‹ Observations sur un ouvrage intitulé Histoire du CanadaChapitre 5 sur 19 · CRÉENT SEE · texte numérisé non relu

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sf LS compilant, parvenir sans encombre jusqu’à la huitième leçon. Mais un nouveau contre-temps vint obscurcir la gloire du savant professeur : le cours ne réussit pas, et les leçons cessèrent; le titre de professeur: d'histoire ceclésiastique au séminaire de Québec n’en demeura pes moins altaché au nom de M. Brasseur. Il pouvait lui servir en Europe, comme celui de comte lui avait servi en Amérique.

Après cette seconde retraite, il n’eut plus qu’à s’occuper de recherches littéraires. Il aurait bien souhaité visiter les archives du séminaire de Québec; mais, à son grand déplaisir, l'entrée en demeura fermée pour lui. M. le comte n’est pas heureux sous ce rapport, car, dans un fragment d'histoire du Mexique, il avertit piteusement ses lecteurs que pareil contre-temps lui est advenu dans une collégiane mexicaine ; et il fait beau voir comme l'écrivain se grandit, pour laisser tomber sa verge avec plus de poids sur la tête des coupables. Gare donc au séminaire de Québec! Cependant, il eut un peu plus de succès dans un autre quartier; il réussit à avoir accès aux archives de larchevêché, et put recueillir à la hâte quelques notes sur des documents incomplets, qu'il n’a pas toujours compris, et qu'il a interprétés plus tard dans un sens défavorable aux institutions catholiques du Canada. Plusieurs fois déjà ces documents avaient été examinés par des chroniqueurs, et aucun d’eux n’y avait encore trouvé l’occasion de calomnier les évêques de Québec. Cette tâche était réservée à M. Brasseur.

Pendant six mois il avaitété hébergé par le séminaire de Québec, et durant ce temps le futur historien du Canada s'était occupé à loger dans ses cartons des

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comnérages, des anecdotes arrivées à leur quarantième édition, des rumeurs malveillantes mises en circulation par la haine de quelques sectaires fanatiques. I réservait ces documents précieux, si propres « à donner un e«r'actère de vérité à ses récits » pour couvrir de boue plusieurs des anciens directeurs de celte maison hospitahière, et déverser le blâme sur les évèques, sur le elergé, sur toute la population catholique du Canada.

A l'ouverture de la navigation, M. Brasseur laissa Québec, connaissantle Canada et'les Canadiens, comme un Anglais qui à passé vingt-quatre heures à Boulogne connaît la France et les Français. Îl avait visité deux ou trois paroisses dans les environs de Québec, avait lu quelques mémoires sur les affaires de la Nouvelle- France , et feuilleté quelques registres de l’archevêché de Québec; mais il n’avait pu parcourir les campagnes, ni se mettre en rapport avec les populations rurales; les archives des communautés et celles de la province lui élaient entièrement inconnues. Pour écrire sur le Canada, avec les minces matériaux qu'il possédait, il se reposait principalement sur son imagination, espérant qu’elle lui aiderait à remplir les lacunes qui se rencontreraient dans ses connaissances historiques et topographiques. Elle ne lui a point fait défaut.

Pendant un séjour de quelques mois qu’il fit à Boston, il pria l’évêque du lieu de vouloir bien le nommer vicaire général de son diocèse, alléguant que ce titre lui serait d’un puissant secours, pour les recherches littéraires qu’il avait intention de continuer en Europe. Sa demande fut accordée; mais depuis quatre ans il a cessé d’être vicaire général de Boston, quoiqu'il se qualifie : «Grand Vicaire de Boston , ancien professeur d'His-

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