RL D CE RER RE
de Prescott nada avec lesquelles nous sommes en commerce. Il s’en décrite dans faut bien que la langue Huronne s’étende aussi loin que o l’écrivain. PAlgonquine... Je dis la langue Huronne, pour me conqui s’avan- former au sentiment le plus communément reçu ; car , fut aperçu quelques-uns soutiennent que c’est l’Iroquoise qui est la maun quart de trice... Les dialectes s’en sont extrêmement multipliés ; dit Garneau etil y en a presqu’autant que de bourgades. Les cinq canpar une bat- tons qui composent la république Iroquoise ont chacun le 50 hommes, sien, etc. ?”?
s en voyant (P. 266, v. IL.) “ Le Père Paymant et ensuite les PP. rêta un in- Marault et Bourassa furent chargés les premiers de visiter pour se con- les peuplades de langue abénaquise, appelées Têtes-densemble ils Boule, des bourgades de Warmantashing. ” furent qu’à Il a fallu à l’auteur un talent bien remarquable, pour nt du déta- réunir autant d’erreurs dans un si petit espace. M. M. | chargées à Payment et Maurault (et non pas Marault, comme M. B. nt cette dé- a la courtoisie de nommer ce brave missionnaire) n’ont apt aides-de- partenu à aucune congrégation religieuse. Canadiens et bés sous ce prêtres séculiers, ils avaient commencé à faire des missions chez les Têtes-de-Boule, bien avant que les Jésuites et les es habitent Oblats fussent venus en Canada. Ils ne furent cependant ectes de Ja . pas les premiers à visiter cette mission, car pendant plu- ! sieurs années elle l’avait été par M. Dumoulin, curé de sauvages | Yamachiche, et par M. Harper, vicaire de Saint-Grégoire. s relations, ï En 1839, M. Harper, jeune encore et plein de vigueur, se der en pre- } noya dans un rapide du Saint-Maurice, en allant faire sa n-iroquois, } mission annuelle chez les Têtes-de-Boule. Pour ignorer { ces faits, il faut être bien étranger à l’histoire des missions du ges ; mais 4 Canada.
voir con- : | Il n’a jamais existé de bourgades à Warmontashingue. tre. N La Compagnie de la Baie d’Hudson entretient un magasin s apprend | dans ce lieu, et un autre à Kikendache. Pendant la plus dialectes 4 grande partie de l’année, les seuls habitants de ces postes nquine et À sont quatre ou cinq employés de la Compagnie. Dans les s du Ca- { mois de juin et de juillet, 2 sauvages s’y rendent pour
faire la traite des pelleteries, et y rencontrer lés missionnaires.
La tribu des Têtes-de-Boule, la seule qui occupe les sources et une partie du cours du Saint-Maurice, ne renferme qu’environ deux cents âmes. Elle n’appartient pas à la langue abnakise, mais elle est algonquine. Le pays des Abnakis était situé au Nord de la Nouvelle-Angleterre, c’est-à-dire à 900 milles de celui qu’occupent les Têtes-de- Boule.
(P. 201, v. IL.) ‘ Québec surtout fut frappé sans ménagement par le choléra, et pendant plusieurs mois on n’entendit que le triste bourdonnement des cloches sonnant le glas des funérailles. A deux reprises, en 1831 et 1838, ce redoutable fléau apparut à Québec. ?”—Tableau d’imagination. Le triste bourdonnement des cloches sonnant les glas des funérailles fut entendu moins souvent qu’à l’ordinaire durant le règne du choléra à Québec; car les autorités civiles avaient défendu toute manifestation publique qui pouvait répandre l’alarme parmi les citoyens. Ce fut, non en 1831 et 1833, mais en 32 et 34 que ce fléau se répandit dans le Canada.
(P. 192, v. II.) A l’époque ou j’habitais Québec, on ne trouvait dans cette ob très peu de Canadiens qui parlassent l’anglais, etc...
Quelque soit le motif qui a porté M. B., Français de la vieille France, à insérer cette note, le contenu en est complètement faux. (Car les trois-quarts de ceux qui habitent Québec, et qui ont reçu de l’instruction, parlent facilement l’anglais. En général, les prêtres de la ville de Québec sont en état de se servir de la langue anglaise dans l’exercice du saint ministère. Les avocats franco-canadiéns plaident aussi volontiers leurs causes en anglais qu’en français. Voilà où en était déjà la langue anglaise à Québec, pendant que M. Brasseur résidait au Séminaire de cette ville.
itrer lés mission-
qui occupe les aurice, ne renn’appartient pas quine. Le pays velle-Angleterre, ent les Têtes-de-
RkDpé sans ménars mois on n’enches sonnant le 1831 et 1838, ce ‘ableau d’imagihes sonnant les rent qu’à l’ordicar les autorités n publique qui ns. Ce fut, non ce fléau se ré-
Québec, on ne nadiens qui par-
rançais de la nu en est com- X qui habitent lent facilement Ile de Québec se dans l’exeranco-Canadiéns anglais qu’en ue anglaise à
Séminaire de
(P. 187, v. II.) ‘ Cette maison (le Séminaire de Montréal), possédait comme elle possède encore aujourd’hui la seigneurie de l’ile de Montréal, ainsi que l’île Jésus. ??
