‹ Observations sur un ouvrage intitulé Histoire du Canada, etcChapitre 7 sur 14 · PR RE · texte numérisé non relu

PR RE

Quant aux erreurs de dates, changements de noms, et autres fautes de tout genre qui rendent le travail de l’auteur à peu près inutile, il faudrait pour les corriger ajouter un ample supplément à ses deux volumes. Aussi nous contenterons-nous de désigner quelques unes de ses inadvertances.

(P. 89, v. IL.) “ En 1662 vinrent se joindre à lui (Mgr. de Laval) les abbés Dédouit et Henri de Bernières, autre neveu du trésorier général.??

Le premier des deux abbés se nommait Dudouit: le second, M. Henri de Bernières, était venu de France avec Mper. de Laval, en 1659, comme le prouve un estat des cures et curés en 1683, fait par ordre de l’évêque.

(P. 163, v. I.) L’auteur répète, d’après l’Histoire de PHôtel-Dieu, que M. C. A. Martin fut le premier prêtre canadien. Il se trompe : le premier prêtre canadien fut M: Germain Morin, né à Québec, qui, suivant le Journal des Jésuites, chanta sa première messe, le 29 septembre

CP. 166, v. I.) ‘ Il paraîtrait, par des manuscrits récemment découverts, que cet abbé de Salignac-Fénélon était le même que le grand archevêque de Cambrai. ”?

Il est impossible que cet abbé de Fénélon venu en Canada soit le même que l’illustre archevêque de Cambrai. Celui-ci naquit en 1651, et fut ordonné prêtre à Paris en 1675, par Mgr. de Harlay. L’abbé de Fénélon qui visita le Canada arriva à Québec le 27 juin 1667, reçut le sousdiaconat le 7 aôut de la même année, et fut ordonné prêtre, par Mgr. de Laval, le 11 juin 1668. (Régitres de l’Evêché de Québec.) |

Dans une lettre écrite en cette dernière année, par Mpr. de Laval à M. Poitevin de Paris, l’évêque dit: 4 Jai envoyé deux ouvriers pieux et capables à l’établissement d’unetribu Iroquoise sur le bord du grand lac Ontario, l’un desquels est M. de Fénélon dont le nom est bien connu à Paris, et l’autre M. Trouvé.” A cette époque le grand

Fénélon n’avait encore que 17 ans, et conséquemment n’avait pu être admis aux ordres sacrés.

(P. 182, v. I.) “ L’évêque de Québec partit enfin pour la France, dans les derniers mois de l’année 1684 avec le dessein de demander un successeur plus jeune et plus capable qr ui de travailler à l’extension de l’église-du Canada, etc. ...°??

Mgr. de Laval n’attendit pas à être rendu en France pour chercher un successeur. Depuis longtemps il avait chargé M. Dudouyt, son procureur à Paris, de faire sans bruit quelques recherches sur ur sujet propre à le remplacer. Ce qui détermina Mgr. de Laval à passer en France, à la fin de l’année 1684, fut une lettre du 28 mars de la même année où M. Dudouyt lui annonce qu’il a consulté le P. Le Valois et M. Tronson, et qu’il croit avoir trouvé dans Pabbé de Saint-Valier l’homme qu’il lui faut. Cette lettre renferme un portrait de l’ecclésiastique qui est proposé pour Pépiscopat, et détaille les raisons pour et contre son élection. Mgr. de Laval crut qu’on ne pouvait faire un meilleur choix et alla lui-même presser cette affaire auprès du roi.

(P. 205, v. IL) “ Voici ce que l’abb6 de Brisacier,

prêtre du Séminaire de Québec, écrivait au Père de la

L’abbé de Brisacier n’est jamais venu en Canada. Il a été, pendant plus d’un demi-siècle, supérieur des Missions Etrangères de Paris, et c’est en cette qualité qu’il écrivit la lettre citée dans cette page.

(P. 224, v. IL.) “ La cour ayant abandonné, quelque

temps après, le projet de peupler l’Acadie, les choses y res-

tèrent pour le spirituel et le temporel sur le même pied qu'auparavant. ?

L’Acadie n’était pas dépourvue de secours spirituels. Le Séminaire de Québec y avait envoyé M. Petit en 1677, M. Thury en 1684, et plus tard M. Geoffroy. M. Brasseur est sujet à oublier les services rendus par le Séminaire de Québec.

