‹ Observations sur un ouvrage intitulé Histoire du CanadaChapitre 4 sur 19 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

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L'auteur d'une Æistoire du Canada, publiée en 4852, s'étant servi du nom de Mgr Parisis pour répandre son ouvrage qui renferme de graves et injustes accusations contre le clergé et le peuple de ce pays, Mgr l’archevèque de Québec crut devoir réclamer auprès de l’illustre prélat, qui est aussi vénéré en Amérique qu’il le peut être en France. Cette réclamation n'ayant

pas obtenu de résultat, et l’auteur continuant

à employer les mêmes movens pour placer ses livres, on a cru qu’il serait à propos de reproduire les Observations suivantes, déjà publiées à Québec, afin de faire connaitre à Rome et en France la confiance que mérite l'Histoire du

Canada, ete., par M. l'abbé Brasseur.

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Dans l'automne de 1845, un jeune prétre français venait frapper à la porte du Séminaire de Québec; l'hospitalité lui fut offerte avec la bienveillance qui caractérise les membres de cette maison. La navigation élant sur le point de se fermer, le voyageur accepta l'offre qu'on lui fit de passer l'hiver dans l’ancienne capitalé de la Nouvelle-France, Installé au milieu de ses confrères canadiens, il ne tarda pas à dérouler devant eux l'objet de sa mission et les plans qu’il avait conçus pour la régénération intellectuelle et religieuse des habitants de ce pays. Dans ce but, il se proposait d'établir une communauté de réguliers, dont il deviendrait le supérieur ; l'ordre de Saint-Benoît était toutefois celui qui lui con: venait davantage. Il avait même communiqué son dessein au souverain pontife, qui l'avait autorisé à fonder un instilut de Bénédictins et à y admettre ceux qui consenliraient à devenir ses disciples. Pour appuyer

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ses prétentions à la dignité de premier abbé du futur monastère, il se déclarait l’auteur de deux ou trois romans imités de Châteaubriant, qu’il montrait avec complaisance, et de plus il distribuait gracieusement des cartes portant une couronne de comte, et le nom aristocratique de « Roverend Count Brasseur de Bourbourg.»

Par malheur pour le projet favori de M. le comte, ces puissants moyens ne suffisaient pas à convaincre Mgr Signay, archevêque de Québec, qu’un jeune homme, ordonné prêtre depuis quelques mois, fût assez avancé dans la spiritualité et dans les études théologiques pour conduire une communauté de prêtres. Le vénérable prélat avait peine à concevoir qu’un romancier fût propre à former des Mabillon et des Ruinart; il comprenait encore moins que le Saint-Père eût confié le droit de se créer abbé de l’ordre de Saint-Benoît à un individu qui ne connaissait les Bénédictins que pour les avoir rencontrés dans les rues de Rome. Quelques membres du clergé canadien allaient plus loin, ils se permettaient de taquiner le moine improvisé, sur sa supériorité future in partibus infideliumr, et sur la protection dont il jouissait à Rome. |

Avec des natures aussi peu progressives, les monastères de M. Brasseur devenaient des châteaux en Espagne ; force lui fut donc de replacer dans son portefeuille ses plans magnifiques qui devaient élever le Canada au rang des pays civilisés. Les directeurs du séminaire de Québec eurent pitié de M. le comte dans sa déconvenue ; pour l'empêcher de se regarder comme inutile , ils le prièrent d'entreprendre un cours d'histoire ecclésiastique, en faveur des jeunes élèves en théologie. Sans être un Rohrbacher, il put, en feuilletant et en

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