EN RÉSUMÉ
Parmi les pyogénes aérobies qui, depuis 1879, ont été accusés d'être les agents pathogènes de 1 lnlei lion puerpérale proprememt dite, à porte d'entrée utérine, il n'en est qu'un dont le rôle soit hors de doute : le streptocoque pyogène.
Les minutieuses recherches de Widal, de Bumra et de Krônig prouvent qu'il peut, à lui seul, donner naissance aux formes cliniques les plus diverses de cette infection: fièvre du travail, fièvre dite de lait, suppurations utérine, périutérine, péritonéale, pyohémie, pseudo-membranes,septicémie pure sans lésions appréciables à I œil nu. phlegmatia alba dolens.
L'étude des infections puerpérales attribuées au staphylocoque doré et au coli-bacille est loin d'a\ oir été poussée au même point.
Il semble prouvé que ces deux aérobies pyogénes, inoculés dans la I avili- de PutérUS parln-
rienl el puerpéral.y peuvent produire, outre une réacti le défense de l'endomètre, dis toxines
capables de déterminer une fièvre puerpérale de résorption, une toxinémie, d'allures parfois inquiétantes mais à pronostic relativement bénin quoad vitam et quoad functionem. Il reste a démontrer <|u ils sont capables, comme le slrepto coque, et sans lui, de forcer la barrière muqueuse utérine et d'essaimer, par les lymphatiques et lis veines, a distance du lover primaire. Capables d'intoxication, le sont-ils d'ii.lection proprement dite?
Telle esl la ipieslion donl la solution es) ,i
réserver jusqu'à ce qu'aienl été versées au débat de nouvelles observations, recueillies avec le même soin el la même méthode qui oui présidé a l'étude de la streptococcie puerpérale.
La n'est pas d'ailleurs la seule inconnue à dégager dans ce chapitre des Infections puerpérales, liai- voici que se pose à son tour , plus ardue si possible, la question du rôle des anaérobies <|ii il nous reste à esquisser.
e. Infections anaérobies.
Au cours de ses recherches sur la fièvre du travail et sur les endométrites puerpérales, Krônig a été amené à constater que dans un certain nombre de cas, où l'examen microscopique des lochies utérines lui révélait la présence de nombreuses bactéries, rien ne poussait cependant sur les cultures en plaques de milieux nutritifs ordinaires (cultures aérobies).
Il s'agissait évidemment de microbes anaérobies déjà vus par de nombreux observateurs qui tous avaient reculé devant la difficulté d'une étude semblant ne devoir paver ni le temps ni la peine qu'elle menaçait d'exiger.
Plus tenace que ses devanciers, Kronig résolut d'approfondir la question. Voici résumés aussi fidèlement que possible les résultats auxquels il est arrivé.
a. Fièvre du travail.
Nous savons que le staphylocoque et le streptocoque en culture pure ne produisent de gaz putrides, ni dans le liquide amniotique, ni dans les milieux de culture artificiels. Nous avons vu d'autre part que si le bacterium coli, dans certaines conditions déterminées, est capable de faire des gaz, il ne semble pas en état de réaliser une fermentation albumineuse à produits puants comme indol, phénol, etc. (Baginsky).
On pouvait donc a priori penser que la putréfaction intra-utérine au cours du travail reconnaissait pour cause la présence dans le liquide amniotique de bactéries anaérobies. c'est-à-dire de même ordre que celles dont Pasteur avait, en 1863, démontré le rôle dans la putréfaction des matières albumineuses.
El de fait dans 19 cas, où pendant le travail la fièvre coexistait avec une décomposition putride du liquide amniotique, Krônig a vu 15 fois échouer la culture aérobie, alors que 14 fois il a vu pousser, par culture anaérobie,de nombreuses colonies microbiennes donnant naissance à des gaz d'odeur putride.
Etudiant à fond ces colonies il a pu isoler, cultiver, caractériser un certain nombre d'espèces, cocci ou bâtonnets, non encore dénommés
ni figurés et dont je résume les principaux caractères dans le tableau ci-joint (p. 382 et 383).
/'. Endométrite anaérobique.
Dans 30 cas d'endométrite post partum où les cultures aérobies étaient restées stériles, alors que les lochies utérines fourmillaient de microorganismes visibles au microscope, Krônig a pu faire la preuve que ces lochies ne renfermaient que des bactéries anaérobies obligées.
Le plus souvent il n'en poussait qu'une seule espèce dans chaque cas, ce qui ne veut pas dire qu'elle s'y trouvait en culture pure.
krônig remarque en effet :
1° qu'il est possible que d'autres espèces anaérobies, vivant dans la sécrétion lochiale, ne se développent pas dans les milieux de culture artificielle dont nous disposons actuellement ;
2° qu'il est possible aussi que beaucoup de bactéries de même forme et de même ordonnance dans certains milieux artificiels, soient en réalité des espèces différentes produisant dans l'organisme des effets très différents.
Or assez souvent il n'a pu s'appuyer, pour caractériser l'espèce supposée pure, que sur la forme et l'ordonnance du microorganisme dans 1 Agar en couche profonde additionné de sucre de raisin, l'étude n'ayant pu être poursuivie plus loin que la première culture.
Dans la description des diverses bactéries anaérobies retirées pures (avec la réserve ci-dessus) de la sécrétion lochiale, Krônig ne revient pas sur celles, précédemment étudiées (p. 382 et 383), qu il a retirées pures du liquide amniotique putride, car il les a constamment dans ces cas retrouvées telles quelles dans la cavité utérine au cours des suites de couches.
Ceci dit reportez-vous aux tableaux des pages 384 et 385. Vous y trouverez résumés les caractères morphologiques et biologiques des espèces isolées à l'état de pureté par Kronig et qu'il a pu étudier dans les différents milieux.
BACTÉRIES ANAÉROBIES DU l.HUIDi: AMMOTHUT. ET KIKVUE I)f TltAVAIL Ki.mxib
."i Cas
morphologiques.
petit, le plus souvent pa r couples.
Culture en milieux
nies par piqûres.
\'.u- glycosé ou lactose,
Agar glycérine et formate de soude,
Agar -j- 1 3 de Liquide kystique el gl\ cose :
H.-\ eloppemenl i'i 2 cm. au-dessous tic la surface.
I rès faible développement dans agar sans addition de substances réductrices.
Pas de déve loppement dans agar acide, dans gélatine sans ad dition de subst réductrices.
Culture •■'! milieux nutritifs liqu
Bouillon glycosé '•!
facto se,
i îélatine 1 i q u é fiée glj cosée,
Lait stérilisé :
Négatif.
Rapidité
.lu
développe ■
ment.
Rapide, culture visible ru 18 heures.
Production de Gaz.
Coloration .
Non observé.
Se colore par l'aniline.
Non décoloré par le Gram.
Action pathogène.
1 ce.
d'un mélange de ul tu re pure su agar avec bouillon glycosé SOUS la peau d'un lapin.
Aiirii ne réaction.