme primitif, et que c'est principalement dans les endroits oii l'indianite joint directement les noyaux de hornblende, que cette substance est le plus fortement colorée.

Dans une sixième variété, enfin, qui renferme de même un noyau de corundum, la texture est, ainsi que celle de la troisième variété, celle propre au gneiss; mais en place du mica, formant de petites veines étroites et parallèles dans sa substance , c'est à la hornblende noire que ces petites veines appartiennent. D'après ce que l'observation d'un très-grand nombre de morceaux d'indianite à pu m'apprendre, il paroîtroit que c'est principalement lorsque cette roche est mélangée de hornblende , que le corundum s'y trouveroit placé.

Parmi les substances minérales , provenant de l'ile de Ceylan et rapportées par M. Leschenault, il en est une très-intéres- ^'""^ santé, et c^ui donne à la minéralogie une nouvelle espèce. Cette substance, qui a été trouvée dans le district de Candi, seroit facilement prise pour appartenir, soit à la gadolinite, soit à quelques-unes des autres substances qui ont l'yttria pour base; elle est d'un noir foncé et a un aspect vitreux.

Sa pesanteur spécifique m'a donné, à très-peu de chose près , 57.

Sa texture est granulaire à très-gros grains , et chacun de ces grains paroît être autant de parties distinctes : un grand nombre d'entre eux sont séparés par une couche mince, qui paroît être

de la même nature , mais dont la couleur est d'un gris jaunâtre. Cette couche appartient à la fois à la surface de la partie en contact de chacun de ces grains.

Sa cassure générale est granulaire , mais celle de chacun des grains composant en particulier, est conchoïdale. laorsque par la cassure on ne fait que séparer les grains , le plan de cette séparation, soit qu'il soit recouvert par cette couche d'un gris jaunâtre, soit qu'il ne le soit pas, est parfaitement lisse, et complètement dénué d'aucun lustre.

Sa dureté est assez considérable pour rayer le quartz avec une grande facilité, et elle est rayée avec difficulté par le spinelle ; elle donne des étincelles sous le choc du briquet.

Elle est très-fragile 5 ce qui permet d'eu obtenir de petites esquilles très-minces, qui alors sont transparentes, et permettent de reconnoître, qu'ainsi que dans le plus grand nombre des pierres, la couleur noire est illusoire, et ne provient que de l'intensité de la couleur qui appartient à la pierre, et de la nullité de la réfraction. En opposant ces petites esquilles à la lumière, on reconnoît que leur couleur est d'un bleu peu foncé; mais ce bleu devient plus foncé à mesure que ces petites esquilles deviennent plus épaisses; et dans celles qui le sont le plus, mais ont encore conservé de la transparence sur leurs bords, elle devient d'un beau bleu de saphir : dans la proximité des parties que j'ai dit être d'un gris jaunâtre, cette couleur bleue tire quelquefois un peu sur le vert; ce qui s'explique très -facilement.

Elle n'acquiert aucune électricité par le frottement. Les acides n'ont aucune action sur elle, et elle est infusible à l'action simple du chalumeau.

Il m'a ete impossible de rien obtenir de satisfaisant qui put conduire à la forme, même probable, de son cristal primitif (^).

Pour achever de faire connoître cette substance , je devrois rapporter ici son analyse, et j'avois en conse'quence l'intention de la faire faire à la collection du roi ; mais ayant appris que M. Laugier a voit reçu du Jardin du roi l'invitation de la faire, l'habileté' si connue de ce savant chimiste, me fait référer à cet égard à celle qui sera sans doute donnée, soit par lui, soit par les professeurs du Jardin du roi.

D'après un léger aperçu, je me bornerai à dire que le principe qui y domine est l'alumine, ensuite le fer , l'oxide de manganèse à un e'tat particulier, etc., etc.

Ne connoissant, mine'ralogiquement, aucune substance à la-

(*) Cette substance semble devoir être celle citée par M. Davy , dans sa leltre à M. Mac Grégor , insérée dans le cinquième volume des Transactions de la Société géologique de Londres , qu^il dit avoir observée dans le district de SalFragam , et qu'il croit devoir rapporter au zircon. Cette substance , dit M. Davy, est noire et opaque; sa cassure est conchoïdale , et son lustre vitrorésineux; elle est dure^ pesante, et se montre en général à l'étal amorphe, et rarement cristallisée ; ses cristaux sont des prismes tétraèdres , terminés par des pyramides aussi tétraèdres. 11 ue fait , ajoute- t-il, cette citation que de mémoire y n'ayant pas dans ce moment cette substance , qu'il avait laissée à Colombo , sous les yeux. Il est fâcbeux que M. Davy, ayant observé des cristaux appartenants positivement à cette substance, et étant terminés par une pyramide, n'ait pas pu donner la mesure des angles d'incidence de cette pyramide. Quant à son rapport avec le zircon , si en effet elle est bien réellement celle que je viens de décrire , tous ses caractères l'en ecarient. je aouie que 1 analyse y trouve la terre de zircon en dose un peu considérable , et qu'elle renferme de la silice ; mais, autant qu'un premier aperçu peut l'indiquer, de l'alumine , beaucoup de fer et de manganèse.

quelle je puisse la rapporter, je la considère comme formant une espèce nouvelle, et je propose de lui donner le nom decandite , si des observations ultérieures, auxquelles pourront donner lieu l'analyse faite par M. Laugier, et que je ne connois pas, ne viennent infii mer mon opinion à son égard. Subsiancé nou- ^J^G autrc substaucc, très-particulière aussi, qui a e'të trouve Coromandei! vée près de Bombay, et a ëtë donnée à M. Leschenauit, mérite une mention particulière ici.