L’auteur a donc oublié que la seigneurie de l’île Jésus appartient au Séminaire de Québec et non à celui de Montréal.
(P. 272, v. II.) J'étais à Québec lorsque cet incendie eut lieu. Quoique éloigné de plus de trente lieues du théâtre de ce désastre, je voyais de ma fenêtre les flammes aussi distinctement que si c’eût été d’un'village voisin. ?
Il s’agit ici de la destruction des établissements de la Baie des Haha sur le Saguenay. Or, de Québec à la Baie des Haha, il y a 34 lieues en droite ligne ; une chaîne de montagnes, qui s’élève à près de 3 mille pieds, commence à quelques milles de Québec, et s’étend jusqu’au Saguenay. Aussi parmi tous ceux qui habitaient le Séminaire de Québec, M. B. est le seul qui ait vu l’incendie de la Baie des Haha. Vers le même temps, le feu prit à quelques broussailles, sur un côteau de Saint-Joachim, à 10 lieues de Québec. C’est là probablement ce qu’il aura confondu dans ses souvenirs avec l’incendie du Saguenay.
(P. 232, v. IL.) ‘ La dernière et la plus sanglante action de cette triste campagne fut celle qu’on appela depuis la bataille de Saint-Denis.... ce fut aussi la plus funeste pour les Canadiens, etc.... ?”
C’est vraiment montrer une ignorance admirable des faits les plus récents et les mieux connus de l’histoire du Canada. Tous les journaux du temps ont été remplis des détails des évènements arrivés dans l’insurrection de 237. Il n’est pas un enfant dans les écoles du Canada, qui ne sache que les ‘ habitants ?? (c’est le mot qui dans nos campagnes rempla@ celui de ‘ paysans ?’) ont battu les troupes anglaises à Saint-Denis ; mais que, trahis par quelques misérables, ils ont eté défaits et massacrés à
Saint-Charles. Montgomery Martin, que l’historien traduit si fidèlement, lui aurait fait connaître les faits suivants :
A Saint-Denis, les insurgés, postés dans une grande maison de pierre à l’entrée du village, tirèrent sur les troupes britanniques, qui essayèrent inutilement d’abattre la maison avec des boulets. ... Le capitaine Markham fut blessé en s’avançant à la tête des assaillants ; et le colonel Gore, voyant diminuer ses munitions, et s’apercevant que ses hommes tombaient de lassitude. ... abandonna ses canons sur le chemin, et se retira à Montréal.
Le 26, le colonel Wetherall s’avança vers le village de Saint-Charles pour attaquer une bande de 1,000 à 1,500 insurgés, protégés par des maisons fortifiées et des palissades. Au bout d’une heure les troupes s’étaient rendues maîtresses de la ville, 300 insurgés avaient été tués, et les chefs s’enfuirent aux Etats-Unis. ??
Un tableau chronologique des Vice-Rois et gouverneurs du Canada, placé à la fin de l’ouvrage, aurait besoin d’être corrigé d’un bout à l’autre, avant de pouvoir servir. Beaucoup de dates sont fausses ; ainsi Champlain, nommé comme gouverneur en 1639 et 1664, était mort le 25 dé-
cembre 1635; M. de Tracy était fait Vice-Roi du Canada
en 1663 et non en 1665 ; M. James Murray devenait gouverneur au nom de l’Angleterre, en 1763 et non en 1765. Les noms de quatre gouverneurs français, et de sept gouverneurs anglais ont été complètement oubliés par l’auteur. Parmi ces derniers sont sir John Colborne, lord Sydenham, sir Charles Bagot, précisément ceux qui ont exercé le plus d'influence sur les affaires du Canada, depuis 15 ans; et lord Cathcart, administrateur, puis gou-
verneur-général, pendant l’hiver que M. Brasseur a passé
à Québec. On ne saurait désirer une meilleure preuve de l’exactitude et de la fidélité de l’historient#du Canada.
