SAPROPHYTES ANAEROBIES DU VAGIN
soit par extension en surface de solutions en solutions de continuité, soit par pullulation dans les lochies, pour gagner l'aire placentaire et donner naissance à une auto-infection.
Krônig croit ce processus possible. En cultivant dans le flux Iochial quelques bactéries pathogènes, il a pu s'assurer que ce flux doit être considéré, contrairement à la sécrétion vaginale de la femme enceinte et de la parturiente avant la rupture des membranes, comme un terrain de culture favorable. La propriété bactéricide ne semble se récupérer qu'après quelques jours.
La preuve d'une telle auto-infection est toutefois bien difficile à faire. Certes la possibilité de l'ascension spontanée des bactéries pathogènes, de l'entrée du vagin jusqu'à l'aire placentaire, est prouvée par les nombreux cas d'infection streptococcique de la cavité utérine puerpérale observés chez des femmes qui n'ont été touchées intérieurement ni pendant les derniers temps de la grossesse, ni pendant l'accouchement. Mais cela ne veut pas dire qu'il s'agisse d'une auto-infection par les saprophytes vulvaires.
Pour que la preuve de l'auto-infeclion fût sans réplique, il faudrait que, pendant la période d'expulsion, on n'ait rien fait pour proléger le périnée. Il suffit en effet, pour que l'hypothèse d'une hétéro-infection ne puisse être rejetée, que le médecin, la sage-femme, etc., aient touché, manipulé les parties génitales externes à ce moment- Même pour les accouchements précipités, c'est-
à-dire pour les accouchements faits sans assistance d'aucune sorte, et cependant suivis d'infection, qui semblent devoir être le type de l'infection autogène, la preuve manque.
Certes on ne peut tirer argument contre l'autoinfection de ce fait que la parturiente s'est touchée elle-même et a cherché àretenir la tète.
Car si elle ne porte pas aux doigts une plaie infectée, elle n'a pu s'inoculer que ses saprophytes cutanés.
Mais où est la femme accouchée dans ces conditions et atteinte de fièvre — fièvre dont la cause est si variable — pour laquelle la preuve de l'infection ait été étayée de la constatation dans le canal génital de streptocoques, de staphylocoques, ou de bacterium coli ?
Krônig conclut :
Ce n'est qu'hypothétiquement, par simple conjecture,qu'on peut admettre actuellement la possibilité d'une auto-infection due aux bactéries pathogènes vivant saprophyliquement sur la peau intacte,
La preuve fait défaut. 11 en sera ainsi tant que nous ne posséderons pas des observations certaines sur le contenu bactérien du canal génital des accouchées atteintes de fièvre à la suite d'accouchements précipités, et faisant leurs suites de couches comme elles ont accouché, sans aucune assistance locale interne ou externe. .
c. Saprophytes anaérobies du vagin
Si l'on peut admettre à la rigueur,avec Krônig, que les bactéries aérobies de l'infection puerpérale ne vivent pas à l'état de saprophytes dans la sécrétion vaginale des femmes enceintes, on ne saurait être aussi alfirmatif pour les bactéries anaérobies saprogènes, et peut-être pathogènes, précédemment étudiées.
Il y a en effet, dans la sécrétion vaginale, des saprophytes anaérobies qu'on est en droit de supposer a priori capables d'effets pathogènes.
Frappé de ce fait que la sécrétion vaginale, si manifestement riche en bactéries lorsqu'on
l'examine au microscope, ne donne guère par ensemencement sur plaques d'agar que des résultats négatifs, Krônig s'estattaché à procurer à ces saprophytes si abondants du vagin les conditions favorables à leur développement.
La réaction acide de la sécrétion vaginale lui paraissant due à l'acide paralactique, il employa comme milieu de culture le bouillon de viande riche de cet acide.