Cette substance, qui n'a aucun caractère cristallin, est d'un gris noirâtre très-foncé, et ressemble parfaitement, tant par sa couleur, que par son aspect extérieur, à la pierre connue sous le nom de pierre de Lydie.

Sa cassure est légèrement conclioïdale, et son grain est trèsuni et extrêmement fm.

Sa pesanteur spécifique est de 32,13.

Sa dureté est légèrement supérieure k celle du quartz, qu'elle dépolit, tandis qu'elle ne peut l'être par lui.

Elle est parfaitement opaque, même en fragments très-minces; cependant, lorsque ces fragments sont aussi minces qu'ils peuvent l'être, ils deviennent légèrement transparents sur leurs bords, et on reconnoît alors que cette couleur est d'un gris bleuâtre.

Elle fond très-facilement et très-promptement sous l'action du chalumeau, et avec un léger bouillonnement, et donne un globule de verre d'un jaune-brun légèrement transparent, et

dont la SUlfaoo a TiT» o'nlat trpc-vîf

Elle est insoluble dans les acides.

L'analyse de cette substance étant une de celles dont j'ai appris que M. Laugier s'est chargé, je la renvoie, de même que

celle de la candite, à celle qui sera donnée sans doute par les professeurs du Jardin du roi, d'après le travail de ce savant chimiste. '

Je crois cette substance nouvelle, n'en connaissant aucune qui se rapporte à elle par ses caractères, un premier aperçu sur son analyse, y indiquant surtout la silice comme partie dominante, le fer, et l'oxide de manganèse à un ëtat particulier, etc., etc. Si elle etoit en effet considérée comme telle, je proposerois de lui donner le nom, facile à prononcer, de homhite. Il manque encore à ses caractères celui de la cristallisation, pour prononcer de'termine'ment à son égard.

Les noms substantifs propres , destines à designer les substances, tirées ainsi des localités premières dans lesquelles elles ont e'të observées j n'ont aucun inconvénient, lorsqu'ils sont peu longs et faciles à prononcer 5 ils sont , je crois, bien préférables à des noms qu'on veut rendre significatifs, à l'instant même où une nouvelle substance se fait observer pour la première fois, et par conséquent avant de la connoître parfaitement ; ce qui expose à faire porter la signification de ces mots sur des caractères, soit accidentels, soit incomplets, soit même faux; il n'y a déjk que trop de noms significatifs de ce genre introduits dans la science.

Je terminerai ces descriptions des substances minérales, rap- Description de portées par M. Leschenault, que j'ai pu placer dans la colle C~ sues du zircon-

• ' 1 • . TV ■. . 11 , de Pile de Cey -

tion mnieralogique particulière du roi, par celle d'une variété lan. de corundum (*) du district de Salem, que je vois pour la

(*) On aura probablement remarqué, que toutes les fois que je parle de celte substance , lige-mère de nos pierres les plus précieuses , c'est sous l'expressioiî.

première fois. Cette variété, quoique se présentant sous un as-" pect compact, ne s'en clive pas moins, et cela même avec une très-grande facilite, suivant la direction des plans de son rhomboïde primitif Sa couleur est d'un gris jaunâtre, tirant un peu sur le brun ; elle jouit d'une demi-transparence sur ses bords. Sa cassure, suivant une direction différente que celle offerte par ses joints naturels, est intermédiaire entre celle cireuse et celle

de corundum que je la désigne, et non sous celle de corindon. C'est sous cette même expression que je l'ai désignée, en Ï798 , dans un premier Mémoire sur elle, imprimé dans les Transactions philosophiques de la Société royale de Londres, dans lequel je laissois déjà entrevoir que mon opinion étoit que toutes les pierres précieuses, désignées alors par les joailliers sous l'épithèle d'orientales , n'en étoient que de simples variétés, mais à un état plus pur. C'est encore sous cette même expression de corundum, que j'ai donné son étude plus complète dans les Transactions philosophiques, en 1802, dans un Mémoii'e trèsdétaillé sur elle. C'est enfin sous cette même expression que j'en ai fait , de ' Londres , en 1779 ou en 1780, un envoi intéressant à M. l'abbé Haùy. C'est celle sous laquelle elle est connue dans Fïnde; et je n'avois vu aucune raison pour la changer.