Le second volume de l’ouvrage dé M. Brasseur est moins l’histoire du Canada qu’un essai de biographie des évêques
ce ss
l'historien trafaits suivants :
ans une grande irèrent sur les ment d’abattre 1e Markham fut ; et le colonel apercevant que donna ses ca-
rers le village 1,000 à 1,500 et des palistaient rendues té tués, et les
t gouverneurs besoin d’être servir. Beaulain, nommé ort le 25 déoi du Canada levenait gouon en 1765.
de sept gououbliés par olborne, lord eux qui ont Canada, de- » puis goueur a passé e preuve de ada.
r est moins les évêques
À si
de Québec. Les matériaux lui manquant pour fournir honorablement sa carrière d’historien, il s’est résigné à délayer les notes que l’on connaît, de manière à en former un roman à tiroir. Les Evêques du Canada depuis la conquête viennent passer l’un après l’autre, devant l'écrivain, qui les habille à sa guise, et leur noircit la figure avec la lie contenue dans son écritoire.
Îl y avait pourtant, il semble, quelques belles pages à écrire sur les combats qu’eut à soutenir, pour résister à la destruction, cette faible colonie de français abandonnée de la mère-patrie, et livrée à une puissance étrangère et ennemie. Un cœur catholique, en face des résultats de cette lutte entre l’esprit catholique et l’intolérance protestante, aurait dû éprouver pour ses frères des sentiments bien différents de ceux qui sont exprimés dans les lignes suivantes :
(P. 2, v. II.) “ En effet, c’est avec la conquête que l’on voit commencer cette altération dans le caractère des Français du Canada qui finit par n’en être plus que l’ombre. La timidité, la défiance et l’indécision, marques distinctives d’un peuple vaincu, apparaissent ; et ceci surtout devient remarquable dans le clergé et dans la noblesse, classes qui
: ‘avaient le plus à craindre du vainqueur. ”
Le peuple, le clergé, tous les évêques du Canada ont été des lâches qui ont eu peur de faire valoir des droits acquis en vertu de la conquête de leur pays par l’Angleterre: voilà Pidée fixe de M. Brasseur ; c’est l’arma virumque cano de son épopée.
= M. Briand, désigné par le chapitre pour succéder à Monseigneur de Pontbriand sur le siége épiscopal, avait prié M. Murray, gouverneur du Canada, de lui donner une lettre de recommandation pour obtenir du cabinet britannique la permission de demander à Rome l'institution de l’évêché de Québec. C’était une faute, mais qui se conçoit facilement à une époque où les idées d’une juste indépendance, mais d’une indépendance véritable, telle que devrait être
celle de l’église du Canada de toute puissance temporelle, étaient si peu connues. D’après le traité de paix, toute liberté étant garantie, Briand aurait dû se rendre en Europe sans consulter le gouvernement, se faire sacrer évêque après avoir obtenu les bulles du Souverain Pontife, et retourner dans son diocèse. Mais personne ne songeait alors à faire lPapplication du principe constaté dans le traité. ? (P. 6, v. IL.)
Le clergé canadien, les capitulations et le traité à la main, devait réclamer avec hauteur ses droits devant un gouvernement protestant, dont le fanatisme perçait dans toutes les occasions. Ces 70,000 pauvres Canadiens, que n’avaient pu protéger toutes les forces de la France, et qui n’avaient plus d’appui dans le monde, devaient, sous peine d’être taxés de lâcheté, se lever en masse, et au nom du droit des gens sommer la puissante Angleterre d’accorder une indépendance véritable à l’église du Canada. Voilà ce que décide l’auteur. À un siècle de distance, après un séjour de six mois dans cette province, à la simple inspection de quelques pièces qui lui sont tombées entre les
mains, il est en état de dicter la conduite que, dans ces.
graves circonstances, auraient dû tenir les catholiques du Canada. M. Briand, Chanoine et vicaire- général, qui suivant le témoignage de M. Montgolfier, supérieur du Séminaire de Montréal, ‘ à la pureté de foi, au zèle, à la science, à la prudence et à la piété la plus distinguée joignait en sa faveur le sûffrage du clergé et des peuples, ” n’était pas à la hauteur des idées du 1% siècle ; il aurait dû songer à faire l’application du principe constaté dans le traité. ?”
