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Prophylaxie de l'hétéro-infection

a. La marche à l'Étoile I

Au premier rang des causes capables de déterminer cette infection du canal génital est le défaut d'asepsie, la septicité des doigts de l'accoucheur, des instruments, du matériel de pansement employé-, au cours de la grossesse, de l'accouchement, de la délivrance, des suites de c lies.

<"etie notion de l'infection des parturientes par des matières srptiques apportées du dehors par les doigts e1 les instruments de l'accoucheur, c'est-à-dire dr l'hétéro-infection. est de toutes celles que non- possédons sur la pathogénie des suites de couches pyrétiques, depuis les formes les plus légères jusqu aux rapidement mortelles, la plus solidement assise, la plus anciennement aussi.

La conception nette en remonte à IS'iT. soit à 20 ans avant l'application par Lister delà théorie pastorienne des ferments au traitement des plaies, et à '!2 ans avant la démonstration faite par Pasteur des agents pathogènes de l'infection.

l'Ile est due à Ignaz Philipp Semmelweiss.

Voici dans quelles circonstances elle s'imposa à l'esprit de ce génial précurseur.

Semmelweiss avait 28 ans lorsqu'il fut appelé,

en 1846, deux ans après sa réception au doctorat, à assister le professeur Klein à la première clinique obstétricale de Vienne. La mortalité des accouchées y était effroyable. Réfléchissant aus

causes de cette rtalité et aux moyens de la

réduire Semmelweiss constata :

1° nue, dans le même temps, la mortalité par ié'\ iv puerpérale étail trois fois moindre dans la clinique voisine ou deuxième clinique ;

2" Ou'elle était plus faible encore chez les accouchées de la ville ;

3° Que les accouchements spontanés dans la rue avaient généralement des suites favorables.

D où celte conclusion que ni le m génie épidémique », ni les influences cosmo-telluriques ne pouvaient être les causes de l'infection, puisque s'étendanl dans te même temps sur toute la ville ils n'y produisaient point partout les mêmes effets.

l.es ileu\ cliniques obstétricales étant voisines, également encombrées, aussi mal ventilées, desservies toutes deux par un personnel insuffisant, l'action des miasmes et d une contagion vague Qt entrevue, mal définie dans ses

voies et moyens, ne pouvait expliquer les différences constatées dans les résultats.

Il devait donc \ ;i\,,jc quelque c||,,se de spécial

(1) i La théorie des germes est l'etoite polaire qui doit vous conduire sûrement dans une navigation qui sans elle serait désespérément difficile. » Lister, Discours d'ouverture à Edimbourg, 8 novembre 1889,

L£ POISOX CADAVERIQUE SE.MMELWEISS

à la première clinique ; et ce quelque chose de spécial Semmelweiss ne tarda pas à le découvrir en étudiant la courbe de la mortalité par fièvre puerpérale à la Maternité do Vienne [fig. 367).

Fondée en 1784, celle Maternité n'avait pas

qu'il faut deux professeurs au lieu d'un. La Maternité est dédoublée en deux cliniques : la lre sous la direction de Klein, la 2e sous celle de Bartsch, Et pendant les six années suivantes (de 1833 à 1839' les résultats sont aussi mauvais dans l'une que dans l'autre. La mortalité

l.-P. Semmelweiss,

Professeur d'accouchements à lEcole de Budapest, né à Ofen le 1" juillet 1818, mort à Vienne le 13 août 1865.

enregistré en 3S ans, sous ses premiers directeurs, Zeller et Boër, une mortalité de plus de 2% (moyenne 1,25 %)■

A partir de l'entrée en fonctions de Klein et durant les onze années qui suivent (1822 à 1833) la moyenne monte à 5,03 °/„.

En 1833 le nombre des élèves est devenu tel

moyenne, en progrès sur la période précédente, atteint 7,36 °/0 chez Klein et 6,62 % chez Bartsch.

Mais voici qu'en 1839 l'Administration de l'hospice général décide, pour des raisons que l'on devine, de consacrer exclusivement l'une des cliniques aux sages-femmes.

MOYENS PROPRES A ASSURER L ASEPSIE DES SUITES DE COUCHES

Bartscfa prend les sages-femmes, et brusquement la mortalité de son service tombe en L840 lors que chez Klein, qui n .1 conservé que les étudiants, elle monte à 9,5 ° /„. Pendant les cinq années suivantes L841 à 1846 l'écart reste le même.

La clinique des sages-femmes se maintient au us de 3,5 0/0.

La clinique des étudiants monte .1 9,92' en moyenne avec, de 1841 à IS'i.'i. une épidémie meurtrière de 20 mois où la mortalité moyenne atteint 16,1 et, à de certaines périodes, 31,3 °/0 par mois.

El Semmehveiss de conclure: la cause qui entretient el développe la Cèvre puerpérale dans la lre clinique, c'est la présence des étudiants

Pourquoi ?

Il est .1 remarquer que l'accroissement de la mortalité par fièvre puerpérale a commencé de 1822 à 1833. Or cette période est précisément celle où l'anatomie pathologique naissante entraîne à l'amphithéâtre d'autopsie les étudiants qui. les exercices cadavériques une lois terminés, reviennent en bâte toucher les femmes en travail. Le poison ne viendrait-il pas de l'amphithéâtre ?

Semmehveiss en était là de ses réflexions, lorsque vint à mourir son collègue Kolletschka, de pyohémie consécutive à une piqûre anatomique. Frappé de l'analogie des lésions produites par l'infection d'une plaie par le poison cadavérique avec celles qu'il rencontrait à l'autopsie de femmes mortes de lièvre puerpérale. et rapprochant ce fait des constatations précédentes, Semmehveiss formula, dans un coup de génie, la doctrine de l'hétéro-infection et la nécessité du toucher aseptique. La fièvre puerpérale est produite par l'infection de la plaie utérine. Cette infection vient du dehors ; elle est due au transport du «poison cadavérique « par les doigts des étudiants.

« La femme saine qui, si elle accouche et se délivre seule dans la rue, avant de franchir la porte de la Maternité, aura des suites de couches naturelles, sera atteinte de lièvre puerpérale si elle esl assistée par un étudiant dont les doigts sont iniei tés par le poison cadavérique ».

Comme conclusion pratique Seinnielweisprescrit aux étudiants, revenant de l'amphithéâtre, de se désinfecter les mains, avant de pratiquer le toucher, à l'aide de chlore sous

forme de solution de chlorure de chaux. Et brusquement la mortalité de la 1 " clinique tombe à 3,08 n/o-

Semmehveiss ne s'arrêta pas en si beau chemin. H continua ses observations et fut bientôt convaincu que le a poison cadavérique n'était pas le seul agent pathogène dont il fallait défendre la femme en travail ; que toute subtance organique en voie de décomposition, et au premier chel les sécrétions sanîeuses des organismes vivants malades, pouvaient être également une

les étudiants suivent en même, temps sans se,

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Firj. 367.

source d'infection pour les accouchées saines. L'air lui même charge- de particules sanieuses peut servir de véhicule à l'infection.

11 exigea des 1 ors que dans tous les cas, et non 1 1 1 1 1 — seulement au sortir de l'amphithéâtre, les mains des personnes procédant à un accouchement fussent désinfectées, que cette désinfection fût étendue aux instruments et au matériel de pansement, el que les femmes saines fussent séparées des femmes malades.

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