Obstétrique journalière
Ce livre est la mise au point d'une partie des leçons que j'ai faites, chaque année, à la Faculté, depuis le mois de novembre 1892 et qu'à maintes reprises mes élèves m'ont prié de rédiger pour eux.
Dans ces leçons pratiques d'Eutocie, je me suis efforcé de condenser ce qui ne peut être fructueusement étudié que dans une Clinique obstétricale, soit au chevet de Fexpectante, de la parturiente, de l'accouchée, soit au laboratoire et à la salle d'autopsie.
Le programme est le suivant : étant donnée une femme qui se croit enceinte et. vient vous consulter, reconnaître la grossesse, la surveiller et la conduire sans encombre jusqu'au terme, faire que l'enfant naisse vivant, en présentation du sommet, que la délivrance soit simple et complète et les suites de couches aseptiques. C'est, en résumé, la pratique raisonnée de ce que l'on. pourrait appeler, avec Guillemeau, « l'heureux accouchement ».
Les nouveaux procédés de gravure m'ont permis de fixer typographiquement les projections démonstratives faites à l'amphithéâtre. J'ai réalisé ainsi un rêve depuis longtemps caressé: V illustration photographique directe, sans intermédiaire profane corrigeant la nature.
Grâce aux pièces que M. Pinard et moi nous avons rassemblées depuis 14 ans, tant à Lariboisière qu'à la Clinique Baudelocque, j'ai pu donner à cet ouvrage un cachet presqu'outré de réalisme. J'ai voulu par là prévenir et documenter mes élèves contre les déformations de la nature qui leur sont quotidiennement mises sous les veux. Si j'ai réussi à en ramener quelques-uns à la méthode des consciencieux iconographes que furent, au siècle dernier, Smellie, Camper et William Hunter, j'aurai atteint un de mes buts.
Aussi bien, l'heure était favorable pour une pareille tentative. 11 s'est créé depuis une quinzaine d'années, à notre porte, grâce aux efforts de Schrœder et de Waldeyer en Allemagne, de Hart et de Barbour en Angleterre, de précieuses collections d'anatomie obstétricale. Jointes à la nôtre, elles permettent de suivre de visu: presque mois par mois l'évolution intra-utérine de l'œuf humain, presque heure par heure son expulsion, presque jour par jour le retour de l'utérus à l'état normal. Après avoir demandé et obtenu de qui de droit l'autorisation, j'ai fait reproduire les plus démonstratives de ces pièces de musée, pour la plupart inconnues du public médical français. J'ai à remercier particulièrement de la parfaite bonne grâce avec laquelle ils ont bien voulu se faire mes collaborateurs : les professeurs Waldeyer, Hofmeier, Zweifel, Hart et Barbour. (1)
(1) J'ai du, pour me tenir dans les limites de la justification, faire réduire quelques planches publiées en vraie grandeur. Il en résulte que pour les figures 1, 3, le, 17 et 18 les chiffres et les lettres rappelés dans les légendes > ne sont bien visibles qu'à la loupe.