Mais si le gouvernement refusait d’accéder aux de-
mandes du peuple et du clergé Canadiens ? Eh bien! Ils avaient l’alternative d’élever des barricades, de s’emparer de Québec, de rejeter les troupes Anglaises dans les anciennes colonies de la Nouvelle Angleterre, et de former une
ance temporelle, > paix, toute lindre en Europe Ir évêque après e, et retourner ait alors à faire raité. ?” (P. 6,
le traité à la oits devant un à perçait dans Canadiens, que France, et qui ent, sous peine et au nom du erre d’accorder ada. Voilà ce istance, après la simple insbées entre les que, dans ces catholiques du général, qui supérieur du au zèle, à” la istinguée joi- >s peuples, ” le ; ji] au-
onstaté dans
der aux deh bien! Ils le s’emparer les ancienformer une
république, une et indivisible. Ils n’en firent rien: les
. révolutions n’étaient pas encore à lordre du jour, et l’Angle-
terre interprétant les traités à sa manière, ils crurent devoir réclamer leurs droits avec prudence et modération attene
* dant de la bonne volonté des gouvernements coloniaux ce : qu’ils ne pouvaient espérer recevoir de l’intolérance du gou- : vernement impérial. Avant tout, les Canadiens voulaient
conserver leur relision ; ils avaient reçu cet héritage sacré
de leurs ancêtres, et dans toute la sincérité de leurs cœurs | ils désiraient le transmettre à leurs enfants ; ils ne voyaient | rien à gagner pour cette fin par des fanfaronnades. Et ils | ne se trompaient point dans le choix des moyens qu’ils em-
RO ME Pr FRA RD na ne
ployèrent : ces ‘70,000 Canadiens catholiques ont transmis leur foi intacte, aux 700,009 Canadiens catholiques qui habitent aujourd’hui notre pays.
Invoquer les traités et sommer l’Angleterre de les observer! Et ne savaient-ils pas ce que valent pour le faible les traités les plus solides, les chartes les plus sacrées, lorsque le fort et le puissant est intéressé à les expliquer er sa faveur.
Dans un mémoire en date du 2 mai 1763; présenté à ur
: des membres du ministère anglais, par M. de La Corne, | député du chapitre de Québec, on lit les réflexions suivantes:
qui montrent le peu de confiance qu’on reposait dans la fidélité de l’Angleterre à observer les stipulations favorables aux catholiques :
66 Mylord Shelburne m’a fait honneur de me dire que là religion romaine: s’exerçait en Maryland où il n°y avait P’ailleurs, Mylord, il seraïît bien malheureux pour les Canadiens qu’on se modelât sur cé qui'se pratique à l’occasion du culte religieux à Maryland. Dans lé principe, où y a accordé une liberté plénière et privilégiée-pour l’exercice de la religion ; aujourd’hui ellé n’y est’ Que’ sur le" pied'de tolérance et telle: qu’elle s’exdive! à: botrresi même. Les catholiques n’y ont que des éhapelièr
particulières ; l’exercice y est même persécuté, puisque depuis la concession de cette liberté plénière on fait payer double taxe aux catholiques de Maryland; on y a même introduit les lois pénales au point qu’on n’ignore pas qu’on les a exclus de toute charge civile et militaire, ce qui est tout-à-fait contraire à leur charte.
Nous evons encore l’exemple de l’Irlande, Mylord, où, malgré la capitulation authentique de Limerick, qui assurait à jamais l’exercice paisible de la religion, on la persécute de façon qu’un très-grand nombre d’Irlandais ont été obligés de se retirer en France ; vous savez mieux que moi, Mylord, ce qui s’y est passé depuis, vis-à-vis des catholiques romains, qui ont été nécessités de vendre leurs biens et ne possèdent aujourd’hui presque plus rien en ce pays. Si on ajoute à cela ce qui a été mis dans les gazettes, et les exhortations que les ministres de Londres ont faites au peuple et principalement aux personnes riches, pour exciter leur zèle et les engager à former une somme suffisante pour envoyer de jeunes ecclésiastiques en (Canada pour y convertir les nouveaux sujets du roi ; cela joint au refus d’un évêque et d’un règlement stable pour assurer aux Canadiens l’exercice de leur religion pour l’avenir, cela, dis-je, va les jeter dans la plus grande consternation, et alarmer tous les esprits de ce peuple si docile, et si propre à former les meilleurs et les plus assurés sujets du roi d'Angleterre... Les Canadiens, Mylord, ne se persuaderont jamais que la restriction dans le traité de paix, autant que le permettent les lois de la Grande-Bretagne, puisse leur être préjudiciable dans l’exercice de leur religion: 1° parce qu’il yÿ aurait une contradiction manifeste..… ?? | | - Pour un Canadien timide, c’est parler assez fermement et même assez sensément. Il savait de quelle manière l'Angleterre avait observé les articles de la charte du Maryland et les stipulations du traité de Limerick, de cette
ï LA
sécuté, puisque e on fait payer on y a même more pas qu’on ire, ce qui est
lande, Mylord, Limerick, qui gion, on la perrlandais ont été ez mieux que s-à-vis des cae vendre leurs lus rien en ce s dans les gade Londres ont rsonnes riches, er une somme tiques en Caroi ; cela joint e pour assurer pour l’avenir, consternation, docile, et si rés sujets du ne se persuade paix, aunde-Bretagne, de leur relidiction mani-
ez fermement uelle manière harte du Marick, de cette
A DEP EN ANR 20 Ori
ville que les Irlandais, en souvenir de la mauvaise foi du gouvernement Britannique, désignent sous le nom de City ofthe violated treaty. Par les exemples rappelés au ministre, il prouvait qu’il avait appris à se défier du respect de l’Angleterre pour les traités.
