L'HOTEL-DIEU
D'après une entente' avec la Corporation, les Dames religieuses payent maintenant $900 par année. C'est tout simplement exorbitant. L'Hôtel-Dieu est véritablement l'hôpital de la ville. C'est là que vont tous les malades pauvres, excepté ceux qui souffrent de maladies contagieuses qui sont transportés a l'hôpital civique. Il serait bien intéressant de savoir, en passant, l'argent que l'entretien de cet hôpital coûte à la ville et le nombre de malades qu'on y reçoit annuellement. Il y aurait lieu de faire probablement d'intéressantes comparaisons et de prévoir ce que la ville aurait à dépenser dans le cas où l'Hôtel-Dieu disparaîtrait.
Donc, rilôtel-])ieu reçoit les malades de la ville toutes les victimes des accidents sans nombre qui se produisent chaque année. Par des prodiges d'économie, ces saintes religieuses ont réussi à faire bâtir un nouvel hôpital, magnique, véritable ornement pour la ville et consacré exclusivement à leurs malades.
Eh bien ! Qu'arrive-t-il ? Pendant que les religieuses se dépensent .sans compter pour ces malades recueillis dans la rue, pendant qu'elles les pensionnent et leur distribuent largement leurs soins et leurs remèdes, la ville fait payer aux religieuses l'eau qui sert à laver le linge de ses propres malades et celui qui a servi à panser ses
propres blessés. Et encore, cette bonne ville croit-elle faire du bon à l'Hôtel-Dieu en ne lui demandant que S900 pour cette eau. C'est renversant.
Aussi les autorités de l'Hôtel-Dieu sont-elles décidées à demander des hydromètres le jour où la Corporation voudra leur faire de nouvelles misères.