‹ Obstétrique journalièreChapitre 24 sur 157 · III. La Dilatation · texte numérisé non relu

III. La Dilatation

Quand vous revenez, la scène a changé. La femme que vous aviez laissée debout et vaillante, vaquant encore à ses préparatifs, est affalée dans un fauteuil, les traits défaits. C'esl que les douleurs non seulement sont devenues plus fortes et plus répétées, mais qu'elles ont pris un tout autre caractère. Elles sont écœurantes, accompagnées de nausées et de vomissements, énervantes, décourageantes, car la femme qui en est à chaque instant reprise, toutes les cinq minutes, ne sent rien avancer. Ces douleurs sont surtout pénibles lorsqu'elles siègent dans la région lombo-sacrée. a Mes

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reins, mes reins, » est la plainte que vous entendrez le plus souvent.

Outre les plaintes d abord légères, puis de plus en plus se rapprochant du cri, voire du hurlement. qui les accompagnent, ces douleurs déterminent une agitation caractéristique de cette seconde période : vous verrez souvent des femmes prendre à chaque douleur des attitudes bizarres : à genoux sur leur lit, rejetant toute couverture, oubliant toute pudeur, balançant la tète de droite et de gauche, mordant, griffant, s'exaspérant de ne trouver aucune posture qui les soulage.

Le toucher, facilement accepté tout à l'heure, devient difficile. Faites coucher la parturiente et exigez qu'elle ne quitte plus son lit.

Attendez une période de franc repos. Vous constatez que l'orifice externe du col, si difficilement accessible tout à l'heure, est maintenant à portée du seul index, au centre du segment inférieur. Alors qu'à votre précédent toucher son bord avait encore une certaine épaisseur, il a minci. 11 s'est plus largement ouvert: la portion des membranes découverte et accessible au moment de la contraction , est large comme une pièce de 20 sous tf<«. S(i .

Heux heures plus tard, les douleurs ont toujours ce même caractère écœurant et énervant; l'indocilité et l'agitation ont encore augmenté. Vous trouvez l'orifice dilaté de la largeur d'une pièce de 40 sous, de 5 francs.

Pour peu que votre cliente soit multipare il ne faut plus vous éloigner; car l'observation aprouvé

qu'il faut en général plus de temps et plus de travail pour ouvrir l'orifice de la matrice « de la largeur d'un petit écu .quepouropérerensuitcle reste de la dilatation nécessaire au passage de l'enfant.

Il vous a fallu six heures au moins pour en arriver là où vous •'■tes: il vous en faudra peut être seulement deux pour que tout soit terminé.

Restez donc, mais jus dans la chambre de travail, car vous perdriez bientôt toute autorité et toute liberté d'action. Votre examen terminé, le fœtus ausculté, affirmez que tout marche régulièrement : et aux questions répétées qu'on vous pose sur l'heure probable de l'accouchement, répondez que vous ne pouvez encore préciser, mais qu'on voit bien que la fin approche puisque vous ne vous en allez plus.

Ne touchez plus qu'à des intervalles éloignés. Respectez la poche membraneuse qui. à chaque douleur, devient plus considérable « si bien que chaque fois aussi la tète paraît remonter. De sorte, dit Baudelocque, qu'elle n'est jamais moins accessible au doigt que dans ce moment. » Dans l'intervalle des douleurs les bords de l'orifice se détendent, la poche devient flasque, la tète parait redescendre et s'appliquer aux membranes.

Priez qu'on vous prévienne quand votre cliente éprouvera un violent besoin d'aller à la garde robe ou si elle perd les eaux. Ce sera bientôt après que vous n'aurez plus senti par le toucher qu'un petit bourrelet de col encerclant la poche et l,i tète, et que vous aurez jugé la dilatation égale à une a petite paume de main. »

Tout à coup, au milieu d'une forte douleur, la femme se sent mouillée ; il lui semble qu'une poche vient de claquer dans le vagin ; parfois même la garde a entendu l'éclatement. En même temps la parturiente éprouve « une sensation de pesanteur en bas. tout à fait comme pour aller à la selle » et qui la sollicite à faire valoir ses douleurs.

J'accouche o, crie-t-elle le plus souvent. Pas encore ; mais vous entrez dans une troisième période, la période finale, qui va aboutir a l'expulsion fig. 87 et 88;.

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