D’ailleurs, les Canadiens avaient une grave raison de ne point trop s’appuyer sur ce traité, dans lequel la faiblesse de la cour d’un Louis XV avait laissé insérer une clause défavorable à leurs intérêts religieux ; et il était souverainement dangereux d’irriter par une attitude arrogante le lion Britannique, qui tenait sous ses griffes leur malheureux pays. C’est ce qu’insinuait le Duc de Praslin, dans une lettre, en date du 12 février 1763, au même Abbé de La Corne: “ Je crois qu’il serait fort utile que vous puissiez convenir d’un règlement avec la cour Britannique, surtout à l’occasion de la restriction ; en tant que le permetlent les lois de la Grande-Bretagne. *”
On comprendra la sagesse de ce conseil, si l’on examine Particle que l’auteur regarde comme le palladium des libertés religieuses en Canada, et si l’on considère la manière dont l’interprétaient les autorités impériales.
Extrait du 4e Art. du Traité Définitif conclu à Paris, le 10e jour de Février 1763.
‘6 Sa Majesté Britannique, de son côté, consent d’accorder le libre usage de la Religion Catholique aux habitants du Canada. En conséquence, elle donnera les ordres les plus précis et les plus effectifs pour que ses nouveaux sujets Catholiques Romains puissent professer leur religion, suivant les rites de l’église romaine, autant que les lois de la Grande- Bretagne le permettent. ?”
Le sens qu’on attachait en Angleterre à cet article, paraîtra par les instructions données aux gouverneurs du Canada.
Extrait des instructions données à James Murray, écr., gouverneur de la province de Québec, 7 décembre 1763.
4 Art, 18. Et comme il ù été stipulé par le traité défi.
aitif de paix conclu à Paris le 10e jour de février 1763, que nous accorderions le libre exercice de la religion catholique.... c’est notre volonté et notre bon plaisir qu’en toutes choses qui regardent les dits habitants vous vous conformiez, avec une grande exactitude, aux stipulations du dit traité sous ce rapport.
‘ Art. 32 Vous n’admettrez aucune juridiction ecclésiastique du Siége de Rome, ni aucune autre juridiction ecclésiastique étrangère, dans la province soumise à votre gouvernement. ?”
Extrait des instructions données à Guy Carleton, écuyer,
capitaine-général et gouverneur en chef, etc., etc., 3 janvier
6 Art 21... C’est notre volonté et notre bon plaisir :
66 19 Que... toute correspondance avec une juridiction ecclésiastique quelconque, de quelque nature ou de quelque sorte qu’elle soit, soit prohibée, sous les peines les plus sévères. |
66 20 Qu’aucun pouvoir épiscopal ou vicarial ne soit exercé dans notre dite province, par une personne professant la religion de l’église de Rome, excepté les pouvoirs qui sont essentiellement et absolument nécessaires au libre exercice de la religion romaine, et, dans ces cas, ils ne seront exercés qu’avec une licence ou permission de vous, sous le grand sceau de notre dite province... et aucun individu ng recevra les ordres sacrés, ou n’aura le soin des âmes sans une licence tenue et obtenue de vous pour cette fin. |
6 49 Qu’aucun individu professant la religion de l’église de Rome, ne sera nommé desservant d’une paroisse, dans laquelle la majorité des habitants demandera la nomination d’un ministre protestant ; dans ce dernier cas, le desservant sera protestant, et aura droit à recevoir toutes les dîmes payables dans telle paroisse ; néanmoins les catholiques romains pourront avoir l’usayxe de l’église pour le libre exer-
rier 1768, que eligion catho- plaisir qu’en ous VOUS conulations du dit
diction ecclétre juridiction amise à votre
leton, écuyer, etc., 3 janvier
re bon plaisir :
une juridiction ou de quelque ines les plus
ne soit exercé fessant la reroirs qui sont libre exercice seront exercés sous le grand individu ne >s âmes sans in. de l’église de sse, dans laa nomination le desservant *s les dîmes catholiques e libre exer-
eice de leur religion, aux heures où elle ne sera pas occupée par les protestants pour leurs services religieux,
«6 70 Que tous les desservants de paroisse possèderont leurs bénéfices durant bonne conduite ; cependant s’ils sont convaincus d’offenses criminelles ou de menées séditieuses pour troubler la paix et la tranquillité de notre gouvernement, ils seront suspendus ou privés de leurs bénéfices par vous, de l’avis ou du consentement de la majorité de votre conseil.