Il eut de plus recours aux méthodes de culture anaérobies, savoir :
1° Culture dans l'atmosphère d'hydrogène. 2° Méthode de Bûchner (destruction de l'oxy-
SAPnOPHYTF.S ANAEHOHII S II AI lO-IM IXTION
gène par l'acide pyrogallique.)
3° Méthode de Liborius.
Pour obtenir des cultures pures, krônig employa les milieux nutritifs suivants :
1° Bouillon de viande avec ou sans addition de 1 °/0 do glycose ou de 2 °/0 de lactos.- :
2° Gélatine liquéfiée à la température de l'étuve avec ou sans les mêmes substances réductrices ;
3° Lait stérilisé.
Le tout, sauf réserves expresses, était à réaction faiblement alcaline.
11 a pu étudier les caractères morphologiques et biologiques de quelques-uns des saprophvtes ainsi obtenus en culture pure.
Je résume dans les tableaux ci-contre p. 407 à 410) le résultat de ses recherches.
De l'étude de ces tableaux, il ressort que les saprophytes du vagin des femmes grosses sont. à peu d'exception près, des anaérobies. Le degré de I'anaérobiose esl cependant variable- Pour quelques espèces, les formes en bâtonnets surtout, il suffit d'ajouter au milieu nutritif une substance réductrice, lactose, glycose, pour les voir se développer même à la surface du milieu. D'autres sont strictement anaérobies, anaérobies obligées.
Les saprophytes de la sécrétion vaginale s'y trouvent tantôt en culture pure, tantôt en symbiose. Le premier cas semble le plus commun. Jusqu'à présent Krônig n'a pu isoler d'une sécrétion plus de 3 espèces différentes (ex. cas IX dont les unes sont anaérobies obligées et l'autre, l'oïdium albicans, aérobie pur.
Ce dernier saprophyte est le seul des sapro-
phytes vaginaux qui préfère l'aérobiose. Très inconstant, apparaissant et disparaissant, se rencontrant aussi bien avec les micro-bacilles et les cocci qu'avec les bâtonnets de Dôderlein, son rôle demeure obscur. Peut-être dans beaucoup de cas aide-t-il à la vie anaérobie des autres saprophytes en prenant pour lui l'oxygène.
Ayant ainsi étudié les saprophytes vaginaux anaérobies, précisé leurs caractères morphologiques et biologiques, Krônig s'est attaché à les distinguer <\r- bactéries anaérobies pathogènes recueillies par lui en culture pure dans les processus putrides utérins des accouchées (p. 384
Mais ~i. dans un grand nombre de cas, il a pu constater des différences caractéristiques, il esl loin d'avoir terminé la tâche qu'il s'est imposi et « l'on peut, dit-il, continuer à soutenir, pour l'infection puerpérale à anaérobies, la possibilité d'une infection autogène par les saprophytes anaérobies du vagin. »
Personnellement Krônig n'y croit guère.
Et voici pourquoi.
Il a transporté en culture pure, dans le vagin de femmes enceintes, une bactérie anaérobie retirée de l'utérus d'une accouchée dans un cas de processus saprémique, bactérie facile à distinguer, par --es caractères morphologique^ ri culturaux. des saprophytes anaérobies du vagin bactérie de l'accouchée R. p. 383. n° IV . Sa conclusion est qu'elle n'y put continuer à vivre à l'état de saprophyte.
La question est donc actuellement à réserver. « Il est possible que. dans des cas très rares, le vagin contienne des bactéries anaérobies capables d'engendrer, par auto infection, une toxinémie et une endométrite putride, non mortelles »
SAPRO
PHYTES VAGINAUX DES
FEMMES
GROSSES (Krônig)
Caract. objectifs
Caractères
Culture
Cultures
Culture en
Tempérât.
Résultat
morpho-
en milieux
milieux
favorable.
Influence
de la
logiques du
sur
nutritifs
Coloration
de l'Ensemencement
microbe
solides
liquides à
Rapidité du
de l'air
sécrétion vaccinale
isolé
plaques
par piqûre
l'air
développ1