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Cette lettre proposé pour son élection.

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(P. 246, v. I.) ““ Mais ceux qui exercèrent la plus heureuse et la plus sage influence dans l’île du Cap Breton furent les missionnaires, que la maison des Missions Etrangères de Paris y envoya pour la conversion des sauvages. ??

Les missionnaires envoyés de Paris par les Missions Etrangères étaient censés appartenir au Séminaire de Québec qui leur fournissait des secours. L’auteur a encore oublié de parler de la mission que le Séminaire de Québec fonda chez les Illinois en 1698, et qu’il y maintint malgré ses deux incendies, jusqu’en 1789. M. M. Foucault et de Saint-Côme, tous deux Canadiens, y furent tués sur les bords du Mississipi par les sauvages.

(P. 263, v. I.) “ Les tracasseries que suscitèrent injustement à Mgr. Dosquet les prêtres des Missions Etrangères..…. ??

Avant d’être évêque, M. Dosquet avait été directeur de ce Séminaire ; lorsqu’il devint titulaire de Québec, en vertu d’une des règles fondamentales de la maison, il dut

renoncer à son agrégation, puisqu'il acceptait un bénéfice

non canoniquement uni au Séminaire. Lorsqu’il renonça à son Evêché, il prétendit avoir droit de demeurer dans la maison de Paris, d’y être logé, nourri, entretenu avec ses quatre domestiques, aux frais de la communauté. On refusa d’accéder à ses demandes exorbitantes. De là surgit un procès dans lequel il publia plusieurs mémoires imprimés, que M. Brasseur a consultés sans se donner la peine de lire ceux de l'autre partie. L’évêque finit par renoncer à ses prétentions après avoir reconnu qu’elles ne pourraient se soutenir.

(P. 263, v. I.) “ François-Louis de Pourroy de l’Auberivière, né à Attigny en Champagne. ”

Les directeurs du Séminaire des Missions Etrangères de Peris, dans une lettre de 1739 à ceux de Québec, disent que le nouvel évêque de Québec était d’une famille distinguée de Grenoble.

(P. 34, v. Il.) « En arrivant sous la porte de Prescott etc........? L'attaque contre la porte Prescott décrite dans cette page est l’œuvre de l'imagination de l’écrivain. Rien de semblable n’a eu lieu. Montgomery qui s’avançait avec ses soldats au pied du Cap-Diamant, fut aperçu par les miliciens d’un poste placé à peu près à un quart de lieue de la porte Prescott. ” Cette barrière, ?’ dit Garneau (Histoire du Canada, vol. IIL.), ‘ était défendue par une batterie de 7 pièces de canon, et une garde de 50 hommes, dont 31 Canadiens... Montgomery fut surpris en voyant ce poste : bien préparé à le recevoir. Il s’arrêta un instant, à cinquante verges de la batterie, comme pour se consulter avec ceux qui le suivaient ; puis tous ensemble ils s’élançèrent vers la barricade. Lorsqu'ils n’en furent qu’à quelques pas, le capitaine Chabot (commandant du détachement) donna l’ordre de mettre feu aux pièces chargées à mitraille. Des cris et des gémissements suivirent cette décharge..…..Le général Montgomery, ses deux aides-decamp, plusieurs officiers et soldats étaient tombés sous ce feu d’enfilade. ?

(P. 281, v. IL.) “ Les Hurons, dont les restes habitent P’Archipel des Manitoulines, parlent un des dialectes de Ja langue Algonquine. ??

L’auteur dit, (p. 14, v. I.) : “ Parmi les sauvages avec qui les Français eurent de plus fréquentes relations, durant la colonisation du Canada, on voit se dessiner en première ligne ceux qui parlaient les dialectes huron-iroquois, appelés Hurons ou Wyandots. ?

Il est assez difficile de concilier ces deux passages ; mais

l’histoire de M. Brasseur nous a accoutumé à le voir con- :

tredire dans une page ce qui a été avancé dans l’autre. Charlevoix (Voyage de l’Amérique, XI.) nous apprend que les Hurons et les Iroquois parlaient deux dialectes d’une même langue-mère. ‘ Les langues Algonquine et Huronne, ” dit-il, “ partagent toutes les nations du Ca-

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