6 89 Que les ecclésiastiques qui jugeront à propos d’entrer dans le saint état du mariage: seront affranchis de toutes peines auxquelles pourrait les assujettir l’autorité du siége de Rome pour cet acte.
6 129... Que tous les missionnaires qui sont établis parmi. Jes sauvages, soit par l’autorité des Jésuites, soit par celle de tout autre pouvoir ecclésiastique, soient retirés graduellement, à telles époques et de telle manière que le demanderont le bon plaisir des sauvages et la sûreté publique, et que des missionnaires protestants soient nommés à leur place.??
Ces articles sont suivis d’une longue série d’instructions, dirigées contre l’église catholique, et toujours mises en avant comme ne gênant aucunement le libre exercice de la religion de l’église romaine. Pareilles instructions ont été données à tous: les gouverneurs jusqu’à une époque assez récente ; elles suffisent pour montrer comment le gouvernement britannique interprétait le traité de 1763.
“ L’explication du 4e article du traité de 1763, ” dit M. Garneau, Histoire du Canada, “ne permettait pas aux Canadiens de jouir de leur religion comme avant la cession du pays, mais en autant que les lois anglaises le permettaient.
C’est ce qui avait été clairement compris, suivant Lord Egremont. Les ministres français avaient proposé d’insérer les mots comme ci-devant, dans le traité, et avaient insisté jusqu’à ce qu’on leur eût dit que le roi n’avait le pouvoir de tolérer cette religion qu’autant que les lois anglaises le permottaient. Comimne les lois da la Grande-Bretagne. défen-
daient toute hiérarchie papiste, il était clair qu’on ne devait marcher qu’avec beaucoup de circonspection, et que ce n’était qu’en expliquant d’une manière favorable l’esprit des lois que le roi pouvait reconnaître M. Plessis comme Evêque. ” (Garneau, vol. 3.)
Aussi en 1805, s’appuyant sur le même proviso du traité, le procureur-général Sewell, voulait abolir les paroisses catholiques pour leur substituer des paroisses protestantes, et soutenait qu’il n’y avait point d’évêque catholique en Canada.
Dans de telles circonstances, la prudence convenait mieux qu’un appel aux traités. Quelques actes d’autorité exercés par les gouverneurs montrent avec quelles précautions le clergé devait agir, pour ne point causer d’ombrage à un gouvernement soupçonneux.
M. de Montgolfier avait été choisi le 15 septembre 1763 par le chapitre, pour être présenté au Souverain Pontife comme digne d’occuper le siége de Québec. La délibération des chanoines portait que “ par la prise du pays par les Anglais ils sont rentrés dans le droit commun, et jouissent
des priviléges accordés aux chapitres par le Concile de
Trente. ” M. de Montgolfier se préparait à partir pour l’Europe sans avoir fait part de ses intentions au gouverneur ; il suivait précisément le plan proposé par M. Brasseur. Le 14 septembre 1763, le général Murray écrivait au comte de Shelburne, un des ministres de la couronne :
“ Le vicaire-général de Montréal, M. de Montgolfier, part sous peu pour l’Angleterre. Je ne £ais quels sont ses projets, car il ne me les a point communiqués ; il est bien probable qu’il vise à la mitre.... Si un prêtre aussi hautain et aussi impérieux est placé à la tête de l’église dans ce pays, il peut causer beaucoup de mal par la suite, si jamais il trouve l’occasion de satisfaire sa malice et sa haine. ?? Cette lettre suffit pour éveiller la susceptibilité des ministres anglais. Malgré toute sa fermeté, M. de Montgoifier dut
Des rer
qu’on ne devait | que ce n’était >sprit des lois me Evêque. ”
oviso du traité, paroisses carotestantes, et olique en Ca-
nvenait mieux itorité exercés précautions le mbrage à un
ptembre 1763 erain Pontife a délibération pays par les ; et jouissent Concile de partir pour gouverneur ; Brasseur. Le au comte de
Montgolfier, uels sont ses ; il est bien prêtre aussi ’église dans la suite, si sa haine. ?
es ministres tgolfier dut
RE LE Se CR SO Lee 2
Re cn os
plier devant l’orage, et revenir en Canada, sans avoir pu réussir à se rendre en France pour s’y faire sacrer ‘omme évêque, il n’aurait pu obtenir du gouvernement 1a permission de rentrer dans la colonie. La démarche qu’il avait faite, sans en prévenir les autorités coloniales, avait eu le mauvais effet de détruire la bonne entente entre celles-ci et le clergé.