En 1 80 1 , M. l'abbé Haiiy l'a remplacée par celle de corindon. Je ne puis entrevoir quelles peuvent être les raisons qui l'ont déterminé à faire ce changement : jene puis apercevoir de déterminant, à cet égard, que le grand amour delà nouveauté, qui a caractérisé cette époque, et y a fait, presque dans toutes les sciences, remplacer les noms anciens par des noms nouveaux , et qui des noms est passé ensuite aux choses. Je dirai même plus , le nom de corundum est beaucoup plus flatteur à l'oreille que celui nasal de corindon , et par cela seul, mériteroit la préférence. Il y a un très-grand inconvénient à changer les noms propres par lesquels les provinces, les villes et les substances sont désignées dans leur pays natal, et il est impossible d en apporter aucune raison valable. Qu'un minéralogiste s'adresse, dans l'Inde, pour obtenir, soit des cristaux de corundum, soit des renseignements sur sa substance, en la désignant sous le nom de corindon, il ne serait nullement entendu , et ses désirs resteroient sans être satisfaits.

conchoïdaîe. Vue avec la loupe, sa texture a une légère tendance à celîe granulaire à grain très-fin.

Cette varie'të du corundum se casse, ainsi que je viens de le dire, avec beaucoup de facilite, suivant la direction des plans de son rhomboïde, et rien n'est plus facile que d'en obtenir des fragments rhomboïdaux.Lemorceau place dans la collectiondu Roi, n'est lui-même qu'un grand fragment rhomboïdal, de près de deux pouces de côte. Le clivage met à découvert, sur les faces qui lui appartiennent, des taches multipliées, et souvent trèsgrandes, d'un jaune orange, dont la substance est à l'état sableux , très-ïache , qui paroît appartenir à la substance même du corundum, colorée par un hydro-oxyde de fer. C'est h ces parties sableuses interposées qu'on doit attribuer la grande facilité du clivage de cette variété; ce sont elles aussi qui diminuent de quelque chose sa pesanteur spécifique, qui m'a donné 38,07.

Le Mémoire de M. Davy, sur l'île de Ceylan, inséré dans la seconde partie du cinquième volume des Transactions de la Société géologique de Londres, renferme l'indication trèsintéressante de deux des gangues du zircon , si abondamment répandu dans les sables de cette ile, et sur la situation première duquel nous n'avions eu jusqu'ici aucune information. Cette indication ajoutant un intérêt capital aux descriptions qui ont précédé, je vais la transcrire telle qu'elle est donnée par ce savant,

« Les seuls endroits ou J'aie encore observtï le zircon dans )) sa situation naturelle sont 1" une petite île située dans la baie )) de Balligam, appartenant au district de Matura; 2° à peu de » milles de distance de Balligarn, sur la route de Galla. Dans le

» premier de ces deux endroits, le zircon est dissémine, en )) très-petite quaiilite, dans une roche composée principalement » de quartz et de schorl dans le second il existe, en très- » grande abondance, dans une roche composée [de quartz et )) d'alumine. Dans quelques parties de cette roche, il y est si » abondant, qu'elle mérite alors la dénomination de roche de )) zircon. Dans ce dernier cas, le zircon y est à l'état cristallin, » de couleur verte ou brune. Cette roche est remarquable par » sa pesanteur spécifique, et par le lustre résineux de sescas- ^) sures.

Jusque là , M. Davy ne connoissoit encore le zircon de Ceylan que provenant des sables des rivières de cette île, ou des terrains d'alluvion.

La collection rapportée par M. Leschenault, et dont', ainsi que je l'ai dit, un second choix, très-incomplet, a pu être acquis par moi pour en enrichir la collection du Roi , contient en outre un grand nombre de roches, destinées à nous donner, du moins, une idée de la nature géologique des cantons de l'Inde qu'il a parcourus. M. Beudant, sous-directeur de la collection du Roi, fera bientôt connoître les faits importants qu'elles nous ont appris , concernant l'île de Ceylan , ainsi que la partie de l'Inde qui appartient au district de Salem , sur la côte de Cororaandel (^*).

J'igiîoro oo «jiifi 1\T Ftdxry ovifon4 j-.or. l'o» j,i-.^^oluii dc schorl ^ qui n'est plus propre aujourd'hui à désigner en particulier aucune espèce mine'rale ; veut-il désigner par elle la tousmaline opaque , ou peut-être une des variétés de la hornblende.

(**) C'est cependant à une distance assez considérable de Salem , dans les

montagnes de Gates , qu'est situe'e le roche qui renferme le corundum. Voici comment s'exprime à cet égard M. Leschenault : L'endroit d où l'on tire le « plus beau corundum , est situé à l'Est de la rivière de Kavery , à une lieue « environ du village de ïsholasiramani , à 70 lieues O. S. O. de Pondichéry. « J eu ai recueilli de beaux écliantillons , rouges , roses et verdâtres , dans « leur gangue. Les roches dans lesquelles se trouve le corundum , sont sou- « terraines , à lo ou 12 pieds au-dessous du sol ; le terrain est ondulé et « forme de petits monticules ; la veine dans laquelle il est le plus abondant , « peut avoir 200 toises de largeur; sa direction est du Sud-Est au Nord- « Ouest. »

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