LE BON PASTEUR
Le but principal de cette maison, son unique raison d'être, est de donner un refuge aux filles repenties. Les religieuses ne font la classe qu'afin de pouvoir aider à l'œuvre des pénitentes, œuvre qui devrait être à la charge de la ville, puisqu'il s'agit d'assurer plus spécialement la moralité de la population. Naturellement, la ville encore ici ne donne pas un sou.
Les revenus des classes sont fort humbles. Ils ne dépassent pas Si 800 par année. Et quand on a pris sur cette somme ce qui est nécessaire pour chauffer, éclairer et meubler dix ou douze classes, quand on a pris la pension et l'entretien d'une douzaine de religieuses qui sont chargées de ces classes, on comprend que le reste devient simplement microscopique.
Cet asile reçoit en moyenne 110 à 112 pénitentes qui sont toujours dans les salles. Toutes ces admissions sont gratuites. Les dépenses totales de ces pénitentes se montent à environ $13,000 par année. Leur travail rapporte en moyenne $1734. Reste donc un déficit de plus de $10,000 à payer par les Sœurs pour recevoir les filles perdues de Québec. Sur cette somme le Gouvernement donne $G00, la Corporation rien ; les religieuses mendient le reste.
L'œuv^re de la Maternité est unie à l'œuvre des pénitentes et en fait partie. Annuellement, 130 personnes passent par cette maison. Sur ce nombre, très peu payent leur pension ; un quart payent une demi-pension et le reste rien du tout, — comme la corporation. Le d<^ficit annuel, qui est très considérable, est encore soldé par le Bon- Pasteur.
Mais quels sont donc les revenus du Bon-Pasteur ?