Quinze jours après le départ de M. de Montgolfier, M. Gravé, directeur du Séminaire de Québec, écrivait à un de ses confrères à Paris :
‘6 Que nous sommes tristes ! il y a deux jours que nous reçûmes l’affigeant règlement de la cour qui nous refuse un évêque, comme une chose contraire aux lois de la Grande-Bretagne. ... M. Montgolfier est parti, il y a quinze jours, et depuis son départ, il y a eu bien du trouble à Montréal. M. Gage, lors gouverneur et depuis quelques jours lieutenant-géréral du roi dans toute l’Amérique, a fait appeler MM. Peigné, grand-vicaire, Favart et Jolivet, pour leur dire qu’il voulait absolument que les mariages des catholiques et protestants se fissent dans l’église
par le curé. Ils ont répondu que M. Montgolfier porterait | sur cela des règlements de Rome, auxquels on se conforme-
rait, mais qu’ils ne pouvaient maintenant consentir à ce qu’il demandait. A quoi ils ont reçu cette réponse: Je connais maintenant vos sentiments. La porte du Canada est encore ouverte, j’ai votre passe-port tout préparé. Je ne sais ce que tout cela deviendra. ”
Quelques propos indiscrets touchant le gouvernement ayant échappé à M. de la Valinière, curé d’une des paroisses du diocèse, le gouverneur Haldimand adressa avis suivant à l’évêque: ‘“ Monseigneur,. ..... je vous laisse le maître d’apprendre à M. de la Valimère, si vous le jugez à propos, qu’il doit passer en Europe avec la flotte qui part le 25 de ce mois, et on aura l’attention de lui procurer les rafraîchissements et toutes les commodités possibles pour sa
traversée ; vous aurez soin de lui recommander surtout de ne pas se laisser aller à ses vivacités ordinaires et de prendre garde à la manière dont il se conduira et parlera jusques à son départ. ?
Un peu plus tard, l’abbé Ciquard, ancien directeur du petit séminaire de Bourges, étant entré dans la province, sans l’autorisation du gouvernement, fut arrêté et conduit audelà des frontières du Canada, après avoir reçu l’injonction de n’y point revenir.
Les moyens de conciliation étaient donc les plus sages avec un pouvoir aussi peu endurant, et obtinrent en effet de plus heureux succès.
Dans un acte de renonciation, M. de Montgo!fier avait recommandé M. Briand qui fut, en effet, élu le 11 septembre 1764. Il partit au mois de novembre, emportant, non pas les articles du traité de 1763, mais une lettre de recommandation du général Murray, qui déjà, un an auparavant, écrivait au lord Shelburne : ‘ Je dois prendre ici la liberté de répéter ce dont j’ai eu l’honneur d’informer votre Seigneurie dans ma lettre du 22 juillet, que M. Bryant, vicaire-général de ce gouvernement, a constamment agi avec une candeur, une modération, un désintéressement qui le proclament un digne et honnête homme, et que je ne connais personne de sa robe qui mérite aussi justement la faveur royale. ”
Ce digne prêtre méritait encore plus la faveur du ciel; car en consentant à devenir évêque, M. Briand faisait pour le service de Dieu un sacrifice bien méritoire. ‘“ Je vous avoue, ” écrivait-il de Londres à un de ses amis (6 juillet 1765), “ que c’est tout ce que je puis faire que de continuer des démarches pour un fardeau pour lequel j’ai toujours une répugnance extrême, et que je redoute en vérité plus que la mort..... Je n’y consentirais jamais si je ne prévoyais pas ce qui en arriverait de fâcheux, et si je ne me flattais pas de l’espérance de pouvoir m’en décharger bientôt en faveur de quelqu’autre plus capable... … Je vous prie d’assurer toue
inder surtout de res et de prendre arlera jusques à
en directeur du ns la province, é et conduit aureçu l’injonction
les plus sages rent en effet de
golfier avait rele 11 septembre ant, non pas les recommandation rant, écrivait au berté de répéter Seigneurie dans aire-général de c une candeur, proclament un is personne de yale. ?
faveur du ciel ; nd faisait pour re. ‘4 Je vous amis (6 juillet ue de continuer ai toujours une érité plus que e prévoyais pas ne flattais pas ntôt en faveur d’assurer tous
nos curés de mon sincère et parfait attachement, et de me recommander à leurs jyrières et saints sacrifices. J’en ai grand besoin, et je crois les mériter, puisque ce n’est que par amour pour leur patrie que j’ai entrepris un voyage si pénible, si dégoûtant, et si contraire à mon caractère et à mes inclinations. ”
Il nous en coûte de descendre des nobles sentiments si franchement exprimés par M. Briand, aux outrages que lui adresse l’abbé Brasseur. Notre tâche nous y oblige.
