INDICATIONS DE L ANTISEPSIE CURATIVE
et traitée comme telle. Il ne s'agit pas de dire, comme on le fait encore trop souvent en présence d'une ascension thermique légère et de phénomènes généraux d'apparence peu sévère : c'est une forme bénigne ; attendons ; voyons ce que cela deviendra.
Quelque apparence qu'il y ait de pouvoir expliquer la fièvre observée par une cause autre que l'infection, agissez d'abord comme si celleci était démontrée ! Vous n'avez aucun élément sérieux qui vous permette au début de porter le diagnostic d'accidents bénins. Que de fois la suite des événements n'a-t-elle pas démontré l'inanité de ces pronostics précoces! En attendant, en voyant venir, vous jouez la vie de votre accouchée. Faites donc immédiatement de l'antisepsie curative; 99 fois sur 100 vous vous en trouverez bien, et la centième, pas mal.
Mais comment agir ? Car enfln la porte d'entrée est multiple ; qui de la vulve, du vagin, de Futérus est le point de départ des accidents ? Presque toujours c'est l'utérus qui est en cause. Mais, pour plus de sûreté , vous laverez tout : d'abord la vulve, puis le vagin, et enfin l'utérus.
On a objecté à cette manière de faire que l'on courait ainsi le risque de porter dans l'utérus des microbes encore cantonnés dans le vagin. A cela nous pouvons répondre par des observations qui portent sur plus de 12,000 accouchements.
Voici ce que montre l'étude de la statistique du service de M. Pinard, alors qu'il dirigeait le service de la Maternité de Lariboisière.
hn 1883, les injections intra-utérines n étaient employées que dans des cas très rares ; dans les années suivantes, elles sont devenues de plus en plus fréquentes pour atteindre leur maximum en 1887. J'étais alors l'interne de M. Pinard pour la seconde fois, et mon maître ou ses suppléants avaient bien voulu me laisser l'entière direction du traitement des suites de couches. Toute femme dont la température atteignait 38° recevait immédiatement une injection intra-utérine. Or voici les chiffres de la mortalités par infection pour ces cinq années.