(P. 8, v. Il.) “ Durant plus d’une année qu’il demeura dans cette ville, il essuya tous les dédains et les insultes des gens de bureau, qui se le renvoyèrent sans pitié. ?
M. Briand avait été précédé à Londres par un religieux apostat qui, dans un mémoire présenté à la cour, avançait “qu’il y avait déjà grand nombre de protestants canadiens, qu’il n?y avait pas d’autre moyen d’attacher les ca-
| nadiens au gouvernement qu’en les rendant protestants,
non pas par violence, mais doucement, en les laissant manquer de prêtres.’ Les difficultés suscitées par ce traître, par les changements de ministère, par la position. embar-
. rassante des ministres anglais en conséquence des lois pé- ‘ nales alors en pleine vigueur contre les catholiques, re- * tinrent M. Briand à Londres pendant plus de dix-huit mois.
Le renvoi aux documents cités dans la note, p. 9, est une des preuves les plus frappantes du peu de confiance que mérite cette histoire. On croirait que cet épisode du prêtre Irlandais est fondé sur un mandement, et sur le journal de Mgr. Plessis. Eh bien! non seulement ces
documents y sont contraires, mais le fait lui-même se trouve dénaturé par M. Brasseur de manière à le rendre méconnaissable. Le gouvernement fit savoir indirectement, à M. Briand que, s’il se faisait consacrer, on n’en dirait rien, et Von fermerait les yeux sur cette démarche. L’avis lui fut
communiqué par deux de ses amis, M. H. J. Cramahé, E
plus tard administrateur du gouvernement de Québec, et M. Thomas Mills, membre du conseil de la colonie. C’est ce dernier que M. Brasseur a changé ‘‘ en prêtre irlandais que M. Briand rencontra par hasard dans les bureaux et qui, prenant en pitié sa triste situation, l’engagea à cesser sa poursuite. ? En lisant plus attentivement les lettres de M. Mills, l’auteur aurait vu que laviseur charitable n’était ni un prêtre, ni un inconnu, puisqu’il y informe de ses projets de mariage son ancien et excellent ami M. Briand. De fait, M. Brasseur paraît être Hybernis hybernior ; car il ne se fait aucun scrupule de transformer en prêtre irlandais, tous ceux de ses personnages qui, dans son roman, sont censés devoir montrer de Pénergie. (C’est ainsi que, dans les rôles réservés aux prêtres de l'Irlande, il place à côté du protestant Mills, les Ecossais MM. Alexandre McDonell et Bernard Donald MacDonald, et le Pennsylvanien M. Thomas Maguire. Quand il n’est pas bien sûr du courage de ses dramatis personæ, il en fait des Ecossais uu des Canadiens. Les Français viennent à la suite des Irlandais dans son estime.
(P. 9, v. II.) ‘ On lui signifia ensuite qu’il pouvait repartir pour le Canada, non avec le titre d’évêque de Québec, qu’on ne lui reconnaissait pas, mais avec celui de surintendant de l’Eglise Romaine: Superintendant of the Roman Church.’
Les mimistres de la cour de Saint-James n’ont jamais pris ce ton de mépris envers Mgr. Briand, qui rend un témoignage bien différent à leurs bons procédés et à leur bienvoillance.
(P.10, v. II. Note.) ‘ C’est l’historien Smith...qui fait malicieusement cette remarque sur la timidité de M. Briand. C’est lui aussi qui raconte que ce prélat en s’adressant aux Canadiens à son retour, ne se présenta pas à eux comme évêque, mais comme un simple faiseur de prêtres, etc., etc. ??
Lo
mont To protes Smith méch:
riques ! autorit | On arrivé Supe leur crime Dans gouve de Qué Cram:
“ étaien d’une neurs leur d’évêq vêché de ce f ses le Huber | rempli toute « précat | Breta, protes
En
SRE
iébec, et colonie. prêtre ir- ; les bu- ’engagea ment les lPaviseur u, puisn et exrait être upule de personontrer de rvés aux lills, les Donald Maguire.
ulis pers Les ime.
pouvait que de elui de of the
ais pris témoibien-
ait ma- Briand.
nt aux comme étres,
ER